DU PROFESSEUR MAREY
lier avant l'administration de la digitale et où l’on a pu comparer les tracés, jamais on n’a remarqué que la pulsation forte de la bigémination indiquât, par son amplitude, une systole plus active.
Il faut rechercher si le mécanisme queMarey1 invoque, à propos de ses expériences sur son schéma de la circulation et dans lesquelles il a obtenu un rythme géminé, peut être accepté pour la bigémination digitalique. En adoptant la théorie de Marey, on laisserait de côté toute influence nerveuse immédiate ; la tension artérielle et le fonctionnement même du cœur seraient considérés comme les causes directes de ce rythme. Pour juger la ques tion il est nécessaire de rappeler dans quelles conditions le professeur du Collège de France a observé le retour
périodique des systoles avortées.
Etudiant la solidarité qui existe entre la pression ven triculaire et la pression aortique, il arrive à cette conclusion : toutes les fois que la pression maximum dans le ventricule gauche n’atteint pas la valeur de la tension aortique, la systole est inefficace et n’envoie pas de sang dans les artères ; il faut, en effet, pour que le cœur puisse chasser l’ondée dans l’aorte que la pression intracardiaque soit supérieure à celle de l’artère, et plus elle la dépasse, plus la quantité de sang lancée est considérable. Si elle la dépasse faiblement, l’obstacle sera vaincu, mais l’onde ne donnera lieu qu’à un très léger soulèvement dans le tracé carotidien ou radial ; de là une pulsation comme avortée correspondant à la systole cardiaque. Ce soulèvement surajouté, Marey prouve, par ses expérien-
4 Marey, Annales du laboratoire. Pression et vitesse du sang, 1875.