‹ Conférences et discours [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 49 · PRONONCÉ EN JUIN 1895, À L'UNIVERSITÉ LAVAL · texte numérisé non relu

PRONONCÉ EN JUIN 1895, À L'UNIVERSITÉ LAVAL

QUIL PLAISE À Vos EXxCELLENCES, MONSEIGNEUR LE Recreur, Mxspamee, Messieurs,

S'il m'était permis de faire en ce moment ce que l'on appelle un discours de circonstance, je n'aurais qu’à jeter les yeux sur le premier rang de cet imposant auditoire pour y trouver de nobles sujets d’inspiration. (*)

Mais l’Université Laval a eu la douleur de perdre, il y a quelques mois, l’un de ses plus éminents docteurs ès lettres, et elle m'a confié 1n tâche, à la fois douce et pénible pour mon amitié, de faire l'éloge de mon regretté collègue et ami M. Claudio Jannet.

Je ne puis cependant pas fermer les yeux sur les hauts Personnages qui ajoutent tant d'éclat à cette 80-

(*) Les personnages assis au premier rang de cet aud''oire {taient Lord et Lady Aberdeen, le marquis la et marquise de Lévis, le comte et la comtesse de Nicolaï,—

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lennité, et taire entièrement les sentiments que leur présence fait naître en moi.

Et d'abord, il me semble que notre auguste et bienaimée Souveraine n’a jamais été mieux représentée parmi nous que ce soir.

Car non seulement je vois briller dans son noble représentant le prestige de l'autorité et l'éclat des plus hautes dignités, mais encore l’incontestable attribut du mérite personnel et de la popularité.

C'est ce mérite personnel que Sa Majesté a voulu tout récemment encore reconnaître et récompenser en ajoutant un nouvel honneur et un nouveau titre à tous ceux qu'il tenait déjà de ses ancêtres et de sa Souveraine. Qu'il me soit permis de le féliciter, et de lui appliquer ces mots du poète latin: Decori decus addit avito : Il a ajouté un nouvel honneur aux honneurs des ancêtres.

Si maintenant je regarde à son côté, ce n'est plus seulement la très haute dignité, mais la grâce de notre Souveraine dont j’aperçois la charmante personnification, ayant au front la triple auréole de l'intelligence, du savoir et de l’amabilité.

Enfin, par un bonheur souvent espéré mais rarement réalisé, nous avons l’honneur de voir aujourd’hui parmi nous—non pus des représentants officiels de notre ancienne mère patrie — mais de nobles enfants de la terre de France, qui, précisément parce qu'ils n'ont aucun caractère officiel, n’en représentent que mieux à nos yeux cette France d'autrefois, cette

: RS CONFÉRENCES ET DISCOURS France d'avant la Révolution, qui nous # donné je jour à nous Cunadiens-Fronçais !

Ces he:nmes appartiennent d’ailleurs à deux familles qui nous rappellent les gloires les plus éclatantes et les plus pures de notre admirable histoire, les Montmorency de Laval et les de Lévis !

Ts sont les héritiers d’un nom qui symbolise À nos yeux l'honneur chevaleresque, le dévoñment patriotique et le courage militaire !

Autour de leur blason rayonne la gloire d’un héros qui, malgré les nbandons et les oublis de la mére patrie, et en dépit des infortunes nationales de son époque, est resté debout et vainqueur au milieu de l’écroulement de la puissance française en Amérique !

Ah! c'est lui qui aurait pu se vanter avec plus de vérité que François I qu'il avait sauvé l'honneur de la France. Car, en autant qu'il avait dépendu de lui, il avait droit de dire: * Je nai rien perdu du patrimoine de la France, pas même une bataille ! Mes drapeaux ont toujours été ceux de la victoire, et plutôt que de les livrer, je les ai brûlés ! Je n'ai pas mis bas les armes ; mais c’est le représentant de mon roi qui me les à arrachées des mains ! ”

Ceux qui ont l'honneur de porter un si grand nom ont droit d'en être fiers, et nous n'avons pas le droit de les considérer comme des étrangers ou comme des visiteurs indiflérents dans cette vieille cité illustrée par leur ancêtre !

