‹ Conférences de Notre-Dame de Québec [microforme]Chapitre 6 sur 26 · SEE NE SP SEE · texte numérisé non relu

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comme un enfant du sol, mais il voulait développer cet amour chez ceux qui le tenait déjà de leur naissance. Au Séminaire de Québec, il ne cessait de vanter notre patrie aux jeunes élèves confiés à ses soins, de leur faire admirer tout ce qu'il contient de beau et d’admirable.

“ Quel est le Canadien, disait-il, qui n’aimerait pas sa patrie, après l'avoir contemplée pendant quelques heures du bord d'une de nos barques à vapeur sur la route de Québec à Montréal ? Quel spectacle enchanteur ! Que de points de vue admirables ! Quelle suite de campagnes riches, paisibles, heureuses, se déploient sur l’une et l’autre rive d'aussi loin que l'œil peut atteindre. La scène offre quelque chose de plus grand, de plus arié, de plus ravissant encore, peut-être, si l’on descend le fleuve jusqu'au Saguenay. Travaillez donc avec courage ; réunissez vos forces et employez vos talents, votre jeunesse, votre énergie, afin de garder le poste que la Providence vous a confié.”

Avec cette vue pénétrante que possèdent quelques hommes privilégiés, et qui leur fait entrevoir dans l'avenir ce qui reste mystérieux pour la foule, M. Holmes apercevait alors les dangers qui menacçaient les Canediens-Français. Il les mettait sur leurs gardes et leu: indiquait les moyens de se défendre et de se fortifier, Fous ses discours, tous ses écrits trahissent cette préoccupation. Il y a de l’homme d'état chez ce prêtre qui montre aux gouvernants la route à suivre; 11 y a de

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l'homme d'état chez ce prêtre qui s'occupe des intérêts matériels des Canadiens, parce qu'il comprend que s'ils ne peuvent se fortifier de tous côtés pour se montrer aussi riches, aussi intelligents, aussi moraux que leur concurrents, ils seront vaincus dans la lutte. Cet homme à lesprit si pratique indiquait, dès 1832, aux cultivateurs la manière d'exploiter leur terre. Dans ses Conseils aux Agriculleurs, 1 indiquait, en quelques pages, le meilleur mode de culture pour notre pays, signalait les dangers de la routine et résumait les principes de l’économie rurale. Pour l’époque c'était quelque chose de très-nenf. Aujourd’hui ils auraient peu d'intérêt, mais en les lisant on verra qu'on n’a guère inventé depuis. Il avait aussi, dès cette époque, une connaissance intime des conditions économiques du Canada et de ses besoins. Après avoir constaté que les importations, eu égard au nombre de ses habitants, étaient plus du double de celles des Etats-Unis, il ajoutait :

“Il faut tout dire; Pabsence des entreprises industrielles, même pour plusieurs articles de premier besoin, un luxe effréné et la ruineuse exploitation de nos forêts, peuvent seuls, et pour un temps, expliquer des importations au montant (pour la consommation des deux Canadas en 1846) de plus de 7 millions de louis”

M. Holmes, quoiqu'il fût né aux Etats-Unis, a aimé le Canada autant que ses fils les plus attachés à son sol, D'où venait cette affection

pour une terre qui n’était ni celle de ses amis, ni celle de ses aïeux ? Aïmait-il le Canada parce que c’est chez nous que la Iumière de la vérité a éclaté à ses yeux ? Etait-ce la reconnaissance qui l’attachait à nous? Il puisait ce sentiment à une source bien pure. Il aimait le Canada parce qu'il y trouvait du bien à faire et des âmes à sauver ; son affection s’'appuyait sur son dévouement à la religion, qui est de toutes les patries, de tous les climats et de tous les cieux, Il se dévouait à l'avancement du Canada pour étendre les limites du royaume de Dieu. Toute son affection, tout son dévouement peut s'expliquer par ces paroles: Pro patri@ quia pro Deo !

