‹ Conférences et discours [microforme] (volume 2)Chapitre 28 sur 49 · DIEU DANS L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

DIEU DANS L'ENSEIGNEMENT

DISCOURS PRONONCÉ, AU COLLEGE DE SAINT-BONIFACE, MANITOBA, DANS L’ETE DE 1896.

Mespames, Messreurs,

Vous connaissez probablement une romance touchante qui a obtenu en France et en Canada un grand succès populaire, dont le refrain répète avec attendrissement :

‘C’est un oiseau qui vient de France”.

Comme poésie, cette romance n'a rien de remarquable ; mais elle exprime d’une facon pathétique le sentiment patriotique d’une famille exilée de France, qui chérit le souvenir de la patrie absente, et qui croit la revoir même dans les hirondelles voyageuses qui viennent du Pays natal.

Mesdames et Messieurs, c’est à ce même sentiment que vous avez obéi, je présume, en venant m'entendre ce soir, et vous reconnaissez en moi une voix qui vient de votre pays natal, nommé jadis : la Nouvelle-France

C’est mon meilleur titre à l'accueil chaleureux que Vous venez de me faire, et votre sentiment a d'ailleurs

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en moi son écho. Pendant que vous pensez: c’est un frère que nous allons entendre, je me dis: c'est à des frères éloignés du foyer paternel que je vais parler.

Elle est douce à mon coeur la mutuelle sympathie que ce double sentiment établit entre nous. Et je m’estime heureux d’avoir cette occasion de vous exprimer battachement profond que votre pays d’origine garde pour vous.

Oui, Mesdames et Messieurs, s’il est vrai de dire que vous conservez précieusement au fond de vos cœurs le souvenir de la terre natale, rappelez-vous que la Province de Québec a pour devise ‘Je me souviens.”

Et de qui donc se souvient-elle? Sans doute, ellese souvient de la France, sa mère, qui lui a donné lejour à l’époque la plus gloriense de son histoire. Elle se souvient de l’église catholique qui l« protégée et défendue dans les jours sombres de l'adversité, et de l'éclipse nationale. Elle se souvient de ses enfants que les revers de fortune et les accidents de la vieont entrainés dans la Fédération Américaine, et qu'elle voudrait bien repatrier. Mais elle se souvient surtout de vous qui n'avez pas voulu sortir de ce beau Canada qui nous est si cher à tous, et qui travaillez généreusement à perpétuer au centre de notre immense territoire la race, la langue et les croyances religieuses de nos ancêtres,

N'en doutez pas, Mesdames et Messieurs, la province de Québec vous aime. Elle vous veut grands et prospères, et c'est avec ardeur et dévoûment qu’elle prend sa part de vos joies et de vos douleurs.

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Elle est heureuse quand le télégraphe lui annonce

que vos récoltes sont abondantes et que les blés en-

combrent vos greniers. Elle souffre quand vous Poussez vers elle des gémissements et des plaintes,

Mesdames et Messieurs, toute vie nationale a ses mauvais jours comme toute vie individuelle. Les races ont leurs temps d'épreuves comme les familles, et comme l'Eglise, dont elles sont pour la plupart les filles. Bien souvent, les commencements de leur existence s'écoulent dans les catacom bes,parcequ’on leur refuse leur place au soleil. Elles en souffrent d’autant plus que les races ont besoin de lumière, comme les plantes, pour se développer etgrandir. C'’estune des lois les plus admirables de la nature que la lumière est la grande génératrice des êtres ; etc'est pourquoi la première parole de Dieu au premier jour de la Création, a été: ‘Que la lumière soit”.

Tons les éléments qui devaient composer l’univers étaient alors créés. Dieu les avait tirés du néant par un simple acte de sa volonté. Mais ils existaient à l’état de chaos, mélés et confondus dans l'immensité d’une nébuleuse inerte et sans vie. Des milliarde de 8erme* y sommeillaient dans l’ombre attendant qu’un rayon divin les fécondat.

Tout à coup, le Créateur fit entendre au milieu des espaces infinis cette mystérieuse parole: “Que la lumière soit”. Et ce fluide merveilleux, dont la nature

est encore un mystère pour la science, s’enflamma soudainement ; et sur la masse illimitée de la matière en travail l’on vit germer la fleur de Vie. La lumière se révéla comme une chaleur et comme une force, et sous son action toute-puissante, s'organisèrent dans l'ordre et l'harmonie, au milieu de l’espace émerveillé, des milliards de mondes qui marchaient et vivaient.

Mais qu'ai-je besoin de vous démontrer la puissance de la lumière à vous, babitants du Manitoba et travailleurs du sul? Vous savez cela mieux que moi, vous qui observez jour par jour le progrès de vos récoltes; vous qui pourriez me dire peut-être combien il entre de rayons de soleil dans la formation d’un grain de blé.

Eh bien, Mesdames et Messieurs, la lumière est encore plus nécessaire à l’homme qu’à la plante; et comme il est à la fois esprit et matière, il lui faut une double lumière: lumière matérielle pour son corps, et lumière spirituelle pour son esprit. Cette lumière spirituelle, il la trouve dans l'instruction C'est pourquoi vous dites d'un homme très instruit qu'il est très éclairé.

Si donc on veut qu’une race soit éclairée, et grandisse à la lumière, il faut qu’elle ait sa place au soleil de la science ; je dis sa place, c'est-à-à pas une place quelconque, mais celle qui convient à sa nature, à son caractère, à son langage, à ses croyances.

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CONFÉRENCES Er DISCOURS

Mais la lumière suffit-elle à la croissance des plantes ?— Non, il faut que vous prenies le soin de les arroser, Ou que le ciel leur envoie ses pluies bienfaisuntes, Eh! bien, l’homme ne peut vivre non plus sans eau, et son Ame a soif de vérité, non seulement de vérité naturelle, mais aussi de vérité Surnaturelle. Elle a besoin de s’abreuver aux ondes sacrées de la religion; et c’est pourquoi l'Eglise lui verse au cours de sa vie terrestre les eaux du Baptême et celles de Ja Pénitence.

L'eau, si nécessaire à l'alimentation du corps, est ainsi le symbole des besoins surnature!s de l'âme et elle représente tout spécialement l'éducation religieuse, complément nécessaire à l'instruction profane.

Quand le Peuple d'Israël, en route Pour la terre Promise, Poursuivait son v.

travers les déserts à

et quand les ruisseaux et les

homme de Dieu frappait les

rochers et en faisait jaillir des sources d’eau pure,

Or, un soir, les Hébreux campèrent aux bords d’un

lac dont les eaux transparentes les invitaient à étan-

cher leur soif, mais quand ils en goûtèrent, ils décou-

vrirent qu’elles étaient amères, et ils s'en plaignirent à Moïse.

L'homme de Dieu Coupa alors une branche d'un

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