‹ Conférences (volume 3)Chapitre 5 sur 36 · VINGT-QUATRIÈME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

VINGT-QUATRIÈME CONFÉRENCE

DE LA CHARITÉ d' APOSTOLAT PRODUITE DANS l'aME PAR LA DOCTRINE CATHOLIQUE.

Monseigneur, Messieurs,

La troisième vertu réservée par Dieu à la doctrine catholique est la charité. La charité, prise dans son èens le plus général est le don de soi. Lorsqu'elle regarde Dieu, c'est le don de soi à Dieu ; lorsqu'elle regarde Ihomme, c'est le don de soi à Ihumanité. Mon intention nest pas de traiter aujourdhui de la charité envers Dieu, mais seulement de la charité envers l'homme j et, même sous ce rapport, je la déclare réservée à la doctrine catholique , non pas en ce sens que l'homme abandonné à 1 impulsion de la nature, ne se donne jamais ; je le nie : il se donne à sa famille, il se donne à ses amis, il se donne à sa patrie, il se donne, enfin, dans une certaine mesure. Car si Dieu, en dehors de toute doctrine divine , ne lui avait pas permis le don de soi , l'humanité ne subsisterait pas , un seul moment. Mais bien que cet élément soit de première nécessité pour la vie humaine , cependant, afin que le triomphe de la doctrine divine fût assuré jusquelà, Dieu a réservé l'expansion et la donation totale de l'homme à l'action de sa doctrine sur les âmes.

Lliomme est complexe ; il a beaucoup à donner ; par conséquent je ne puis pas embrasser d'un seul coup cette histoire de la donation de soi. C'est un embarras pour l'orateur, mais un embarras dont il a le droit et le devoir de se féliciter, puisqu'il honore la grandeur de ses semblables.

L'homme peut se donner en tant quïl est intelligence, en tant qu'il est sentiment , en tant qu'il est vie extérieure ; et par conséquent la charité embrasse le don de soi sous ce triple point de vue. En tant que Ihommeest intelligence, il est une doctrine j et le don de soi, sous ce rapport, n'est autre chose que le don de la doctrine qui fait la vie de notre esprit. Or, je dis que la charité de la doctrine, que le don de soi, quant à la doctrine, est une vertu réservée à la doctrine catholique. Je dis que la doctrine catholique est la première qui ait aimé l'humanité, la seule encore aujourd'hui qui aime l'humanité, qui cherche l'humanité, qui se donne à l'humanité, qui se dévoue à l'humanité. Je dis qu'en dehors d'elle, malgré l'orgueil qui pousse les inventeurs de doctrine à répandre et à faire adorer leurs pensées, ils sont condamnés à une expansion pauvre, stérile et sans dévouement au sein de l'humanité. La première et la seule, la doctrine catholique est douée de la force de donation; la première et la seule, elle a inspiré à l'homme le don de soi quant à l'intelligence et à la vérité. C'est ce que je vais vous faire voir, s'il plaît à Dieu.

Que l'homme donne son bien, la terre qu'il tient sous ses pieds, c'est.beaucoupj pourtant c'est le don d'une chose étrangère à lui. Qu'il donne son cœur, c'est davantage; mais ce cœur, tout précieux qu'il soit, c'est le don d'une chose changeante et mortelle ; un temps viendra qu'il ne pourra plus faire même le mouvement qui est nécessaire pour se donner. Or, il y a dans l'homme quelque chose qui, tout en étant lui-même, est plus que lui, qui ne passe, ni ne change, ni ne meurt : que dis-je? qui est plus qu'immortel, qui est éternel. Car, Leibnitz la dit, l'homme est un composé de temps et d'éternité, et c'est par la vérité que l'éternité entre dans son composé. Fille de l'éternité, éternelle ellemême, la vérité est tombée dans le temps en tombant dans lin-

telligence de lliommc, et, exposée par cette cohabitation à souffrir de notre nature, elle nous communique aussi les droits de la sienne. Tandis que tout s'altère en nous, même les sentiments du cœur et les facultés de l'âme, la vérité y conserve son immuable vie, et en la donnant aux autres, nous leur donnons quelque chose qui nous survit à nous-mêmes, qui survit à toute mort, qui fleurit dans les tombeaux, qui se pare des siècles comme de grâces survenues à la jeunesse de son éternité.