Au milieu de ses préoccupations sur notre avenir, M. Holmes dirige les études au petit séminaire de Québec. Dans la foule des élèves qui l'entourent, il cherche à distinguer ceux que leur intelligence appellera plustard aux premières places. Sans négliger les autres, il concentre ses soins sur ceux dont il devine la grandeur future. Il les cultive, les prépare, les aguerrit pour les envoyer combattre les combats de la patrie.

Parmi ceux qui ont été l’objet de ses leçons, qu’il nous suflise de mentionner Mgr. Taschereau, Mgr. Racine, MM. Chauveau, Cauchon, J. C.

Taché.

Il avait l’art bien rare de communiquer ses connaissances à ses élèves d’une façon attrayante. Aussi à peine paraissait-il au milieu des récréations qu’il se formait autour du préfet des études un groupe de jeunes auditeurs avides de sa

parole. L'honorable M. Chauveau nous rappelait, en 1859, quelques années après la mort de M. Holmes, les souvenirs qu'avait laissés dans sa mémoire son ancien professeur.

“Où est, s'écrie-t-il, celui qui plus que tout autre méritait l'honneur de ce vers d'Horace, qu'on nous répétait si souvent

Omne tulit punctum qui miscuit utile dulci.

“Ne vous semble-t-il pas encore le voir entrant (chose qui nous paraissait si étrange) les mains pleines de minéraux ou de plantes, pour nous donner une leçon de géographie ? Ne vous est-il pas impossible, comme à moi, de voir sans émotion le fruit de ses veilles, le livre magistral qu’il nous a laissé sur cette étude favorite ? Comme cet homme si admiré, si aimé, comme ce professeur charmant, comme ce prédicateur plein de fascination, a été rapidement enlevé de la scène de ses travaux et de ses succès !”

Cet art de mêler lutile à l’agréable, il le prodiœua dans son Trailé de géographie, qu’ii publiait en 1832. Connaissant la mobilité d'esprit de la jeunesse, et sachant combien les matières arides la rebutent et la fatiguent, il s'est attaché, dans cet ouvrage, à rendre l'étude de la géographie attrayante,en semant ses leçons de récits historiques sur les pays qu'il décrit. Cet ouvrage a été bien accueilli, non-seulement en Canada, mais aussi aux Etats-Unis, où il à été traduit en anglais et en allemand. Achevons de le faire connaître comme professeur et comme savant, en citant les lignes

qu'un de ses élèves, Mgr. Taschereau, publiait dans l’Abeille du mois de juin 1852, au lendemain de la mort de M. Holmes:

“ Professeur, il s'est s'acquis l'estime de ses élèves par sa douceur. Ses connaissances étaient, on pourrait fe dire, universelles : histoire ancienne et moderne, langues latine, grecque et hébraïque, philosoph'e intellectuelle et morale, physique et chimie, mathématiques, astronomie, histoire naturelle, 1l enseisna successivement toutes ces diverses branches et y déploya ce jugement sûr, cette mémoire fidéle et tenace qu'on a toujours admirés en lui. Outre une histoire du Canada encore manuscrite et plusieurs traités élémentaires qu'il a rédigés pour les classes, il a publié trois éditions d’un traité de géographie, qui peut être regardé comme le meilleur ouvrage qui existe en ce genre.”

Au moment où M. Holmes publiait son traité de Géographie, l'instruction publique n'avait fait encore que peu de progrès au Canada. Reportonsnous à cette époque (1832) et nous voyons nos campagnes presque sans instituteurs; dans une foule de paroisses les préjugés sont enracinés contre l'éducation à tel point que lorsque plus tard le gouvernement voudra y établir des écoles, il rencontrera une opposition acharnée. C'était la conséquence des persécutions de l’autorité au commencement du siècle. Les gouverneurs anglais, en cherchant à pousser nos compatriotes dans des écoles où leur foi et la langue française auraient été en danger, avaient

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fait naître des idées arriérées sur l'éducation. Pour M. Holmes, cette ignorance était un malheur. Comment la population française, privée

d’une arme indispensable dans notre siècle, lutte. rait-elle contre la population britannique con.

tinuellement renforcée par l’arrivée de colons instruits venus d'Europe ? Il sut prévoir un malheur qu’il fallait conjurer à tout prix. C’est alors qu'il conçut un vaste système d'instruction publique, destiné à transformer le Bas-Canada,

