II
sont souffrants (l). Sil aperçoit un publicain monté sur un arbre pour le voir, il lui dit : Zachée, hâte-toi de descendre, il faut quaujourdhui je loge dans ta maison (2). Si une femme pécheresse s'approche et se hasarde jusqu'à verser des parfums sur sa tète, au grand scandale d une nombreuse assemblée, il la rassure par cette immortelle allocution : Beaucoup de péchés lui sont remis, parce quelle a beaucoup aimé (3). Si on lui présente une femme adultère, pour obtenir de lui une sentence qui le compromette par sa douceur même, il répond : Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre {i) ? Il a été tendre pour sa patrie ingrate et parricide , et voyant de loin ses murailles, il pleurait en disant : Jérusalem ! Jérusalem! qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui sont envoyés vers toi, que de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu ne Vas pas voulu (5) ! Il a été tendre pour ses amis jusqu'à laver leurs pieds et permettre à un tout jeune homme de reposer sur sa poitrine dans un des moments les plus solennels de sa vie. Même dans le supplice, il a été tendre pour ses bourreaux, et levant son âme pour eux vers son Père, il disait : *S'e«gneur, pardonnez-leur , car ils ne savent pas ce qu'ils font (e). Aucune vie dici-bas ne présente un tel tissu de lumière et d'amour. Chaque parole de Jésus-Christ est un accent de tendresse et une révélation sublime; au même moment où il nous ouvre l'infini par son regard, il nous presse de ses deux bras sur son sein. On croit s'envoler par la pensée, on est retenu par la charité.
Et , chose qu'il ne faut pas oublier de dire , la tendresse de Jésus-Christ , quoique sans bornes , est d'une virginité sans tache. Il est difficile à ceux qui ont reçu une âme propre aux cho-
(1) Saint Mathieu, ch. 9, vers. 12.
(2) Saint Luc, ch. 19. vers. 5.
(3) SainL Luc, ch. 7, vers. 47.
(4) Saint Jean, ch. 8, vers. 7.
(5) Saint Mathieu, ch. 2ô, vers. 37.
(e) Saint Luc. ch. 25, vers. 34,
ses de l'amour de contenir ce don précieux dans une chaste limite ; c'est l'objet d'un combat souverain, où l'on serait tenté quelquefois de regretter le don ou de souhaiter dans son usage plus de liberté. Jésus-Christ ne semble pas connaître cette peine ; il porte son amour dans un vase si pur, que l'ombre même du doute n'approche pas de son cœur, et que dix-huit siècles dune postérité qui a cherché ses fautes n'ont pas osé dire une parole de soupçon contre sa vertu. Le caractère de sa tendresse est d'être ineffablement chaste.
Reste une chose. Messieurs, pour achever l'appréciation du caractère de Jésus-Christ, et conclure ensuite de son caractère à sa sincérité. Une intelligence sublime, un cœur tendre, ne suffisent pas pour constituer une volonté capable de grandes résolutions. La volonté est un monde à part, où la faiblesse, en dépit de nos vues et de nos sentiments, tient trop souvent le gouvernail. Le caractère de Jésus-Christ, sous ce rapport, est la certitude absolue de soi-même. Nul plus que lui ne s'était proposé un difficile dessein ; il voulait être reconnu comme Dieu, aimé comme Dieu, servi comme Dieu, adoré comme Dieu : il semble que la volonté dût quelquefois fléchir sous un si lourd fardeau, et que du moins Jésus-Christ devait recourir à tous les moyens humains capables d'assurer le succès d'une aussi gigantesque ambition. Il n'en est rien, Messieurs, Jésus-Christ a méprisé tous les moyens humains, ou plutôt il s'en est abstenu.
