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les regards de Pierre embrassent l’Aquilon, le Midi, l'Orient, le Couchant ; il est pasteur universel, AGNEAUX ET BREBIS sont commis à Sa garde : toutes les nations doivent entendre sa voix, se courber sous sa houlette.
C'est donc vers le centre des nations qu'il dirigera sa course, vers cette ROME, ivre de sang, engraissée des dépouilles de l'univers, vaste temple d'idoles, siége de toutes les erreurs, foyer de tous les crimes. Mais avec quelles armes, direz-vous, le viErLLARD futur du VATICAN ira-t-il livrer bataille à la tyrannie toute-puissante ? Par quels moyens résister à.ces empereurs féroces et capricieux, dont un signe de tête est un arrêt de mort pour des milliers d'hommes ?
Quelles armes ?—quels moyens ?--L'épée de la PAROLE-—le bâton de la croix |
Grande a dû être la joie de ces fidêles de Rome, admirables déjà, même entre les enfants de l'église primitive : quelle vénération, quels élans de tendresse filiale durent éclater lorsqu'ils virent au milieu d’eux le représentant de Jésus sur la terre ! Ils allaient avoir besoin de sa présence. À peine est-elle posée, cette pierre destinée à soutenir l'éternelle colonne de vérité, qu'un édit de l’em-
pereur Claude oblige tous les chrétiens a sortir de Rome. Pierre s'éloigne pour un temps, va confirmer ses frères, en d’autres lieux; se retrouve à Jérusalem : n'oublions point ce que lui arrive dans cette occasion.
Le roi Hérode, pour capter la bienveillance des juifs, avait fait trancher la tête à St.
Jacques-le-Majeur ; leurs applaudissements l'enhardissent à de nouveaux actes de cruauté. C'était le temps de la Pâque. Il apprend que Pierre confirme les chrétiens de la ville sainte; il le fait saisir, se proposant de le faire exécuter devant tout le peuple, lorsque la fête sera terminée. L'église entière est avertie du malheur qui la menace. Ses prières, c'est le texte formel de l'écriture, ses prières nuit et jour s'offrent à Dien pour lui, pour sa délivrance : elles sont exaucées. À minuit, pendant que Pierre dort dans sa prison, entre deux soldats, lié d’une double chaîne, d'autres soldats étant debout à la porte, un ange s'approche de lui, dissipe les ténèbres, le frappe, l'éveille :—Zève-{oi promptement.
—Les chaînes tombent sans bruit.—?rends La ceinture, mets La chaussure, ton vétementé, et suis-mot, Pierre obéit ; il marche, n'’osant dire si c'est un songe ou une réalité ; tous
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deux passent la première et la seconde garde : la grande porte de fer s'ouvre d'elle-même ; ils vont jusqu'au bout d’une rue, l'ange disparaît, Pierre revient à lui: Ÿe Le voës, dit-il, c'est le Seigneur qui me délivre de la main d'Hérode et de toute l'attente du peuple juif. Eux aussi, sans doute, se préparaient à chanter : ‘ Plus de pape ; donc plus d'Eglise !”
A quelque temps de là, Hérode expirait yongé par les vers ; et le Vieillard du Vatican, de son siége de Rome, adressait une épiître, vraie ENCYCLIQUE, aux fidèles d'Asie. L'an 49, sept ans après sa première entrée, Pierre est encore banni de Rome. L'an 51, on le voit présider à Jérusalem le premier CONCILE, dont il dicte les décrets, qui commencent par ces mots sacramentels, répétés par tous les conciles depuis : Z7 à plu au Saint-Esprit et à nous. Il s'agissait d'une controverse sur la loi de Moïse, que le zèle outré des Pharisiens convertis voulait imposer à tous Îles nouveaux fidèles.
Vingt-quatre ans s'étaient écoulés depuis la fondation du SIÉGE APOSTOLIQUE, et trente-six ans depuis la mort du sauveur. Un monstre sous forme humaine, Néron, est assis sur le trône des Césars ; la première grande PERSÉ-
arde :
\ême ; > disdit-il, main : juif.
chanse |”
xpirait atican, épître,
L'an Pierre on le )NNCILE, ent par ous les prit et se sur s Phabus les
puis la nte-six 1onstre sur le PERSÉ-
CUTION va inonder la terre de sang chrétien.
