UN POSTE DE L ALIMA
Prenant donc avec moi un certain nombre de ces hommes je repartis immédiatement avec mes nouveaux auxiliaires de l'Ogôoué, pour aller agir au Congo. Mon intention était de remonter ce dernier fleuve aussi haut que possible et d'y établir notre influence par des traités.
Je brûlai l'étape de Fraiiceville, celle des Batékés et nos postes de l'Alinia. Lorsque je débouchai sur le Congo avec le canot à vapeur suivi de sa flottille, ce fut une heureuse surprise pour moi de trouver là M. Dolisie, que j'avais laissé à Loango jadis et qui avait rejoint le Congo supérieur, les vallées du
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Quillou et de la Loiidima. Parti épuisé de Brazzaville, avec l'intention d'aller prendre en Europe un repos bien nécessaire, M. Dolisie avait tronvé dans l'air vif du fleuve et plus encore dans l'énergie de son caractère le rétablissement imprévu de ses l'orces. Quand je le rencontrai, il était presque en bonne santé et me demanda lui-même de se remettre à l'action. J'y consentis d'autant mieux que ma présence était nécessaire ailleurs et que je savais M. Dolisie parfaitement capable de manœuvrer à ma place dans le rayon où j e voulais agir. A l'école de M. de Ghavannes, il s'était vite assimilé les qualités de patience nécessaire, avait pris l'habitude du pays et venait de conclure d'importants traités chez les Oubangui, en amont de l'Alima. Je lui laissai donc le canot à vapeur et après avoir donné de sommaires instructions, je revins sur mes pas pour gagner rapidement la côte, où j'arrivais le 1" décembre 1884.
A ce moment-là nos droits établis à Brazzaville nous assuraient par avance, la possession prochaine du Quillou et notre influence allait s'étendre sur la rive droite du Congo, en amont de l'Alima. Il restait désormais à faire certaines explorations importantes que je n'avais pu entreprendre jusqu'alors faute de monde; il restait également à produire une action aussi loin que possible sur le haut Congo pour avoir en main, à l'heure voulue, des éléments de compensation. C'était la seconde partie du programme, la plus intéressante mais non la plus facile, étant donnée l'exiguité de nos ressources et la faiblesse de nos moyens d'action.
Avant de me consacrer à cette partie nouvelle de la tâche, il fallait laisser derrière moi une situation aussi nette que possible, rassembler les éléments des expositions futures et les pousser devant moi. J'employai près de trois mois à ce travail; trois mois pendant lesquels je courus d'un point àl'autre, réglant une difficulté à Loango, causant politique à Vivi, veillant
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au ravitaillement de tous, donnant partout des conseils ou des ordres et surveillant les jn-éparatifs de mon propre départ.
Cent cinquante porteurs de Loango, recrutés par mes soins, montaient à Franceville en longeant l'Ogôoué sous la conduite du maréchal des logis Weistroffer. On était au commencement de mars. Dix jours encore furent consacrés à mes derniers préparatifs et, pour la seconde fois, je me lançai à l'intérieur, décidé à aller loin si rien ne venait entraver mes projets.