LETTRE DE MGR. L'ÉVÈQUE DE ST-HYACINTHE
Beloeil, 1 Août, 1871.
Mons. Alph. Villeneuve, Instituteur.
Monsieur,
En rentrant à l'Evêché de St-Hyacinthe après ma visite pastorale, je trouvais sur ma table la lettre par laquelle vous avez bien voulu m'annoncer vos conférences, et me demander une opinion sur ce travail. Je cherchais à coté de la lettre le volume dont il était question ; et ce volume ne se trouvait pas là : il m'attendait à Beloeil, où je revenais avant-hier soir.
Je n'ai pu que jeter un coup d'œil sur votre travail, entrepris dans un but de religieux patriotisme, que je suis prêt à reconnaître et à louer sans aucune restriction. Que Dieu veuille donner a tous nos écrivains canadiens, dont le talent se manifeste aujourd'hui si hautement, des dispositions aussi éminemment nationales que celles que vous ont porté à consacrer vos veilles a interroger la science et la foi, pour servir la cause si noble et si sainte de la Vérité, de la Religion et de la Patrie ! On n'est plus canadien, quand on écrit en cherchant ses inspirations ailleurs que dans ces seules véritables sources de tout ce qui a fait du Canada un pays dont les gloires ne laissent rien à regreiter au coeur de ses vrais enfants ? Quant au mérite intrinsèque de vos conférences, bien qu'elles me paraissent dignes d'éloges et d'encouragement, vous me permettrez, j'espère, de ne pas risquer une appréciation formelle. Vous admettrez volontiers qu'un Evoque doit y regarder de bien près, avant de se décider à porter un jugement sur un ouvrage,
APPROBATIONS
• pi i comme le vôtre doit nécessairement renfermer un fond de prini et de doctrines de la plus haute importance et gravité. EH il m'< solument impossible de m'imposer vis-à-vis votre livre le travail d men sans lequel ma conscience ne saurait, m'autoriser à le juger. Veuillez bien en conséquence agréer que je me borne à vous féliciter sur la noblesse el l'élévation du but auquel voua aspiriez en composant ce livre, qui sera toujours de nature à vous faire beaucoup d'honneur, quand môme il s'y rencontrerait matière à quelques critique.
Croyez, monsieur, à l'estime et la considération que votre travail me porte à vous accorder, sans qu'il me soit donné d'avoir l'avantage de vous connaître personnellement ; et avec lesquelles je suis heureux de me souscrire,
Votre très-humble et ob. serviteur,
-j- G., Ev. de St-Hyaci.\the.