La politique compte au premier rang de ces moyens. Elle est l'art de saisir dans un moment donné la tendance des esprits, d'assembler des opinions et des intérêts qui recherchent satistaction, de pressentir ce que veut un peuple sans qu'il en ait toujours lui-même une conscience exacte , de se poser, à l'aide des circonstances , comme son représentant naturel et de le pousser, un jour, sur une pente qui nous emportera avec lui pour cinquante ans. Telle est la politique, art illustre, dont on peut user pour le bien et pour le mal, et qui est la source des vicissitudes heureuses et malheureuses parmi les nations. Jésus-Christ était admirablement placé pour se faire l'instrument d'une révolution
qui eût servi ses desseins religieux. Le peuple, dont il était issu, avait perdu, sous le joug des Romains, les restes de son antique nationalité ; la haine de Rome y était au comble, et chaque jour les déserts et les montagnes de la Judée voyaient se former des bandes libératrices sous le commandement de quelque patriote pourvu de hardiesse ou de considération. Ces mouvements étaient secondés par des prophéties célèbres, qui avaient annoncé, de longue main, au peuple juif un chef et un sauveur. Le rapport de ces idées et de ces intérêts avec le nouveau royaume dont Jésus-Christ annonçait la venue prochaine , était manifeste. Cependant, loin d'y conniver et de s'en servir, jl les foule aux pieds. On lui demande, pour le sonder, s'il faut payer le tribut à César ; il se fait apporter une pièce de monnaie, et s'informant de qui en est 1 image et l'inscription, il répond ensuite froidement : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (i). Il va plus loin. Il annonce la ruine temporelle de sa nation ; il parle contre le temple, objet de la vénération religieuse et patriotique des Juifs, et il prédit ouvertement qu'il n'en restera pas pierre sur pierre; ce qui fut cause qu'on rangea ce grief parmi les accusations portées contre lui devant la souveraine magistrature.
Sa doctrine, très-favorable au peuple et aux petits , était de nature à lui concilier une grande popularité, ce qui est un ressort admirable pour les révolutions. Il obtient en effet de l'ascendant sur le peuple , jusque-là qu'on veut l'élire pour roi d'Israël j mais il s'enfuit pour éviter cet honneur, et brise entre ses mains une arme que le vulgaire des grands hommes eût estimée un don et un aveu du Ciel.
Après la politique vient la force qui en est un appendice , mais que l'on peut considérer en dehors des causes qui la communiquent ordinairement. Jésus-Christ n'a rien tant à cœur que d'éloigner ses disciples d'y croire et d'en user. Il les envoie, dit-il, comme des agneaux j il leur annonce toute sorte d'afflic-
(0 Saint Mathieu, ch. 22. vers. 21.
-sortions, sans leur donner d'autre secours que la patience, la douceur et riiumilité. Si, oublieux de ses leçons, ils veulent appeler le feu du ciel sur une ville qui ne les avait pas reçus, il leur reproche de ne pas connaître encore de quel esprit ils sont (l). Au moment de son arrestation, lorsqu'il pourrait se défendre, et qu'un apôtre tire lépée, Jésus-Christ lui dit : Remets ton épc'e dans le fourreau, car quiconque tirera lépée périra par V cpée (2). Tandis que d'autres doctrines demanderont à la victoire une sanction , insensées qui ne savent pas que la victoire est mobile et la conscience immuable, Jésus-Christ choisit la croix pour son étendard, et proteste contre tous les succès de la force par le succès de son supplice.
Il néglige pareillement la science et la philosophie, ces moyens plus nobles et plus vrais de donner la conviction. Il s'entoure de bateliers au lieu de s'entourer de savants , et évitant l'apparence même dune organisation scientifique et philosophique de sa doctrine, il la communique par des paraboles et des sentences détachées. Il laisse à ses disciples et à son Eglise le soin futur d'y mêler des raisonnements et d'en ordonner toutes les parties.