Après avoir adressé ces quelques mots de cordial

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accueil à nos hôtes de France, et déposé mes hommages aux pieds des représentants de notre Gracieuse Souveraine, je rentre dans le programme de cette séance académique pour s'en plus sortir.

Il y a aujourd’hui quinze années, dans cette même salle, où siégeait un congrès catholique que j'avais l'honneur de présider, sur cette même estrade, se tenait À mon côté un homme qui devait prendre la parole immédiatement sprès moi. Il était de taille petite, de complexior délicate, mais il avait une jolie tête, des traits distingués, des yeux vifs et pleins de flamme, un fin sourire, et un front large couronné d'une abondante chevelure.

Pour la plupart des auditeurs, il était un inconuu, et les regards étaient fixés sur lui avec une curiosité pleine d'intérêt.

Un grand silence se fit quand il éleva la voix. Mais à peine avait-il prononcé quelques mots, que les acclamations éclatèrent.

L'auditoire avait immédiatement deviné en lui un Français de la vieille France, un ardent admirateur de notre pays, un orateur à la parole chaude et vibrante de sympathie et d'émotion.

Le sujet qu’il traitait ne prétait guère à l’éloquence : c'était une question économique ; mais il la traita avec une telle élévation d'idées, avec tant de chaleur, dans un langage si littéraire et si vivant, que le succès de l'orateur fut très grand.

L'Université Laval fut heureuse ce jour-là de pouvoir applaudir et admirer l’un de ses nouveaux docteurs ès lettres, et elle se félicita d'avoir inscrit ln veille dans ses registres d'honneur le nom de notre regretté ami et collègue, M. Claudio Jannet.

Ce n'est pas sans émotion que je rappelle aujourd'hui ces souvenirs, et que je vois repasser dans ma mémoire ces jours de fêtes intellectuelles, religieuses et nationales du mois de juin 1880!

Quinze années seulement se sont écoulées depuis, et mon ami n'avait alors que trente-cinq ans. Et cependant il n’est plus!

Sur ce grand théâtre de la vie parisienne où s’achèvent les réputations, la sienne n'avait pas cessé de grandir depuis cette époque; son étoile n'avait pas cessé de monter à l'horizon, et elle était dans tout son éclat lorsque l’ombre de la mort est venue la voiler tout à coup.

Ah ! Mesdames et Messieurs, que voulons-nous donc dire quand nous parlons des promesses de la vie? La vie ne promet qu'une chose: c’est de ne pas durer. Et c'est bien la meilleure promesse qu'elle puisse nous faire, étant faite comme elle est !

La mort moissonne sans se lasser, la terre prend tout, sans choisir; mais le ciel choisit: ilen a bien le droit, il est si riche! Et nous pouvons affirmer que cette fois il a choisi une Ame d'élite.

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M. Claudio Jannet était né en Provence,en 1844. Toute son enfunce s'écouln dans ce pays plein de s0leil, aux bords de la jolie rivière de l'Arc, que viennent rafraîchir pendant l'été les brises parfumées descendant des cimes alpestres et les souffles du mistral.

Ii fit à Aix de brillantes études classiques et légales, et quelques dates vous feront juger de sn précocité.

A 21 ans, il était docteur en droit de la Faculté d'Aix, et il avait épousé une femme aussi remarquable par l'esprit que par le cœur, appartenant à la meilleure noblesse de Provence.

A 23 ans, il collaborait au bel ouvrage de M. LePlay sur l'organisation de la famille.

En 1878, c'est-à-dire à 29 ans, il publiait un volume sur Les institutions sociales et le droit civil à Spaite, forte étude de jurisprudence historique comparée, selon la méthode féconde du philosophe anglais Sumner Maine.

En 1875, parut son bel ouvrage sur les Etats-Unis

contemporains, qui fit sa réputation. Ce livre eut un

grand retentissement en France, en Angleterre, en Allemagne et aux Etats-Unis.

C'est dans cette même année qu’il fut appelé à Paris comme professeur d'économie politique dans la faculté libre de droit de cette ville.

