‹ Conférences prononcées dans l'église du Gesù à Rome pendant le Carème de 1851 [microforme]Chapitre 32 sur 49 · MONTRENT · texte numérisé non relu

MONTRENT

connue,

ne : c'est

une faute égale ou de traiter légèrement ce qui est grave et d’une haute importance, ou de s’occuper sérieusement de £e qui est léger et tout à fait indigne de nos soins. La mesure de nos sollicitudes, de nos diligences, de notre travail, doit être la dignité et l'importance de l'objet, et le degré d'amour auquel il a droit. Si la dignité et l'importance sont souveraines, l'amour aussi devra être souverain, et souveraine la diligence ; si elles sont médiocres, médiocre aussi sera l'amour, et médiocre la diligence; si elles sont presque nulles, comme il ne peut tenir qu'une très-petite place dans nos affections, ainsi il est de toute justice que nous nous en occupions fort peu.

Eh bien ! quel objet pourrez-vous imaginer qui l'emporte en dignité sur la religion et sur les devoirs à remplir envers Dieu? Et qu'y a-t:1l de plus important que de connaître avec certitude si le christianisme est divin et renferme cette forme de culte et de religion que Dieu nous commande, et par le moyen de laquelle il veut nous sauver et nous rendre éternellement heureux? Non, on ne saurait imaginer de matière

LATE — plus digne, d'objet plus important; et, en conséquence, on ne saurait imaginer de matière et d'objet qui réclame de notre part un amour plus ardent, une diligence, une sollicitude plus empressées.

C’est pourquoi, loin de craindre qu'on ne nous le reproche comme une faute ou un crime, nous pensons avoir droit à quelques éloges, si tout de nouveau nous revenons par la pensée sur l'origine du christianisme, si tout de nouveau nous travaillons à démontrer qu’elle est divine, et si de nouveau nous nous at{achons à mettre dans tout son jour la certitude complète et indubitable des miracles et des prophéties qui font rejaillir leur splendeur sur le christianisme, et l’enlèvent à la terre pour le rattacher au ciel, d’où nous est venu ce don précieux entre tous d’un Dieu qui aime à s'entendre appeler par la foi du nom de Père des hommes.

Et tout d’abord, je vous prie de remarquer qu’un fait se peut démontrer de deux manières, et comme thèse et comme hypothèse. Ne vous effrayez pas de la concision de cette formule : je la développe sur-le-champ ; ne vous déconcer-

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ne Nous e, nous si tout gée sur nouveau { divine, à mettre te et Inéties qui christiarattacher précieux l'entendre hommes.

emarquer manières, . Ne vous ormule : je s déconcer-

tez pas de la nouveauté des termes: Je vais sans retard vous les rendre clairs. | n

Un fait se démontre certain comme thèse quand, par une série bien liée et bien eù | duite de raisonnements, vous le mettez pe tout son jour, et.le rendez croyable à la ri 504. Ainsi, pour démontrer comme lhèse L victoire de César sur Pompée, on en à si aux historiens, on allègue leurs démons 4 :

on les fortifie par les monnaies ” sa , tions, la renommée. | bis

Mais un fait est démontré comme hypothès quand à ce fait s'unissent et se relient un pré {ain ensemble d'événements qu'il faudrait .

garder comme des effets sans cause, si le ti étudié venait à n'être pas admis. Airis: on F3 montre comme hypothèse la venue de rs à Pierre à Rome, parce que nous avons une de faits, de mémoires, d'images, de seul sn : de traditions, de pèlerinages, de vœux rh ms lumes que non-seulement on ne Se .

pliquer, mais qu'il faudrait absolument décarer impossibles et contraires au grand et de la raison suflisante, si une fois En

que Pierre n’est pas venu à Rome, ou si l’on rejetait som voyage comme une erreur et un Inensonge. |

Maintenant, si je ne m'abuse, chacun de vous voit clairement ce que l’on veut dire quand on parle d’un fait démontré certain, soit comme thèse, soit comme hypothèse. Eh bien! veuillez y faire attention : que sont les miracles et les prophéties ? Ce sont des faits, des faits publics, éclatants, solennels. Donc les miracles et les prophéties peuvent aussi se démontrer et comme thèse et comme hypothèse ; ils peuvent se démontrer et par les témoignages qui manifestent directement leur vérité, et par la réunion d’un ensemble de faits qui dépendent des miracles et des prophéties comme le ruisseau dépend de sa source, le rayon du soleil, la fleur de la plante, celle-ci de sa racine et du sol.