Le Vieillard du Vatican sent que sa fin n’est plus éloignée ; il adresse, ‘“ urbi et orbi,” aux fraèles en tons lieux... Pierre, serviteur et apôtre de Fesus-Christ, (c'est ainsi qu’il commence) adresse une seconde épritre catholique, qui a tous les traits d’un testament spirituel. Il y parle de sa mort prochaine. ‘“ Le mur de boue va tomber.” Ye vais bientôt plier ma lente, la tente du pêcheur !
Saint Paul était venu se joindre à ses travaux. Les deux apôtres réunis confondent par un miracle l’imposteur Simon, qui prétendait imiter l’'Ascension du Sauveur: leurs prières le précipitent du haut des airs, et ‘“ celui,” “disait un grand pape, qui avait pris des ailes “ pour voler, n'eut plus de jambes pour mar- “cher.” La colère de Néron, à qui ce magicien était cher, s'allume contre les auteurs de sa disgrâce ; les fidèles engagent leur pontife bien-aimé à conjurer l'orage par la fuite. Il s'éloignait déjà des murs, nous apprend une pieuse tradition, lorsqu'il rencontra Jésus- Chrit qui s'avançait d'un pas empressé.—Où allez-vous, Seigneur ?—Je vais à Rome pour être crucifié. Pierre a compris ; il revient, est arrêté, passe avec Paul huit mois dans la
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prison Mamertine, et meurt EN croIx, l'an 65 de l’ère chrétienne. |
Mais la tempête gronde, furieuse et terri- “ble :—‘* Exterminons, exterminons cette race ‘“ exécrable, en haine aux dieux et aux hom- “mes ; effaçons le nom chrétien de dessous le “ soleil !” L'Eglise de Rome, chassée du sol, descend au séjour des morts, aux Catacombes, inter mortuos liber. Là, on prie, on immole sur un autel de bois la victime sans tache, on communie ; on écoute la voix du SUCCESs- SEUR de PIERRE ; on se raconte ses périls, ses combats ; on s'encourage au martyre ; on se donne le baiser de paix ; on se dit en partant : Adieu jusqu’au ciel !
Mais comment, du fond des Catacombes, le berger veillera-t-il sur son troupeau ? Il sortira de terre ; il apparaîtra aux tyrans comme une ombre vengeresse ; il regardera d'un œil de triomphe le monde ‘qui se convertit à mesure que coule le sang des disciples de l’Agneau; ses ordres parviendront jusqu’en Orient, en Afrique, en Grèce, dans les Gaules, jusqu'aux extrémités de la Grande-Bretagne. C’est la ‘voix de Pierre,” on le sait, on écoute ; qui refuse d’obéir n'est plus enfant de l'Eglise, n’est plus catholique.
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terrie race homous le du sol, ymbes, mmole tache, UCCESpérils, res on n par-
bmbes, au ? Il tyrans ardera e cones dis-
dront , dans de la ierre,” ir n'est olique.
Il ordonnéra des prêtres, des évêques; il assemblera des ConciLes, à la lueur des bûchers, aux rugissements des lions de l'Amphithéâtre ; il règlera la discipline, foudroiera les nouvelles erreurs : ces devoirs remplis, il inclinera sa tête sous la hache des bourreaux ; un autre Pierre sort des Catacombes.
Pendant trois cents ans, deux papes seuls meurent dans leur lit, et encore, c'était l’âge qui se montrait plus prompt que les tyrans.
Dites, après cela, si le ‘ nautonnier galiléen” doit s’effrayer parce que les vents se déchafnent, que les vagues s'amoncèlent, guwe la barque: agilée s'élève vers les cieux et descend vers l'abîme ? Modice fidei, quare dubitasti ?