C'est dans cette chaire de l’Institut catholique que le brillant économiste prit son élan vers les sommets

de la science sociale, comme l'oiseuu des mers, quand il sent sous ses niles les souffles puissants de l'Océan.

Ou plutôt, il eut alors cet épanouissement rapide d'une plante vivace, transpluntée dans un sol riche, et arrosée par les grandes eaux qui descendent des montugnes.

Paris, c'était le théâtre qui convenait à ses brillantes facultés et à sa juvénile ardeur. En très peu d'années, il devint une véritable illustration pour l’université catholique. La jeunesse étrangère séjournant à Paris se pressait autour de sa chaire pour y puiser les vraies doctrines de la science sociale, prenant pour bases la religion, la justice, la morale et les enseignements du passé ; et, dès qu’elles étaient publiées à Paris, sos leçons étaient commentées à Berlin, à Cambridge et à Baltimore.

Sa vie entra dès lors dans une période d'activité dévorante.

Tout en poursuivant ses cours à l’université, il collaborait à la Réforme Sociale, nu Correspondant, à la Revue des Institutions et du Droit, à ln Revue des Deux Mondes, au Polybiblion ; et, de temps en temps, il allait

faire entendre son éloquente parole dans les congrès

et les assemblées catholiques.

Pendant ses vacances, il préparait des volumes. S uccessivement parurent Le Socialisme d'Etat et la Réforme sociale, le Capital, la Spéculation et la Finance au XIXe siècle, et diverses brochures sur les Sociétés Secrètes.

Nature trop ardente pour se ménager, il se dépensait sans compter. Au lieu de ramasser quelques forces pour résister au mal physique dont il sentit, ilya dix-huit mois, les premières atteintes, il épuisait toutes ses énergies dans sa lutte contre le mal social dont souffrent la France, toute l'Europe et même l’Amérique.

Mais ce n’est pas en vain que le cœur de notre ami était une flamme ardente : cette flamme finit par consumer sa frêle enveloppe.

Le mal grandissait toujours, mais lui travaillait sans cesse : et trois nouveaux ouvrages étaient sur le métier, lorsque la science médicale consultée vint lui dire: puisque vous n’avez pas voulu vous reposer en ce monde, vous irez bientôt voue reposer dans l’autre.

Alors il se mit entre les mains des médecins, et il consentit à subir leur traitement, plus confiant toutefois dans ln vitalité de sa nature que dans les ressources de l’art.

Mais sa grande souffrance était de ne plus travailler, et surtout de ne pouvoir plus épancher dans l'esprit de ses élèves ce trésor d'idées et de doctrines dont son cerveau était rempli.

Une opération douloureuse, dont l'issue paraissait incertaine, dût être essayée.

Il s'y soumit avec un courage et une énergie admirables. Elle échoua ; et comme l'été arrivait il alla demander sa guérison au soleil de son pays natal, À sa chère Provence.

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CONFÉRENCES ET DISCOURS 139 Es nr go

Hélas ! T1 était trop tard. Ni l'air vivifiant des montagnes, ni les chauds rayons du Midi, ne renouvelèrent. ses forces épuisées. Mais la vie intellectuelle gardait en lui toute sa vigueur, et il voulut revenir À Paris, théâtre de son activité et de ses succès. Mais il y arriva mourant.

Il semble que ce dut être pour lui un désespoir profond. I] avait à peine cinquante ans. Ses grands travaux intellectuels restaient inachevés. Tous ses beaux projets d'établissement pourses chers enfants n'étaient Pas encore réalisés, et il fallait tout quitter pour touour!

Eh ! bien non, notre éminent ami ne fut pas désespéré. C'est le propre des grands chfétiens de triompher du désespoir à ce moment suprême, et c'est quand on les croit vaincus qu’ils sont vraiment vainqueurs !

Ils sont les disciples de Celui qui, au moment de monter au Calvaire, adressait à ses apôtres cette parole étrange qu’ils ne comprirent pas : j'ai vaincu le monde! Certes, le monde en ce moment suprême paraissait bien étre le vainqueur; mais trois jours après le Christ ressuscitait, et trois siècles plus tard il était le maître du monde,

Notre éminent ami était de ces chrétiens qui sont bien sûrs de ne pas mourir tout entiers, et qui savent bien que Dieu n'a pas besoin d'eux pour compléter leurs œuvres inachevées.

