‹ Conferences du Rev. pere Damen, s.jChapitre 2 sur 7 · OTTAWA, CANADA · texte numérisé non relu

OTTAWA, CANADA

Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné.)

St Marc, xti, 16.

Mes chers et bien-aimés frères en Je sus- Christ,

Je vous ai prouvé, jeudi dernier, par ces paroles de Notre Sauveur que la foi est indispensable au salut. Pour vous en convaincre vous n'avez qu'à lire votre propre Bible protestante, chap. XVie, vers. 16e, vous y trouverez la même vérité exposée avec plus de force encore que dans la Bible catholique.

Quelle est donc cette foi qui sauve ? est-ce une foi quelconque ? Non, car alors les démons eux-mêmes seraient sauvés, puisque l'Ecriture nous dit qu'ils croient et tremblent.

Maintenant, qu'un homme professe telle ou telle religion, c'est dit-on, une chose bien indifférente pourvu qu'il soit honnête homme! Non, mes amis, cela ne suffit pas, il doit professer la bonne et la véritable religion, en dehors de la quelle il n'y a pas de salut ; car la raison nous dit que si Dieu nous enseigne ou nous révèle une vérité, il veut qu'on croie à son enseignement. Ne pas ajouter foi à la parole de Dieu, y croire avec hésitation, c'est l'insulter c'est douter de sa véracité. Il faut donc y croire simplement et sans hésitation. Je vous ai déjà dit qu'en dehors de l'Eglise catholique, il n'y a pas de foi divine, et qu'il ne peut y en avoir. Mes amis protestants sont peut-être froissés de m'entendre parler ainsi, mais je vais leur prouver mon avancé.

Et d'abord je dis qu'en dehors de l'Eglise catholique, il n'y a pas de foi divine : puisque la foi divine consiste à croire une vérité, sans doute, sans hésitation, en s'appuyant sur l'autorité de Dieu. Or, nos frères séparés ont pour guide la Bible interprétée par la,., raison individuelle ; mais

La Bible ainsi interprétée ne peut jamais

leur donner cette foi divine. Supposons, pour un instant, qu'il y a ici un presbytérien, homme de bon sens, intelligent et sans présomption : il lit sa Bible, et il arrive à la conclusion que Jésus-Christ est Dieu. Vous savez du reste que c'est là la doctrine la plus essentielle de toutes les doctrines chrétiennes, et le fondement de tout le christianisme. Puis il se dit : voici mon voisin, un unitaire, qui est un homme tout aussi raisonnable, aussi intelligent, aussi honnête, aussi pieux que je le suis moi-même, il lit sa Bible et il arrive à la conclusion que le Christ n'est pas Dieu. Au meilleur de mon jugement et d-e mon opinion, j'ai raison et mon voison unitaire a tort; mais, après tout, il peut se faire que je me trompe, que je n'aie pas le véritable sens du texte et que j'aie tort et qu'il ait raison. Cependant d'après mon jugement, j'ai raison et il a tort. Sur quoi s'appuie la croyance de cet homme ? Sur quelle autorité ? Sur son opinion et son jugement. C'est ce que nous appelons une opinion humaine, un témoignage humain, et par conséquent, une foi humaine. Il ne peut pas affirmer qu'il est sûr, positivement sûr, aussi sûr qu'il y a un Dieu dans le ciel que tel est le sens de ce texte ; c'est pourquoi il n'a pas d'autre autorité que

Sa propre opinion,

son jugement et l'autorité de la parole de son prêdicant. Mais le prédicant est un homme intelligent et capable ? Il y a beaucoup de prédicants unitaires qui sont également intelligents et capables, et cela ne prouve rien ; ce n'est, après tout, qu'une autorité humaine, et rien de plus et partant une foi humaine. Qu'est-ce que la foi humaine ? C'est, comme le mot le dit, croire sur le témoignage d'un homme, tandis que la foi divine c'est croire en s'appuyant sur le témoignage même de Dieu.

