‹ Conférences de Notre-Dame de Québec [microforme]Chapitre 19 sur 26 · TR TT · texte numérisé non relu

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qui nous a occupés jusqu'ici ; c’est l'envisager sous un point de vue différent. L’amateur qui se place devant un monument d’architecture, ne se croit pas obligé de suivre en l'étudiant le travail des ouvriers : il veut contempler librement et tour-à-tour le péristyle, les colonnes, les façades, les frontons, et surtout le por, le dôme, qui couronne toutes les autres beautés.

La tâche est gigantesque, je le sais, mais je compte sur un secours qui ne l’est pas moins. Demandons-le avec confiance à celui qui nous l’a promis pour la défense de sa cause, et sans autre prélude, ouvrons l’histoire, l’histoire de la PAPAUTÉ.

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Jésus sortait du désert ; il venait de se préparer, par un jeûne de quarante jours à la prédication de son évangiie. Il s'éloigne de Nazareth, où il avait passé les trente années de sa vie mortelle, et pour accomplir une prédiction d’Isaïe, ses pas divins se dirigent vers la mer de Galilée. C'est de là que la parole du Verbe va se répandre, que va jaillir cette grande lurrière qui réjouira le cœur humain, actes pénitence, est son texte

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solennel ; faites pénitence, car le royaume des Cieux approche. I est seul encore, seul dans cet univers qu'il doit renouveler ; qui sera son premier représentant, son premier apôtre ?

Il descend au rivage , il y trouve deux pécheurs qui jettent leurs filets ; il leur dit : Swzvez-mot ; vous allez étre PÊCHEURS D'HOMMES.

C'était Pierre, Simon-Pierre, et André son frère. Sans hésiter, tous deux quittent leur barque et leurs filets, et se isignent à lui : voilà pour la vocation. Le Sauveur leur en associe dix autres, et voilà le collége apostolique formé : Pierre en est le Cuer, reconnu comme tel, désigné comme tel partout dans l'évangile : Primus Petrus.

Jésus instruit les douze, les rend témoins de sa doctrine et de sa toute-puissance. Un jour, à la suite du miracle de la multiplication des pains, figure si admirable de l'eucharistie, comme il marchait devant eux, il se retourne tout-à-coup et leur fait cette demande : Que dit-on de moi dans le monde ?

Qui croit-on que je suis ? Ils répondent : Les uns disent que vous êtes Fean- Baptiste ressuscité » d'autres Elie ; d'autres ŸFérémie ou quelqu'un des prophètes.—Mais vous, mes disciples : qui dites-vous que 7e suis ?—Pierre

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s'avance et lui dit: Vous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant. Ecoutez la mémorable ré-

.ponse :— Vous êles heureux, Simon, fils de

Tean : C'est mon Père qui est dans le ciel qui vous a révélé celle parole. Et moi, je vous dis : Vous éles PIERRE, cé sur celle pierre 7e BATYIRAI MON ÉGIISE, el des portes de l'Enfer ne prévaudront jamais contre elle ; et je vous donnecrai les clefs du royaume des Cieux, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans les Cieux, et tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les Cieux. 1] était bien évident que la portée d’une si haute promesse s’éendait au-delà de la vie de ?zerre, à des SUCCESSEURS, qui seraient revêtus de sa dignité et de ses pouvoirs. Mais voici d’autres garanties :—

La veille de sa mort, dans la dernière cène, après avoir nourri les siens de son corps et de son sang, prédit la trahison de Judas, publié la lot de charilé universelle, et celle d’humilité, autre caractère divin du christianisme ; Jésus s'adressant à Pierre, lui dit: Szwon, Simon, voilà que Satan veut vous cribler, comme on crible le froment ; maïs j'ai prié pour vous afin que votre foine manque point. Quand vous serez converti, CONFIRMEZ VOS FRÈRES : vos

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frères dans l’apostolat et leurs successeurs par les vôtres. Ce n’est pas tout : les droits et la primauté de Pierre lui sont encore assurés lors d'une apparition solennelle du Sauveur ressuscité, apparition dont PIERRE est le grand objet, et dont toutes les circonstances se rapportent clairement à la fondation de la papauté en sa personne.

Dix ou douze jours après la Pâque, Pierre, Jean et cinq autres disciples s’occupaient de pourvoir à leur subsistance en retournant à la pêche sur cette même mer de Galilée où trois ans plus tôt ils avaient tout quitté pour suivre Jésus et devenir pécheurs d'hommes.

[Ils montent dans une barque sous la conduite de Pierre, jettent leur filet, passent la nuit sans rien prendre. Vers le jour, 7ésus leur apparaît, se tenant debout sur le rivage. — Mes enfants, leur dit-il d'une voix qu'ils ne reconnurent pas, avez-vous réussi? ÆAvezvous trouvé à manger ?— Rien ; nous n'avons rien pris.—ÿelez du côté droit de la barque.

