RECHERCHE MÉDICO-LÉGALE DES TACHES DE SANG
(suite)
Recherche du sperme.
(c) ( Réaction par la teinture cle gaïac.J — Un chimiste hollandais, Van Deen, a découvert que la teinture de gaïac, mélangée avec de l’essence de térébenthine ozonisée, donnait à la solution de sang une couleur bleue ; cotte propriété est due à l’hémoglobine, puisque les cristaux de cette substance la font naître tout comme la solution sanguine. C’est pour cela que j’ai rangé. cette épreuve à côté de l’analyse spectrale et de la production de Thémine, et c’est aussi parce qu’elle n’exige aucune opération difficile que je n’ai pas renvoyé son étude à celle des procédés purement chimiques. Cette réaction est très-sensible, elle a lieu constamment et chaque fois que les deux corps sont mis en présence de la moindre trace de matière colorante du sang. Mais en retour elle a le sérieux inconvénient de se produire dans maintes circonstances où F hémoglobine fait totalement défaut. En d’autres termes, comme signe positif, elle n’a pas
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de valeur absolue, tandis qu’elle est décisive comme épreuve négative; pa scie coloration bleue , pas cle sang , à moins que le sang n’ait été détruit par la putréfaction la plus extrême.
La teinture de gai'ac doit être préparée avec de l’alcool à 83° et de la résine détachée du centre d’un morceau volumineux.
L 'essence de térébenthine ozonisée n’est autre chose que de l’essence récemment distillée, exposée à l’air et à la lumière. On peut l’ozoniser plus rapidement en la faisant traverser par des étincelles électriques. Taylor qui a préconisé cette méthode et a tant contribué à la répandre, que la plupart du temps on la désigne sous son nom, préfère l’emploi de l’éther ozonisé à celui de l’essence de térébenthine. L’éther ozonisé se prépare en mélangeant parties égales d’éther sulfurique et d’eau oxygénée, le mélange doit être conservé à l’abri de l’air et de la lumière.
L’eau oxygénée remplit le même office que les deux liquides précédents, mais elle s’altère plus facilement et ne peut être conservée que très-peu de temps.
Le procédé recommandé par Taylor peut s’appliquer de trois manières suivant les cas : tantôt l’on opère sur la solution sanguine, tantôt directement sur la tache de linge, tantôt enfin on prend des empreintes de la tanche et l’on opère sur elles.
Mais quelle que soit la manière que l’on veuille appliquer, il faut avoir soin d’employer toujours la teinture de gaïae en premier lieu et de n’ajouter le liquide ozonisé qu’ après. En agissant ainsi, on constate dans une même opération deux propriétés distinctives
du sang' : celle de bleuir dans les conditions sus-énoncées et celle de ne pas bleuir, au contraire, par la teinture de gaïae employée seule. La précaution est indispensable, obligatoire, parce qu’il y .a diverses substances, telles que la salive et le mucus nasal, qui bleuissent aussi bien sous l’influence de la résine seule que sous celle du mélange d’éther et de teinture de gaïae. Par conséquent, si l’on traitait par ce mélange une tache suspecte fournie par l’une de ces humeurs, on obtiendrait la coloration bleue. On pourrait ainsi attribuer ce résultat positif à l’action de l’ozone, tandis qu’il aurait eu lieu aussi bien sans son intervention. Au contraire, en suivant la recommandation de faire agir isolément d’abord la teinture de gaïae, si la coloration bleue apparaît, on peut affirmer qu’elle n’est pas due au sang ou que s’il y a du sang il est mélangé à une autre substance bleuissant par le gaïae.
On traite la tache suspecte par l’eau distillée en la faisant macérer, comme nous l’avons vu précédemment, dans un petit tube ou mieux dans une capsule de porcelaine blanche. L’eau revivifie souvent la coloration rouge de la tache qui avait disparu par la dessiccation. Au bout d’un temps variable la dissolution est opérée et le liquide prend une teinte rougeâtre. Si l’on y ajoute quelques gouttes de teinture de gaïae, la coloration ne change pas ou bien elle prend un aspect louche, dû à la précipitation de la résine par l’action de l’eau. Si, à ce moment, la couleur bleue se produisait, c’est qu’il y aurait dans le liquide une substance se comportant comme la salive ou le mucus
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en présence du gaïac; la preuve par ce procédé serait rendue nulle. Mais dans le cas où le liquide reste coloré en rouge, on verse quelques gouttes d’essence ou d’éther ozonisé, s’il y a du sang, on voit bientôt la solution changer de couleur; c’est d’abord une teinte bleuâtre très-légère, tirant un peu sur le vert, qui s’accentue progressivement et au fur et à mesure qu’on agite le mélange avec une baguette de verre. Au bout de quelques minutes la coloration bleue est très-accentuée, c’est là une simple présomption de la présence du sang, tandis que si, par cette manipulation, on n’obtient pas la coloration bleue, on peut affirmer que le liquide examiné ne renferme pas la moindre trace de sang.