Voilà qu'à force d’être arrosée, la terre partout se couvre de moissons. Le christianisme, qui depuis longtemps avait pénétré dans le palaisdes Césars, dans les armées, dans toutes les conditions de la société romaine, va s’asseoir sur le trône avec le grand Constantin.
La croix, jusqu'alors objet de honte et d'opprobre, devient le plus bel ornement de la couronne des princes, l’étendard du soldat, le signe extérieur auquel on reconnait la maison de Dieu. On cherche maintenant le pontife successeur de Pierre, mais c'est pour lui pro-
diguer les témoignages de respect et de vénération. La PapauTÉ sort définitivement des Catacombes, et la mort y reprend son paisible empire. De tous côtés dans Rome, se construisent de superbes basiliques, enrichies, celle surtout qui recouvre le tombeau des saints apôtres Pierre et Paul, des dons des empereurs et de la chrétienté entière.
Le Pape aura son palais et de vastes domaines : le pauvre, l'étranger, la veuve et l'orphelin, les malheureux et les persécutés de tous pays partageront ses revenus: ‘ Saint- Pierre du Vatican” sera sa demeure habituelle.
Mais il est écrit qu'ici-bas l'Eglise sera toujours MILITANTE: Depuis ma jeunesse, dit-elle, on m'a fait la guerre : les impties m'ont frappé sur le dos comme on frappe sur une enclume ; ls n'ont pu réussir : leurs forces se sont usées, les marteaux se sont brisés, l'enclume est encore là, prête à en briser d’autres.
Ah l'oui, mes frères, l'Eglise est ‘“ militante.” Si les ennemis du dehors se lassent, ses enfants lui susciteront des guerres encore plus cruelles, encore plus acharnées. L’'infâme hérésie d'Arius la conduit à deux doigts de sa ruine : pour venger et définir la foi, pour remédier à un déluge de maux que l'erreur
occasionne, un concile général de trois cents huit évêques s’assemble, sous la présidence des légats du pontife romain. Un des décrets du concile assigne à l’église de Rome, à son évêqne, la primauté sur toutes les églises.
Alors, mes frères, surgit un événement qui décèle de la manière la plus visible les desseins de Dieu sur la papauté. Rome, fondée depuis déjà plus de mille ans, était la capitale du monde civilisé ; les monuments dont elle était ornée, étonnent encore, à l'heure qu'il est, l'œil et la pensée du voyageur ; elle semblait ne pouvoir cesser d’être le séjour obligé des maîtres de l'univers. Eh bien, il en fut autrement : un bon jour de l’an 330, Constantin saisitson trône, l'emporte au Bosphore, à Bysance, qu'il nomme Constantinople ; et jamais, jamais depuis, Rome n’a eu de vrais souverains, fixes et résidents, que ses pontifes, ses Pares. L'empire se partage à la mort de Théodose; c'est Milan qui est la capitale d'Honorius. Les Barbares Ostrogoths viennent ensuite ; ils établissent à Ravenne le centre de leur faible domination. Les Lombards s'emparent, à leur tour, de la péninsule italienne ; ils font choix de la ville de Pavie : nous verrons bientôt qui doit leur succéder.
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Nous passons, sans pouvoir nous y arrêter, l’ère des grands hommes de la nouvelle loi ; l'ère des saINTS PÈRES, qui par leurs talents sublimes, leur science et leurs vertus brilleront comme des etoiles dans le firmament de l'Eglise, jusqu'à la fin des siècles : Athanase, Basile, Grégoire de Nazianze, Cyprien, les deux Cyrille, Hilaire, Chrysostôme, Jérôme, Ambroise, Augustin, Lactance et une foule V’autres, sans parler de Tertulllen, d’Origène, et des brillants apologistes qui suivirent de près les apôtres mêmes. Ce fut aussi une ère de saints et savants pontifes romains : on n'en compte pas moins de trente qui sont honorés d’un culte public, précédés de trente autres de l'ère des martyrs. Saint Silvestre, qui baptisa Constantin, ouvre la liste des premiers: vers le milieu est Saint Léon-le-Grand, la terreur d’Attila ; vers la fin est Saint Grégoire-le-Grand, à qui l'Angleterre doit sa conversion. C'est l'ère des premiers ORDRES RELIGIEUX : de ces milliers de solitaires de la Thébaïde et de l'Orient : de ces moines de St. Augustin et de St. Bénoît, qui travaillèrent si puissamment, sous la direction des papes, à la civilisation des Gaules, des deux Bretagnes et de l'Irlande.