C'est pourquoi , Messieurs , le don de cette partie de nousmêmes est le don de soi par excellence, et la charité de la doctrine est la première charité. Charité d'autant plus nécessaire que l'homme n'aime pas la vérité, qu'il en méconnaît le bien, et lui oppose constamment l'inertie de l'ignorance et l'activité de l'erreur. Semblable à un malade qui refuse ou dénature le dictame de la vie, l'humanité, ce grand malade, repousse d'une main persévérante le breuvage éternel de la vérité que Dieu lui envoie du ciel. Et c'est pourquoi il faut à la doctrine non-seulement la volonté de se donner, mais l'amour, le courage , la patience , l'héroïsme du don poussé jusqu'au martyre même.

Et s'il existe vraiment une doctrine divine, si Dieu a parlé aux hommes , ne sentez-vous pas que la charité de cette doctrine venue de Dieu, doit être hors de toute comparaison? Car si Dieu a donné son Verbe au monde, comme évidemment il ne l'a donné que par amour, il a dû mettre au fond de ce Verbe destiné au genre humain un art, un dévouement, une force de donation qu'aucune autre doctrine ne sût imiter, et qui fit qu'en présence de celle-là toute donation doctrinale fût languissante , inerte , morte -, il a dû vouloir que le verbe humain ne fût qu'un torrent desséché , tandis que le Verbe divin , tout palpitant d'amour et de vie, courrait à pleins bords dans l'humanité, comme les flots de toutes les sources et de tous les fleuves, divisés, mais unis, courent sans relâche à la surface et dans les entrailles de la terre pour la vivifier.

Je me fais fort de vous démontrer qu'il en est ainsi : que toute doctrine humaine , au point de vue de l'expansion . n'est

qu'un cadavre , et qu'au contraire la doctrine catholique, sous le même rapport , est une doctrine vivante qui est perpétuellement pour Ihumanité ce quest pour son époux une jeune vierge qui aborde lautel, et y fait ses premiers et joyeux serments.

Commençons la comparaison par l'antiquité.

La Chine, llnde, la Perse, l'Egypte, la Grèce et Rome, voilà, si je ne me trompe, l'antiquité tout entière. Eh bien, dans cette antiquité multiple, vaste, longue, semée d'événements , où tant de peuples ont joué un rôle connu de nous, avez-vous jamais senti la palpitation de la doctrine? y avez-vous rencontré l'apostolat, et un apostolat qui eût le genre humain pour but ?

Qu'a fait la Chine pour la vérité? quels vaisseaux a-t-elle, de ses côtes, jetés vers le monde, pour y porter une parole au nom de l'homme et au nom de Dieu? où sont ses mandarins? qui les a rencontrés hors de chez eux? qui les a ouïs? où est quelque part le témoignage de leur sang? Il a fallu, pour les connaître, leur députer, des extrémités de la terre , des hommes que leur orgueil a repoussés, refusant leur oreille au genre humain, après lui avoir refusé leurs lèvres , également incapables d'instruire et d'être instruits.

Qu'a fait l'Inde pour la vérité? Pliée et repliée dans les langes de ses castes , elle a fait comme un enfant qui crie assez haut pour être entendu de sa nourrice. J'entends sa voix entre llmmaûs et la mer, par delà même encore, mais toujours dans un cercle rétréci; ses brahmes, ses philosophes, ses schismes et ses hérésies célèbres parce que nous les étudions , ne lui ont créé qu'un mouvement local, demeuré en gloire et en effets aud&ssous de leur bruit même.

