EXPERIENCES
Mais comment expliquer ce retour régulier d’une forte systole suivie d’une systole plus faible? Doit-on le considérer comme le résultat du jeu des valvules, du fonctionnement même du coeur, sans que le système nerveux soit exclusivement en cause, ou bien faut-il invoquer l’influence directe et unique de ce système nerveux?
Dubourg 1 part de cette idée que le cœur est soumis normalement à un travail régulier, et que si ce travail • est troublé par une cause quelconque, le cœur tend à le régulariser ; il admet que dans l’arythmie en général, et dans l’arythmie digitalique en particulier, à tous les degrés (arythmie complète, bigémination), l’organe central de la circulation s’efforce de ressaisir son rythme. Pour lui, dans tous les tracés dénotant une irrégularité, il suffit de comparer les pulsations les unes aux autres, d’étudier leur amplitude, leur forme, pour voir que la quantité de travail dépensée est presque toujours identique. D’après cette opinion, dans la bigémination, la somme du travail nécessaire aux deux contractions, forte et faible, serait égale à celle qu’il aurait fallu pour deux contractions régulières ; ce qui manque à la contraction faible lui a été pour ainsi dire soustrait par la première ; le cœur, momentanément trop énergique sous l’influence de la digitale, voulant rendre son travail uniforme, ne donnerait qu’une contraction avortée. Il ne semble pas rationnel d’admettre cette idée pour la bigémination ; le cœur, en effet, loin d’être trop énergique, est plutôt affaibli, et la deuxième pulsation artérielle ne témoigne pas d’une exagération de travail. Dans le cas où le pouls était régu-
Dubourg (Loc. cit.).