Enfin, l'habileté même la plus vulgaire lui semble inconnue; il fait de sa mort, du temps où il aura reçu d'elle un si terrible échec à sa divinité, et où il ne sera plus là pour soutenir les siens, il fait, dis-je, de sa mort un piège à la foi de ses disciples en leur promettant de ressusciter, et en rapportant la confirmation de toute sa vie à cette épreuve qui ne peut finir, s'il n'est pas Dieu, que par une ignoble supercherie ou un éclatant démenti.
Je ne connais pas, Messieurs , d'autres moyens humains de fonder quelque chose ici-bas que ceux dont je viens de faire mention : la politique, la force, la science, la philosophie , l'habileté. Jésus-Christ s'est abstenu de tous sans exception, et cependant il n'a pas manqué une seule heure, un seul instant, de confiance en lui-même, de certitude absolue de soi. C'est même l'abstention des moyens humains qui prouve au dernier degré son
(1) Saint Luc, cli. 9, vers. 55.
(2) Saint Jean, cli. 18, vers. 11.
inébranlable résolution et lenergie toute-puissante de sa volonté. Pourtant, on ne fait rien sans moyens, sans instruments. Quel était donc le moyen ou linstrument de Jésus-Christ ? Ah ! Messieurs, quel il était? Ne le voyez-vous pas? C'était lui-même, sa force intime, la conversation qu'il avait au dedans de lui, la possession sure de son essence. Les hommes tremblent parce qu'ils se voient : Jésus-Christ ne tremblait pas, parce qu'il se voyait aussi. Il savait que sa parole toute simple était la voie, la vérité et la vie (l); il la semait à tout venant, comme le laboureur sème le blé. Le laboureur aussi n'a pas besoin de la politique, de la force, de la science, de la philosophie, de l'habileté j il a le blé, la terre et le ciel; il ouvre la main et jette la vie. Et pendant que la politique humaine va son train, que la force bat lu force, que la science use la science, que la philosophie d'aujourd'hui enterre la philosophie d'hier, et que l'habile est pris dans ses propres filets , le froment tombé de la main de Dieu dans la main de l'homme, et de la main de l'homme dans le sein de la terre, le froment pousse, croît, verdit, mûrit ; on le cueille, on le mange, etlhumanitévit! Ainsi faisait Jésus-Christ; ainsi fait quiconque croit fermement tenir de Dieu la vérité ; il en vit d abord , il la sème ensuite, et le monde, qui est le champ (2), le monde en vit à son tour.
Résumons-nous, Messieurs. Voici le caractère de Jésus-Christ; tel que l'Évangile nous l'a révélé. Sous le rapport de l'intelligence, sublimité continue ; sous le rapport du cœur , tendresse chaste et ineffable; sous le rapport de la volonté, certitude absolue de soi-même. Or, ce caractère est incompatible avec le vice ignoble que je n'ose plus même nommer, tant il est loin déjà de votre pensée. Jésus-Christ était sincère, parce qu'il était un sublime esprit ; il était sincère, parce que son cœur s'est ouvert sur les hommes comme un sanctuaire de tendresse et de chasteté ; il était sincère, parce qu'il avait la certitude absolue de lui-même, parce qu'il avait foi dans sa parole, parce qu'il croyait en lui. Jésus-
(t) Saint Jean, ch. 14, vers. 6.
(2) Saint Mathieu, ch. 13, vers. 38.
Christ, comme 1 Evangile, qui n'est autre que lui, Jésus-Christ était la sincérité même, et le charme si fort qu on éprouve en le regardant et en l écoutant, vient de la lucidité intime de sa physionomie, qui le laisse passer tout entier au dehors tel qu'il est .
