MODIFICATIONS DE CES TENSIONS
Ainsi, la distinction entre les deux tensions permet d’arriver aux conclusions suivantes :
Dans l’état fébrile, tension variable forte, tension constante faible.
Dans l’insuffisance aortique, mêmes caractères.
Dans l’insuffisance mitrale, tension variable faible, tension constante faible.
Dans le rétrécissement aortique, tension variable moyenne, tension constante forte.
Dans le rétrécissement mitral, tension variable faible, tension constante plus prononcée.
Or la digitale qui, suivant moi, s’adapte aux différents états pathologiques du cœur, ramène tous ces types de tracés si éloignés les uns des autres, à un type uniforme ressemblant au type normal et indiquant une tension variable et une tension constante assez fortes. Elle conduit probablement à ce résultat en agissant sur les deux espèces de tensions 5 dans certains cas elle modifie surtout la tension variable, par l’intermédiaire du cœur ; dans d’autres cas, c’est la tension constante qui, par l’intermédiaire des vaso-moteurs, se trouve plus influencée.
S’agit il d’une insuffisance ou d’un rétrécissement de l’orifice mitral, elle relève à la fois la tension constante et la tension variable, le tracé le prouve d’une façon évidente; la première est certainement rendue plus considérable par l’afflux du sang et la tonicité des parois artérielles ; la seconde l’est aussi, puisque l’amplitude des pulsations augmente. Dans l’insuffisance aortique la tension constante est accrue, la tension variable, au contraire, diminuée, grâce à la résistance plus grande des vaisseaux qui. se laissant moins distendre, reviennent moins vite
SOUS L'INFLUENCE DE LA DIGITALE sur eux-mêmes et empêchent le sang’ de refluer en grande abondance dans le ventricule pendant sa diastole.
Dans le rétrécissement aortique, les modifications du tracé diffèrent suivant Tétât de la tension variable ; cette tension est-elle assez faible comme dans l’observation xm, la digitale la relève; est- elle, au contraire, assez prononcée comme dans l’observation x bis , elle la diminue ; quant à la tension constante, elle est plutôt augmentée d’ordinaire.
Voici le résumé des observations que j’ai recueillies dans le service de M. le professeur Teissier :
Observation I. — Catarrhe et emphysène. — Hypertrophie du cœur. — Rétrécissement mitral. — J. Domon, chauffeur mécanicien, 40 ans, né à Rives (Isère), entré le 30 septembre 1878 à l 'Hôtel -Dieu (salle Saint-Martin, 14), sorti le 10 octobre. Mère rhumatisante, quelques habitudes alcooliques.
Bonne santé jusqu’à 23 ans. A cette époque, rhumatisme polyarticulaire aigu ; depuis lors douleurs chroniques ; à l’entrée, .symptômes de catarrhe et emphysème pulmonaires.
Cœur : impulsion énergique, pas de frémissement, pointe vers le sixième espace, un peu en dehors du mamelon ; à l'auscultation roulement présystolique à la pointe, très évident, surtout après la marche ; pouls irrégulier, inégal, dépressible; pas d’œdème des membres inférieurs, pas d’albuminurie.
Le 30 septembre, pouls 68, irrégulier. — Urines des 24 heures, 12 gr. 50.
Le 1er août, pouls 72, urines 1,300 gr.
Le 4 — — urines 1,300 gr. Prescript., 20 gouttes de
digitale.