Voilà pourquoi il resta ferme et calme en présence de la mort.

Le gracieux poète de la provence, Mistral, raconte que son père, un modeste laboureur, voyant approcher la mort, demanda à son fils, pleurant à son chevet : “Quel temps fait-il aujourd’hui ?”

—Il pleut, mon père, répondit l'auteur de Mireille. —11 pleut ! reprit le moribond. C’est un bon temps pour aller faire mes semailles dans l'autre monde.

Et il rendit l’âme.

Le grand économiste provençal, M. Claudio Jannet, a vu venir la mort avec la même sérénité et la même confiance. En songeant à ses travaux, il a dû se dire : ‘Toutes les semences que j'ai jetées dans cette terre ingrate et encombrée d'herbes mauvai‘es, n'ont pas germé comme je l'aurais voulu ; mais j'ai fait d'autres semailles dans la Terre des Vivants, et puisque Dieu m'y appelle, c'est que mes moissons de là-haut sont mûres et que le temps est venu pour moi de récolter.”

Il est certain que personne ne pouvait mieux que

lui répéter à son heure suprême ces beaux vers de Louis Veuillot :

Placez à mon côté ma plume,

Sur mon cœur le Christ, mon orguecil, Sous mes pieds mettez ce volume,

Et clouez en paix le cercueil.

Après la dernière prière,

Sur ma fosse plantez la croix,

Et si l'on me donne une pierre, Gravez dessus : J'ai cru, je vois !

Dites entre vous : il sommeille ; Son dur labeur est achevé,

Ou plutôt, dites : il s'éveille ;

11 voit ce qu’il a tant rêvé . . ,

J'espère en Jésus. Sur la terre Je n'ai pas rougi de sa loi :

Au dernier jour, devant son Père,

Il ne rougira pas de moi,

“Sa mort, dit M. du Vignaux, a été le plus haut, le plus grand, le plus frappant surtout des enseignements qu’il nous ait donnés. “Laissez-moi, disait-il, à l'heure de l'agonie, à quelqu'un qui lui offrait ses soins : “ Je. parle à Dieu ”’; puis, après un silence : “ Je l'aime, je l'adore, je l’attends. ”

‘ Certain de son but et de sa destinée, l’âme immortelle apercevait, dès le seuil environné d'ombre, l’aube des clartés éternelles. Animé jusqu’au bout des convictions fières dont sa vie s'était inspirée si hardiment devant les hommes, Claudio Jannet a voulu mourir humblement, en chrétien. Les sacrements et les prières de l'Eglise ont été sa force ; et dans l’austérité voulue. commandée de sa sépulture, sans discours, sans fleurs, sans couronnes, il nous a révélé comme un aspect nouveau de son noble et puissant esprit. Il est entré, nous l'espérons, dans la paix et dans la lumière. Là, de l’autre côté du voile, notre pensée le suit, fidèle et confiante. ”

Claudio Jannet était une vraie nature méridionale, et il avait pris au pays natal les deux traits caractéristiques de son éloquence : la lumière et la chaleur.

11 n'était pas à proprement parler un grand orateur ; car il manquait d'imagination, faculté nécessaire à la grande éloquence. Mais tous ceux qui assistaient à ses leçons et à ses conférences reconnaissaient chez lui ces deux qualités remarquables : il était lumineux et ardent.

Sa voix était faible et un peu voilée; mais il en tirait quelquefois des accents puissants, et ceux qui l'ont entendu ici en 1880 n'oublieront jamais sa chaleureuse r“,'ique à certaine partie de mon discours -dans laqu. ‘, j'avais décrit l'indifférence railleuse de la France officielle à l’époque de la cession du Canada à l’Angleterre :

— “ Ah! mon cher ami, s’écria-t-il, permettez-moi -de vous le dire, il y avait alors en France de nombreux châteaux qui pleuraient, oui, qui pleuraient, et de ces maisons sont sorties des générations qui ont fuit depuis, et qui font encore l'honneur de la France -et de l'Egliss ! ”

Claudio Jannet était surtout et avant tout un économiste ; et l’étude des sciences sociales a absorbé toute sa carrière.