Or, le catholique possède la foi divine parce qu'il appuie sa croyance sur le témoignage de Dieu. Je crois, dit-il, telle et telle chose, parce que l'Eglise me l'enseigne, et je crois à l'Eglise parceque Dieu m'ordonne d'y croire sous peine de damnation. Saint Pierre nous déclare dans son épitre que " aucune prophétie de l'Ecriture ne s'explique par une interprétation particulière," (a) c'est-à-dire que, dans l'interprétation des livres saints, il n'est permis à personne de suivre son propre esprit ou ses lumières personnelles ; mais que nous devons en apprendre le sens de la bouche de l'Eglise à qui l'Esprit-Saint enseigne toute vérité, selon la promesse de

(a) II épitre, I. 20,

Jésus-Christ. Autrement des personnes ignorantes ou mal affermies dans la foi donneraient aux points difficiles de l'Ecriture une interprétation fausse pour leur propre perdition. St Pierre, 2 Epitre, III, 16.

Ces paroles, mes chers amis, sont terribles ; cependant c'est Pierre, c'est le chef des Apôtres qui parle, il dit positivement que des " personnes ignorantes faussent le sens des Ecritures pour leur propre damnation."

La Bible est, pourtant, un livre divin, la parole inspirée — au moins la Bible véritable, celle que possèdent les catholiques, car les protestants n'ont pas la vraie Bible.

Mes chers amis protestants, ne vous offensez pas de mes paroles. Vos évêques et vos prédicants les plus instruits vous diront la même chose. Quelques uns ont même écrit des volumes pour relever les erreurs et démontrer la fausseté de la version anglaise que vous avez. Je dis donc que la meilleure version de la Bible c'est celle dont les catholiques ont toujours fait usage — la Yulgate Latine — et les protestants les plus instruits s'accordent avec les catholiques sur ce point.

Quand je prêche, je donne le texte latin, parceque la version latine est la meilleure. Les protestants diront encore :

Les catholiques reconnaissent encore comme nous que la Bible est la parole de Dieu, un langage inspiré, et que, par conséquent, en ayant la Bible, nous sommes sûrs d'avoir la parole de Dieu.

Mais, chers amis, on peut abuser des meilleures choses ; et c'est pour cela que Jésus- Christ a établi dans son église

Un tribunal infaillible

chargé de nous faire connaître le vrai sens de la Bible. Cette infaillibilité est nécessaire, car sans elle, nous n'aurions jamais pu être certains de notre foi. Voyez ce qui se passe dans un gouvernement bien organisé : en Angleterre, aux Etats-Unis, dans cette Puissance ; partout on trouve une constitution, une loi suprême. Or, chacun n'est pas libre d'interpréter cette loi, d'expliquer cette constitution, selon qu'il le juge convenable, car il n'y aurait bientôt ni loi, ni constitution ; c'est pour cela que dans tous les gouvernements il y a un juge suprême et une cour suprême, à qui il appartient de prononcer en dernier ressort sur les différentes interprétations de la loi et de la constitution. Tout le monde est obligé de passer par les décisions de ce juge suprême ; et si on refusait de s'y soumettre il n'y aurait pas de loi, mais

ce serait l'anarchie, le désordre et la confusion. Supposons, pour un moment, mes Frères, que le divin fondateur de l'Eglise eût été moins sage que les fondateurs des gouvernements humains, et qu'il n'eût point établi un tribunal suprême pour interpréter sûrement la loi et la constitution de l'Eglise, il serait résulté de là que l'Eglise n'aurait jamais pu se soutenir, comme elle s'est soutenue depuis plus de 1800 ans. Dieu a donc établi

Un tribunal suprême, un juge suprême dans son Eglise.

Maintenant, il est admis de tous, protestants et catholiques que Jésus-Christ a établi une Eglise, et qu'il n'en a établi qu'une seule. Chaque fois qu'il en parle, il insinue toujours qu'elle est une et que Y unité est son caractère essentiel. Voici ce qu'il dit : " Ecoutez l'Eglise," et non pas " Us églises. " Ailleurs : " J'ai bâti mon Eglise sur le roc,"'il ne dit pas : " J'ai bâti mes églises." — Il parle de son Eglise comme d'un bercail où il n'y a qu'un seul pasteur ; c'est-àdire que le pasteur est à la tête de tout le troupeau et les brebis doivent obéir à sa voix. 11 J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut aussi que je les conduise ; elles entendront ma voix et il y aura une seule bergerie et un seul pasteur. " (St Jean x, 16).

