‹ Conférences, discours, allocutions et essais de Monsieur Henri BourassaChapitre 8 sur 89 · partie du coût de l^^ur entretien. Ces Par la législation adoptée à la · texte numérisé non relu

partie du coût de l^^ur entretien. Ces Par la législation adoptée à la

chiffres n'incluent pas les dispen- dernière session, nous avons dou-

saires, qui ont secouru au-delà de blé le sou du pauvre, la moitié al-

40,000 malades. L'exercice de 1919 lant au gouvernement et l'autre

s'est soldé par un déficit d'au-delà moitié restant aux municipalités,

d'un quart de million, et ces ins- Nous y avons ajouté un pourcen-

titutions seules savent à combien tage sur le pari mutuel et sur le

de misères elles ont dû rester sour- droit d'entrée aux champs de cour-

des, faute des ressources nécessai- ses. N'est-il pas raisonnable de

res. Notez que pendant ce temps, faire contribuer ceux qui s'amu-

on a secouru en dehors de ces ins- sent à secourir ceux qui souf-

titutions 1,17,000 personnes. frent ?

Je regrette de tant parler chif- Grâce à ce système, le gouver-

fres, mais ils sont indispensables nement devrait avoir à sa dispo-

pour se faire une juste idée de la sition pour des fins d'assistance

situation. publique au moins un million par

Les recettes totales de nos ins- année. Les municipalités en au-

titutions de bienfaisance se sont ^o"* autant, soit un budget de $2,-

élevées en 1919 à près de $3,000,- t>OO,000.

000 et le gouvernement n'a contri- Ceci m'amène à répondre à une

bué pour sa part que $8il,000, soit objection que j'ai lue dans un jour-

environ 2 1-2 pour cent. Il est aus- nal, où il était dit que les munici-

si à noter que c'est l'année où le palités ne pourront aider que les

gouvernement a le plus donné. institutions reconnues d'assistan-

Depuis, les appels au gouverne- ^^ publique par le gouvernement, ment se sont faits de plus en plus C'est là une profonde erreur. Nous pressants. Visitez à Montréal l'hô- obligeons simplement les municipital Ste-Justine, les crèches, l'hôpi- Palités à verser à la charité la total des Incurables, l'institution des talite de ce que leur rapporte le Sourdes-Muettes, et à Québec l'hô- ^^^ ^u pauvre. Elles ne sont tepital du Sacré-Coeur pour les épi- ""^^ ^^ verser de l'argent aux insleptiques, et la Crèche. Partout, titutions reconnues d'assistance l'on vous avouera, avec le désespoir Pupl^Que que lorsqu'elles y endans l'âme, que, faute de ressour- 7°^?"* des malades, et elles sont ces, la charité est impuissante à toujours libres d'employer leur soulager ceux qui souffrent. Voyez P^^* ^^ ^,^/^"V, ^" ^9" ^" pauvre par vous-mêmes toutes les affreu- comme elles 1 entendent, pourvu ses misères à soulager, et dites- ^"^ .^^^ argent serve exclusivemoi si le gouvernement n'a pas le "^^"i ^ secourir les indigents. Il devoir impérieux de venir en aide est donc faux de dire que les muà nos institutions pour leur per- ?iÇipalites ne pourront pas aider mettre de réaliser leur oeuvre? ? 1^^^ «ré les institutions de bien-

rw •< . . . -1 • 1 ^ . faisance.

Dernièrement je visitais la Cre- ,, . - ^ .. , . ,.

che de Québec, une institution due ^^^^' ajout€4-on, c est la une

à la charité discrète d'un de nos mauvaise loi, parce quelle subor-

bons citoyens. Il y a là près de donne la chanté à l'action gouver-

300 enfants : on n'y a pas même nementale en soumettant les in&ti-

de buanderie. Cependant on y fait tutions secourues à la surveillance

des merveilles en réduisant de 90 de l'Etat. On n'y voit rien moins

pour cent à 45 pour cent le chif- que la mainmise de l'Etat sur la

fre de la mortalité infantile. Cette plus belle des vertus, et on lance le

moyenne e§t encore trop élevée. gros mot: c'est de l'étatisme.

