CROIRE EST UNE [01 DE L'ESPRIT
Entre les deux ordres de la science et de l’application il y a cette notable différence , que le preinier s’appuie spécialement sur les idées universelles, qu’au second appartiennent surtout les idées individuelles et particulières. De telle
SM = sorte que sans les idées universelles il n’y a point, il ne peut y avoir de science ; comme, sans les idées individuelles et particulières, la pratique devient impossible. Quand il est question d'agir, ce qu'il faut par-dessus tout, c'est connaître et avoir sous la main des règles spéciales et particulières, auxquelles se puissent ajuster les actes et conformer les onérations. À un artiste, 1l importe assez peu de connaitre les spéculations des géomètres sur toutes les espèces de lignes; mais il est nécessaire qu'il ait à sa disposition une règle toute prête, qui dirige son œil et sa main et lui trace la voie. Un peintre peut se passer de la connaissance approfondie de l’optique; mais il ne peut se dispenser de savoir les règles pratiques qui lui prescrivent la manière de poser les couleurs, lui enseignent à les mélanger par des gradations insensibles, à les opposer par un contraste brusque et tranchant.
C’est pourquoi, si nous voulons nous servir de ce que nous avons démontré dans la première Conférence, il nous faut, des hauteurs des idées universelles, descendre aux basses ré-
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