La Perse, avec son Zoroastre, n'a fait ni mieux ni plus. Pour 1 Egypte, vieux sanctuaire, terre célèbre entre toutes, quand j'y pénètre à la suite de la science contemporaine, qu'est-ce que j'y trouve ? des momies dans des souterrains, des pyramides qui cachent une poussière sans nom , des sphynx au bord des temples, des hiéroglyphes mystérieux, le secret partout, au fond des monuments les plus gigantesques comme au fond des tombeaux.

Ce peuple avait peur de dire ; et quand un savant meurt après avoir déchiffré trois lignes de son écriture, il meurt fameux.

Mais voici la Grèce, elle parlera du moins, celle-là ; le monde entendra sa voix. N'est-elle pas la patrie d Homère, dHésiode, d'Orphée, d'Euripide et de tant d'autres? La muse, comme dit un poëte, ne lui a-t-elle pas donné le génie et léloquence? Il est vrai, sa bouche et sa plume ont tout célébré. Nous en tirons encore des marbres élégants ; nous allons mesurer les frontons de ses temples ; nous apportons dans nos musées les pierres quelle s touchées de son doigt inspiré ; sa mémoire nous poursuit : et pourtant, avec des dons si rares et cet immortel succès, qu'a-t-elle fait pour la vérité ? où sont les traces de son apostolat ? où sont ses missionnaires et ses martyrs? Elle nomme Socrate, c'est son chef-d'œuvre, Socrate, qui affirme Dieu à quelques disciples chéris et qui meurt en leur léguant pour dernier soupir un sacrifice aux faux dieux !

Voilà toute l'histoire de l'expansion des doctri nés dans l'antiquité, en y ajoutant Rome qui n'eut rien d'universel que son ambition. Cette histoire est courte, et ne vous en étonnez pas; l'erreur et la vérité n'ont besoin que d'un regard pour être reconnues ; c'est Dieu qui a donné leur signe à l'une et à l'autre, et, mieux que Tacite, Dieu abrège tout.

Vous avez vu la mort, voulez-vous voir la vie? Vous avez vu l'égoïsme, voulez-vous voir la charité? Jésus-Christ est au moment de quitter ses disciples et le monde ; il va leur dire sa dernière parole, son suprême testament. Ecoutons-le, il est court aussi : Allez et enseignez toutes les nations. Allez, n'attendez pas l'humanité , mais marchez au devant d'elle ; enseignez , non pas en philosophe qui discute et qui démontre , mais avec l'autorité qui se pose et qui s'affirme ; parlez, non à un peuple, non à une région, non à un siècle, mais aux quatre vents du ciel et de l'avenir, mais jusqu'aux extrémités les plus reculées de l'espace et du temps, et à mesure que la hardiesse ou le bonheur de l'homme découvriront des terres nouvelles, allez aussi vite que son courage et que sa fortune : prévenez même l'un et l'au-

tre, et que la doctrine dont vous êtes les hérauts soit partout la première et la dernière. Quel testament, Messieurs! Ce ne sont que trois mots, mais nul homme ne les avait dits. Cherchez où vous voudrez , jamais vous ne rencontrerez ces trois mots : Allez et enseignez toutes les nations. Il ny a qu'un homme qui les ait dits, il n'y a qu'un homme qui pouvait les dire, un homme sûr de l'eflicacité de sa parole. Car vous concevez bien que lorsqu'on meurt en voulant laisser quelque chose après soi, on pèse ses ordres derniers, et qu'on n en donne pas de ceux que l'événement peut convaincre de mensonge ou de vanité. Une parole aussi absolue que celle-ci : Allez et enseignez toutes les nations, suppose une certitude sans bornes, le coup d œil d'un prophète qui, prêt à se coucher, regarde sur sa tombe 1 humanité à jamais attentive et obéissante. Or , cette parole a été dite par Jésus-Christ : le premier, il l'a dite ; le dernier, il la dite; le seul, il la dite. Toutefois, j en conviens, ce n'est encore qu'une parole; il faut voir si l'accomplissement y a répondu.