Laissons s'écouler quatre cents ans, à par-
tir de Îa translation de l'empire à Byzance.
Toute l'Europe est inondée de Barbares : les Francs ont passé le Rhin ; les Saxons se sont emparés de la ‘terre d'Albion ; ” les musulmans se préparent à envahir les extrémités méridionales. Les empereurs d'Orient, au lieu de protéger l'Italie contre les Barbares, y envoient une armée pour faire la guerre, à quoi ?—aux images, qu'ils arrachent, brûlent, détruisent partout dans les temples catholiques. Les Romains exaspérés, sans défense contre les Lombards, qui pillent et ravagent de leur côté, se resserrent autour du pape, et commencent à dire tout
haut qu'ils ne veulent plus reconnaître d'autre chef que celui qui les a déjà tant de fois sauvés, et qui seul depuis longtemps, peut-être pourrait-on dire depuis le départ des empereurs, exerçait parmi eux les plus hautes fonctions de la magistrature.
Encore un demi-siècle de troubles, et la papauté revêtira les formes providentielles qu’elle a conservées depuis onze cents ans.
Un roi français passe les Alpes, arrive en Italie, défait en bataille rangée Astolphe, le dernier prince lombard ; reçoit la couronne des mains du pontife Etienne IT, le reconnaît comme souverain de Rome, et lui fait pré-
sent d’un territoire assez vaste pour lui assurer cette modeste indépendance que l’état de l’Europe rendait désormais nécessaire :
ce roi, ce vainqueur, ce donateur, est Pepinle-Bref, qui dépose sur le tombeau de St.
Pierre les clefs des villes comprises dans le territoire. ‘“ C'est une OFFRANDE, UN DON IRRÉVOCABLE, dit-il, que nous faisons à DIEU, et que nous mettons sous la garde de St.
Pierre : ” de là le nom de PATRIMOINE de PIERRE, sous lequel l'illustre et malheureux Pie IX vient de réclamer ses possessions, sa souveraineté, c’est-à-dire, comme un bien inaliénable de L'ÉGLISE CATHOLIQUE. Charlemagne, l’an 800, reçoit de pape Léon III la couronne impériale ; il confirme et agrandit la donation de son père.
Avant un autre siècle, Constantinople et les perfides grecs qui l’habitent se séparent par le schisme de l'arbre apostolique, et n'ont cessé d'offrir au monde le plus triste spectacle de décadence religieuse, morale et civile ; tandis que l'Occident, uni de plus en plus étroitement à la papauté, soutenu, conservé par la papauté, devint le centre des affaires, des progrès, de la civilisation, autant qu'on pouvait l'espérer sous les coups de
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des ant
massue de ces guerriers du Nord, qui s'entrechoquaient, se battaient, se supplantaient parmi les débris de l'empire romain.
Ici, mes frères, se présentent deux graves questions, que les maîtres passagers de la ville éternelle voudraient bien être seuls à décider : la première est la nécessité de ce pouvoir temporel du chef de l'Eglise ; la seconde est la validité de ses droits au patrimoine de Pierre. Je croirais insulter à votre foi, comme à votre intelligence, si je m'arrêtais beaucoup, soit à l’une, soit à l’autre. Quant à la première, des voix bien éloquentes ont tout dit, et l'Europe, comme l'Amérique, fait écho à la parole de nos défenseurs. Tous les peuples civilisés comprennent la situation: nous sommes là, deux cents millions de catholiques, pour demander, tant énergiquement qu'on voudra, que le pasteur universel soit libre ; que ni roi, ni reine, ni empereur, ni président, ni qui que ce soit en-deçà de Dieu, ait à lui dicter une ligne de conduite, ou soit même soupçonné d’avoir part à ses décisions. Heureusement, en sus du bon droit, les intérêts des gouvernements et les rivalités nationales suffiront pour garantir au
pape sa parfaite indépendance : il restera chez lui.