£h bien ! me direz-vous, Jésus-Christ était sincère, quoi de plus? tant d'autres l'ont été. Un moment. Messieurs, vous n'y pensez pas. Jésus-Christ étant sincère croyait ce qu'il disait ; or, /^.
il disait qu'il était Dieu ; il l'a dit à ses disciples et à ses amis, il iJc. *^ l'a dit au peuple, il la dit à la magistrature suprême de son pays^ il a été condamné et il est mort pour cette affirmationTcIonc il croyait qu'il était Dieu. Mais il ne pouvait pas le croire s'il ne l'était pas, parce qu'il est impossible de se tromper sur un fait de conscience tel que celui de sa propre personnalité, à moins d'être fou ] or, Jésus-Christ n'était pas fou et il était sincère : donc il était Dieu. Ici, par une exception qui tient à la nature même de la chose, la question de sincérité se confond avec la question de la réalité. Et ce n'est point une découverte de ma part, une vaine recherche de mon esprit. Il y a longtemps, Messieurs, que l'Evangile, en établissant dans 1 esprit de ceux qui le lisent attentivement la sincérité de son héros , en persuade la divinité sans autre argument. Tandis que lEglise catholique, fille et épouse de Jésus-Christ, démontre la divinité de son fondateur par la divinité de son propre caractère à elle, l'Evangile, travaillant autrement, prouve aux enfants de l'Eglise la divinité de celui qui l'a fondée. Et cette impression est commune à des âges bien divers, aux trois âges de l'homme, tant elle est naturelle et fondée sur la vérité.
A douze ans, dans la fleur de notre vie, on nous a lu l'Évangile, on nous a parlé de Jésus-Christ \ sa parole nous a paru très-simple, très-douce, très-aimable ; nous y avons cru dans la simplicité, la douceur et l'amabilité de notre propre âme. jNIais trop souvent cette première impression diminue et s'efface ; la raison grandit avec ses droits réels, les préjugés du dehors pénètrent en nous, les passions du dedans s'échauffent au soleil de nos années, et Jésus-Christ tombe peu à peu de l'autel où lavaient placé nos pre-
miéres adorations. Ce temps dure son temps. Les ans passent sur notre servitude, jusqu'au jour où la raison, devenue plus personnelle et plus forte, nous fait honte de notre foi à des leçons sans autorité, et où nos passions elles-mêmes, éclairées par leur domination, nous poussent par lassitude à des instincts de règle, de devoir et de plus grand respect de nous. C'est une heure bénie entre les autres, Iheure où nous entrons dans Tordre par la liberté même, par cette divine liberté de la jeunesse que la Providence nous a préparée et qu'aucune loi ne peut nous ravir. Si alors lEvangile tombe en nos mains, et que nous en fassions la seconde lecture, il nest pas rare que Jésus-Christ nous touche de nouveau, et avec un empire que nous ne lui disputerons plus, parce que nous le lui aurons donné nous-mêmes dans un âge où rien ne plaidera plus contre lui que des passions jugées et des ignorances vaincues. C'est cette seconde lecture de l'Evangile, Messieurs, que nous faisons ensemble.
Il en est une troisième, moins heureuse que les deux premières, parce qu'elle est plus tardive, mais qui apporte à Jésus- Christ le tribut de 1 homme dans sa maturité, et qui a produit des aveux dignes dune éternelle mémoire. Pendant que le. dixhuitième siècle outrageait à plaisir le Fils de Dieu, il se trouva dans le sein même de ce collège qui l'attaquait un homme ne croyant pas plus que les autres, un homme aussi célèbre que les autres, plus célèbre que tous, un seul excepté, et qui eut par dessus eux le privilège d'avoir des mouvements sincères. Dieu le voulait ainsi pour ne pas laisser son nom sans témoignage parmi ceux-là mêmes qui travaillaient à détruire son règne. Cet homme donc, au comble de sa gloire, initié par l'étude aux siècles passés, et par sa vie au siècle dont il était un ornement, eut à parler de Jésus-Christ dans une profession de foi où il voulait résumer tout ce que ses méditations sur les choses religieuses avaient laissé de doutes et de certitudes dans son esprit. Après avoir traité de Dieu dune manière digne, quoique confuse, il en vint à l'Evangile et à Jésus-Christ. Là, cette âme flottante entre l'erreur et la vérité perdit tout à coup son hésitation, et d'une main ferme
