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DIFFÉRENTES SOLUTIONS

premiers expérimentateurs, Eulenburg1, Jousset2, Otto3, n’amenèrent pas l’irritation du derme ; Witkowsky4, au contraire, injectant chez des aliénés une solution de digitaline de Merck dont il n’indique ni la proportion ni la dose, vit se développer une inflammation très vive accompagnée d’état fébrile. Gubler est en France un des cliniciens qui se sont le plus occupés des injections de digitaline ; dans son Traité de thérapeutique, il recommande une solution très diluée alin d’éviter l’action irritative ; en 1878, à la Société de thérapeutique il affirme encore qu’avec les précautions nécessaires et une solution convenable les accidents locaux n’ont pas lieu. Germain Sée dit expressément qu’il ne faut pas avoir recours à ce moyen chez nos semblables; ce sont ses propres expressions, mais il ne cite pas de faits à l’appui de son opinion. Cette année même M. VimonG, interne de Gubler, a commencé dans le Journal de thérapeutique la publication d’un mémoire sur le traitement de certains cas d’affections cardiaques par les injections de digitaline; il en a fait jusqu’à 55 sans inflammation ; je regrette que son travail n’ait pas encore été publié en entier.

Les solutions de digitaline amorphe employées ont un peu varié. Otto s’est servi chez des épileptiques selon la formule suivante :

Eau, neuf ou dix parties,

Glycérine, une partie,

Digitale, une partie,

1 Eulenburg, Centralblatt mec?.,iS64.

2 Jousset, De la méthole hypodermique et des injections sous-cutanèes Thèse doct. Paris, 1865.

3 Otto, Des effets physiologiques de la digitale, Deutsche Arch. Klinic, volume XVI. Revue de Hayem, 1877.

4 Witkowsky, môme revue, 1877.

5 Vimont Journal de thérapeutique , 10 janvier, 1879.

DE DIGITALINE

dont il injectait chaque fois 1/2 grain ; pende temps après le pouls devenait irrégulier , fréquent ; le malade avait des frissons; les pupilles se dilataient. Gubler a conseillé d’abord une solution au millième dans l’eau distillée ; puis au mois de février 1878 une solution au 500me (parties égales d’alcool et d’eau distillée).

En présence de ces résultats contradictoires, je voulus chercher à me rendre compte de l’influence de la digitaline sur le derme; je fis préparer chez un pharmacien une solution de digitaline amorphe au millième dans l’eau distillée. Avec une seringue de Pravaz toute neuve j’injectai à la face postérieure de l’avant-bras droit, chez une femme atteinte d’insuffisance mitrale et dont j’ai parlé à propos de l’intolérance des voies digestives pour la digitale, un gramme de cette solution, c’est-à-dire un milligramme de digitaline ; l’injection provoqua presque immédiatement une douleur assez vive, douleur qui alla en augmentant; or, on ne saurait accuser la malade d’une sensibité exagérée, car elle était extrêmement courageuse et ne se plaignait jamais de son état.

Le lendemain , je constatai localement une induration douloureuse du volume d’une petite noix, avec rougeur assez'vive, légère chaleur, mais sans traces de lymphangite; les jours suivants la douleur diminua un peu, l’inflammation se résolut sans suppuration.

Peu de temps après je fis faire dans une autre pharmacie une solution de digitaline amorphe au millième dans parties égales d’alcool et d’eau distillée ; j’injectai 20 gouttes de cette solution (1 milligr. de digitaline) à la face postérieure de l’avant-bras droit d’un jeune homme de 18 ans (salle Saint-Martin, 14), atteint d’insuffisance

KFFKT3 LOCAUX

mitrale et dont j'ai rapporté déjà l’observation; j’obtins les mêmes effets, mais moins accusés ; l’induration nes’accompagnait pas de rougeur ; néanmoins huit jours après elle était encore appréciable. A ce moment une nouvelle injection à l’avant-bras gauche du même malade donna des résultats semblables ; quant aux modifications du pouls, elles n’ont pas eu lieu, puisque je n’ai pas voulu continuer les injections.

Afin de réduire la quantité de liquide injecté , je me servis plus tard d’une solution de digitaline amorphe au 500me (alcool et eau distillée, parties égales) préparée dans la même pharmacie.

Le 9 janvier, je fis chez une malade de la salle Saint- Rocli, affectée de rétrécissement mitral, une injection de dix gouttes (Q gr. 001 de digitaline) à l’avant-bras gauche; le lendemain, douleur assez vive, rougeur et léger gonflement sans induration véritable; les jours suivants les signes locaux allèrent en s’atténuant, et le 13, il restait à peine une très légère sensibilité à la pression ; une injection pratiquée à l’avant-bras droit provoquâtes mêmes accidents.

A la même époque, chez un homme de 60 ans (salle Saint-Martin, n° 1) atteint d’insuffisance mitrale compensée, injection de dix gouttes avec la même solution, à l’avant -bras ; légère douteur sans gonflement au bout d’un instant; 1e lendemain, nouvelle injection de quinze gouttes en un point voisin; rougeur diffuse sans induration disparaissant complètement deux jours après.

Tels sont tes résultats que j’ai obtenus avec des doses très faibles d’une solution, soit purement aqueuse, soit hydro-alcoolique, au millième ou au cinq centième; mes

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