DOSES DE L’INFUSION
convient de la donner sont l’objet des divergences les plus grandes.
Pour quelques praticiens, comme Hirtz1, dont les travaux ont si puissamment contribué à faire connaître les propriétés de la digitale, l'infusion de poudre de feuilles est beaucoup plus active que l’infusion de feuilles. Le professeurs de Strasbourg recommande le procédé que le Dr Erb, pharmacien à l’hôpital militaire de cette ville, employait pour préparer l’infusion ; mais la plupart des thérapeutistes, sauf Bucquoy, n’entrent pas dans ces détails et se contentent de parler de l’infusion de digitale.
En France généralement, les doses sont peu élevées ; il n’en est pas de même en Angleterre et en Allemagne, comme je l’indiquerai plus loin.
Quelques cliniciens donnent de 0 gr. 50 à 1 gr. d’infusion dans 100 à 150 gr. de véhicule; Hirtz, Jaccoud, recommandent de ne pas dépasser 1 gr. 50; Bucquoy, Al. Raynaud2, commencent par Ogr. 20 et s’arrêtent souvent à 0 gr. 60 ; Beau administrait 0 gr. 20 chaque malin; mais Trousseau et Pidoux, dans leur dernière édition revue par Const.Paul, indiquent 0 gr. 10 à 4 grammes dans les alïèctions du cœur ; les doses de Legroux 3 sont : 0 gr. 10 à 1 gr. 50 chez les enfants, de 10 à 15 gr. chez les adultes. Les médecins anglais, dans les maladies du cœur, vont jusqu’à 10 à 20 gr. de poudre en infusion;
1 Hirtz, Al-ticle ilgitale, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chi yuYgie pratiques , t. XI, 1869.
2 M. Raynaud, Art. Cœur Nouveau Dictionn. de médecine et de chirurgie pratiques , t. VIII, p. 460.
3 Legroux, É-sai sur la digilale et son moJe d'action. Théîte doct, Paris, I.c(*,*.
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contre les métrorrhagies ils ont donné jusqu’à 15 à 30 grammes.
En Allemagne, les doses massives sont également ern ployées contre certaines péricardites et même certaines affections valvulaires; Friedreich *, dans la péricardite, n’hésite pas à faire prendre 1 à 5 gr. d’infusion pour 120 gr. ; en présence de lésions d’orifice il se contente Ogr. 60 à 1 gr. 50, maisKrause, cité par Valleix, serait allé jusqu’à 8 gr. chez un malade atteint d’endocardite; Lorain1 2, dans sa dissertation sur le pouls, dit que les Allemands prescrivent 2 à 4 gr. de feuilles de digitale.
Ainsi donc, l’accord est loin d’exister entre les pathologistes, à propos de l’infusion. M. Teissier commence habituellement par 0 gr. 30 à 0 gr. 40 chez les hommes comme chez les femmes ; il n’a pas observé d’accidents, et sauf dans certains cas où le médicament pouvait être considéré non pas comme contre-indiqué, mais comme peu actif en raison de l’état asystolique très avancé, il a toujours vu le pouls se régulariser, acquérir de la tension, et l’état général s'améliorer.
Pour les autres préparations, les divergences entre les cliniciens sont moins accusées. A côté de l’infusion, on peut placer la macération, que quelques thérapeutistes tels que Dujardin-Beau met z et Hérard préconisent beaucoup dans des cas particuliers.
M. Teissier n'a pas eu l’occasion d’observer ses effets dans les maladies du cœur. Les doses indiquées ne Varient pas beaucoup (0 gr* 25 dans 200 gr. d’eau (Hérard),
1 BYledreicli, Traité dos maladies du -Gcôw*, tract» et . de MM. Lorber et Doyon, 1873, p. 210.
2 Lorain, Le pouls, Paris 1870;