‹ Conférences données à Notre-Dame de ParisChapitre 15 sur 16 · RELATIVES AU TASSÉ · texte numérisé non relu

RELATIVES AU TASSÉ

PREMIERE ORJECTION. Pag. 201

I.E l'AGAMtME lilAlT MORT Ql'AND L'ÉCLISE EST ENTREE DANS LE MONDE.

On dit que le paganisme était usé quand l'Église apparut dans le monde, et que, pour en triompher, elle n'eut pas besoin d'une force divine. On lépond :

1" Et quand le polythéisme romain eût été mort , l'Église eût rencontré d'autres religions assez vivaces pour qu'elle ne pût les vaincre sans une vertu surhumaine.

T H est faux que le polythéisme fût mort. Il tenait

1° Au peuple des campagnes par les liens d'un respect héréditaire ; 2° Au peuple des cités par le double nœud de la licence et

du patriotisme ; 3° Aux empereurs comme instrument politique et comme

moyen, comme garantie d'apothéose ; 4° Aux jurisconsultes et aux grands corps comme loi de

l'État ; 5° Aux philosophes qui s'en moquaient à la vérité, mais qui n'y tenaient pas moins , parce qu'il n'imposait ni croyance obligatoire à l'orgueil de l'esprit, ni frein pénible aux convoitises des sens.

3" Quand le polythéisme eût été réellement mort , le monde n'eût

pas été pour cela disposé à recevoir le christianisme. V Vainement dirait-on que la morale chrétienne, avec la glorification du pauvre et l'émancipation de l'esclave qu'elle venait apporter, suffisait à l'Église pour s'emparer du monde , sans lappui d'une force surnaturelle.

1" Celte doctrine elle-même eût-elle suffi toute seule, serait encore un moyen suihumain , puisqu'elle est la doctrine d'un Dieu.

2" Malgré sa suavité réelle et iulime, cette morale, par la manière dont elle abordait le pauvre et l'esclave, devait être un obstacle aux triomphes de l'Église. C'était comme un dcti que Jésus-Christ s'était jeté à liii-mt^me.

DEUXIÈME OBJECTION. Pag. 247

LE MAKTYKE DVNS l'ÉCLISE FIT PLUTÔT CN ENTHOUSIASME AVEUGLE

qu'un héroïsme divin.

Intégrité sans tache, courage sans fanatisme, prodiges sans nombre, voilà les gloires de nos martyrs.

1° Intégrité sans tache. Ce fait est démontré :

1° Par les décrets des empereurs qui ordonnent de poursuivre

les chrétiens ; 2° Par les interrogatoires et les sentences des juges et des

proconsuls qui les condamnent; i° Par les écrits des apologistes qui les vengent. 1° Courage sans fanatisme. Nulle analogie entre le fanatisme et l'héroïsme des martyrs :

1° Ni du côté des préliminaires qui préparent le sacrifice du

martyr; 2° Ni du côté des convictions qui l'inspirent; 3° Ni du côté de la liberté qui l'accompagne ; 4" Ni du côté de la force qu'il fait éclater ; 5° Ni du côté de l'universalité qui le caractérise. 3" Prodiges sans nombre et sans exemple dans les martyrs:

1° Prodiges dans la résistance ou le rajeunissement de leurs

corps débiles ou meurtris ; 2° Prodiges dans l'ascendant qu'ils exercent sur le monde

moral ; 3° Prodiges dans la vertu miraculeuse attachée à leurs reliques ; 4° Prodiges dans la lin tragique datons leurs persécuteurs.

TROISIÈME OBJECTION. Pag. 283

l'église accusée par les démembrements qu'elle a subis.

Comme fait et comme conséquences, les schismes accusent ceux qui les ont provoqués ou acceptés, et nullement l'Église qu'ils ont divisée. r Comme fait. Ils accusent ceux qui les ont provoqués ou acceptés. Soit en exemple le schisme grec :

l " Le premier branle part de l'immoralité impériale. 1" Il est favoi isé par les servilités et les révoltes d'uni' ambilion qui se meut à eilemêmo.

3° Il est enfin consommé par les dépits et les vengeances d'un orgueil inconséquent et blessé.

1,'oiigine de tous les schismes est analogue. Et l'Église , comment se conduit-elle?

1" Elle se montre conséquente et logique ; 2° On la trouve également irréprochable comme délicatesse

et comme équité ; 3" Elle y joint la gloire de la franchise et de la loyauté. T Comme conséquences. Conséquences relatives au schisme luimême :

1" Il asservit les peuples qui s'y attachent; 2° Il les abaisse; 3° Il les morcelle.

Conséquences relatives à l'Église. L'histoire des schismes prouve deux choses :

1° Que l'Église respecte plus la liberté et la dignité de la conscience humaine que tous ces dissidents qui l'accusent d'in tolérance ; 2° Qu'elle est en possession d'une force divine.

QUATRIÈME OBJECTION. ' Pag. 315

l'église Sl'ÉClALEMENT HUMILIÉE PAR L,V RUPTURE ET LES INFLUENCES l)V PROTESTANTISME.

Au lieu d'avoir été favorable au progrès, le. protestantisme a été (atal soit à la religion et à la morale publiques, soit à la civilisation. 1° Religion :

1° Croyances pulvérisées ; 2° Culte froid et nul, ou dérisoire et dépravé ; 3° Hiérarchie inutile, inconséquente, ridicule ou tyianuiqiie; 4" Amour de Dieu ou religion du cœur éteinte ; 5° Apostolat de dévouement anéanti.

2" Morale. Détruite en doctrine :

1° Par le principe du libre examen ;

2° Par certains dogmes pervers dont les conséquences la i< n-

versent ; 3° Par les exemples de ses fondateurs.

Détruite en principes, la morale n'a pas été moins ilétriiKe en fait par le protestantisme. L'histoire en dépose.

CINQUIÈME OBJECTION. Pag. 355

IMLLENCE DU PROTESTANTISME SUR LA CIVILISATIO.N.

r Influence meurtrière sur le pouvoir :

1° D'un côté, le protestantisme le rend impossible; 2° D'autre part, il le rend tyrannique. 2° Influence sur la liberté.

3° Influence sur la propriété.

4° Influence sur la politique.

5° Influence sur les arts, les sciences et les lettres. 6° Influence spéciale sur l'instruction publique. Outre ces influences sur les éléments particuliers dont la civilisation se compose, le protestantisme a exercé trois influences gérâtes infiniment fâcheuses:

1° Par le libre examen il a déposé dans l'esprit public un

principe permanent et intarissable d'orages ; 2° U a desséché le cœur au sein de toutes les nations qui s'en

sont laissé envahir ; 3° U a suspendu le plus magnifique essor de progrès dont l'histoire ait conservé le souvenir, pour jeter le mondu dans de stériles chicanes ou des luttes fratricides.

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