La tache peut être traitée directement sur le linge, mais dans le cas seulement où le tissu est blanc. Nous verrons dans un instant comment on procède sur un tissu coloré. On commence par ramollir la tache avec de l’eau distillée, et quand elle est bien pénétrée par le liquide, on place dessus, avec l’ extrémité d’une baguette de verre deux ou trois gouttes de teinture de gaïac. Là il est encore plus indispensable d’opérer avec la teinture seule, parce que très-souvent les linges empesés donnent la réaction bleue avec ou sans l’intervention de l’ozone ; c’est pour cela aussi que l’on doit pratiquer la môme opération sur différents points non suspects du linge, pour avoir un contrôle de l’expérience faite sur la tache. Lorsque l’addition de la résine ne détermine pas de changement de couleur, on dépose de la même façon quelques gouttes du liquide ozonisé, qui font naître ou non la teinte bleue.
Los déductions à tirer du résultat positif ou négatif de l’ expérience sont les mêmes que dans le cas précédent. Toutefois la réaction bleue, comme signe positif, ne peut avoir de valeur que dans le cas où des essais répétés sur divers points du linge non manifestement souillés par le sang ne l’auraient pas produite.
Lorsque les linges soumis à l’expertise sont colorés, la réaction cherchée serait masquée ou 'même ne serait pas apparente sur un fond bleu ou de teinte sombre. Taylor conseille en pareils cas de produire des empreintes de la tache sur du papier. On prend clu papier buvard blanc, essayé au préalable, pour voir s’il ne donne pas lui-même la réaction bleue. La tache est humectée, comme précédemment, avec de l’eau, et le linge est étendu sur un plan résistant, puis on y applique le papier replié en trois ou quatre doubles, et on le comprime avec force sur la tache. Celle-ci s’imprime sur le papier en y laissant une trace qui lui est symétrique par sa forme et ses dimensions et qui présente une teinte rouge ou brunâtre, suivant que le sang est plus ou moins ancien. On peut relever de cette façon plusieurs empreintes de la même tache, parce que la puissance tinctoriale de la matière colorante du sang est très-grande. La suite de l’opération se pratique alors directement sur les taches imprimées sur le papier et absolument comme nous l’avons fait tout à l’heure sur le linge blanc.
Le procédé des empreintes peut s’effectuer de deux autres manières, qui sont préférables à la précé-
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dente, si l’on n’a à sa disposition que des taches presque imperceptibles. On porte successivement la teinture de gaïac et l’éther ozonisé sur le point à examiner déjà humecté par l’eau distillée, et on applique ensuite les doubles de papier buvard. On retire ainsi une tache bleue au lieu de l’empreinte rougeâtre du sang.
Mais il vaut mieux manipuler de la façon suivante, surtout si le linge examiné était coloré en bleu : la tache une fois imbibée avec de l’eau distillée est soumise à l’action de la teinture de gaïac seule et on relève sur le papier l’empreinte. On constate de cette manière que le gaïac employé isolément a ou n’a pas déterminé de réaction. Lorsque l’empreinte ainsi recueillie est rougeâtre, on la traite par l’éther ozonisé, comme dans les cas précédents.
Tels sont, Messieurs, les différents modes d’application du procédé de recherche des taches de sang par la teinture de gaïac. Cette réaction est d’une extrême sensibilité puisque, d’après M. Lefort, il suffit d’une goutte de sang dans 100 grammes d’eau pour permettre de l’obtenir. Elle a encore l’avantage de ne nécessiter que des opérations d’une très-grande simplicité, et qui sont à la portée de l’homme le plus inexpérimenté. Elle est par ce côté bien supérieure à la recherche des cristaux d’hémine, qui demande à être conduite par une main exercée ; mais en revanche elle est bien loin d’avoir sa valeur spécifique. La coloration se produit avec toute espèce de sang, et avec un nombre infini de substances : le chlore, le brome, les sels de fer, F ammoniaque, le bichlorure
tic mercure allié au savon, le permanganate de potasse, etc. La teinture de gaïac bleuit également avec des matières organiques telles que la gomme arabique, le gluten, le lait non bouilli, l’aniline, la salive , le mucus, le pu.s, etc.
