DU DIRECTEUR MEDICAL DES HOPITAUX D'ALIENES ET D'ASSISTANCE PUBLIQUE
"4284a. Il est loisible au lieutenantigouverneur en conseil de nommer un directeur médical des hôpitaux d'aliénés et d'assistance publique avec un traitement n'excédant pas cinq mille piastres par année, payable à même le fonds consolidé du revenu.
Les mots: "hôpitaux d'aliénés" et "assistance publique", comprennent les asiles d'aliénés, les écoles de réforme et d'industrie et toutes autres institutions quelconques qui reçoivent, gardent, soignent ou hospitalisent des malades, des indigents, des orphelins, des délinquants et qui ont un contrat avec le gouvernement. i
"42846. Le directeur médical des hôpitaux d'aliénés et d'assistance publique exerce les fonctions qui lui sont attribuées, de temps à autre, par le lieutenant-gouverneur en conseil.
'"4284c, Il est payé au directeur médical des hôpitaux d'aliénés et d'assistance publique, pour frais de voyage, à même le fonds consolidé du revenu, la somme de six piastres par jour, y compris les jours nécessairement occupés par le déplacement, aller et retour, de l'endroit de sa résidence.
L'état de ces frais doit être accompagné d'un certificat établissant le nombre de jours pour lesquels il a le droit de faire la demande de paiement."
2. Les articles 4088a, 40886 et 4088c des Statuts refondus, 1909, tels qu'édictés par la loi 8 George V, chapitre 54, section 1, sont abrogés.
3. La présente loi entrera en vigueur le jour de sa sanction.
1 "et les autres institutions mentionnées au paragraphe e de l'article 3 de la loi George V, chapitre. . ." — Ces mots sont ajoutés par l'application de l'article 53 de la Loi d'assistance publique.
Discours de M. David, secrétaire provincial
Prononcé à l'Assemblée législative, le 16 mars 1921 (Compte rendu du Soleil, de Québec, du 17 mars).
En présentant son blll de l'Assis- nération ceux et celles qui, chez
tance Publique, le secrétaire pro- nous, depuis les débuts de la colo-
vincial exprime qu'il lui sera per- nie, se sont donné le rôle d'être les
mis de répéter la constatation que consolateurs des déshérités de la
nous dûmes faire en 1917, à la suite nature et de la fortune, d'examens médicaux qui suivirent Mais nous ne sommes plus au
la passation d'une certaine loi. Le temps héroïque et sublime de saint
rapport fut déplorable au point de Vincent de Paul, où l'on se prodi-
vue physique. Plus que jamais, nous guait avec tant d'abnégation envers
devons prendre des dispositions les malheureux et où régnait dans
pour protéger l'hygiène publique, toute sa pureté la charité privée. Notre province cependant, dans ces Est-ce à dire cependant qu'un
circonstances-là, ne se fait pas tirer gouvernement doive se substituer
l'oreille. Tant de fois déjà elle a à la charité privée et établir l'étatis-
damé le pion à toutes les autres, me ou l'étatisation de la charité ?
dans différentes matières ; aussi, La charité administrative ne s'élè-
elle n'entend pas rester en arrière vera jamais aux hauteurs où ont
quand il s'agit d'hygiène publique, élevé la charité chrétienne ceux et
quand il y va de la santé du peuple, celles qui la font simplement en
Le gouvernement actuel n'a été regardant le ciel, indifférent à aucune question d'hy- Mais sans y voir de l'étatisme, un
giène publicjue, jusqu'à présent ; il gouvernement peut aider dans la
s'est occupé de tout : de l'hygiène collaboration de la charité. Nous
en général, de la mortalité infantile, avons donc pensé faire une loi gui
de la tuberculose, etc. organise pour ainsi dire la charité.