Pour réussir, il fallait des moyens d'action puissants, Il fallait avant tout se procurer des professeurs, et comme il n’en existait guère dans le pays, il jugea nécessaire de s'adresser à l'Europe pour obtenir des hommes éminents, qui nous formeraient dans des écoles normales d'excellents instituteurs. Il commença donc à mettre son projet à exécution, Laissons ici encore une fois la parole à Mgr. T'aschereau, qui laccompagna dans le voyage dont il va nous parler :

“ En 1836, il passa en Europe, et en revint au bout d’un an et demi, avec la plus belle collection de minéraux que possède le Canada. Il avait aussi choisi avec des peines infinies d'excellents professeurs pour les écoles normales du Bus-Canada, qui ont été obligés de s’en retourner par suite des changements causés par les troubles de 1837-38,”

Au sommet de son système d'instruction, il voulait placer comme un digne couronnement une université catholique, qui aurait été un

foyer de lumières renvoyant ses rayons jusqu'aux points les plus reculés du pays. Ses collègues et ses successeurs, qui partageaient ses desseins, réalisèrent son idée, et l’Université Laval étend aujourd’hui son influence sur toute notre province. Dans son éloge du fondateur de l'Université et de son premier recteur, M. E. Méthot ! disait de M. Holmes :

“ La première idée d'établir au Canada une université canadienne ne lui appartient pas (à M. L. J.Casault) sans doute. Elle germait depuis longtemps dans beaucoup d’esprits. Sars remonter plus haut, l’un des hommes dont notre pays s’honore le plus, M. Holmes, s'en était sérieusement occupé, comme d'une institution que le temps finirait par rendre nécessaire.”

Le vaste esprit de M. Holmes embrassait bien d’autres projets, qu'i mürissait lentement et qu'il confiait à ses intimes. Nous avons vu la part qu'il a prise au mouvement colonisateur des cantons de l'Est; nous avons vu quelle sollicitude il portait à l'avenir des Canadiens : en outre, les études auxquelles il se livrait sur nos besoins et sur les nécessités de l'avenir, lui avaient fait concevoir quelque temps après l'union des Danadas, l’idée d'une espèce de confédération des provinces anglaises,

Plusieurs personnes nous ont fait part de ce projet de M. Holmes, et l’une d’elles, qui est une

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des rares individualités du Canada, nous écrivait à ce sujet au mois de novembre dernier : “ Oui, M. Holmes avait l’idée d’une réunion des provinces anglaises de l'Amérique du Nord dans un Zolivereim. Ce n’était pas un projet de confédé. ration politique, mais cette idée d’une vaste association douanière du nord de l'Amérique portait la confédération dans ses flancs. J’eus, en 1848, une correspondance avec lui à ce sujet, correspondance à laquelle je tenais comme à un héritage d’une grande amitié qui m'honorait” Il est évident que cette union douanière aurait conduit à une union politique. Ces provinces ayant des intérèts identiques en politique, ne‘pouvaient être séparées que par des intérêts commerciaux, et du moment où elles auraient réussi à s'entendre sur ce terrain, l'union politique aurait été la conséquence naturelle de cette entente.

Rien n'égalait Pactivité de son esprit, qui touchaït à tout. Il semblait qu'à mesure que son corps faiblissait, son âme prenait une vigueur nouvelle. Sciences naturelles, langues étrangères, philosophie, politique, il s'occupait de tout, non pas superliciellement, mais à fond. C’est au séminaire qu'il élaborait ses plans. M. Holmes vivait retiré dans cette maison, fuyant le bruit du monde : il ne sortait de sa retraite que pour paraître dans la chaire de Notre-Dame.

Os magna sonaturum.