11 compare encore son Eglise à un royaume où un seul roi gouverne ; à une famille où un seul père commande ; à un arbre dont les branches tiennent au tronc et le tronc à la racine. Or, Jésus-Christ est la racine, Pierre et ses successeurs, lej tronc ; ^les évêques sont les grosses branches ; les|prêtres les petites branches, et les fruits attachés à toutes les parties de cet arbre sont les fidèles répandus dans tout le monde. " La branche qui se séparera de cet arbre, dit Jésus-Christ, ne portera plus de fruit, et sera jetée au feu." Yoilà, mes amis, un langage qui est clair et formel et qui entraîne après lui la conclusion suivante, à savoir : hors de l'Eglise établie par Notre Seigneur Jésus-Christ, il n'y a pas de salut. Mais quelle est cette Eglise ? On compte aujourd'hui dans le monde plus de

352 sectes protestantes

et chaque année le nombre en augmente. De toutes ces différentes églises, quelle est l'Eglise de Jésus-Christ ? Il est évident qu'elle ne peut être autre que celle qu'il a établie lui-même. Quand Jésus-Christ a-t-il établi son Eglise ? C'est lorsqu'il était sur la terre. Et combien y a-t-il de temps décela? Dix-huit cent trentehuit ans. Il y a 1871 ans que Jésus-Christ est né ; c'est un fait historique admis par tout le

monde. Jésus-Christ a vécu sur ia terre durant 33 ans ; retranchez les 33 ans de 18Y1 et vous aurez 1838. Ce fut l'époque où Jésus- Christ établit son Eglise sur la terre. Donc, toute église qui n'existe pas depuis 1838 n'est pas l'Eglise de Jésus-Christ, mais bien une invention humaine. Où trouver l'Eglise qui compte 1838 ans d'existence et quelle est-elle ?

L'histoire vous dit que c'est l'Eglise catholique.

Elle est la seule qui, parmi toutes les dénominations qui se trouvent sur la face de la terre, ait existé depuis 1838. Les histoires catholiques, païennes, juives et protestantes sont là pour le démontrer. Et si dans Ottawa comme ailleurs, il y a un prédicant qui puisse me prouver que l'Eglise catholique n'a pas existé depuis cette époque, qu'il vienne me voir et je lui donne mille piastres. C'est une bonne occasion pour vous, messieurs, de faire un peu d'argent : mille piastres pour vous.

Quelle Eglise, pensez-vous, est la première ? Est-ce l'église presbytérienne ? Est-ce l'église épiscopalienne, l'église d'Angleterre, méthodiste, universaliste ou unitaire ? Vos prédicants euxmêmes, répondent : c'est l'Eglise catholique. Puisque vous reconnaissez l'Eglise catholique comme étant la première, la plus ancienne, et

par conséquent celle qui a été établie par Jésus Christ, pourquoi refusez-vous d'être catholiques Parceque, disent-ils, l'Eglise catholique s'est cor rompue ; elle s'est écartée du droit sentier qn<L lui avait tracé son divin Fondateur, voilà pour quoi il a fallu établir une nouvelle église.

Une nouvelle église ! Une nouvelle religion !

Et pourquoi ? Si l'église catholique a été une) fois la véritable église, elle l'est encore aujour d'hui et elle le sera toujours jusqu'à la consom mation des siècles, autrement Jésus Christ nous u aurait trompés, ce qui ne peut être. D'ailleurs, si K je ne dis pas la vérité, je veux que Jésus-Christ p me frappe de mort dans cette chaire ; car je ne veux pas prêcher une religion fausse.

Je prouve ce que j'ai avancé. Tous admettent que l'Eglise catholique a été un jour l'Eglise véritable. Or, je dis qu'elle l'est encore et qu'elle le sera jusqu'à la fin des temps, parceque Jésus- Christ à promis que

Les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle.

Si l'enfer a prévalu contre l'Eglise, Jésus- Christ nous a- trompés, partant il n'est point Dieu, et s'il n'est point Dieu, le christianisme est une fourberie et une imposture.

Nous lisons dans St. Mathieu, ch. XXVIII, Y.

19e et 20e, que Notre divin Sauveur dit un jour à ses Apôtres : " Allez et enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du iFils et du Saint-Espsit, leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai commandées ; ......et voici que je serai avec vous tous les jours,

jusqu'à la fin du monde." Par là, comme vous. le voyez, Jésus-Christ jure d'être avec son Eglise jusqu'à la consommation des siècles ; or, peut-il demeurer avec une Eglise qui enseigne l'erreur, le mensonge, la corruption ? Non ; alors il a dû l'abandonner ; et s'il l'a fait, il a violé son serment ; et en violant son serment, il s'est parjuré. Par conséquent il n'y a pas de christianisme.