Néanmoins, il est juste de reconnaître que le sang paraît être jusqu’à présent la seule substance qui ait la propriété de ne pas bleuir par la teinture de gaïac sans addition de corps ozonisé ; tandis que tous les produits énumérés plus haut bleuissent directement le gaïac. Et si l’on a soin d’opérer, comme le recommande M. Taylor, en traitant la tache d’abord par le gaïac, on évitera toute confusion. N’oublions pas enfin que par suite de sa sensibilité extrême, si la réaction bleue n’a pas lieu, c’est une preuve certaine de l’absence du sang. « Si le tissu, dit M. Lefort (1), si le tissu est blanc, non souillé de matière étrangère, la teinture de gaïac et l’antozone donnent des indications très-précises à corroborer par d'autres signes ; si le tissu est teint, ou souillé de mucus nasal ou de salive, la réaction n’est pas affirmative; s’il y a manque de coloration par l’emploi successif des réactifs, c’est un indice certain que ce n’est pas du sang.
Sous les réserves précédentes, le procédé de recherche par le gaïac peut rendre à la médecine légale de très-grands services; d’ailleurs, celui qui l’a le plus préconisé, M. Taylor, recommande de ne l’employer qu’ après avoir fait les observations ordinaires
(1) M. J. Lelort : Remarques sur le procédé proposé par M. Taylor pour découvrir les taches de sang. In Bulletin le la Soc. de mcd. lc<j tome n.
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au moyen du microscope, du spectroscope et môme des réactions chimiques classiques.
III. Détermination des taches de sang par les réactions chimiques. — Je ne vous exposerai pas les diverses manipulations chimiques, conduisant à la découverte du sang, aussi longuement que je l’ai fait pour les procédés que nous venons d’étudier. Là, nous restions dans notre domaine, et les opérations que nous avions à conduire étaient de celles que nous pratiquons journellement dans les laboratoires de clinique ou d’histologie. Ici au contraire nous mettons le pied sur un terrain qui nous est moins connu et où nous ne saurions aller loin, sans nous égarer. Si les réactions se passaient toujours comme le veut la théorie, nous pourrions avec un peu d’exercice acquérir quelque habileté dans les opérations nécessitées par cette recherche. Mais les faits particuliers, soumis à l’examen, sont loin de ressembler aux données théoriques et dans chacun d’eux surgissent des difficultés spéciales que nous ne pourrions résoudre sans témérité. Un chimiste seul est à même de donner l’interprétation des résultats qui peuvent être variables suivant quelques conditions particulières au cas observé.
Les chimistes pour caractériser le sang cherchent à démontrer dans le produit examiné la présence de substances protéiques et du fer, et ils reconnaissent à la matière colorante d’autres propriétés encore que celles que nous avons déjà étudiées.
Ainsi l’addition d’une petite quantité d’ammonia-
que ne change pas la couleur de la solution sanguine ; elle ne la fait virer ni au violet ni au vert. Tandis qu’à son contact, des solutions rouges, formant des taches dont l’aspect est voisin de celui des taches sanguines, deviennent violettes ou vertes; il en est ainsi des décoctions de Heurs ou de fruits. D’autres substances forment également des taches que l’on peut confondre avec celles du sang et se différencient de même par l’ammoniaque : la cochenille prend une teinte écarlate ; le s ulfo cyanure de fer et le permanganate bleuissent. Je vous ai cité ces différentes réactions parce qu’elles sont faciles à obtenir et qu’elles rentrent dans la pratique la plus vulgaire pour distinguer immédiatement des taches de fruits, de fleurs, etc., de celles du sang.
La présence de l’albumine est constatée par l’acide azotique et par la chaleur; il faut avoir soin de chauffer graduellement et suivre de l’œil le commencement de coagulation qui s’opère vers 70 ou 80 degrés; lorsque l’on a noté le trouble produit à ce moment dans la solution, on porte le liquide à l’ébullition : l’albumine, suivant son abondance, forme un simple nuage ou un coagulum qui se dépose. Quant à la présence du fer, elle ne peut être décelée qu’à la suite de réactions successives, qui se contrôlent les unes les autres; et je sortirais de mon terrain si je cherchais à vous les exposer. Il en est de même des autres opérations, qui ont pour but de déterminer la nature des substances qui ont produit les taches, lorsque l’expert a reconnu qu’elles ne sont point fournies par du sang.
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L’étude déjà longue dos différentes méthodes de recherche du sang, que je viens de faire en insistant sur le côté technique, vous permettra, je l’espère, après que vous vous serez exercés à leur pratique, de conduire à Lien une expertise de ce genre. Les médecins de votre génération, habitués désormais aux manipulations de laboratoire et au maniement du microscope, doivent, à mon avis, revendiquer pour eux la responsabilité de cette recherche dans la plupart des cas. Et lors même qu’ils hésiteraient à l’assumer tout entière, il faut absolument qu’ils soient en état d’apprécier les difficultés de l’expertise et de reconnaître si elle a été bien conduite; car, ne l’oubliez pas, c’est toujours le médecin expert qui porte la plus grande part de responsabilité devant l’opinion publique.
Il me reste à examiner encore quelques points secondaires, relatifs à la recherche des taches de sang ; mais.il me semble indispensable de condenser les préceptes que je vous ai donnés et de repasser brièvement les différentes phases et les principales indications de cette recherche.