Nous n'avons pas fini de mettre en lumière tous les traits de cette grande figure Nous avons fait connaître le prêtre, le citoyen ; il nous reste à parler du grand orateur chrétien, A la distance où nous sommes de lui, * sa réputation n’a pas diminué, et, pour ceux qui l'ont entendu, il est demeuré le type du prédicateur. Il nous est parvenu un écho de son éloquence: ce sont les Conférences de Notre-Dame de Québec, qui suivent ces lignes. Ecrites sous le coup de grands événements, pendant l'invasion des Etats Pontificaux, et, comme le dit M. Holmes lui-même, à la vue d’une effrayante série de catastrophes, elles sont empreintes de l'émotion produite par ces malheurs et du double sentiment d’effroi et de confiance qui animait l'orateur. Elles portent le cachet de sa brillante imagination, de son esprit lucide et philosophique. Quelle impression ne devaient: elles pas produire sur son auditoire, lorsque M. Holmes déployuit toutes les puissances de son éloquence ! Ce n’était plus un orateur ordinaire, c'était un homme inspiré, c'était l'éloquence même qui tenait la foule sous son empire. Doué d’un

* M. Holmes est mort en 1852.

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organe sonore et sympathique, d’une figure agréable, resplendissante d'intelligence, l'œil profond et plein de feu, il avait ces dons extérieurs qui serveut si bien le talent de la pirole.

Si nous en croyons ses auditeurs, 11 produisait un effet prodigieux. La foule émue, transportée, restait dominée par son éloquence et devenait son esclave. ŒElle ne pensait plus que par lui, passait par toutes les émotions qui agitaient lorateur et ne reprenait possession d'elle-même que longtemps après que les derniers échos de sa voix fussent allés se perdre sous iles voûtes de Notre- Dame.

Avant d'écrire ces lignes, nous demandions à ses auditeurs de Québec quelle impression M. Holmes avait produite sur eux. Tous, et dans ce nombre se trouvaient des personnes fort peu impressionables, nous avouaient que jamais ils ne s'étaient sentis remués depuis, comme ils l'avaient 6té par la paro.e de M. Holmes.

Un de nos meilleurs prédicateurs, Mgr. Racine, évèque de Sherbrooke, disciple de M. Holmes, jetant un coup d'œil sur le passé du Séminaire de Québec, retraçait dans la chaire de Notre-

Dame même, les souvenirs qu'avait laissés dans son esprit son prédécesseur. ‘“ Doué d’une imagination vive, par son geste noble, son regard inspiré, par sa voix sonore et harmonieuse, l’6lévation de ses pensées, la vivacité des images, 1 captive son auditoire, le suspend à ses lèvres... Il met son immense talent fortifié par l'étude, à

la défense de la religion .….. Il veut prévenir la

jeunesse contre les dangers qui lattendent. Il

parait dans la chaire de cette église, et de suite il se montre profond et savant apologiste, et, dans ses conférences, hélas! trop tôt terminées, il se place à coté des premiers orateurs sacrés.”

On rapporte que lorsque M. Holmes devait prècher à Notre-Dame, léglise se remplissait d’une foule compacte plusieurs heures avant l'office, Afin de prévenir une trop grande afllu. ence, on avait soin de commander des exercices religieux dans toutes les églises de la ville à l'heure de ses sermons, Malgré cette précaution, il fallait se disputer les places autour de la chaire où allait se faire entendre le grand orateur chrétien.

M. Holmes apportait beaucoup d'originalité dans tous ses sermons. Il cherchait à frapper ses auditeurs, afin de captiver d’abord leur attention et de faire arriver l'impression qu’il voulait produire, la vérité qu'il voulait graver, à la suite de l'émotion.

Se trouvant un jour dans une certaine localité, où la funeste habitude de jurer était quasi générale (la tradition dit Sorel ou Drummondville), il est invité à prêcher, Montant en chaire, il promène ses regards sur l'auditoire, et là, au milieu du profond silence, pendant qu'il sent tous les yeux sur lui, il prononce plusieurs jurons aussi énergiques que populaires. Un murmure parcourt la foule. On cherche l'explication

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de cet exorde, de ce début si simgulier, Et lui de s'écrier : “ Mes paroles paraissent vous étonner, cependant ne sont-ce pas celles que vous avez sans cesse à la bouche; je parle votre langage.” Puis, il se déchaine contre les blasphémateurs et fait un sermon que plusieurs de ses auditeurs ne pouvaient se rappeler, longtemps après, sans frémir,