Quelque temps après qu'elle eut été prononcée , il se passait dans l'univers un phénomène singulier. L'univers, ce quelque chose qui fuit et qui demeure, qui souffre et qui rit, fait la paix et la guerre, qui renverse et qui sacre les rois, qui s'agite sans savoir d'où il vient ni oîi il va, ce chaos, enfîn, écoute avec stupeur un bruit dont il n'avait pas l'idée et qu'il ne se représente pas bien. Comme dans la nuit, quand tout est tranquille, et qu'on entend autour de soi je ne sais quel être qui marche, l'univers pour la première fois entend une parole qui vit, qui se meut, qui est à Jérusalem, à Antioche, à Corinthe, à Ephèse, à Athènes, à Alexandrie, à Rome, dans les Gaules, du Danube à l'Euphrate et par delà ; une parole qui a été plus loin que Crassus et ses bataillons, j)lus loin que César ; qui s'adresse aux Scythes comme aux Grecs; qui ne connaît pas d'étrangers ni d'ennemis; une parole qui ne se vend pas, qui ne s'achète pas, qui n'a ni crainte ni orgueil ; une parole toute simple, qui dit : Je suis la vérité et il n'y a que moi. Saint Paul a déjà paru devant l'aréopage et étonné par sa nouveauté ces chercheurs séculaires de nouveautés ; ils

ont créé un mot pour peindre leur surprise, mot heureux et qui caractérise le phénomène dont l'univers commence à soupçonner la puissance: Que nous veutj disent-ils, ce semeur de paroles. Ces philosophes avaient vu disserter, diviser, analyser, démontrer, faire sa fortune et sa gloire avec la rhétorique et la philosophie ; ils n'avaient pas encore vu semer la vérité dans le geuR' humain comme une graine efficace qui germe en son temps, et qui n'a besoin que de sa propre nature pourlleurir et porter des fruits. La chose était faite. L'empire romain ne pouvait plus se dissimuler l'appîirition d'une réalité nouvelle qui ne venait pas de lui, qui s'était installée chez lui, sans lui, et qui déjà s'étendait plus loin que lui. Il se consulta. Les politiques, les gens qui voient de haut et de loin, qui savent les destinées des peuples et leur ont marqué leurs siècles et leur quart d'heure, tout ce monde s'assembla sur le Palatin, devant César, pour aviser à bien voir ce que c'était que cette chose, qui, sans la permission du préfet du prétoire , se permettait de courir de l'Inde à llbérie , jusqu'en des lieux où les ordres de César n'allaient pas. Soyons justes; ils virent très-bien sa force et leur faiblesse ; ils connurent que Ihumanité ne possédait aucune parole capable de lutter contre la parole qui se révélait, et ils n'eurent plus que le choix de l'accepter comme un fait entré dans les destinées du genre humain, ou d'essayer contre elle, en désespoir de cause, la puissance du bourreau. Ils choisirent ce dernier parti ; car pour adopter l'autre, il eût fallu plus que du génie, ils eussent eu besoin d'humilité. Les Césars ne s'en piquaient pas. Ils espéraient de la force ce qu'ils n'espéraient pas de la sève doctrinale amassée depuis quarante siècles dans les grands vaisseaux de 1 humanité. Il ne s'agissait plus pour la doctrine catholique de se donner par la simple effusion de l'enseignement ; l'Empire se levait pour étouffer le Verbe dans la gorge de l'apostolat. Il fallait se taire ou mourir ; il fallait mourir en croyant que le sang parle mieux que la parole en faveur de la vérité. Il se présentait même une question préalable : fallait-il aimer l'humanité ingrate et homicide jusqu'à mourir pour elle ? Ne pouvait-on se retirer d'elle,

et , paisibles possesseurs de la vérité pour soi , laisser le monde où il était?