N’oubliez jamais que l’un des moyens les plus précis de recherche du sang est la constatation des globules sanguins; en conséquence, gardez-vous de traiter les substances suspectes par un liquide capable d’altérer ou de détruire les éléments figurés du sang. Si le sang est encore frais et liquide, procédez suivant les indications du professeur Renaut et recueillez le reste du liquide dans des flacons bien bouchés pour éviter l’évaporation.
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Si la quantité de substances suspectes soumises à votre examen est suffisante, vous pouvez pratiquer successivement l’examen microscopique, l’examen spectral, la recherche des cristaux d’hémine et même la réaction de Taylor. Il est toujours bon, lorsque cela est possible, d’accumuler les preuves, même celles qui, prises isolément, donnent la certitude absolue.
Si la quantité de substance est si minime, qu’il vous faille décider entre les différents procédés, n’hésitez pas à choisir la réaction de l’héminc. Elle est, de toutes les réactions spécifiques, la plus sensible. Si, malgré l’observation rigoureuse des précautions recommandées dans cette épreuve, vous n’obtenez que des résultats négatifs, vous pouvez employer, comme contrôle, la réaction chimique donnée par Taylor, et si elle ne s’effectuait pas, vous pourriez en conclure que la tache examinée ne renfermait pas de sang. La formation des cristaux d’hémine ne donne pas des indications plus précises que l’analyse spectrale, mais elle a sur elle l’avantage de n’exiger, pour être exécutée, qu’une parcelle à peine visible de sang des-
En résumé, exécutez les opérations nécessaires dans l’ordre suivant: 1° recherche des globules; 2° recherche des -cristaux d’hémine; 3° analyse spectrale; 4° recherche de la réaction avec la teinture de gaïac.
Les procédés que nous avons étudiés jusqu’à présent permettent de reconnaître avec une remarquable précision la présence du sang, et sur ce point il ne
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reste à la science que bien peu de progrès à accomplir, pour arriver à la certitude absolue dans tous les cas. Songez que 60 ans après l’assassinat de Kotzebue, l’analyse spectrale et la formation des cristaux d’hémine ont donne des résultats positifs avec des taches recueillies sur les papiers de la victime. Que pourrait-on exiger de plus ? Mais il arrive le plus ordinairement que l’assassin, forcé dans ses derniers retranchements par la constatation de traces de sang sur ses vêtements ou sur l’instrument qui a servi au meurtre, cherche à donner le change et allègue que les souillures examinées proviennent d’un animal domestique quelconque. Sommes-nous en état de contrôler son dire et de reconnaître si les taches sont formées par du sang humain ou par celui d’un animal ?
Les propriétés chimiques du sang connues jusqu’à ce jour sont communes aux sangs des divers animaux. De sorte que ni la recherche des cristaux d’hémine, ni l’analyse spectrale, ni la réaction de Taylor ne peuvent nous conduire à la solution de ce problème. Il 11e nous reste guère comme signes diagnostiques que ceux qui sont fournis par la forme et la dimension des globules et par d’autres caractères accessoires d’une valeur douteuse.
Les globules du sang 11’ont pas la même forme ni les mêmes dimensions chez les différents animaux. Quelques-uns ont des hématies elliptiques, munies de noyaux, ce sont les oiseaux, les reptiles, les poissons ; d’autres, comme les caméléens, ont des globules elliptiques sans noyaux. Dans ces différents cas, la con-
fusion avec Jes globules de l’homme est impossible, et la solution n’offre aucune difficulté si l’on a sous le microscope de ces éléments. Si l’inculpé prétend que les taches ont été faites par du sang de poulet, de canard, d’oie ou de tout autre oiseau, et si l’on a trouvé des hématies circulaires, on peut affirmer que le sang ne provient pas de ces animaux et vice versa.
Tous les mammifères autres que les caméléons ont des globules circulaires tout à fait analogues à ceux de l’homme. Cependant il est à noter que chez tous ils sont plus petits que les nôtres. La mensuration des globules, suivant les préceptes que je vous ai indiqués, peut donc, dans quelques circonstances, nous éclairer sur l’espèce animale dont ils proviennent. Ils mesurent, chez le chien, 0mm,0073 (ce sont les globules qui se rapprochent le plus de ceux de l’homme); chez le lapin, 0Tnm,0069 ; chez le chat, 0ram,0065 ; chez le cochon, 0ram,006; chez le cheval et le bœuf, 0'n,",ÜÛ56; chez le mouton, 0mm,005; chez la chèvre, 0"lni,0ü46. Tandis «pic les dimensions des globules humains sont de 0mm,0075 (1). Je vous ferai remarquer toutefois que ce chiffre est un peu fort, ou du moins qu’il n’a rien de constant. L’homme possède en effet, même à l’état de santé, des globules de dimensions variables; les plus gros mesurent de 0mm,007 à 0"1IU,0075, les moyens n’ont que 0mm,006, enfin il en est qui ne dépassent pas 0mni,005 (2). Remarquez en outre que ces dimensions ont été calculées sur du sang pour ainsi dire vivant,
(1) Instruction de la Soc. de méd. lég., page 176.