En principe il défendait le libre-échange, et c'est sans doute un système avantageux dans les pays où l’industrie a atteint son entier développement.

Mais les questions de tarif ne sont qu’un détail dans le vaste domaine de l’économie politique, et il plaçait bien plus haut son idéal.

Ce qu'il voulait, c'était l’infusion des doctrines chrétiennes dans la science sociale.

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Les formes et les procédés économiques sont inév:tablement variables, et doivent être adaptés aux besoins et à la situation de chaque peuple. Mais les principes éternels de la doctrine chrétienne sont partout les mêmes, et devraient être appliqués à la solution des problè:1es sociaux.

Sans doute, leur application ne ferait pas tout le monde riche; mais elle harmoniserait les rapports des classes entre elles; elle ferait comprendre au maître qu'il doit être un père pour l’ouvrier, et à celuici qu'il doit être un fils pour son maître. Elle ferait comprendre au riche que si sa richesse est bien à lui, il en doit faire tout de même une large par!

vres. Elle répandrait entre les différen sociales des notions plus exactes de la justice, de la charité et des devoirs mutuels. Elle donnerait enfin aux pauvres eux-mêmes une suffisance de biens temporels en ce monde et l'attente résignée d’

pensution dans un monde meilleur.

Voilà l'idéal qu'il rêvait pour les sociétés chrétiennes, et il aurait voulu que tout le monde travail. lât à le réaliser.

‘Le devoir social, disait-il, s'impose à tous, et s'il n’y a plus de classes dirigeantes, il Y à toujours des classes responsables. Or Dieu ne nous demande pas le succès, mais la lutte. Là est le devoir”,

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Les artistes ont représenté quelquefois les génies sous la forme de ces petits anges que les peintres grou-

taux pautes couches

une com-

nininesie rit dis cata dr sen RE à.

14 CONFÉRENCES ET DISCOURS RE om OS |

pentau milieu des nuages dans les Assomptious de la Vierge.

L'idée est assez juste. Les génies sont en effet des têtes posées sur deux ailes, c’est-à-dire des intelligences qui s’envolent, et qui emportent avec elles l’humanité dans une assomption sans fin vers l'idéal éternel et infini !

Mais quelles sont ces deux ailes qui soutiennent l'intelligence dans ses élans généreux à la recherche de la vérité complète? Ce sont l'amour et la foi— l'amour de l'humanité, l'amour du Beau, du Vrai et du Bien, et la foi en Dieu, créateur, ordonnateur, conservateur et providence de tous les êtres !

Sans ces deux ailes, le génie est incomplet. Sil en possède une seule, il ne peut faire que des bonda prodigieux, après lesquels il retombe, et s'éteint comme une étoile filnnte.

Seuls, les génies complets brillent toujours, et ne meurent jamais entièrement. Ils sont les grands veilleurs de la nuit des temps.

Dans ce vaste cimetière de la terre que nous habitons, au milieu des multitudes qui dorment l'éternel sommeil, eux seuls veillent toujours. Leurs œuvres sont les flambeaux qu'ils tiennent au-dessus de leurs têtes, et qui éclairent l'humanité dans sa marche à travers les siècles.

Sans doute, on peut dire que les hommes ressemblent aux arbres: s'ils ne donnent pas tous la même ombre, ils font tous la même cendre.

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8 vouées À Ja cendre de l'oubli.

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ternelle dans l’autre.

rages qu'il a laissés les hommes uiser bien des idées saines et jugent avec impartialité, ils omistes de toutes les écoles, il Ux, mais il n'avait Pas de supé.

Comme les grands exe lui ont donné la vie €

Dans les savants ouv politiques Pourront p fécondes ; et s'ils le

avait peut-être des éga rieur.

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ce une perte irréparable Pour Ja vraie

A tous les regrets qu'ont i iété Conomie sociale de Paris,

aujourd’hui joingardera le souvenir qui lui ont fait le plus d’'hon.

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de l’un de ses docteurs neur dans le monde,

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