comme celle d'un martyr, oubliant son temps et lui-même, le philosophe écrivit la page dun théologien, une page qui devait être le contrepoids du blasphème : Ecrasez Vinfdme, et qui se termine par ces paroles que toutes les voûtes de la chrétienté répéteront jusqu'au dernier avènement du Christ : « Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont dun Dieu. »
On pouvait croire que la force de cette confession ne serait point surpassée, soit que l'on considérât le génie de l'homme qui l'avait écrite, l'autorité de son incroyance, la gloire de son nom et les circonstances du siècle qui avait été condamné à la subir. On se trompait. Un autre homme, une autre éloquence, une autre gloire, une autre incrédulité, un autre siècle, un autre aveu se sont rencontrés, et plus grands tous ensemble, si ce n'est chaque partie prise jà part, que 1 homme, léloquence, la gloire, l'incrédulité, le siècle et l'aveu que vous venez d entendre. Notre âge donc s'ouvrit par un homme qui surpassa tous ses contemporains, et que nous, venus après, nous n'avons point égalé. Conquérant, législateur, fondateur d empire, il eut un nom et une pensée qui sont encore présents partout. Après avoir accompli l'œuvre de Dieu sans y croire , il disparut , cette œuvre achevée , et se coucha comme un astre éteint dans les eaux profondes de l'Océan Atlantique. Là, sur un rocher, il aimait à ramener devant lui-même sa propre vie, et de lui remontant à d'autres auxquels il avait le droit de se comparer, il ne put éviter, sur ce théâtre illustre dont il faisait partie, d'entrevoir une figure plus grande que la sienne. Il la regarda souvent ; le malheur ouvre l'âme à des lumières que la prospérité ne discerne pas. La figure revenait toujours; il fallut la juger. Un des soirs de ce long exil qui expiait les fautes du passé et éclairait la route de l'avenir, le conquérant tombé s'enquit d'un des rares compagnons de sa captivité s'il pourrait bien lui dire ce que c'était que Jésus-Christ. Le soldat s'excusa ; il avait eu trop à faire depuis qu'il était au monde pour s'occuper de cette question. « Quoi ! reprit douloureusement l'interlocuteur, tu as été baptisé dans 1 Eglise catholique, et tu ne peux pas
me dire , à moi , sur ce rociier qui nous dévore , ce que c'était que Jésus-Christ. Eh! bien, cest moi qui vais te le dire. » Et alors, ouvrant l'Evangile, non pas de la main, mais dun cœur qui en était rempli, il se mit à comparer Jésus-Christ avec luimême et tous les plus grands hommes de l'histoire ; il releva les différences caractéristiques qui mettent Jésus-Christ à part de toute l'humanité, et après un torrent d'éloquence qu'aucun Père de rÉglise n'aurait désavoué, il termina par ce mot : « Enfin, je me connais en hommes, et je te dis que Jésus-Christ n'était pas un homme ! »
Ce mot, Messieurs, résume tout ce que j'ai voulu vous dire de la vie intime de Jésus-Christ, et l'impression qu'éprouve tôt ou tard tout homme qui lit l'Evangile avec l'équité de l'attention. Vous qui êtes jeunes encore , vous vivrez ; vous verrez les savants, les sages , les princes et leurs ministres ; vous assisterez aux élévations et aux ruines ; fils du temps, le temps vous initiera aux secrets dé Ihomme, et quand vous les saurez , quand vous aurez la mesure de ce qui est immain, un jour peut-être, redescendant de ces hauteurs auxquelles vous aspiriez , vous direz à votre tour : Je me connais en hommes , et je te dis que Jésus-Christ n'était pas un homme.
Un jour aussi, sur la tombe de son grand capitaine, la France gravera ces paroles, et elles y brilleront d'un plus immortel éclat que le soleil des Pyramides et d'Austerlitz !