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CHAPITRE VII

DES INDICATIONS DE DA DIGITALE DANS LES AFFECTIONS VALVULAIRES DU COEUR AUX DIFFÉRENTES PERIODES

Nous avons vu qu’à doses modérées la digitale régularise le coeur et qu’elle ramène le plus souvent le tracé sphygmographique à un type uniforme; d’après ces faits nous croyons être autorisé à affirmer qu’elle convient dans toutes les lésions valvulaires du cœur.

Mais doit-on la prescrire dans la période de compensation ? Faut-il la donner dans la période asystolique quand il y a hypertrophie, quand il y a atrophie, quand le cœur est atteint de dégénérescence graisseuse?

Tels sont les points que nous devons successivement passer en revue; en interrogeant les cliniciens nous verrons qu’à propos de chacune de ces questions, ils sont loin d’ètre d’accord sur les indications et les contre-indications de la digitale. Suivant nous, l’auteur du dernier travail publié sur ce médicament, M. Fagart, formule dans le traitement des lésions valvulaires des conclusions que nous indiquerons plus loin et que nous ne saurions accepter sans réserve. Pour procéder avec ordre, nous examinerons d’abord les affections des orifices à la période de compen sation.

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1, Rétréc.is sement mitral

Dans cette lésion, la digitale est formellement contreindiquée selon Grisolle; Duroziez1 a la même opinion pour le rétrécissement pur, il ajoute qu’elle ne réussit jamais dans le rétrécissement très prononcé; à côté de ces hommes dont l’autorité est incontestable, d’autres praticiens, Forget, Gubler, Rabuteau, sans la proscrire, la regardent comme peu utile. Au contraire, Germain (de Château -Thierry) vante ses heureux effets, il va jusqu’à la proclamer héroïque; Littré2, Lélion, quoique moins enthousiastes, la considèrent comme indiquée.

Dechambre3, commentant l’opinion du Dr Germain, se déclare partisan de la digitale dans le rétrécissement mitral; il fait remarquer à ce propos qu’elle est loin d’affaiblir les contractions du cœur et d’augmenter l’embarras de la circulation.

Les nombreux faits observés parM. le professeur Teissier lui permettent d’affirmer que la digitale ne saurait être contre-indiquée dans cette lésion d’orifice, même lorsque le pouls est très régulier et la compensation parfaite, car plus l’énergie cardiaque sera grande, plus facilement le sang franchira l’obstacle. A l’appui de cette opinion, je citerai l’observation I ; chez ce malade, la teinture de digitale à petites doses augmenta la tension artérielle et améliora l’état général.

1 Duroz:er, Archives générales de médecine, aînée 1ST7.

2 littré, Dictionnaire en trente, t. VIII, p. 243.

3 Peclijiml.re, Gau hehclom 1860 (23 mars),

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LÉSIONS VALVULAIRES COMPENSÉES

2, Insuffisance mitrale

Les auteurs sont loin d’être d’accord sur l’opportunité du médicament dans l’insuffisance mitrale, et lorsqu’on consulte les différents traités de clinique ou de thérapeutique, on est frappé des divergences qui existent à propos du traitement de cette affection. Pour certains praticiens elle est indiquée, pour d’autres elle ne saurait être employée ; tout au plus doit- on l’essayer dans les cas où l’asystolie est très prononcée; mais je veux parler seulement ici de la lésion compensée ; Bernheim, Lasègue et son élève Fagart, Parrot1, Potain et Rendu2 la considèrent comme indiquée; ces deux derniers sont même très catégoriques : dans aucune affection, disent- ils, elle n’est d’une efficacité plus constante, même au début. Au contraire, suivant Germain, Lélion, Littré, Niemeyer, elle doit être rejetée; Gubler 3 trouve qu’elle rend de mauvais services ; c’est sa propre expression, et cependant elle produit, d’après lui, tous ses effets dans les affections où domine l’amyosthénie cardiaque. Germain dit qu’elle amène un soulagement insignifiant; plusieurs auteurs classiques, Grisolle, Jaccoud, Valleix, n’émettent pas d’opinion sur la valeur de la digitale dans l’insuffisance mitrale sans asystolie.

M. Teissier n’hésite pas à la regarder comme étant d’un emploi très utile pendant la période de compensation.

Un malade a-t-il une insuffisance type, alors même

1 Parrot, Dict. des sciences médicales, t. XVIII, 1876. Art. Cœur, Pathologie générale, p. 431.

2 Potain et Rendu, même dict., même volume.

3 Gubler, Commentaires thérapeutiques, 2" édit., 1874, j p. 122.

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que son pouls a conservé sa régularité, la digitale lui donnera une tension plus grande, diminuera le nombre des pulsations; l’énergie du cœur sera augmentée, et par suite le sang, lancé avec plus de force, passera en plus grande quantité dans les vaisseaux ; la stase circulatoire et toutes ses conséquences seront ainsi prévenues.

Dans les cas où l’ataxie du cœur est manifeste, sans qu’elle ait encore amené l’asystolie, l’action de la digitale est encore plus évidente; un malade présente tous les signes de l’insuffisance mitrale : son cœur hypertrophié se contracte irrégulièrement et avec tant de fréquence qu’il est difficile de compter le nombre des battements; son pouls trahit cette ataxie ; certaines contractions cardiaques manquent même à la radiale; beaucoup sont comme avortées ; mais l’état général reste bon ; la stase n’a pas commencé, il n’y a ni œdème des membres inférieurs ni albuminurie. Si l’on donne de la digitale, au bout de trois ou quatre jours la circulation se régularise, le sphygmographe indique une augmentation de tension, le soulagement est évident, surprenant même; il se maintient longtemps si l’on peut continuer le médicament pendant une ou deux semaines à doses moyennes. Le malade de l’observation xii, dont j’ai déjà parlé à propos des modifications subies par le pouls, en est un exemple bien évident. Dès le troisième jour l’amélioration survient, l’impulsion du cœur perd son énergie, se régularise ; on cesse la digitale; peu à peu le nombre des pulsations augmente, l’irrégularité reparaît et avec elle l’oppression; aussi la digitale estelle réclamée par le malade, elle produit encore le même bien-être*

Dans ^observation 11 la teinture suffit pour détruire

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l’arythmie et donner au pouls et au tracé une tension plus grande.

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