Antérieurement, dans plusieurs Conférences, nous efforçant de ne manquer ni à nous-même ni à la cause que nous voulons établir et défendre, nous nous sommes étudié à démontrer comme thèse l’indubitable certitude des miracles allégués en faveur du christianisme, des

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vous d on mme euils et S pules et er el uvent maniunion S miau déà fleur pi.

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prophéties employées à manifester sa céleste origine : notre intention, en ce moment, est de confirmer ces prenves, en montrant dans les miracles et dans les ,;rophéties une hypothèse qu’il faut nécessairement admettre : et puis, par un seul fait, nous placerons leur certitude hors de toute controverse.

Je dis donc qu’il faut voir dans les miracles et dans les prophéties une hypothèse nécessaire et ir possible à nier, s’ii se rencontre une suite c. un ensemble de faits qui les réclame comme sa cause suffisante, et qui se rattache à eux comme une longue chaine au premier anneau qui la soutient. Mais existe-t-il, ce vaste ensemble de faits? Oui, certes, il existe, et pour le reconnaitre il ne faut que jeter un coup d'œil rapiñe sur l’histoire du christianisme. Voici quelques-uns des innombrables événements qu’eile renferme et qu'elle nous rnontre :

Elle nous montre la conversion d’un grand nombre de Juifs, d’'Anciens, de scribes et de prêtres.

Elle nous montre la transfornation de l'empire romain, transformation inüuie des idées,

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des affecuons, des mœurs, des rites, de la vie tout entière et privée et publique, et c'vile et religieuse.

Elle nous montre, au delà des frontières de l'empire romain, de nombreuses provinces qui, renonçant aux cérémonies de leurs pères et à la religion de leurs ancêtres, se soumettent à adorer un Juif crucifié.

Elle nous montre d'innombrables bataillons de vierges qui, pour suivre les conseils du Nazaréen, ont méprisé lessplendeurs de la chambre nuptiale, les plaisirs des sens, les joies de la terre, et se sont consacrées tout entières à refréner leurs désirs, à régler leurs affections, à soumettre leur chair par des lois austères, une sévère discipline et des jeünes rigoureux.

Elle nous montre le sacerdoce païen vaincu ; les sophismes de la philosophie réfutés; l’aiguillon de la satire émoussé; les calomnies élouffées sous l’éclat de l’innocence et sous la splendeur de la vertu.

Elle nous montre les Augustes de Rome et les monarques de la Perse conjurés pour l'ex-

s de qui, s et à

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lons

Nambre de la à retions, austèrigou-

incu ; J’aimnies ous la

me et r l'ex-

termination du christianisme, et néanmoins vaincus et confondus.

Elle nous montre toutes les espèces de supplices et de tortures employées pendant plusieurs siècles dans le but d’arracher de la bouche des fidèles ce seul mot: «Je renie le Chnist; » et l’inu-

tilité de ces efforts, la vanité de: sobtenus. Elle nous montre des na nptées, barbares , sauvages, débord: me un

fleuve dévastateur sur les deux empires d’Orient et d'Occident, qui, par la vert du christianisme, se dépouillent de leur barbarie, de leur cruauté, de leur férocité ; reçoivent un cœur nouveau, se civilisent, s’adoucissent et renoncent à leur vie errante.

Maintenant, je vous demande quelle est la cause, je vous demande quel est le principe de tant de faits d’une si haute importance; je veux que l'on m'indique une hypothèse capable, sinon de les expliquer, au moins de montrer qu’ils ne sont pas impossibles. Il ne saurait y avoir de demande plus raisonnable et plus modeste; on ne saurait convenablement refuser de me répondre. Eh bien! que répondra-t-on?

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