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THÉORIE VASO-MOTRICE

cette conclusion à la suite d’expériences que je ne peux pas rapporter ici .

Traube lui-même, d’après Bernheim, modifiant comme nous le verrons, sa première opinion, avait adopté l’hypothèse d’une influence sur le centre vaso -moteur ; la tension artérielle, dit-il, est sous la dépendance de ce centre, car après la section de la moelle, la digitale ralentit encore le coeur, mais ne relève pas la tension vasculaire. Mégevand 4, après avoir obtenu une augmentation de tension par l’injection de digitaline dans la carotide, voit se produire un abaissement sans accélération des mouvements du coeur lorsqu’il sectionne le grand sympathique. Bernheim fait remarquer que ces expériences ne sont pas démonstratives ; pour lui comme pour Boehm, la tension artérielle, après la dilatation paralytique des vaisseaux périphériques sous l’influence de la section du grand sympathique ou de la moelle, est tellement diminuée que le cœur, tonifié par le médicament, n’a pas assez de force pour la relever; d’ailleurs il conclut en ces termes: « Il n’est pas établi que la digitale agisse, soit sur les vaso-moteurs, soit sur les muscles vasculaires. »

Suivant nous, les observations cliniques, l’étude attentive des modifications du pouls et des tracés, obligent l’esprit à admettre l’intervention des vaso-moteurs en même temps que celle des nerfs du cœur, comme nous allons l’indiquer.

Vulpian2, qui élève des doutes sur l’expérience de

4 Mégevand, De l’action de la digitale sur la nutrition (Gaz. hebdom 1870, 12 août).

2 Vulpian, De l'action de la digitaline sur les batraciens (Comptes rendus de la Société de biologie, 1855, p. G7). — Leçons sur l'appareil vasomoteur, 1875.

THEORIE DE TAAUBE

Gourvat, tend à reconnaître cette influence vaso-motrice. De tous les faits connus actuellement on n’est pas endroit de conclure à l’action exclusive de la digitale sur le myocarde ou sur les vaso-moteurs.

Il reste donc l’opinion qui fait jouer un rôle au système nerveux cardiaque, c’est celle de Traube ; nous verrons qu’elle a subi des transformations successives et qu’aujourd’hui la majorité des cliniciens et des physiologistes ne l’acceptent pas non plus sans restriction.

En 1850- 51, Traube1 institua une série d’expériences sur des chiens; injectant de la digitale dans les veines de ces animaux, il vit de petites doses ralentir le coeur, et des doses élevées l’accélérer ; sectionnant le pneumo- gastrique avant l’administration de la substance toxique, il s’aperçut alors que les battements cardiaques conservaient la même fréquence. Il conclut à cette époque que la digitale agit par la moelle allongée et l’origine des nerfs vagues: à petites doses elle les excite; à fortes doses elle les paralyse. Les élèves du physiologiste allemand, Keise (1851), et Kulp (1854) confirmèrent, sa manière de voir.

Plus tard Traube, comme nous l’avons dit, voyant qu’au début, sous l’influence du médicament, le pouls se ralentissait, tandis que la tension artérielle augmentait, modifia un peu son opinion. En effet, ce changement dans la circulation ne saurait être attribué à l’action du pneumo-gastrique ; les expériences de Schiff et de Moleschott ont donné les résultats suivants : l’excitation du nerf vague par les courants faibles dont on peut comparer l’in—

* Traube, Gesammslte Beitrâge zwr Patholog. und Physiologie, 1851 p. 190.

c THÉORIE DE TR AUBE

fluence à celle de la digitale, accélère les battements et accroît la tension. MM. les professeurs Àrloing et Tripier sont arrivés aux mêmes conclusions ; ils ont constaté de plus que des courants énergiques diminuaient la tension et ralentissaient les battements.

Traube admit alors l’influence simultanée de la digitale sur le pneumo-gastrique et sur le système musculomoteur du cœur ; au début, l’excitation de ce système donnerait aux contractions plus d’énergie, le travail serait augmenté et la tension artérielle plus considérable ; plus tard la paralysie de ce même système produirait des effets inverses.

Nous avons vu plus haut, qu’à la suite de nouvelles expériences, il attribua également une action au centre vaso-moteur, de telle sorte que, d’après Bernheim, le 22 juin 1870, à la Société de médecine de Berlin, il posait les conclusions suivantes :

1° La digitale excite, puis paralyse le système nerveux modérateur du cœur ;

2° Elle excite, puis paralyse le système nerveux vasomoteur ;

o° Elle paralyse le muscle cardiaque.

De nombreux expérimentateurs ont recherché si réellement cette théorie devait être acceptée ; ils ont tout d’abord étudié l’effet de la substance après la section des pneumo-gastriques.

Vulpian, sectionnant ces deux nerfs au cou, injecte une solution de digitaline dans l’artère crurale d’un chien ou l’introduit dans le tissu cellulaire ; il voit alors le cœur s’arrêter. Pour Traube, cette expérience prouve seulement que dans ce cas l’action du poison s’est exercée sur

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