Nous voyons au chapitre xiv de St Jean que Jésus-Christ a promis d'envoyer l'Esprit de Yérité à son Eglise, afin qu'il demeure avec elle jusqu'à la fin des temps. Or, si l'Esprit-Saint ou l'Esprit de Yérité demeure avec l'Eglise jusqu'à la fin des temps, elle n'a jamais et ne pourra jamais enseigner l'erreur. Car si l'Eglise avait enseigné l'erreur, l'Esprit de Yérité l'aurait abandonnée contrairement à la promosse de son divin Fondateur.

De plus, Jésus-Christ nous commande d'écouter l'Eglise et de croire à son enseignement et cela en toutes choses, dans tous les temps et dans tous les lieux. Il n'a pas- dit : écoutez

l'Eglise durant mille ans, ou 1500 ans, mais il a dit " écoutez," sans réserve, sans aucune restriction de temps. Par conséquent, écoutez l'Eglise en tout temps, et en tout ce qu'elle vous enseignera jusqu'à la fin des temps, et que celui

Qui n'écoute pas l'Eglise,

ajoute le Sauveur, soit regardé comme un païen et un publicain. Qu'est-ce qu'un païen ? C'est celui qui n'adore pas le vrai Dieu, et un publicain c'est un pécheur public. Or, pensez-vous que Jésus-Christ nous aurait traités ainsi et nous aurait commandé aussi sévèrement d'obéir à l'Eglise, si cette même Eglise pouvait nous conduire à l'erreur, à l'égarement ? Si l'enseignement de l'Eglise pouvait être pernicieux, lui, le Dieu de vérité, nous commanderait-il de lui obéir absolument, sans aucune restriction ? Notre Seigneur nous ordonne encore d'écouter et de croire tout ce que l'Eglise enseigne exactement comme s'il parlait lui-même. " Celui qui vous écoute, dit-il à ses Apôtres, m'écoute ; celui qui vous méprise me méprise. " Ainsi lorsque je crois ce qu'enseigne l'Eglise, je crois à ce que Dieu lui-même enseigne. L'Eglise est l'organe de Jésus-Christ ; par elle il parle ; par elle il enseigne ; par elle il commande. " L'Eglise,

ajoute Saint Paul dans son Epitre à Timothée, Y est le fondement sur lequel repose la vérité. " Enlevez les fondements d'un édifice et il s'écroulera immédiatement ; enlevez l'autorité de l'Eglise, et immédiatement les erreurs et les fausses doctrines feront irruption. Voyez ce qui arriva au seizième siècle : le protestantisme mit de côté l'autorité de l'Eglise en disant que chacun était libre d'interpréter la Bible à sa manière. Qu'est-il résulté de cet enseignement ? On a vu surgir alors au sein du protestantisme religion sur religion, église sur église, et la chose se continue encore de nos jours.

Quand

Je donnai ma mission à Flint

Michigan, j'invitai alors, comme je l'ai fait ici, mes amis protestants à venir me voir. Un brave homme, qui me paraissait bien intelligent, vint me trouver et me dit :

— Je profite de votre invitation pour venir m'entretenir avec vous.

— Très bien, mon ami, à quelle église appartenez-vous ?

— A l'église des douze apôtres ?

— Ha, ha, mais moi aussi, j'appartiens à l'Eglise des douze Apôtres. Dites-moi, s'il vous plaît, où votre église a-t-elle commencé ?

— A Terre-Haute, Indiana.

— Et les douze apôtres qui ont commencé votre église, qui sont-ils ?

— Nous étions douze caltivateurs, et appartenions à l'Eglise presbytérienne ; après une querelle avec notre ministre, nous décidâmes de nous séparer et de nous faire une religion pour nous-mêmes.

— Ah! je vois maintenant, les douze apôtres sont les douze cultivateurs de l'Indiana et vous êtes l'un d'eux.

Il y a environ quinze ans qu'il ont commencé cette église. Quelques années plus tard, je repassais à Terre-Haute, et je demandai à voir l'église des douze apôtres ; on me conduisit à la fenêtre et on me la désigna en ajoutant : " l'église des douze apôtres n'est plus, elle a été convertie en boutique de charron."