Mais la vérité est charité, et la charité nest pas le don de soi à ses amis , à ses parents , à ses concitoyens ; elle est le don de soi aux étrangers et aux ennemis, à tous sans distinction. LEvangile avait prévu le cas et y avait pourvu, il avait dit : Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour Injustice. Il avait ajouté : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent et qui vous calomnient ,- ainsi serez-vous les fils de votre Père qui est au ciel, lequel fait luire son soleil sur les bons et sur /e*îwccAaw/*(l).Etquantàreffîcacité du sang répandu en témoiiînage pour la vérité , le Christ y avait aussi pourvu. ]\'avait-il pas, au moment suprême et par son dernier soupir, converti le centurion qui gardait son supplice, et, après sa mort même, le coup de lance qui perça son côté n"avait-il pas fait du soldat parricide un croyant et un saint? C étaient-là des avis prophéti-^ ques ; c'était la fraternité de lapostolat et du martyre éloquemment révélée. On y fut fidèle. Quand l'Empire demanda leur san*» aux apôtres, pour étouffer leurs paroles, ils savaient que le sang est la parole à sa plus haute puissance ; ils mouraient pour mieux parler morts que vivants. Ce fut presque une loi quaucune terre ne remontait à Dieu quarrosée du sang des martyrs.

Maintenant, Messieurs, ma tâche est trop aisée ; nous navons pas de temps à perdre dans de faciles énumérations. LEmpire romain dévint chrétien par l'apostolat ; les Barbares le devinrent à leur tour par la même voie. Et quand un monde nouveau s'ouvrit à Vasco de Gama et à Christophe Colomb , des légions de missionnaires se précipitèrent sur leurs pas ; llnde, la Chine, le Japon, des îles et des royaumes sans nombre furent évangélisés. Des lacs du Canada aux rives du Paraguay, l'Amérique fut visitée par la parole du Christ; elle habita dans les forêts, sur les fleuves, au creux des rochers ; elle séduisit le Caraïbe et Tlroquois ; elle

(i) Saint Mathieu, ch. 5, vers. 44 et 4o.

aima et fut aimée d'un amour unique par mille races perdues dans ces vastes continents. Et encore aujourd'hui, malgré les malheurs qui l'ont décimée en Europe, et qui semblaient avoir tari le lait de ses mamelles, elle poursuit l'œuvre lointaine de sa propagation. L'Océanie, monde éparpillé dans la mer, reçoit sur les récifs de ses ilôts la doctrine qui a converti les grandes terres; les anciennes missions refleurissent, de nouvelles commencent, et le sang coule encore pour la vérité comme au temps de Galère et de Dioclétien. Vous avez ce spectacle sous les yeux, Messieurs; la charité de la doctrine catholique n'est pas une antiquité de musée ; elle vit parmi vous , elle sort de vous ; vos frères de patrie et de famille, au moment où je parle, couvrent de leurs voix et de leurs vertus, tous les points du globe. Les Annales de la Propagation de la Foi font suite aux Lettres édifiantes et curieuses , celles-ci aux légendes du moyen âge , et les légendes aux Actes des Apôtres. Chaque jour, pour la même cause, des hommes sont emprisonnés, meurtris, déchirés, mourants de chaleur, de faim, de soif, d'oubli de tout le monde, mais inébranlables et contents, parce qu'ils ont été choisis pour accomplir le testament de Jésus-Christ : Allez et enseignez toutes les nations !

Je n'ai pas besoin d'insister davantage : il est trop clair que la doctrine catholique a été la première qui ait porté l'homnMi à la donation de soi quant à l'intelligence, la première en qui la vérité ait été charité. J ajoute que, seule encore aujourd'hui, elle possède ce privilège, privilège devenu bien plus remarquable dans le monde nouveau que dans le monde ancien. Car autrefois on pouvait penser que le secret de l'apostolat n'était pas révélé; mais aujourd'hui qu'il est manifeste, sa possession toujours réservée à la doctrine catholique , par exclusion de tout autre, est assurément un phénomène aussi curieux que démonstratif.

Je reprends ma division de l'autre jour. Il n'est , avons-nous dit, que trois grandes doctrines qui aient tenté de disputer le terrain à la doctrine catholique : le mahométisme, le protestantisme et le rationalisme. J'ajoute cette fois le schisme grec.

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