En réalité, la mesure que nous paJités conservent leur pleine autoavons adoptée est si peu de l'éta- nomie, et elles ne .sont nullement tisnie au sens où on l'entend, que tenues d'envoyer leurs indigents à je dois au gouvernement dont je l'hôpital. iMais si elles le font, les suis le chef de faire une déclara- frais d'hospitalisation se répartition très ca.tégorique à ce sujet. Si ront comme suit: 1-3 au compte de notre loi d'assistance publique com- la municipalité, 1-3 au compte du portait la moindre ingérence du gouvernement, et l'autre tiers au gouvernement dans la régie interne compte de l'institution qui trouvera de nos institutions d'assistance pu- ainsi sa tâche singulièrement alleblique, ou devait avoir le moindre- gée. Vous pouvez facilement faire le ment pour résultat d'entraver l'ini- calcul de ce que cela représente tiative de la charité privée et d'ar- pour les 14,000 indigents traites rêter son élan généreux et bienfai- gratuitement en 1919. sant, mes collègues et moi n'hésite- Mais, objecteront ceux qui ;persisrions pas un instant à inviter la dé- tent à y voir de l'étatisme, ces insputation à jeter cette loi au panier, titutions jusqu'ici indépendantes se- Car ce serait exactement l'opposé ront désormais contrôlées par 1 Edu but que nous cherchons à at- tat. Encore un gros mot qui n'a pas teindre sa place ici, quand on le définit

Mais ' étudions d'abord comment avec la loi en main. Quel contrôle

la nouvelle loi doit fonctionner. le gouvernement, en vérité, peut-il

Nous créons, dans le département bien exercer? du secrétaire provincial, un nou- Un article nous dit formellement veau service appelé le service de qu'aucune institution" n'est soumise l'Assistance publique. .L'adminis- à la loi de l'Assistance publique a tration en sera confiée à des hom- moins d'avoir demandé de 1 être, mes d'une haute valeur morale. C'est une première garantie d mdedont les fonctions seront nettement pendance, et uon pas illusoire, puisdéfinies et les pouvoirs strictement que les m.unicipalités restent parlimités conformément à l'esprit et à faitement libres de subventionner a la lettre de la loi. même le sou du pauvre toutes les

La première tâche qu'ils auront institutions qu'elles veulent, sera de s'enquérir auprès des insti- Cependant, objectera-t-on encore, tutions de bienfaisance et des hôpi- le gouvernement peut toujours prentaux du nombre de lits qui peut dre ces institutions par la famine être mis à la disposition des indi- et leur couper les vivres si elles régents. Il est inutile de dire que le fusent de se mettre sous le régime gouvernement n'aura rien à voir de la loi de 1 assistace publique, en ce qui concerne les malades , Nous avons si peu 1 intention de pavants, et que chaque institution leur couper es vivres ^e nous

pourra toujours disposer de ses lits ^^'^"^^'^f^ %l^?ïï"'l'^ V^^^en

comme elle l'entend Une fois qu'au- budget des ^^antes en 1 augmen-

ra été fixé le nombre de lits po^uvant t^f --^ e-ent^To^^^^ institution

servir aux indigents, le service de ^ou^^u peut y rester soumise. Bien l'assistance rpubhque s'entendra .^^ ^^ ^^-^^ semble que cela

avec l'institution pour établir le {Tg^d assez clair le sens de la nou-

cout de 1 hospitalisation. Ce point ^gjig loj — jg gouvernement s'est

réglé, tout indigent envoyé à l'hôpi- réservé dans cette même loi le pou-

tal par une municipalité ne pourra voir de donner à une institution de

y être admis que sur le certificat bienfaisance toute autre aide néces-

d'un' médecin, s'il est malade, ou saire. afin qu'il n'y en ait aucune

sur le certificat d'un officier muni- qui ait à se plaindre de nous, cipal et d'un ministre du culte, s'il L'objection la plus extraordinaire