(2) M. Ronaut, loco citato , p. 507.
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fraîchement recueilli ; tandis que dans les expertises on n’a, dans l’immense majorité des cas, que du sang déjà altéré à examiner. Or, F un des premiers phéno-
mènes de la mort du sang est la rétraction subie par les hématies. Vous voyez donc que les données fournies par la mensuration des éléments du sang ne peuvent être que contingentes, excepté dans le cas où il s’agit de distinguer le sang de l’homme de celui des animaux à globules elliptiques.
Quelques auteurs avaient pensé que la numération des globules pourrait fournir des indications au point de vue de l’espèce animale. Mais cette recherche est rendue tout à fait illusoire par les conditions où F on est placé dans une expertise. Elle conduirait fatalement à des résultats erronés, à cause de l’évaporation considérable que doit avoir subie le sang examiné : le nombre des globules dans l’unité de vo-
lume augmentant proportionnellement à la concentration du liquide.
Le plus concluant des indices de l’origine du sang serait le mode de cristallisation cle V hémoglobine, qui est différent dans chaque espèce animale. Les prismes et les lames rhomboédriques se montrent chez l’homme; chez le dindon, ce sont des cubes ou des octaèdres; chez le cochon d’Inde on trouve des tétraèdes du système rhombique, etc. Malheureusement ces cristaux s’obtiennent avec la plus grande difficulté, ils ne peuvent se produire que lorsqu’on soumet du sang frais à des manipulations trop complexes, pour ne pas échouer le plus souvent, même entre des mains habiles.
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Jo dois vous mentionner une épreuve, qui a joui, dans le temps, d’une très-grande vogue, et qui consiste à développer l’odeur naturelle du sang, par l’addition de l’acide sulfurique concentré. On prend une petite quantité de sang ou de sérum sanguin, et on y ajoute un léger excès d’acide, 1/3 ou 1/2 du volume du sang; on agite et aussitôt se développe une odeur particulière, différente, suivant l’espèce animale. C’est Barruel qui a recommandé ce moyen, auquel il attachait une grande confiance : « Le sang de l’homme, dit -il, a une forte odeur de sueur d’homme, qu’il est impossible de confondre avec tout autre ; celui du bœuf a une odeur de bouverie ; celui du cheval, une forte odeur de sueur de cheval ou de crottin ; celui de brebis, une vive odeur de laine imprégnée de suint; celui du chien, l’odeur de la transpiration du chien; celui du porc, une odeur désagréable de porcherie; celui du rat, une forte odeur de rat. On obtient des résultats analogues avec le sang des divers volatiles, des poules, des dindes, des canards, des pigeons. » Je vous ai signalé cette épreuve, plutôt par mémoire que pour vous la recommander. Les résultats qu’elle donne sont trop sujets à caution, car elle repose sur une sensation, sur un phénomène purement subjectif, que l’on ne peut contrôler ou qui peut se manifester différemment, suivant les expérimentateurs.
Vous voyez, en définitive, que si nous sommes suffisamment armés pour reconnaître le sang dans la tache la plus imperceptible, nous ne pouvons arriver qu’à de simples présomptions dans la plupart des cas
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où il s’agit de discerner l’espèce animale dont il provient. A ce point de vue, c’est l’examen microscopique des globales qui seul donne des résultats satisfaisants ; il permet de déterminer : 1° que le sang appartient ou non à la classe des oiseaux, des reptiles ou des poissons; 2° que c’est du sang de mammifère; 3° dans certains cas seulement, que ce sang appartient à l’homme ou, au contraire, qu’il n’a pas les caractères du sang humain.
Si nous avons déjà tant de difficulté à distinguer le sang de l’homme de celui des autres mammifères, il est bien évident que nous sommes encore plus impuissants à reconnaître s’il provient d’un enfant, d’un vieillard, d’un homme ou d’une femme. Dans ce dernier cas, l’expert ne pourra se prononcer, à moins qu’il ne s’agisse de sang menstruel. Celui-ci est caractérisé par la présence de diverses cellules épithéliales, qui proviennent des organes génitaux de la femme : le corps de l’utérus et la partie supérieure du col fournissent des cellules coniques, munies encore de cils vibratiles, quand le sang est frais ; le vagin laisse se détacher des cellules pavimenteuses, qui se mélangent aux éléments ordinaires du liquide sanguin. Les autres caractères du sang menstruel, tels que la moindre quantité ou l’absence de fibrine, ont une importance bien inférieure à celle des précédents.
