‹ Conférences pratiques de médecine légaleChapitre 37 sur 99 · THEORIE MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

THEORIE MUSCULAIRE

la digitaline par les voies digestives, soit à des injections hypodermiques ou intraveineuses, soit à l’action directe de la digitaline sur le cœur ; les récents instruments destinés à mesurer la tension et la vitesse du sang dans les vaisseaux, leur ont permis d’arriver à des constatations intéressantes. De plus, par des sections des centres ou des branches nerveuses, par l’étude comparative de ceraines substances antagonistes ou analogues, telles que le curare, l’atropine, ils ont pu observer l’influence delà digitale sur la circulation, et cependant les résultats Je leurs travaux sont loin de s'accorder toujours entre eux.

Je vais résumer rapidement les théories qui ont été émises par ces différents auteurs.

J’élimine tout d’abord des opinions trop contestables, telles que l’action de la digitale sur les cellules nerveuses des centres (Boudanowsky et Joenbowisch), le ralentissement de la circulation par la compression du cerveau due à l’état apoplectique, l’appauvrissement d’Albers.

Trois théories principales ont eu cours dans la science :

La théorie musculaire;

La théorie vaso-motrice ;

La théorie nerveuse.

Les auteurs qui ont adopté la théorie musculaire, Stannius, Dybkovrsky et Pelikan, croient à l’action exclusive de la digitale sur le myocarde ; les deux derniers sont arrivés à cette conclusion en 1851, lorsqu’en intoxiquant des animaux par la digitale, ils ont vu le pneumogastrique conserver son excitabilité, tandis que le cœur l’avait complètement perdue. Les expériences de Dyb- Jçowsky et Pelikan ne semblent pas concluantes,

THEORIE YASO-MOTRICE

En effet l’innervation cardiaque n’est pas sous la dépendance absolue du nerf vagae; il faut tenir compte des gang-lions, du grand sympathique, et se souvenir que l’organe central de la circulation continue à battre lorsqu’il est complètement séparé des gros vaisseaux et des troncs nerveux ; d’ailleurs, les auteurs qui, après la section du pneumo gastrique, voient encore la digitale ralentir le cœur, n’en concluent pas pour cela que celte substance agit exclusivement sur le myocarde. On peut dire aussi que les expériences faites sur des cœurs préalablement intoxiqués par le curare et l’atropine, ne permettent pas d’accepter exclusivement cette théorie.

La théorie vaso-motrice semble plus rationnelle au premier abord; ellea été entrevue en 1827 par Hutchinson, qui a étudié sur lui-même les effets de la teinture à hautes doses; plus tard, Bordier, Duncalfe *, cité par Germain, Lélion1 2, l’ont soutenue.

Hirtz et son élève Laederich, s’appuyant sur un des résultats de la digitale, l’abaissement delà température, croient à l’action du grand sympathique, le nerf qui pré side à la calorification ; ils rappellent les analogies nombreuses entre les excitations de ce système nerveux et l’influence du médicament sur la circulation, influence qu’ils opposent aux phénomènes observés dans la fièvre.

Ackermann, Galan et Gourvat, soutiennent aussi que la digitale agit primitivement sur les vaso-moteurs, mais ils admettent de plus une modification des nerfs du cœur (pneumo- gastrique et sympathique). Ils sont arrivés à

1 Duncalfe (British medical Journal , 1859).

2 Lélion, Étude physiologique e( thérapeutique de la digitale (Thèse pouv Je doctorat. Paris, 1861).

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