ACCÉLÉRATION INITIALE
affirmé que jamais il n’existait d’accélération initiale. Idirtz, clans son article clu Dictionnaire de médecine pratique, dit formellement qu’il admet le ralentissement primitif ; cependant, en 1867, il s’exprimait ainsi : « A doses faibles le pouls est légèrement accéléré, à doses faibles également mais continuées pendant un temps assez long, le ralentissement succède à l’accélération ; à doses fortes, ainsi que l’admet Hutchinson \ la même succession s’observe constamment. »
Dans les expériences personnelles faites par Mégevaucl, avec la digitaline et la poudre de digitale, le pouls a été ralenti d’emblée dès le deuxième jour, sans passer par une phase d’accélération ; Germain, de Château -Thierry, a obtenu aussi le ralentissement primitif avec la teinture. Sur des chevaux Bouley et Reynal sont arrivés aux mêmes conclusions.
A côté des physiologistes et des cliniciens croyant au ralentissement initial, il s’en trouve d’autres qui regardent l’accélération primitive comme démontrée.
Sanders, en 1808, au dire de Bouillaud, recueillit plus de deux mille observations et admit :
1° Une accélération momentanée pendant un quart d’heure environ ;
2° Une accélération plus durable, qui n’est pour ainsi dire que la suite de la précédente et qui se prolonge vingtquatre à quarante-huit heures au plus ;
3° Un abaissement progressif après cette accélération;
4° Une accélération passagère pendant cet abaissement sous l’influence de nouvelles doses de digitale.
I Hutchinson, Mémoire concernant l’action de la digitale (Journal des progrès des sciences medicales. Paris, 1827).
EXPÉIENCES D'HUTGIIINSON 23
Joerg, après des expériences sur lui-même et sur les membres d’une Société savante de Leipzig', en 1822, soutint la meme opinion.
Hutchinson, médecin en chef du gouvernement de Grimée (1827), prit de la teinture à très hautes doses (200 gouttes le premier jour, 180 le deuxième) ; la teinture étant d’un tiers moins forte que celle du Codex , ces doses, d’après Bouillaud, représentaient douze milligr. de digitaline. Sous leur influence, il eut des accidents toxiques (vomissements, etc.), qui l’obligèrent à garder le lit pendant deux mois. Son pouls, qui battait 125 à la minute avant l’expérience, tomba dès le surlendemain à 60. L’accélération avait donc été très passagère. Cette première expérience d’Hutchinson aurait coïncidé, d’après Fagart1, avec le début d’une fièvre typhoïde ; c’est là ce qui semble ressortir en effet delà lecture attentive de son observation; une deuxième expérience fut instituée au moment de la convalescence ; enfin, dans une troisième, la santé était parfaite ; mais à la fin, l’alcool, l’opium, vinrent ajouter leur action à celle de la digitale.
De telles expérimentations n’offriraient donc aucune valeur scientifique ; il en serait de même de celles de Sanders, ajoute Fagart, car cet observatèur a pris la teinture au moment où débutait une véritable grippe.
Mais si ces faits ne doivent pas être acceptés comme concluants, il n’en est pas ainsi des expériences entreprises par M. le professeur Chauveau, dans son labo-
1 Fagart, Recherches phjsiol. et thérapeutiques Sur. quelques points de la digitale (Thèse pour le doctorat. Paris, ISIS).