‹ Conférences et lettres de P. Savorgnan de Brazza sur les trois explorations dans l'ouest africain de 1875 à 1886. Texte publié et coordonnéChapitre 70 sur 89 · LETTRE DE M. F. F. COMBE · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. F. F. COMBE

Monsieur,

Je suis désireux de vous écrire au sujet du traitement subi pannes deux collègues, MM. Crudiugtou et Bentley, à Stanley- Pool par les gens de la ville de Makoko, en janvier dernier.

Je suis à la tète d'une mission et j'ai reçu pour instructions de fonder une station à Stanley-Pool. Depuis longtemps nous avons essayé d'atteindre ce point, de San-Salvador, par Zambo ou Makuta. Mais nous avons été empêchés par les marchands d'ivoire de ces deux districts. Après votre heureux voyage à la fin de l'année dernière nous décidâmes d'essayer le côté du Nord de la rivière. Et deux de mes compagnons parvinrent à atteindre Stanley-Pool, en passant par Isangila et Manianga.

A la ville de Bwa-bwa-Njali, ils furent très bien reçus. A N'tamo, chez Nga-Liema, ils ne furent nimenacés nimaltraités ; mais quand ils atteignirent Nshasha, escortés par les soldats que vous y aviez laissés, ils se trouvèrent exposés aux dangers les plus sérieux par suite de l'attitude hostile des habitants qui se livraient à leurs danses de guerre autour d'eux avec leurs lances et leurs couteaux. Par l'intermédiaire de leur interprète,

mes compagnons comprirent que la raison de toute cette conduite sauvage et menaçante était qu'on avait dit à ces gens de se tenir en garde contre tous les blancs qui ne viendraient pas avec le pavillon français, à notre mission n'était pas française, était considérée comme ennemie.

Toujours est-il qu'il y eut malentendu. Nous en avons la ferme conviction. Les gens de la contrée que vous avez annexée au nom de la France semblaient croire que, n'étant pas Français, nous étions leurs ennemis: ils nous traitèrent en conséquence. Nous ne sommes que de simples missionnaires anglais, n'ayant aucun rapport avec notre gouvernement, non salariés par celui-ci, et ne poursuivant en conséquence aucun but politique.

Dans six mois environ, nous espérons être de nouveau à Stanley- Pool, pour établir une station dans l'un des grands villages. Si vous y êtes à présent, si vous y arrivez avant nous, ou si vous vous trouvez en communication avec ces gens par l'entremise de l'un des membres de votre expédition, nous serions heureux si vous vouliez bien prendre la peine de chasser l'impression qui a été produite par notre expédition, que nous, n'étant pas Français, nous devions être traités en ennemis.

Vous souhaitant beaucoup de succès dans votre expédition ainsi que bonne santé, je suis, monsieur, votre bien sincère.

Signé: F. F. Gomber,

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