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PRINCE DE CONDÉ

DANS l'église royale DE SAINT-DENIS, LE 26 MAI 1818.

Fralernitatem diligite , Deuni timete, PiCgem honorificate.

Aimez vos frères, craignez Dieu, honorez le Roi.

ire Epit. de s. Piekre, II, 17.

Monseigneur (i),

Pourquoi faut-il que, nous trouvant commandé par le temps, nous ayons à peine pu consacrer quelques jours de réflexions à l'éloge lunèbre d'un prince qui a soutenu avec tant de

(1) Monseigneur le Duc de Bourbon.

gloire un nom si difficile à porter, et dont' la mémoire doit vivre à jamais dans les annales de la bravoure, de l'honneur et de la fidélité? Comment, dans le court espace de temps qui s'est écoulé depuis les derniers momens du Prince de Condé jusqu'au jour de ses funérailles, recueillir tout ce qui a pu illustrer une vie si longue et si' pleine j présenter dans un même tableau tant de hautes qualités et de faits mémorables, tant de traits d'héroïsme et d'humanité, tant de modération dans la victoire et de magnanimité dans l'infortune ; peindre en un mot avec quelque vérité un prince, qui, suivant l'heureuse expression de l'un de nos guerriers, a donné de yrattjs exemples et de belles leçons, et qui du fond du cercueil semble nous dire encore à tous : Aimez votre pays, craignez Dieu, honorez le Roi-, car voilà tout l'homme, tout le chiétien, tout le Français : Fratertùtateni diligite, Deutn tiniete, lîegem Iiohorijîcate.

Essayons toutefois, puisqu'il le faut, de payer un foible tribut d'éloges à un prince que son roi loue déjà si bien par ses regrets et par les honneurs qu'il fait rendre à sa mémoire, qu'ont aussi déjà loué d'une manière si louchante et

iBÔ POUR LES OBSÈQUES

les larmes amères de tous ceux qui étoient at* tachés à sa personne, et le concours immense de Français de tous les rangs, de tous les états, qui se sont pressés avec une pieuse douleur autour de sa dépouille mortelle.

Quelle vie, Messieurs, que celle du Prince de Condé ! Sa carrière politique et guerrière a été sans tache. Plus heureux que le plus grand de ses ancêtres , aucune page de son histoire n'aura mérité d'être déchirée. Que si, comme chrétien, il a pu n'être pas toujours sans reproche aux yeux de son créateur, hélas! et qui peut se rendre le témoignage de l'avoir toujours été? de longues années de vertus chrétiennes auront expié devant la miséricorde infinie ce qu'il est si difficile d'éviter au milieu de tant de périls et de tant de séductions. Faisons donc voir que le Prince de Condé, dans la bonne et la mauvaise fortune, a été le modèle des guerriers par ses hautes qualités et par ses rehgieuxsentimens. Messieurs, devant une vie de quatre-vingts ans si glorieuse, si hien soutenue, si pieusement couronnée, il faut hien que les passions, que les préjugés, que les opinions se taisent, pour laisser tous les cœurs se confondre dans une impression commune

DU PRIR'CE DE COKDÉ. 25^

d'attendrissement, de respect et d'admiration. Tel est l'hommage qu'a droit d'attendre de

nous TRÈS-HAUT ET PtJISSAKT PRIKCE, LoXJIS-

JosEPH DE Bourbon. PRiKCE DE CoKDÉ, priisce

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