J’ai terminé l’étude des principales questions qui touchent à la recherche médico-légale du sang, il me resterait à traiter une infinité de questions subsidiaires qui s’ty rattachent plus ou moins et qui se présentent au cours d’une expertise ; mais je ne veux
REÇUE RG II E M EDICOLEGALE
pus sortir du plan que je me suis proposé : à savoirla mise en œuvre des procédés qui font reconnaître la présence du sang. Je passe maintenant à une étude analogue, celle de la recherche médico-légale du sperme.
La constatation du liquide spermatique, en criminalité et en médecine légale, a une importance qui ne le cède en rien à celle de la constatation du sang ; fréquemment même, dans les cas d’attentats à la pudeur, l’expert doit examiner simultanément les taches produites par ces deux humeurs. Je ne veux point entreprendre l’exposé de toutes les circonstances accessoires accompagnant ou compliquant d’ordinaire cette recherche , et qui sont relatives surtout à la manière dont le fait criminel a eu lieu. Je ne dois pas oublier que je vous fais ici, non pas une leçon sur les attentats à la pudeur, mais bien une conférence dans laquelle j’ai à vous montrer la mise en œuvre des procédés pratiques qui permettent de reconnaître le sperme, partout où l’on en soupçonne l’existence.
Le sperme, répandu sur des linges blancs, y forme des taches d’un jaune clair, dont les bords sont plus foncés que la partie centrale ; elles pénètrent dans le tissu, l’imprègent et lui donnent une roideur analogue à celle que présente le linge amidonné ; sur les étoffes de laine, sur le drap ou même sur des étoffes colorées, le sperme ne pénètre pas dans la trame du tissu, il laisse à sa surface une tache blanchâtre furfuracée, qui tombe facilement en petites lamelles par le frottement, lorsqu’il est desséché.
DU SPERME
L’odeur particulière qui se dégage parfois de ces taches et ces caractères physiques ne peuvent fournir que des indices, mais ils ne permettent pas de se prononcer sur la nature des souillures examinées. Il en est de môme des différents réactifs chimiques proposés pour la détermination de la liqueur séminale, ils sont impuissants à la caractériser. L’examen histologique donne seul un caractère irréfutable du sperme, et il suffit de la présence d’un spermatozoïde isolé dans le champ du microscope pour avoir une certitude absolue.
L’examen au microscope n’offre aucune difficulté lorsque le sperme est liquide : on en dépose une gouttelette sur le porte-objet et avec un grossissement suffisant, tel que celui obtenu par l’objectif 7 de Verick, on voit une multitude d’éléments, qu’il est impossible de confondre avec d’autres, ce sont les spermatozoïdes. Il est donné assez souvent à l’expert de procéder à cette détermination dans des conditions aussi favorables; lorsque par exemple il examine les liquides contenus clans le vagin de la victime, peu de temps après l’attentat. Mais, le plus ordinairement les taches qui lui sont soumises sont depuis longtemps desséchées et la recherche n’est plus aussi simple que dans ce cas.
Les différents procédés indiqués pour reconnaître la nature des taches spermatiques, lorsqu’elles sont desséchées, ont tous pour but de revivifier le liquide et de remettre en liberté les spermatozoaires. 11 est en effet hors de conteste que ces éléments se conservent presque indéfiniment, quand la liqueur séminale se
dessèche librement au contact (le l’air, sans se putréfier. M. Roussin, en 18G7, les a retrouvés presque intacts dans du sperme recueilli dix-huit ans auparavant. Ainsi nul doute de ce coté : la dessiccation du sperme n’apporte aucune modification dans la forme, aucune difficulté dans l’observation des animalcules qui le caractérisent (L).
Mais dans la pratique, les choses ne se passent pas aussi simplement que dans l’expérience à laquelle fait allusion M. Roussin, et l’on éprouve des difficultés assez grandes à retrouver les éléments de la semence humaine dans les taches déposées sur le linge. M. Roussin a bien fait ressortir les causes de cette difficulté et en reconnaît trois principales.
Si les taches de sperme reposaient sur un corps inextensible, résistant, comme le verre par exemple, les zoospermes conserveraient indéfiniment leur forme, et sous l’influence de l’ humectation par l’eau on les retrouverait à peu près intacts sous le champ du microscope. Or le plus habituellement la liqueur séminale est infiltrée dans un corps poreux, flexible comme un tissu de chanvre, de coton. Elle subit, sans être protégée par rien, tous les mouvements, tous les tiraillements imprimés au linge. Les spermatozoïdes qui par la dessiccation ont perdu leur souplesse, se brisent, se fragmentent, et au microscope on ne trouve plus que leurs débris, qui se distinguent à peine des poussières contenues dans la préparation.