s'aigit d'un miséreux. Les munici- qu'on ait faite est celle qui repro-

ch« à la loi de pourvoir à la sur- aux uns et aux autres de demander veillance de l'einploi des deniers pour recevoir, et devrions-nous» que le gouvernement accorde, sous nous abstenir d'exiger que tous, prétexte que nos institutions chari- sans distinction, nous rendent un tables n'ont pas besoin d'une sem- compte satisfaisant? Serait-ce là une blable surveillance. Le "Bien Pu- ligne de conduite digne d'un goublic" de Trois-Rivières est même vernement? Non seulement un paaJlé jusqu'à dire que nous pourrions reil système serait absurde, mais surveiller toutes les autres institu- il en résulterait d'inévitables abus tions, mais que nous devrions lais- et les pires mécontentements, ser tranquillle'S celles qui sont catho- Dans une institution près de Quéliques. Si cette surveillance fait in- bec que la nouvelle loi est destinée jure à une institution, je me deman- à secourir, il y a 660 enfants, dont de si l'auteur de l'article en ques- plus de la moitié sont tuberculeux, tion s'est rendu compte de ce qu'il Sous prétexte qu'il y a un semblant disait; et si elle n'y fait pas injure, d'ingérence de l'Etat, va-t-on nous je me demande pourquoi les institu- refuser le droit de visiter cette maitions catholiques refuseraient de s'y son et d'y envoyer un représentant soumettre plus que les autres. Et le de l'Assistance publique, médecin fait est qu'elles ne songeront jamais ou autre, pour suivre les résultats à se plaindre de cette surveidilance, de nos efforts dans la lutte contre qui ne s'étend qu'à l'emploi des de- ce terrible fléau? La crainte d'être niers venant de nous, et des deniers taxés d'étatisme va-t-elle nous emvenant des municipalités dont nous pêcher de demander des rapports sommes pratiquement en l'espèce que, du reste, toutes les institutions les fidéi-commissaires. Nous faisons nous fournissent avec la meilleure un contrat avec les institutions de volonté?

bienfaisance: notre devoir n'est-il Le gouvernement ne redoute pas pas d'en surveiller l'exécution? Et la critique; il l'invite. Mais il la pourquoi chercher un conflit là où veut sincère et raisonnable. Il ne les autorités s'entendent à merveille peut que sfimdigner lorsque l'on et agissent chacune dans leur sphè- tente de pervertir ses intentions, de re? Nos deux grandes universités lui prêter des motifs qu'il n'a pas, catholiques ne sont-elles pas allées et surtout lorsqu'on l'accuse de voubeaucoup plus loin quand elles ont loir laïciser la charité, et d'enlever jugé à propos de s'adjoindre un co- le caractère que Dieu lui a donné, mité de laïques pour gérer le plus et qui la met bien au-dessus de touprofitablement possible les millions ^^s les lois que les hommes peuvent mis à leur disposition? Est-ce une faire.

mauvaise loi que celle qui permet Nous n'avons qu'un désir, celui aux fabriciens de contrôler les d'aider nos admirables institutions, fonds destinés à construire des égii- de coopérer avec elles, et de leur ses et à les entretenir? donner les secours matériels sans

Il y a plus. Notre province abrite lesquels la charité, le dévouement des races et des croyances bien di- et l'abnégation ne pourraient plus verses. La loi doit être la même s'exercer efficacement et continuer pour tous . Catholiques et protes- d'accomplir l'oeuvre admirable que tants et juifs font appel au gouver- nous leur devons, nement pour soulager leurs misé- Nous leur tendons aujourd'hui la reux. main. J'ai la certitude que notre

Devrons-nous verser indistincte- geste sera accueilli favorablement ment à tous les sommes considéra- et que la nouvelle Loi de l'Assistanbles que le public aura mises entre *^e Publique aura tous les heureux nos mains, sans savoir au juste quel résultats que souhaite notre poçpueraploi il en est fait? Suffira-t-il dation.

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POUR LA JUSTICE

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