‹ Conférences et discours inéditsChapitre 23 sur 54 · PANÉGYRIQUE · texte numérisé non relu

PANÉGYRIQUE

lui ; il s'est perpétué jusqu'à nos jours dans la société de ces vierges sacrées, qui, par leui-s sentimens de commisération et de dévouement pour les malheureux, se sont montrées si dignes de leur saint instituteur. Il revivra dans cette congrégation de prêtres qui étoit son ouvrage, mais que nous avons eu la douleur de voir disparoilre comme tant d'autres, et que nous voyons renaître sous nos veux, pour la gloire de l'Eglise de France (i). Puisse-t-el!e, toujours héritière de la piété et des bonnes œuvres de ses pères, contribuer puissamment à la perpétuité du sacerdoce au milieu d'un peuple depuis si long-temps en possession d'être gouverné par de saints pontifes et de saints pasteurs. Jeunes lévites formés à l'école des enfans de saint Vincent de Paul, c'est à vous en particulier qu'il appartient de marcher sur ses traces, de faire revivre la beauté des anciens jours, d'être l'édification des peuples comme l'ornement du sanctuaire, et de devenir au milieu deux la

(1) La péroraison fait allusion aux Prêtres de la Mission et aux Filles de la Charité, devant lesquels ce discours a été aussi prononce.

"DC SAINT VI^CE^'T DE PAtL. 1lS

lampe ardente par le feu de la charité, et brillante par l'éclat de la doctrine. Ce seroit peu pour vous et pour les fidèles qu'une vie régulière ; il vous faut ce zèle qui fait les apôtres, et qui est plus nécessaire encore pour ramener les déserteurs de la foi que pour éclairer les infidèles.

O qu'il est beau, mes Sœurs, de vous voir réunies dans ce saint asile, ne former ici qu'un cœur et qu'une ame, sans aucune trace de division, sans aucun levain d'amertume, vous renouveler ensemble, sous les yeux de votre >aint fondateur et de sa sainte coopéralrice, dans l'esprit primitif de votre vocation î Puisse le ciel, en vous multipliant pour le bien de l'humanité, vous remplir toujours de celte inépuisable charité qui n'a cessé de vousanimer jusqu'à ce jour ! Et vous en particulier, qui, jeunes encore, êtes l'espoir de la société qui vous a l'ioptées, vous qui croissez dans cette douce retraite, sous les yeux d'une surveillance toute maternelle; faites, loin d'un monde profane, l'apprentissage de tous vos devoirs; soyez fidèles à marcher sur les traces de celles qui sont plus rivancées que vous dans la carrière, el qui, dél'ositaires des maximes et de l'esprit de votre

226 PAKÉGYRIQ. DE S. VI]NCE>'T DE PATJL.

sainl instituteur, en sont comme les images vivantes. N'oubliez pas que si vous n'éles pas dévouées uniquement à la vie religieuse, vous aurez besoin d'en avoir néanmoins les vertus. Un jour vous sortirez de celte solitude pour vous répandre au milieu des hommes. Vous êtes destinées, pour me servir du langage de saint ^ incent de Paul, à n'avoir pour monastères que les maisons des malades; pour clôture, que l'obéissance -, pour barrière, que la crainte de Dieu, et pour voile, qu'une sainte modestie. Des tentations et des périls vous attendent. Puissiez-vous donc vous préparer, par les exercices de la plus solide piété, à paroitre sans danger pour vous au milieu d'un monde dont vous êtes appelées à corriger les vices par vos exemples, et à soulager les misères par votre charité ! Ainsi soit-il.

Page 1