‹ Conférences et discours [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 49 · ER AR A ST EP · texte numérisé non relu

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imiter Salomon, comme juge et non comme mari ; car sous ce rapport, il a laissé une réputation assez mauvaise, et l’on ne sait pas encore s'il n'a pas été condamné par le juge suprême, en dépit de ses bons jugements.

A propos, Messieurs, je vous demande la permission de vous rappeler qu'il faudra rendre compte au jugement dernier même des paroles inutiles ; cela vous regarde. Mais ce qui nous regarde et qui est bien plus grave, c'est qu’il nous faudra rendre compte des jugements que nous aurons rendus, et cela me préoccupe bien plus que les malédictions des 24 heures. Mais je me propose de m'en décharger sur In Cour d'Appel. Voici ce que je dirai au J'uge des juges :

“Vous me reprochez tel jugement ; mais la Cour d'Appel l’a renversé, il n’en est résulté aucun mal. Vous me reprochez tel autre ; mais la Cour d’Appel l’a confirmé ; prenez-vous-en à elle.

Je sais bien que c’est surtout ceux que la Cour d’Appel aura confirt.6s qui me seront reprochés ; mais enfin je pourrai toujours plaider absence de malive et cause probable.

Dans tous les cas, Messieurs, et quelle que soit la valeur des jugements que nous rendons, je n'hésite pas à dire qu'ils n'ont jamais des motifs inavouables, et qu'ils ne devraient jamais troubler les bons rapports de courtoisie et de respect qui doivent exister entre nous.

Ce n'est pus en vain que le barres et la magistra-

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ture sont tous deux placés sur les hauteurs ; il convient que les bruits de la plaine n'arrivent pas jusqu’à eux.

Vous savez, Messieurs, que les cimes des Alpes sont au-dessus de la région des nuages, et que le soleil illumine perpétuellement leur inaltérable sérénité.

Eh bien, il faut que le barreau et la magistrature ressemblent, dans leurs rapports mutuels, à ces cimes sereines. Ils doivent dominer l'atmosphère troublée où grondent les orages populaires. Car c'est ainsi que nous pourrons assurer nu peuple le double bienfait qu’il attend de nous : Une législation éclairée et une justice impartiale.

Jusqu'ici, Messieurs, je ne vous ai rien dit du harreau de Québec, en particulier. C’est que je crains vraiment de blesser votre modestie bien connue. Sérieusement, j'ai une très haute opinion du barreau de Québec, et je m'étonne quelquefois de la forte proportion d'hommes capables qu’il renferme. Ils sont nombreux parmi nous, les avocats éminents qui savent parler d’une façon harmonieuse la langue de la chicane.

Naturellement chacun a son talent propre et ses aptitudes particulières; et quand je vois devant moi, dans une même cause, trois ou quatre avocats de renom, les uns procureurs et les autres conseils, je me rappelle ce brocard d’un ancien : “Où la peau du lion ne peut atteindre il faut coudre celle du renard ! ” Cestypes existent à Québec, et quand je les vois accou-

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