M. DECAZES
ati-dessus de l'équateur. Sur ces nouvelles rives, il avait jeté les bases d'une future organisation.
Ayant fait une visite à notre poste de Bonga et de N'Kundja, je quittai à regret ces parages où m'avait précédé une pacifique renommée; je pressentais tout le parti à tirer de ces populations neuves, analogues par leur race, leurs mœurs et leur langage, à certaines peuplades turbulentes de l'Ogôoué.
Un court séjour au milieu de ces populations d'Oubangui avait fait naître en mon esprit l'espoir d'unifier quelque jour ce
nouveau domaine avec l'ancien par une organisation similaire.
Plaise à Dieu que ce résultat soit un jour atteint et que ces contrées jusqu'ici vierges puissent, en un nombre restreint d'années, se transformer au contact de notre civilisation; elles payeront alors leur dette de gratitude à la France, en devenant pour elle une source de développement et de richesses.
DE CHAVANKES
Je me hâtai de revenir à Brazzaville, puis de gagner la côte à Banana, en traversant la belle mission apostolique de Linzolo et les stations du nouvel État du Congo, qui était né de deux éléments différents : l'Association internationale Africaine, et le Comité d'Études du Congo (1). Partout je reçus le plus cordial accueil et la meilleure hospitalité. Jarrivai le 18 octobre de
1. L'Association internationale africaine avait pour devise : « Science et Humanité. » Le Comité d'études du Congo avait pour devise : « Politique et Liberté commerciale ».
■Zo'i. mois EXPLORATIONS
cette année à Libreville, où j'aurais voulu rester, afin d'initier M. Pradier à une situation absolument neuve pour lui et à une organisation si différente de celle de nos colonies. Mais le maniement de cette organisation dépend surtout de l'initiative et de l'expérience de ceux qui la dirigent sur place; d'ailleurs l'activité, et l'intelligence, dont M. Pradier donnait des preuves, étaient stérilisées d'avance par sa situation de gouverneur du Gabon qui l'attache au rivage. Aurais-je pu, en quelque temps, lui i]ii'iil(|uer mon expérience de dix années? Qu'aurait-il pu, à son tour, transmettre au bout d'un an à son successeur 1
Enfin, après avoir remis définitivement mes pouvoirs, je rentrai en France deux ans et neuf mois après mon départ.