Mais poursuivons. Ecoutons ce que St Paul disait aux Gralates : mes frères, quand nous-même, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème ! St Paul veut nous montrer par là que

La religion ne peut venir que de Dieu. L'homme n'a pas le pouvoir d'établir une religion

sur la terre, il n'a pas le droit de dicter à ses

semblables ce qu'ils doivent croire et faire pour être sauvés. La religion doit venir de Dieu et toute religion qui n'a pas Dieu pour auteur est une religion fausse.

Vous avez vu, mes chers amis, par les textes de l'Ecriture que je vous ai cités que l'Eglise catholique fut un jour la véritable et elle l'est encore aujourd'hui. Vous avez vu pareillement, que l'Eglise catholique a été instituée par Dieu et non par un homme ; c'est un fait ; il n'y pas de fait dans toute l'histoire qui soit aussi certain, aussi bien prouvé que celui-ci, c'est-à-dire : que l'Eglise catholique est la première Eglise et qu'elle fut établie par Jésus-Christ. C'est aussi un fait historique, des plus certains, que toutes

Les églises protestantes ont été établies par des hommes.

Je puis vous donner la date de leur établissement et le nom de leur fondateur respectif.

En 1520, le premier protestant parut dans le monde. Avant lui il n'y avait pas un seul protestant sur toute la face du globe. Ce fut Martin Luther, prêtre catholique, qui se sépara de l'Eglise à cause de son orgueil, et se maria avec une religieuse qu'il pervertit. Il fut excommunié par l'Eglise, et c'est alors qu'il établit une nouvelle religion. Martin Luther fut le premier

qui leva l'étendard de la rébellion et de la révolte contre l'Eglise de Dieu. Il enseigna à ses disciples de prendre la Bible pour guide ; c'est ce qu'ils firent. Mais ils ne tardèrent pas à se disputer entre eux et à la fin ils se séparèrent de leur chef, tel que Zuingle et grand nombre d'autres. Chacun établit alors sa propre religion.

Après les disciples de Luther parut Jean Calvin qui fonda la religion presbytérienne à Genève. Presque toutes les religions portent le nom de leur fondatdeur.

Si je demande à un protestant :

— Pourquoi êtes-vous Luthérien, mon ami ?

— C'est, répond-il, parceque je crois en la doctrine de Martin Luther. Or, Martin Luther est un homme. Donc, il croit en la doctrine d'un homme et non pas en la doctrine de Jésus- Christ. Quelle espèce d'homme était-ce Martin Luther ? Un homme qui viola le serment solennel qu'il avait fait au pied de l'autel, à son ordination, de mener une vie pure et virginale. Il viola ce serment pour se marier avec une sœur, du nom de Catherine qui viola, elle aussi, son vœu de chasteté. Et c'est là le premier fondateur du protestantisme dans le monde ! Le nom que portent les membres de cette religion fait voir qu'ils sont les disciples de Martin Luther.

De même les presbytériens sont quelque fois appelés calvinistes, parcequ'ils sont les disciples de Jean Calvin et font profession de croire à sa doctrine.

Après eux, vint Henri VIII.

Il fut d'abord catholique : il écrivit même un livre contre Luther pour la défense de la religion catholique. Ce livre est encore à la bibliothèque du Vatican à Eome. Il mérita, à cette occasion, le titre de défenseur de la Foi. Et ce titre a été porté par tous les souverains d'Angleterre, depuis Henri vin jusqu'à la bonne reine Victoria.

Henri vin épousa Catherine d'Aragon. Malheureusement il y avait alors à la cour une dame d'honneur de la reine, nommée Anne Boleyn. Elle était d'une grande beauté et d'un extérieur séduisant ; Henri résolut de l'épouser. Il adressa aussitôt une pétition au Pape pour que celui-ci lui permit de se marier avec Anne de Boleyn ; c'était une folie, car que peuvent le pape et tous les évêques du monde contre la volonté de Dieu ? Jésus-Christ à dit : " Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre commet un adultère, et celui qui épouse celle qui a été ainsi renvoyée, commet aussi un adultère. "

Bien que le pape ne pût et ne voulût pas

acquiescer à la demande de Henri, celui-ci s'unit tout de même avec Anne de Boleyn et fut excommunié et rejeté du sein de l'Eglise.

