AVANT-PROPOS DES ÉDITEURS
La première série des Conférences et Discours de lhon. M. le juge Routhier est depuis longtemps introuvable chez les libraires, et nous nous proposcus d'en publier bientôt une seconde édition.
Mais auparavant nous croyor- devoir offrir au public une deuxième série de discours prononcés par l’auteur depuis la publication du premier volume,
Cette seconde série est plus variée que la première et traite un plus grand nombre de sujets.
Ceux qui ont entendu et applaudi si souvent ces œuvres oratoires, aussi remarquables par le fond que par la forme, seront heureux de pouvoir les lire ; et ils feront au second volume le même accueil enthousiaste
w'ils or’ fait au premier, ’ils on” fait au premier.
RE DISCOURS
PRONONCÉ AU BANQUET DONNÉ AU COMTE DE PARIS, EN PROPOSANT LA SANTÉ DE LA FRANCE, LE 28 octobre 1890.
Messieurs,
La santé que j'ai l'honneur de proposer est une de celles qui occupent toujours une place d'honneur dans tous nos banquets patriotiques ; et sans elle il nous semble qu’une fête civique ne serait pas complète. Tant de liens nous rattachent à la France, que nous voudrions l’associer à toutes nos joies, comme nous nous faisons un devoir de lui témoigner nos sympathies dans toutes ses épreuves.
Nos concitoyens d'origine anglaise ont l’esprit asscz large et le cœur assez haut placé pour s’unir à nous ce soir dans l'expression de nos sentiments à l'égard de la France. Ils ont compris qu'ils devaient cet hommage à nos illustres hôtes, non seulement par courtoisie, mais aussi peut-être, par reconnaissance ;
car il me semble que les Anglais doivent bien un peu de gratitude À la France pour avoir conquis à leur profit, sur la barbarie et l'infidélité, ces magnifiques territoires qu’arrose le Saint-Laurent.
Mais, si la France occupe toujours un rang éminent dans nos agapes fraternelles, il nous semble qu'elle envahit ce soir toute la salle du banquet et qu’il n’y a plus guère de place que pour elle, tant son nom rayonne avec éclat dans les illustres personnages qui la représentent.
Aussi vous dirai-je, qu'en voyant assis à cette table, à côté de leurs nobles compagnons de voyage, deux princes de la plns antique et de la plus glorieuse dynastie que le monde ait connue, il n’a semblé voir la France elle-mêrre, première mère de cette colonie, venant visiter sa fille; et j'ai senti monter de mon cœur à mes lèvres l’enthousiaste saluto*ton du poète latin : “ Save, mugna parens ”.…...salut, mère auguste et toujours aimée, que tes fils innombrables ont couronnée de tant de gloire et d'honneur! Salut !
O France, douce France—comme chantaient les poètes du moyen âge—qui donc pourrait te connaître et ne pas t'admirer et t'aimer? Qui donc oserait nier tes gloires et ton génie, ton culte constant de l'idéal et des beaux-arts, tes aspirations élevées, ton noble et généreux caractère ?
Quel peu; te a plus aimé Ja vérité, la justice, la liberté, et plus combattu pour leur triomphe ?
Quelle race a l'esprit plus brillant, le cœur plus