Dans la route qu'elle parcourt Comme le disait, un jour, le minis-
vers son but, la société laisse tom- tre de l'instruction en Belgique, il
ber des lambeaux d'humanité sur le faut, aujourd'hui, l'organisation de
bord de la route; il faut nous pen- la charité. La charité d'aujourd'hui
cher et tendre les mains vers ces est technique et elle est devenue
humains malheureux. Parmi ces dé- une science. Sans cette organisation,
bris, il y a les aveugles, les muets, nous nous égarons, les sourds, ceux qui ne verront ja- Le projet que nous soumettons à
mais les purs rayons du soleil, ceux la Chambre aujourd'hui est basé sur
qui ne pourront jamais exprimer la reconnaissance de la nécessité de
leurs joies et leurs douleurs, ceux la collaboration entre le public et
qui n'entendront jamais les con- les municipalités, pour organiser la
certs harmonieux de la nature; en- charité de façon, pour ainsi dire,
fin, que d'autres misères que crée la technique; il ne faut plus seulement
société dans sa course vers la civili- des paroles, il faut des actes. Mais
sation. La plupart de ces malheu- nous ne voudrions pas que soit créée
reux s'en vont, comme on sait, cher- l'impression que l'objet de la loi
cher refuge dans les hospices. Jus- que nous présentons est de créer
qu'à présent, il s'est trouvé des l'obligation de la charité. Nous lais-
homraes et des femmes qui, dans un sons aux municipalités l'entière ini-
même but et dans une même foi, se tiative de leurs actes charitables,
sont penchés sur ceux que la socié- Quand, dans une municipalité, un
té avait laissés tomber au bord de indigent aura besoin d'être gardé
sa route. Saluons avec respect et vé- dans une institution, nous exigeons
qu'un parent nous donne un certificat de son indigence; nous demandons un autre certificat du maire de la municipalité. S'il s'agit d'un indigent non malade, nous demandons un certificat du curé de la paroisse; s'il est malade, nous exigeons le certificat d'un médecin.
Nous laissons, encore une fois, les municipalités entièrement libres de leurs actes de charité. Pour cela, nous avons réservé un certain montant que nous prélèverons sur les amusements.
Y a-t-il, demande le secrétaire provincial, dans la province un seul électeur qui s'objectera, quand il va s'amuser, à payer 10% de l'argent qu'il paie, pour faire partager à
ceux que nous devons aider un peu du bonheur qu'il va goûter en s'amusant ? Des gens parient aux courses pour une valeur de treize millions dans notre province; y en a-t-il, parmi ceux-là, qui ne sont pas prêts à éclairer d'un peu de bonheur le foyer des malheureux?
Il a donc confiance que cette loi que l'on présente aujourd'hui sera acceptée avec joie par toute la population de la province. Il sait d'avance qu'elle sera bien acceptée par la Chambre. Comme l'empereur romain Titus, dit-il, ce soir, quand cette loi sera votée, nous pourrons nous dire que nous n'avons pas perdu notre journée.
Explications de M. Taschereau
Extrait d'un discours prononcé à un dîner-causerie de /'Association de la Jeunesse libérale, le 13 avril, 1921.1
Il est un sujet que je tiens particulièrement à traiter ce soir :
c'est celui de l'Assistance publique. Après avoir lu divers articles qui ont paru dans certains de nos journaux, je me demande si la loi que nous avons adoptée à la dernière session a été bien comprise dans tous les milieux qui s'y intéressent et qui ont raison de s'y intéresser, puisque l'assistance publique touche à la vie même des individus et qu'elle est à la fois une question sociale et religieuse. En nul pays la religion n'y a de plus large part que dans notre province, où nos admirables institutions religieuses ont su épargner à l'Etat ce qui ailleurs constitue un très lourd fardeau et un des problèmes les plus difficiles à résoudre.
Pour expliquer les raisons qui
ont porté le gouvernement à agir, il faut savoir dans quelle situation se trouvent nos institutions de charité, surtout depuis la guerre, et comment, en dépit des miracles qu'elles ont accomplis grâce à leur esprit d'abnégation, de dévouement et de sacrifice, il leur est absolument impossible de répondre aux appels désespérés des indigents, des malades et des miséreux.
En 1919 notre province comptait 165 institutions d'assistance, comprenant les hôpitaux, crèches, maternités, hospices, orphelinats et asiles. On y admettait durant cette même année 45,000 patients, dont 28,357 Canadiens, et environ 16,000 étrangers ou de nationalités non spécifiées. C'est dire que ces institutions étendent leur bienfai-
1 La partie ici reproduite de ce discours a été communiquée d'avance aux journaux et publiée tex tuellement dans le Devoir du lendemain, 14 avril. ^ ; l^,j:f|j;î;,.i^^Jh,?^ .i ,.:.J^^ t^^. !#^
sance à beaucoup de personnes qui Ne nous incombait-il pas, dans
ne sont pas des nôtres. 14,000 pa- ces conditions, de créer des res-
tients ont été soignés gratuite- sources nouvelles pour secourir
ment, et 7,000 n'ont payé qu'une nos institutions de bienfaisance ?