‹ Conférences, discours, allocutions et essais de Monsieur Henri BourassaChapitre 88 sur 89 · INTERVIEW · texte numérisé non relu

INTERVIEW

Accordée par Mgr Bourne à MM. Henri Bourassa et

Orner Héroux, le 13 septembre 1910, et publiée

dans le DEVOIR, le 14 septembre 1910 (d

It is doubtless wing to the condeaaed form in which I presented my subject, that some misunderstanding has arisen as to my meaning. But if it be carefully read, it will be seen that every word was weighed and ehosen so tbat offence might be given to no one. And my expressions, whatever associations of ideas they may bave aroused in some of my hearers, do not in themselves convey any other meaning than ône to which no Catholic could take exception.

Briefly my thesis was this: there is a problem before the Chureh in Canada and at the same time a great opportunity, both arising out of the rapid development of the West. Heretofore the language of the country has been mainly Freneh, and entirely on the side of tlie Chureh. While this remains the case in the East, the immense influx of immigrants is formiug a great English speaking people in the West. And their language is not on the side of the Chureh, but for 300 years has made for discord on religions matter?

Leaving loeal and politieal questioas to those who hâve the right and tue knowledge to deal with them, and looking at the matter froni the higher ground of the interests of religion and the Chureh at large, as well as of the spiritual welfare of the Dominion as a whole, I invited the sympathy of a great international gathering for a scheme of uniting the whble catholi^ world in prayer that the English speaking peoples may speedily return to the bosom of the Chureh.

C'est sans doute à cause de la forme condensée en laquelle j'ai traité mou sujet, qu'il s'est élevé quelque malentendu dans l'interprétation de ma [tensée. Cependant, si on veut bien lire avec attention ce que j 'ai dit, on y ve/ ra que chaque mot est choisi et pesé de manièreà n'offenser personne. Et quelles que soient les associations d'idées qui ont pu se faire dans l'esprit de mes auditeurs, mes paroles ne comportent en elles-mêmes qu'un sens acceptable à tous les catholiques.

Brièvement ma thèse était celle-ci :

un problème se pose devant l'Eglise du Canada en mên\e temps que se présente une occasion précieuse, tous deux surgissant du développement rapide de l'Ouest. Jusqu'ici ,1a langue du pays a été surtout française et tout entière au serviee de l'Eglise. Il en est encore a.nsi dans l'Est; mais dans l'Ouest, l'énorme poussée des immigrants constitue une vaste population da langue anglaise. Et cette langue n'est pas :iii serviee de' l'Eglise, mais au contraire, elle a été, depuis trois cents ans, une source de désunion en matières religieuses.

Laissant les questions locales et politiques à ceux qui ont le droit et les connaissances voulues pour les traiter, et

me plaçant au point de vue plus élevé des intérêts de la religion et de l'Eglise en général, ainsi que du bien spirituel du Dominion tout entier, j'ai reeom mandé à la sympathie d'une grande réunion internationale un projet d'union de ]nières auxquelles prendrait part tout le monde catholique, afin que tous les peuples de langue anglaise puissent bientôt rentrer dans le sein de l'Eglise.

(1; Le texte anglais a été préparé sous la dictée de Mgr Bourne, par un prélat de sa suite et soumis à Sa Grandeur qui l'a approuré- La Tersion française est de M. Héroux. Les passager en caractères gras, dans la version française, sont ceux dont il est particulièrement question. dans !• AVERTISSEMENT.

I think no Cathoîic can quarrel with the end desired, or fail to realise its great importance. I seized the occasion of making my appeal in Montréal, first because French Canada with its splendid faith and the position that faith holds, has a greater opportunity than exists elsewhere of furthering the cause of the Church in this respect, and secoudly because I knew that the missionary zeal bequeathed to them by their ancestors still lived in the heart of French Canadians.

As to the French language, added the Archbishop, I think it would be a calamity if it should lose any portion of the position it holds. But it might prove a greater calamity that an immense English speaking people should grow up in the Dominion, if that people should be whoUy non-Catholic. Such a people i.5 growing up, and the Cathoîic faith has somehow to be presented to them and maintained among them in their own tongue. The dftails of how that is to be donc are in no way mv business, but that of your own ecclesiastical authorities. But holding the position I do I thought that from no one could the suggestion of united prayer come with better grâce; and I felt and still feel that to no one could such a suggestion be made with greater assurance of success than to French Canadians.

Hère you hâve the problem and the opportunity of which I hâve spoken.

Both are yours, not mine, and I hope I hâve made it clear that I hâve offered the best help that lay within my power to aid you in dealing with both, by the suggestion that the Archconfraternity of Our Lady of Compassion should extend its benefits, hitherto reserved to England, to the whole world.

I think I may claim that it is an act of generosity rather than an offence.

Il me semble que nul catholique ne peut trouver à redire au but désiré ou manquer de reconnaître son immense imj)ortance. J'ai saisi l'occasion défaire mon appel à Montréal; d'abord parce que le Canada français, à raison de sa foi magnifique et de la situation que la religion y occupe, est plus à même que tout autre pays de promouvoir les intérêts de l'Eglise à cet égard ; et ensuite parce que je savais que le zèle apostolique, légué aux Canadiens- Français par leurs ancêtres, est encore vivace dans leur âme.

Quant à la langue française, ajoute l'archevêque, je crois que ce serait une calamité si elle devait perdre la moindre parcelle du terrain qu'elle occupe.

Mais peut-être serait-ce encore un plus grand malheur qu'il se développât dans le Dominion un peuple immense de langue anglaise, si ce peuple devait être entièrement non-catholique. Un tel peuple se développe à l'heure qu'il est; et, d'une manière ou d'une autre, il faut que la f oi lui soit prcchée et qu'elle soit maintenue chez lui dans sa propre langue, con.me elle est prêehée et devra continuer de l'être parmi vous dans votre propre langue. Les moyens d'arriver à ce but ne me regardent pas mais sont du ressort de vos autorités ecclésiastiques. Toutefois, à cause de la position que j'occupe, j'ai cru que nul mieux que moi ne pouvait suggérer cette union de prières, étant convaincu d'ailleurs que je ne pouvais mieux m'adresser qu'aux Canadiens-français pour être d'avance assuré du succès.

A^oici le problème et l'occasion dont j 'ai parlé. Ils sont à vous, non pas à moi; et j'espère avoir fait clairement entendre que j'ai offert ce que je pouvais offrir de mieux pour vous aider à résoudre ce problème et à profiter de cette occasion, en suggérant que l'Archiconfrérie de Notre-Dame de Pitié étendit ses avantages, jusqu'ici réservés à l'Angleterre, au monde entier.

Il me semble que ceci est un acte plutôt généreux que blessant.

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