‹ Conférences données à Notre-Dame de ParisChapitre 16 sur 16 · FIN DE L\ TABLE · texte numérisé non relu

FIN DE L\ TABLE

4" Une extrême impatience de l'inégalité sociale; j" La contagion de l'utopie.

2" Y a-t-il, en dehors de l'Église et de son action, une puissance capable de guérir ces plaies sociales? — Aucune : 1" Ce u'est pas la force militaire;

?." Ce n'est pas davantage la sagesse des lois et de la magistrature; 3" C'est encore bien moins le journaFisme soi-disant honnête

et conservateur ; 4° Enfin , ce ne sont pas les traités de nos académies morales.

3° L'Église peut-elle guérir ces plaies que nulle autre puissance ne serait capable de faire disparaître? — Elle a tout ce qu'il faut pour produire ce résultat :

1" Puissance intelligente, elle a le sentiment précis de nos

maux et des remèdes destinés à les guérir; T Puissance courageuse, elle aura la force de les attaquer; 3" Puissance active et organisée , elle a pour elle la triple force

de l'étendue, de la discipline et du zèle ; 4° Puissance honorable, elle a pour elle la triple recommandation de la sincérité du désintéressement et de la suite. La seule prérogative qu'elle demande pour sauver le naonde, c'est la liberté d'agir.

QUATRIÈME OBJECTION. Pag. 125

lUPUISSAxNCE PARTICLLIÈRE DES ORDRES RELIGIEUX.

Deux idées résument cette conférence : 1" Ce que les ordres religieux ne sont pas ; 2° ce qu'ils peuvent être.

1° Ce que les ordres religieux ne sont pas. On les représente quelquefois comme ne se peuplant que d'existences naufragées, et de désespoirs substituant un suicide innocent à un suicide criminel. — Que penser de cela?

1° De temps en temps, il est vrai de dire que les ordres religieux servent d'asile à des âmes souffrantes , et sous ce rapport déjà ils sont une institution éminemment salutaire; 2" Mais on a tort de dire que la vie à laquelle ces naufragés du bonheur se dévouent est un suicide innocent : c'est là une impropriété de langage inadmissible.

3" On a bien plus tort encore d'insinuer que les maisons religieuses ne recueillent que les débris des orages du monde. 11 est , au contrajre , certain qu'elles ne reçoivent presque que des cœurs sans tempêtes , sans désenchantement et sans désespoir.

2" Ce que les corps religieux peuvent être :

1° Les restaurateurs de la vraie science ;

2° Les auxiliaires, le supplément, et au besoin les conseillers et les inspirateurs de l'économiste ;

s^ Un instrument de moral isation aussi honorable qu'efficace.

CINQUIÈME OBJECTION. . Pag. 159

INCOMPATIBILITÉ RE l'ÉGLISE AVEC l'eSPRIT ET LES INSTITUTIOÎSS DES TEMPS MODERNES.

1" A cette objection , OU peut opposer d'abord trois observations préjudicielles :

1" Si l'Église est incompatible seulement avec ce que l'esprit et les institutions des temps modernes peuvent avoir de défectueux , où est le mal?

•j." Où est l'esprit des temps modernes? qu'on commence par bien le définir, et l'on verra ensuite s'il est incompatible avec celui de l'Église.

li" S'il est résumé par une formule, c'est surtout par ces trois mots: Liberté, Égalité, Fraternité. Et ces mots, bien compris, qu'ont-ils d'incompatible avec l'esprit de l'Eglise?

2° Dans l'esprit du temps actuel , il y a deux éléments : un élément d'appréciation, et un élément de principe. De savoir si nous sommes mûrs, oui ou non, pour certains régimes politiques, voilà l'élément d'appréciation, et l'Église ne s'en occupe pas. De savoir si les peuples peuvent avoir le droit de se mêler du gouvernement d'eux-mêmes, voilà l'élément de principe. Et pour celui-ci, pour ce droit, l'Église tolère qu'on > croie dans certaines conditionset certaines limites.

■X 1756 SMC

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