RALENTISSEMENT INITIAL DU POULS
Pendant ces dernières années, ces recherches ont été continuées avec une rigueur scientifique beaucoup plus grande ; les cliniciens 11e se sont pas conten tés de l’exa • men de la circulation chez les malades, ils ont pris euxmêmes des préparations de digitale ou de digitaline; les physiologistes ont eu recours à des injections sous cutanées ou intraveineuses, à la pénétration par les voies digestives, ou bien enfin à l'action directe du poison sur le cœur.
Parmi les pathologistes Laennec a peut-être été le seul qui n’ait pas reconnu à la digitale une influence certaine sur le cœur et les vaisseaux :
« J’avoue, dit il, que cette action ne m’a jamais paru bien évidente et surtout constante, même lorsque la dose était portée au point de produire des vomissements et des vertiges; j’ai remarqué seulement que dans les premiers jours elle accélère souvent les battements, et que par la suite elle semble quelquefois les ralentir. »
Tous ont admis un ralentissement de la circulation à doses thérapeutiques ; mais le désaccord commence, lorsqu'il s’agit de savoir si le ralentissement est primitif ou précédé d’une accélération.
Au siècle dernier Withering (1778-85), à la suite d’expériences cliniques, plus tard et dans ces derniers temps Andral, Beddoes, Bouchardat \ Clutterbuch, Grawford, Currie, Fonssagrives2, Gubler, Joret3, Thomas (1865), Thompson, Traube, Wunderlich et l’école italienne ont
1 Bouchardat. et Sanclras, Annuaire de thérapeutique , 1845.
2 Fonssagrives, Traité de thérapeutique appliquée , basé sur tes indications. 1878, t. F', p. 328.
3 Joret, Considérations sur la digitale (Archioes de médecine. 1834,