Quant à la seconde question, la réponse est encore plus facile. Si une suitede donations librement faites et librement acceptées ; si les conquêtes d’une guerre juste, possédées pendant huit cents, onze cents, quinze cents ans, ne constituent point le droit, la proprielé —tous les ro : reines de l’Europe peuvent bien dire adieu au trône et s’embarquer pour la Nouvelle- Hollande; et nous, peuples blancs d'Amérique, nous n'avons qu’à regagner en toute hâte les forêts de la Germanie, laissant à ‘Thomme rouge,” au sauvage, la tranquille jouissance du sol qui nous a vus naître, et que l'homme rouge occupait tout entier, il n’y a pas quatre cents ans.
Ne cessor ele répéter, ces Æfats de l'Eglise (car c'es. le nom sous lequel l'Europe entière les reconnaît) n’appartiennent pas, comme souveraineté, comme puissance, au seul petit peuple qui les habite, moins encore aux brigands étrangers qui les exploitent en ce moment. [l sont à Nous ; à nous qui les avons donnés, embellis, protégés ; à nous, sans qui leurs occupants ne feraient qu'une très-pauvre, très-mince figure dans l'univers. Qu'ils soient bien gouvernés, oui, sans doute : que leurs intérêts matériels, leur bonheur so-
cial, soient l’objet d’une constante sollicitude. Mais qu’à leurs destinées préside le père commun de la chrétienté. C'est notre droit inaliénable: le patrimoine de Pierre est notre DISTRICT FÉDÉRAL.
L'histoire va nous montrer bientôt ler terribles inconvénients pour la paix et l'honneur de l'Eglise, où l’entraîne la dépendance de son chef, vis-à-vis des puissances temporelles.
Nous voici donc arrivés au cœur du MOYEN- AGE. Les états modernes sortent par degrés de la barbarie ; leur conversion à l'Eglise s’avance avec rapidité. Partout le pape est à la tête de cette grande œuvre : envoyant de tous côtés évêques et missionnaires apostoliques ; travaillant de concert avec eux à l’instruction des princeset des peuples; réclamant pour tous la paix, l’ordre, la liberté, les droits de la conscience ; protégeant les faibles, lut-
tant généreusement et vaillamment contre la tyrannie.
On a beaucoup écrit, beaucoup parlé de ce moyen-âge, et du rôle immense que les papes eurent à fournir pendant près de mille ans.
Le dernier siècle surtout a fait pleuvoir sur eux les accusations les plus haineuses, les
calomnies les plus absurdes : sans les papes
et leurs dociles esclaves, les moines, à en croire nos libres-penseurs, ces torrents de Barbares que versaient sur l'Occident la Scythie et la Germanie — ces torrents de Barbares sans frein, sans pitié, buvant dans le crâne de leurs ennemis, brûlant ou détruisant jusqu'aux moindres traces des lettres et des arts—sans les papes et les moines, auraient ramené en Europe, si non l’âge d'or, au moins le siècle immortel de Louis XIV!
Pourtant on veut être libéral : on avoue que les papes et les moines sauvèrent quelques restes d'histoire et de littérature ancienne ; mais on se hâte d'ajouter que ces papes au génie étroit et ces ‘très-pauvres” moines tenaient tout cela renfermé sous d'épaisses murailles, scellées du sceau de l'ignorance et de la superstition : gardiens aveugles de trésors enfouis |
[gnorance, superstition, siècle de fer, “nuit des temps modernes !” c’est bientôt dit. Et voilà que le XIXe siècle s’avise d'y aller chercher et trouver, chez des papes et des moines, une profondeur de recherches, une soif de connaissances, une fureur d'étude à | peine croyables ; que dis-je, d’alle: chercher et trouver chez des papes et des moines, le
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