(1) Roussin : Examen microscopique des taches de sperme. Annales d’hygiène et de méd. lég., 1867.
DU SPERME
Une deuxième cause de difficultés pour la recherche des spermatozoïdes réside dans la transparence du corps de ces éléments. Je vous ferai connaître bientôt un moyen indiqué par M. le professeur Ronaut, pour parer à cet inconvénient. M. Roussin, qui a cherché aussi à rendre plus visibles les contours des zoospermes, conseille de traiter la préparation par une solution iodée, qui les colore en effet en jaune ; mais ce liquide a le désavantage de donner la même teinte à toute la préparation et de colorer aussi bien les fibriles végétales que les éléments cellulaires.
La troisième cause tient à ce que les spermatozoïdes ne tombent pas dans le liquide où l’on fait macérer la tache. Ayant pénétré au moment où le sperme était frais jusque dans l’épaisseur de la trame, ils restent adhérents aux fibrilles élémentaires de l’étoffe et pour les observer il faut effiloquer fil par fil le linge examiné. Si l’on opère par un simple râclage, on risque de briser les éléments et de ne ramener que des parties informes, impossibles à déterminer.
Différents procédés ont été proposés pour faire l’examen des taches spermatiques. Bayard, en 1860, recommandait de dissoudre la tache, préalablement macérée dans de l’eau distillée chauffée à 70° ou 80°, de filtrer cette solution, et d’examiner le dépôt laissé sur le filtre. Ce moyen a l’inconvénient de faire subir à la tache une série d’opérations, dont je vous ai mentionné les principales seulement, et de faire usage de la chaleur, ce qui peut conduire à des résultats négatifs, tandis que l’on aurait par tout autre procédé obtenu des résultats positifs.
Caspcr conseille un moyen plus simple, qui consiste à faire tremper le lambeau de linge taché dans une soucoupe de porcelaine contenant de l’eau froide, afin qu’il s’imbibe complètement. Après un quart d’heure on met une goutte de cette eau sur le porteobjet, et l’on constate les spermatozoaires. Lorsque la tache est récente, ce moyen peut suffire, mais nous avons vu précédemment que dans les taches desséchées, les zoospermes sont tellement adhérents aux fibrilles du linge, qu’ils ne tombent pas dans le liquide où la tache macère. De sorte qu’en s’en tenant au procédé recommandé par Casper, on risquerait fort de ne rencontrer aucun des éléments cherchés, alors qu’ils fourmillent dans la tache.
Cari Schmidt (1) procède de la manière suivante : il forme avec le linge un petit cône, dont l’extrémité porte la tache suspecte, en ayant soin de tourner à l’extérieur le côté qui la présente. L’extrémité du cône est placée dans un verre de montre rempli à moitié d’eau ; de cette façon, la tache seule est mouillée. On échauffe alors l’eau dans le verre de montre sur une lampe à alcool. Après l’addition de quelques gouttes d’une solution ammoniacale, on exprime le linge en le pressant de haut en bas ; la tache se dissout, l’eau se trouble et renferme les spermatozoaires recherchés.
Tous ces procédés qui très- certainement peuvent, à l’occasion, donner de bons résultats, sont, on thèse
(l) Cité par M. H. -J. Gosse, Des taches au point de vue médico-légal. Paris, 1863.
DU SPERME
générale, Lien inférieurs à ceux qui ont été recommandés par M. Robin et par M. Roussin. Tous les
deux ont les plus grandes analogies et ne diffèrent en somme que dans le dernier temps, dans la cueillette de la matière à examiner. M. Robin (1), depuis longtemps déjà, a fait connaître la manière dont on doit procéder à la recherche médico-légale des spermatozoïdes. L’étoile qui les porte doit être découpée en bandes dont un bout rapproché de la tache trempe seul dans l’eau, et le liquide vient humecter la tache en montant par capillarité. Il peut n’en mouiller que le pourtour sans l’imbiber ni la gonfler, si la tache est ancienne. Alors on la trempe en entier ou partiellement dans l’eau. Sous l’influence de l’humidité elle se gonfle, elle reprend pour ainsi dire son eau de constitution et le sperme se revivifie. Il suffit de racler avec ménagement la surface de l’étoffe au niveau de
la tache à l’aide d’une pointe et de porter sous le microscope, suivant les règles ordinaires, la parcelle détachée. M. Longuet, qui, en 1876, a présenté à la Société de médecine légale un mémoire sur la question, repousse absolument le dernier temps de l’ opération, celui du raclage, parce que les spermatozoïdes sont presque toujours brisés et surtout parce que l’opérateur par ce moyen entraîne des fibrilles végétales et des granulations ovoïdes, qui sont très-semblables à la tête des spermatozoïdes (2).
Il est en effet préférable de se servir du procédé
(1) Hobin : Leçons sur les humeurs.
