‹ Conférences et discours inéditsChapitre 32 sur 54 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Il existe chez tous les peuples des races particulièrement honorées pour les services qu'elles ont rendus à la chose publique, et pour les grands hommes qu'elles ont produits j races en quelque sorte nationales, que la patrie regarde comme sa gloire et son appui, qu'elle revendique comme son patrimoine, qu'elle oppose avec 6erté aux nations rivales. On en trouve de semblables chez les anciens comme chez les modernes, dans les républiques comme dans les monarchies ; leur nom a, pour leurs concitoyens, je ne sais quoi d'héroïque et de populaire au-dessus de toutes les prétentions et de toutes les jalousies, et jamais on ne l'entend prononcer qu'avec un secret sentiment de respect et d'amour. A ces traits, dont chacun peut faire diverses applications particulières, tous unanimement vous reconnoissez , Mes-

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sieurs, la lige illustre des Condé, la race de celui dont nous venons en ce moment rappeler les hautes qualités.

Nourri dans les maximes de l'antique honneur, digne du sang qu'il porte dans ses veines, et brûlant du désir de marcher sur les traces de ses aïeux, notre jeune prince fait ses premières armes au milieu du dernier siècle, dans cette guerre de Sept-Ans qui fut pour la France un mélange de revers accablans et de succès honorables. A l'âge de dix-neuf ans, il paroit pour la première fois sur un champ de bataille, celui de Hastenbeck, et déjà il laisse apercevoir toute l'intrépidité des guerriers qui ont vieilli dans les combats. Placé sous le feu d'une batterie qui fait d'affreux ravages, on l'invite à s'éloigner de quelques pas pour en éviter la direction, et il répond : Je ne trouve pas ces précaiitious-là dans rhistoire du yrand Condé! paroles mémorables, qui ne seroientjamais sorties d'une ame vulgaire, et qui révèlent aux contemporains que la nature l'a fait pour être un grand capitaine. Il est à la fleur de l'âge, et, prodigue de sa vie, il commence à la compter pour rien quand il s'agit de son roi et de sa patrie.

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