Une autre fois, c'était le jour de Pâques, à Notre-Dame, la vieille église avec ses antiques dorures, les riches ornements de son évêque et du clergé, était dans sa gloire. Le soleil versait ses rayons à flots dans l'enceinte sacrée et semblait joyeux de la résurrection de son Créateur. Au moment du sermon, M. Holmes quitte le sanctuaire, traverse la foule, et, avant d’avoir fini de gravir les degrés de la chaire, il s'écrie: “Ré, jouissez-vous, mes frères, il est ressuscité, il est ressuscité !”” Et après cette entrée en scène, il prononce un admirable sermon sur la fête du jour.

Ce grand talent, cette éloquence pleine de feu, mis au service de la vérité, portaient partout, avec l'émotion, la conviction dans les cœurs, et ont valu à M. Holmes une réputation d’orateur chrétien dont l’harmonieux souvenir s’est conservé jusqu’à los Jours. |

Il a passé en faisant le bien

On était à l'été de 1852; la maladie qui avait forcé M. Holmes de quitter les cantons de l'Est avait fait des progrès depuis quelques années, Sa vie n'avait été, à la suite de l'accident dont nous avons parlé, qu'un martyre. L'âme restait libre et forte dans ce corps brisé par la souffrance mais Cette activité, qui le soutenait, finit par aider la maladie. Elle était comme ces stimulants énergiques que lon emploie, et qui réveillent un instant les forces pour les épuiser ensuite da-

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Au printemps, M. Holmes avait reparu dans la chaire de Notre-Dame, où ses amis ne l'avaient pas vu depuis deux ans, On crut à un retour à la santé, et son auditoire espérait qu'il reprendrait au prochain carême la série de ses confé rences. Lui-même partageait cet espoir, non pas qu'il voulüt se cramponner à la vie, mais parce quil entrevoyait encore la perspective de faire du bien et qu'il voulait s'employer encore au service de la vérité. Ilcherchait des moyens de ranimer la flamme vacillante de sa vie, mais 1l était atteint d’une maladie qui ne pardonne pas; Dieu juge: que son serviteur était mür pour un monde meilleur et que ses souffrances devaient avoir un terme.

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C’est pendant que lon nourrissait ces espérances que le bruit de sa mort se répandit à Québec, le 18 juin, jour de la fête du Sacré- Cœur. Ce fut un deuil par toute la ville ; l'éclat de la fête en fat obscurei. Il avait rendu son âme à Dieu à cette heure de la journée où tant de fois sa parole avait trouvé le chemin des cœurs en y portant la conviction, la lumière et les consolations,

C’est à Lorctte que M. Holmes mourut. Il s'était retiré à la campagne pour teuter de rétablir sa santé et retrouver une tranquillité nécessaire à ses études. Na vie, qui depuis tant d'années n'avait été qu'un tissu de souffrances, s'était éteinte sans douleurs, sans les angoisses d'une violente maladie ou d’une agonie pénible. Il s'était levé le matin de ce jour du 18 juin, igais il n’était pas encore sorti de sa chambre lorsque, en réponse à son appel, on y entra.

Déjà il avait cessé de vivre. Onle trouva renversé dans la position d’un homme «awune défaillance aurait saisi pendant qu'il était à genoux. Il avait alors cinquante trois ans; il était à cet âge où l’esprit donne la pleine mesure de sa force.

Il est mort “ laissant, avec l'admiration de ce qu'il a fait, un regret universel de ce qu'il eût pu faire” Cependant, sa carrière, interrompue dans le plus beau moment, est pleine de mérites. Il est peu d'hommes dans notre pays qui aient autant de titres que lui au souvenir de ses compa-

triotes d'adoption, Il était prêtre dans la plus complète acception de ce mot : un homme qui s'immole pour l'avancement moral, intellectuel et matériel de ceux qui l'entourent. Il était bien de cette lignée qui méritent le nom de serviteurs de Dieu, et que le ciel nous envoie pour nous consoler de bien des défaillances, pour nous donner des exemples de vertus et de désintéressement à admirer et à pratiquer.

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