Quelque temps après il se trouva parmi les dames d'honneur de la reine une femme plus belle, plus charmante et plus aimable aux yeux de Henri que la précédente et il voulut l'épouser. Après celle-ci il en prit une troisième, puis une quatrième, une cinquième et une sixième. Yoilà le fondateur de l'église anglicane ou l'église d'Angleterre. Nos amis, les épiscopaliens, font tout ce qu'ils peuvent pour se faire appeler catholiques. Ils savent que c'est un nom glorieux et ils voudraient s'en parer. Les Apôtres ont dit : " Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Eglise I catholique. " Ils n'ont pas dit : " je crois à l'église anglicane." Les Anglicans renient leur religion, car ils disent qu'ils croient " au Saint Esprit, à l'Eglise catholique."

Demandez leur s'ils sont catholiques :

Oui, repondront-ils, mais pas catholiques romains, nous sommes catholiques anglais.

Que signifie le mot catholique ?

Catholicos est un mot grec qui veut dire universel, répandu par toute la terre, partout le même.

L'Eglise anglicane n'est pas répandue par

toute la terre ; elle n'existe que dans quelques pays, là surtout où l'on parle l'anglais.

En second lieu, les anglicans ne sont pas les mêmes partout où ils se trouvent, car il y a quatre églises anglicanes différentes : la basse église, la haute église, l'église ritualiste et l'église puseyste.

Le nom catholique donné à l'Eglise ne signifie pas seulement qu'elle est répandue par toute la terre et qu'elle est partout la même ; mais cela signifie encore qu'elle est la même dans tous les temps, depuis Notre Seigneur jusqu'à ce jour. Les protestants n'ont pas existé depuis Jésus-Christ. Il n'y avait pas d'église épiscopalienne ou d'église anglicane avant Henri VIII. L'Eglise catholique a existé 1500 ans avant que l'église épiscopalienne parût dans le monde. Les méthodistes vinrent après, il n'y a pas plus de 160 ans. C'est Jean Wesley qui a fondé cette dernière secte. Il fut d'abord membre de l'église épiscopalienne, puis il joignit les frères moraves ; mais ne les aimant pas, il les abandonna et se fit à lui-même une religion, qui est aujourd'hui l'église méthodiste. Après Jean "Wesley, plusieurs autres sectes virent le jour ; finalement vinrent les campbellites, il y a environ quarante-cinq ans. Cette église a été fondée par Alexandre Campbell, un écossais. Il est

vrai et bien permis de croire mes amis, que les douze apôtres de l'Indiana se rendirent ridicules en voulant établir une religion pour sauver le monde, et cependant ils avaient tout autant de droit de fonder une église que Martin Luther, Henri VIII ou Jean Calvin. C'est-àdire que ni Henri VIII, ni les autres n'avaient

Aucun droit quelconque d'établir une religion.

Notre Seigneur Jésus-Christ a établi son Eglise et il a juré qu'elle durerait jusqu'à la fin des temps, il nous a promis que les portes de l'enfer ne prévaudraient jamais contre elle. Ainsi, mes bons amis, toutes ces dénominations ou religions ne sont que des inventions humaines. Je vous le demande, est-ce qu'un homme peut sauver l'âme de son frère par une religion qu'il fabrique lui-même ? Est-ce que la religion ne doit pas venir de Dieu? Mes chers frères séparés, pensez-y

sérieusement : vous avez aussi une âme à sauver

cette âme qui vous appartient doit être sauvée ou damnée : c'est-à-dire qu'elle sera avec Dieu, dans le ciel, pendant l'éternité ; ou bien, avec le démon dans l'enfer, pendant l'éternité. Pensez-y bien, réfléchissez sérieusement sur cette vérité. Lorsque je prêchai des retraites à Brooklyn, à New- York, plusieurs protestants se firent catholiques. De ce nombre il y avait un jeune Virginien, bien

intelligent, possédant une haute éducation. Il était presbytérien. Après avoir assisté à mes conférences, il s'en fut trouver son ministre, et lui demanda d'avoir la bonté de lui expliquer tel texte de la Bible. Le ministre lui en donna le sens.

— Bien, dit le monsieur, êtes-vous bien sûr, êtes-vous positif à me dire que tel est le sens véritable de ce texte ; car je sais qu'il y a plusieurs autres protestants qui l'expliquent différemment.

— Jeune homme, dit le ministre, vous m'en demandez trop, car on ne peut jamais être certain de sa foi.

— Dans ce cas, je vous fais mes adieux, si l'on ne peut être certain de sa foi dans l'église protestante, je vais aller où je le serai.

Et il se fit catholique. Nous sommes sûrs de notre foi dans l'Eglise catholique ; si notre foi n'était pas fondée sur la vérité, ce serait Jésus- Christ lui-même qui nous aurait trompés.