(2) Longuet, in Ann. d’Iiyg. et de méd. lé g., 1876.
UECIIEHCIIE MEDICO-LEGALE
indiqué par M. Roussin, d’abord parce que l’on évite les inconvénients précédents et surtout parce qu’il met en évidence un bien plus grand nombre de zoospermes, la plupart bien conservés. Le premier temps, celui de la macération de la tache, s’exécute comme précédemment. Lorsque celle-ci est suffisamment gonflée, on porte le lambeau de linge coupé au ras de la tache sur un côté. Puis à l’aide d’aiguilles on le dissocie brin par brin avec ménagement ; chacun des brins est dissocié à son tour de la même façon pour séparer les unes des autres les fibrilles élémentaires. En examinant celles-ci au microscope, on voit les spermatozoïdes en groupes plus ou moins serrés, accolés aux fibrilles végétales qu’ils entourent.
Le temps nécessaire pour gonfler la tache et surtout pour bien développer les éléments spécifiques qui y sont contenus, varie suivant que la tache est plus ou moins ancienne. Si elle est récente, si elle remonte à une semaine au plus, il suffit d’une heure ou deux pour obtenir un résultat satisfaisant. Si, au contraire, elle est très-ancienne, la macération doit être prolongée bien plus longtemps. Est-il à craindre que par suite d’un contact trop persistant avec l’eau, les spermatozoïdes se détruisent? M. Longuet a vérifié par l’expérience qu’une macération de quarantehuit heures dans une étuve, malgré la putréfaction qui s’était emparée du produit, laissait les spermatozoïdes intacts, tandis que tous les autres éléments avaient subi une désagrégation générale. Il n’y a donc pas d’inconvénient, lorsque l’on a affaire a des taches très-anciennes, de prolonger la macération. De temps
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à autre on examine si les spermatozoïdes sont visibles et l’on continue l’opération jusqu’à ce que l’examen ait donné des résultats certains. Au bout de quarantehuit heures, si l’on n’a pas constaté sous le microscope la présence des éléments du sperme, on est en droit de conclure à la non-existence de ce liquide.
Dans les différentes opérations dont je vous ai entretenu, on détache d’ordinaire du linge des parties qui ont quelques analogies de forme et de dimensions avec les spermatozoïdes. Certaines fibrilles végétales, et en particulier les fibrilles du chanvre, contiennent dans leur intérieur des granulations arrondies, très-réfringentes, ressemblant à la tête des zoospermes. Si une de ces granulations détachées vient à se réunir bout à bout avec un fragment fibrillaire, on aura sous les yeux quelque chose qui peut être facilement confondu avec un élément du sperme. On peut cependant faire la distinction en étudiant bien la portion caudale des spermatozoïdes vrais et de ceux que M. Longuet a appelés faux. Dans le zoosperme le filament a un volume inégal dans toute sa longueur, plus gros à son point d’attache, il va en s’atténuant vers l’extrémité terminale; dans le spermatozoïde faux, au contraire, le fragment fibrillaire est parfaitement du même calibre dans toute sa longueur.
A côté de ces fibrilles, de ces granulations végétales, il existe encore dans le liquide examiné, et obtenu comme je l’ai indiqué, un grand nombre d’éléments (cellules épithéliales des organes génito-urinaires) qui masquent la préparation. Les filaments spermatiques qui sont très-réfringents se distinguent
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mal clans ce fouilli, surtout lorsqu’ils sont brisés et en petit nombre. Quelques observateurs se sont préoccupés de trouver un moyen de les rendre plus évidents, à l’aide d’un réactif colorant. M. Roussin a proposé l’iode, mais cette substance donne à toute la préparation, à tous les éléments, la même coloration,
la difficulté reste tout entière ou est à peine diminuée.
M. Longuet s’est servi dans le même but d’une solution ammoniacale de carmin qui agit plus ou moins bien suivant que le sperme est frais ou ancien. Dans une tache fraîche, les spermatozoïdes sont à peine colorés ; dans une tache ancienne, la tête seule des spermatozoïdes se colore énergiquement tandis que les éléments végétaux, fibres ou granulations, ne sont jamais colorés. De telle sorte que dans une préparation obtenue par dissociation et après macération dans le carmin, on voit du premier coup d’œil que tout ce qui reste blanc est végétal et que tout ce qui est devenu rouge est de nature animale. Cette sélection des spermatozoïdes par le carmin, indiquée par M. Longuet, constitue déjà un progrès notable dans la recherche histologique de ces éléments. Il me reste, Messieurs, à vous faire connaître une tentative du même genre, qui a été couronnée d’un succès plus complet encore, et je suis heureux de vous dire qu’elle émane d’un maître éminent de notre Faculté, de M. le professeur Renaut, qui a bien voulu me remettre une note inédite à ce sujet.
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