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Méthode en dermique

En présence de cette intolérance des voies digestives pour la digitale, Bouillaud eut l’idée d’appliquer la pou dre sur le derme dénudé par un vésicatoire; il faisait absorber ainsi 0 gr. 35 à 0 gr. 75 de poudre et obtenait les mêmes effets qu’en l’administrant à l’intérieur. Depuis lors on n’a pas eu recours à cette méthode ; on l’a abandonnée à cause des douleurs très vives qu’elle provoquait, et cependant Faure2, expérimentant sur des chiens, a reconnu à la digitaline appliquée sur les plaies une activité plus grande. Mais la digitale ou la digitaline a-t-elle

1 Sandras, Bulletin thérapeutique , 1833, p. 165.

2 Faure, Quelques mots sur les effets de la digitaline à hautes doses. Archives générales de médecine . 1864-

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une action corrosive sur le derme? Bouillaucl n’a pas constaté d’accidents locaux, Rabuteau prétend aussi que le derme n’est jamais irrité1. 11 a pu impunément mettre la digitaline en contact avec la muqueuse oculaire ; au contraire Homolle a observé le développement de phlegmons après l’ application de cette substance sur la peau dénudée ; il a ressenti une cuisson très vive au niveau de la conjonctive.

Gubler2 s’exprime ainsi: «Sur une muqueuse ouïe derme dénudé la poudre de feuilles produit une cuisson irritative pouvant aller jusqu’à rinflammation et l’ulcération ; cette désorganisation doit être attribuée non à un phénomène chimique, mais à l’action toxique de ses principes sur les nerfs du sentiment et sur les éléments histologiques de la région. »

Pour Fagart le derme s’enflammerait chez l’homme et chez le chien ; il resterait indemne chez le lapin et les herbivores.

Quoiqu'il en soit, dans certains cas d’intolérance gastrique on pourrait revenir à la méthode endermique telle que Bouillaud l’avait instituée.

- 3. Méthode hypodermique

De là à la méthode hypodermique, à l’injection souscutanée d’une solution de digitaline avec une seringue de Pravaz, il n’y a qu’un pas ; ce pas a été franchi, mais le succès n’a point toujours répondu à ces tentatives. Les

1 Rabuteau, Traité de thérapeutique, 2e édition, p. 696, et Comptes ren- «lus «le la Société de biologie, 1874.

2 Gubler, Commentaires, etc. , 2<- édition, p. 120.

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