Je vous recommande donc, mes chers frères séparés, de vous procurer des livres catholiques. Yous avez lu beaucoup de choses contre l'Eglise catholique, lisez maintenant quelque chose en sa faveur. Yous ne pourrez jamais porter un jugement impartial, si vous n'étudiez pas les deux côtés de la question. Que penseriez-vous

d'un juge à qui on amènerait un accusé, et qui, sur la simple déclaration du policeman, et sans vouloir écouter le prisonnier, le condamnerait à être pendu.

— Ecoutez-moi, dit le pauvre homme, et je vous prouverai mon innocence. Je ne suis pas coupable.

Mais le policeman insiste et dit que son prisonnier est coupable. Alors le juge, sans aucune forme de procès, dit :

Dans tous les cas qu'il soit pendu.

Que diriez-vous de ce juge ?

— Juge criminel, diriez-vous, homme injuste. Tu es coupable d'avoir fait verser le sang innocent.

Tel serait votre langage, je le sais bien.

Yoilà précisément, mes chers amis protestants, ce que vous faites depuis longtemps ; vous n'avez écouté que les détracteurs de la religion catholique ; et vous vous êtes mis à répéter ces accusations que vous aviez entendues : sans nous entendre et nous connaître, vous nous avez condamnés comme des gens superstitieux, idolâtres, ignorants, des imbéciles qui vont conter leurs péchés aux prêtres, — et puis les prêtres ne sont-ils pas des hommes comme les autres ?

Mes chers amis, avez-vous examiné l'autre

côté de la question ? Non, vous ne croyez pas que cela vaille la peine. C'est ainsi qu'ils ont traité Notre Seigneur. C'est ainsi que les païens et les Juifs ont traité les Apôtres, les ministres de l'Eglise et les premiers chrétiens. Et vous, permettez-moi de vous le dire : vous nous traitez comme les Juifs et les païens ont traité Jésus- Christ et ses Apôtres. Vous trouverez peut-être que je vous ai parlé durement soir ; mais si St Paul eût été dans cette chaire à ma place, il vous aurait encore moins épargnés que je ne l'ai fait ; et Jésus- Christ lui-même vous aurait parlé encore plus sévèrement. Ce n'est pas par aversion que je vous parle ainsi, c'est par un esprit d'amour et de charité, avec l'espérance de vous ouvrir les yeux, pour sauver vos âmes.

Mes chers frères protestants, je voudrais faire quelque chose pour votre salut ; je serais prêt à donner jusqu'à la dernière goutte de mon sang pour votre âme immortelle ; voilà le seul motif qui m'anime, lorsque je vous prêche comme je le fais.

Si un homme se croit en bon chemin,

dit mon ami protestant, est-ce qu'il n'est pas en sûreté ? Supposons qu'un homme d'Ottawa veuille se rendre à Chicago, et qu'il prenne le train de New- York ; le conducteur passe et lui demande son billet et il lui dit aussitôt : — " Yous

n'avez pas pris le bon train, votre billet est pour Chicago, et vous êtes en route pour New-York.

— Qu'importe, dit le passager, j'ai la bonne intention d'aller à Chicago.

— Yotre bonne intention ne vous servira pas, car à la fin vous arriverez à New-York et non à Chicago.

Yous dites, mes chers amis, que vous êtes bien intentionnés, mais votre bonne intention ne suffit pas pour vous conduire au ciel ; il vous faut aussi faire le bien. " Celui qui fait la volonté de mon Père, " dit Jésus, " celui-là seul sera sauvé." Il y a en enfer des millions de personnes qui étaient bien intentionnées. Faites la volonté de Dieu, en faisant le bien, et assurez- vous que vous le faites. Je vous conseille de vous procurer un livre intitulé : Points ofControversy. Lisez-le attentivement et vous serez convaincus que l'Eglise catholique est la seule Eglise de Dieu. Achetez aussi le Catholic Christian Instructed, c'est un livre qui contient l'explication de toutes les cérémonies de la religion catholique. Yous aussi, mes frères catholiques, vous devriez avoir ces livres : les lire, les prêter à vos voisins, vous pourriez devenir ainsi les instruments de leur salut. Yivant, comme vous le faites, au milieu de tant de frères séparés, vous devriez être bien renseignés sur votre religion et pouvoir rendre compte de la foi que vous professez.

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