Ils se sentent irrésistiblement portés à obéir ; le filet jeté, ils ne peuvent le retirer, il est plein ! St. Jean dit : C’est le Seigneur qui est là. A ce mot, Pierre regarde, se jette à la mer, gagne le rivage, tandis que les autres le

suivent, traînant avec eux la barque et leur belle capture. Tous descendent à terre :

leur cœur est saisi de joie et de vénération, mais ils n'osent parler ; devant leurs yeux est un feu allumé ; sur ce feu, du poisson rôti ; près de là du pain.— Apportez, dit leur bon maître, apportez quelque chose de votre pêche. — Pierre amène le filet, aidé des bras de ses compagnons, On y trouva cent cinquante trois gros poissons, et le filet ne se rompait pas.— Venez manger. Jésus lui-même sert le repas, leur distribue le pain et le poisson. Quand ils eurent achevé, il dit : Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ?—Oui, Seigneur ; vous savez je vous aime.—PAIsSEzZ MES AGNEAUX. Après une pause, même demande et même réponse :

— PAISSEZ MES AGNEAUX. Pour la troisième fois, cette parole tendre et pressante se réitère : Simon, fils de Jean, m'aimez-vous ? Les larmes commencent à couler.—Seigneur, vous connuissez toutes choses, vous savez que je vous aime. — PAISSEZ MES BREBIS : agneaux et brebis, peuples et pasteurs, vous sont cenfiés. Soyez le BERGER UNIVERSEL. Puis lui ayant annoncé, non pas le lieu, mais le genre de sa mort, la croix, Jésus disparaît en lui disant : SUIVEZ-MOI.

Et il l'a bien suivi, il a bien compris et rem-

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pli la charge qui venait de lui être si formellement renouvelée. Partout désormais on le verra chef de l'Eglise, objet du respect et de l'amour des fidèles, dont il est le guide et l'oracle. Après l’Ascension du Sauveur, les cent-vingot disciples assemblés dans le cénacle,

à l’ordre de Pierre, font choix d’un successeur à Judas. Au grand jour de la Pentecôte, Pierre à la tête des onze, ses collèvues, le premier fait entendre sa voix inspirée, et trois mille reçoivent le baptême. Quelques jours se

passent, et il monte au temple, guérit à la face du soleil ## #omme perclus de naissance, connu de tout Férusalem, et le tenant par la maïn, il parle encore: cinq mille se convertissent. On emprisonne les apôtres ; on les conduit devant le Sanhédrin, qui les interroge ; Pierre répond au nom de tous, tenant encore l’homme guéri à ses côtés. On leur défend de prêcher. — Fugez, dit Pierre, s2 l'on doit vous obéir plutôt qu'à Dieu : parole de puissance, d'autorité pontificale, répétée par tous ses successeurs, et dont les échos sortant de la bouche de Sa Sainteté Pie IX, viennent de parcourir le monde !

L'église de Jérusalem est constituée ; les fidèles qui la composent ont pour évêque St.

Jacques-le-Mineur, parent de Jésus-Christ ; le peuple juif même ne cesse d'admirer leur foi et leur charité, qui leur font pratiquer les plus sublimes conseils évangéliques. Mais voilà qu'à l'étonnement succède la crainte, quand, à la voix de Pierre, le mensonge est puni par la mort subite d'Ananieet de Saphire. À quelque temps de là, nouvelle punition, mais dans l’ordre spirituel ; c’est l’anathème prononcé contre un SIMONIAQUE. —Que lon argent périsse avec loi, qui as cru pouvoir acheler les dons de Dieu : première foudre de l'Eglise, première excommunication, justement lancée contre l’indigne trafic des choses saintes et des biens de l'Eglise. On croirait entendre un Grégoire VII, un Urbain II, un Innocent III, un Boniface VIII un Pie VI, VII IX!

Les miracles se multiplient par les ouvriers apostoliques ; les malades sont portés jusque dans les rues, pour que l’ombre de Pierre, en passant, leur rende la santé.

Hâtons-nous s’il est possible.

Etienne est mort ; Saul (désormais Paul) converti, présenté à Pierre, confirmé dans l’apostolat. L'Eglise, après une première tempête, remplit la Judée, la Galilée, et la Sa-

marie : Pierre en fait la visite comme pasteur du troupeau : il va de ville en ville, instruisant, réglant, convertissant, opérant d’autres prodiges en faveur de l'humanité souffrante.

‘ On croit voir, disait St. Chrysostôme, un ‘ général d'armée qui parcourt ses légions, et » S'assure que tout est prêt pour le combat.”

Le moment de la conversion des gentils arrive : une vision mystérieuse l'annonce à Pierre, et aussitôt l'ange de Dieu lui fait rencontrer le centurion Corneille, qu’il baptise avec sa familie. Corneille cst alien, Je vois ROME ! Pierre la verra ; mais auparavant il aura passé sept ans à Antioche, l’une des plus florissantes et des plus savantes villes d'alors ; à Antioche, où les disciples prirent pour la première fois le nom de crrÉ- TIENS ; il aura prêché l’évangile dans plusieurs royaumes de l'Orient ; il y aura fondé et confirmé une multitude d’églises.

Vint le moment de la dispersion finale des apôtres. Douze ans après la mort du Sauveur, ils se réunissent à Jérusalem pour se partager le monde.—Quel sera le Lor de PIERRE ?

Du haut des murs de l'antique Sion, murs qui vont tomber, il le sait, Jésus l’a dit...

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