TENSION ARTÉRIELLE CONSTANTE
uniforme, quels que fussent leurs caractères antérieurs.
Nous croyons que pour l’étude des tracés et, des modifications que la digitale leur fait subir dans les affections valvulaires du cœur, on ne doit pas avoir en vue seulement la tension vasculaire en général, comme l’ont fait tous les auteurs; il nous paraît nécessaire de distinguer, à l’exemple de Marey, deux espèces de tensiorfs, une tension constante et une tension variable. La tension constante est celle qui eviste à chaque instant dans les vaisseaux pendant la systole comme pendant la diastole ; elle est sous la dépendance de la paroi vasculaire. A chaque contraction ventriculaire, la tension variable, résultant de l’afflux du sang dans les artères, vient la modifier.
Ces deux tensions varient en sens inverse d’après Marey ; la tension constante ne peut être constatée exactement qu’à l’aide du manomètre introduit dans le torrent circulatoire ; le sphygmographe rend compte de la tension variable; ce sont là deux propositions que formule Marey. Evidemment le sphygmographe ne saurait calculer d’une façon précise la tension constante, mais si on admet un rapport inverse entre les deux tensions, il donnerait la valeur de l’une en donnant la valeur de l’autre. 11 me semble qu’au point de vue clinique les deux tensions ne varient pas toujours dans le même sens; chez un malade atteint d’insuffisance mitrale, les artères ne présentent pas une forte tension variable, puisque le ventricule ne lance qu’une faible ondée sanguine à chaque systole; elles n’offrent pas non plus une forte tension constante, car le pouls radial se laisse déprimer très facilement.
1 Marey, Compte rendu du laborat. 1875.