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Conférences faites au Musée Guimet en 1903-1904

Secrétaire-interprète au Ministère des Affaires Etrangères, Professeur près la Chambre de Commerce de Lyon, Maître de Conférences à l’Université de Lyon,

Un « souverain temporel »,le taikoun A w [tai-

1. La première fois qu’un mot japonais se rencontre, j’en mets entre parenthèses la transcription exacte : celle-ci a pour base le syllabaire japonais, j’en ai donné le tableau dans ma Grammaire japonaise; ajouter seulement : n = nasalisation

finale. Noter les principes suivants, pour la prononciation des mots japonais employés dans le texte : les voyelles sont prononcées SÉPARÉMENT sauf OU qui garde sa valeur française — g est toujours guttural — ch a le même son qu’eu français, un peu mouillé — /i a un son soufflé qui tend vers ^ mais en reste distinct; dans un mot entre deux voyelles, elle est muette — s est intermédiaire entre s et ch du français — z est l’adoucissement de s — U) a la même valeur qu’en anglais, il disparaît presqueaprès Aetÿ — les autres lettres gardent leur son français.

CONFÉRENCES AU MUSÉE GUIMET

kun), de qui dépendent les finances, l’armée, l’administration, qui fait rendre la justice et domine l’organisation religieuse, qui règle les rapports avec l’étranger; un « empereur spirituel », le

mikado [mikado), descendant des dieux, vivant au centre du pays dans un palais inaccessible, dont la charge mal définie se borne à célébrer les sacrifices et à accomplir les rites ; des seigneurs,

les daimyô [daimiyaii] orgueilleux de leur

noblesse, humbles devant le taikoun et ses représentants, couvrant de déférence leurs ambitions et leurs intrigues. Tel paraît le Japon aux Américains et aux Anglais, aux Français, aux Hollandais et aux Russes, vers 1850; tel à peu près l’avaient vu les Portugais et les Espagnols à la fin du xvi% au début du xvii® siècle. Si le palais impérial a été rebâti, l’autorité impériale est en ruine, maintenant comme alors ; les daimyô jadis turbulents.

luttant contre Ota JNobounaga

Nobiinaga), écrasés par Toyotomi Hidéyosi

^ ^ [Toyotomi Hidéyosi), maîtrisés par To-

kougawa Ihéyasou ^ ^ [Tokugaha Ihe-

yasu), se courbent, non sans frémir, sous le pou-

voir des chôgoiin ^ 5 (siyaugun) : Ihéyasou a fait revivre pour lui et ses successeurs ce titre traditionuel. La paix qui règne dans l'Empire depuis deux siècles et demi, semble établie définitivement. Combien la façade était trompeuse, encore plus au xrx® siècle qu’au xvii®, c’est ce que les événements delà Restauration nous ont montré : une partie des daimyô, soulevés par l’idée légitimiste, se sont soustraits au pouvoir chôgounal tenu pour usurpé, ont rendu à l’Empereur seul l’exercice de Tautorité. Les forces féodales qui

soutenaient Édo {Edo) y se déplacent,

appuient Kyoto ^ 15 [Kiyauto) : c’est la première manifestation de la révolution. Quelles étaient ces forces? Je veux essayer de le retracer.

Le Japon d’alors était en majeure partie divisé

en fiefs territoriaux, ban w {havi) ; chaque fief

était gouverné par une oligarchie ou clan, ban

, {han) au sommet de laquelle trônait le sei-

gneur, hanchou Æ {hansiyu) : il faut donc

étudier les droits et les devoirs du seigneur et du clan l’un envers l’autre, aussi bien qu’à l’égard de la population du fief et des autorités extérieures

CONFÉRENCES AU MUSÉE GUIMET

au fief. Le chôgoun, seigneur du Kwautô [kuwantou)^ est vassal de l’Empereur, il est le

plus grand des seigneurs féodaux : à ce titre j’indiquerai l’organisation de son fief, mais je laisserai de côté ce qui exprime sa qualité de lieutenant-général de l’Empire.

Le seigneur est chef d'état et, comme tel, il choisit ses officiers et fonctionnaires. Les exemples, naturellement, abondent; aucun n’est peut-être plus caractéristique que le suivant. En

janvier-février 1831, Sigétaka Æ, ^ [Sigetaka)\

seigneur de Satsouma fe ^ {Satuma) disgracie ses conseillers; il confie pour dix ans, de 1831 à 1840, l’administration et la réforme de la

seigneurie à Djoùcho Ghôzaémon r®

[Ziyulisiyo Siyauzawemon) . Celui-ci

con-

serve le pouvoir après la mort de Sigétaka (févriermars 1833) jusqu’en 1848 et s’applique avant tout à la réforme financière. Il renouvelle par sa surveillance personnelle l’exploitation des sucres de Mi-

sima

{Misima) et de quelques autres den-

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