‹ Conférences prononcées dans l'église du Gesù à Rome pendant le Carème de 1851 [microforme]Chapitre 3 sur 49 · LA LIBERTÉ DE PENSER · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ DE PENSER

Toutes les questions, foutes les recherches dignes de ce nom, se peuvent aisément ranger en deux grandes classes : dans la première, celles qui se recommandent par l'utilité et l’à-

propos ; dans la seconde, celles qui sont indis- + Fe

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pensables et nécessaires. de n'ai point à parler des premières : elles sont très-connues , elles soulèvent peu de doutes et de contestations ; et d’ailleurs elles sont en dehors du but que je me suis proposé, et sur lequel mes regards doivent se fixer sans cesse.

Et, de fait, à quoi me servirait de consacrer wes soins à rechercher la solution des innom-

brables problèmes que présentent les sciences .

naturelles, l’ethnographie, l’économie politique, et l’art si diflicile de gouverner les peuples? A quoi me servirait de discourir, quelque science et quelque habileté que j'y déployasse, sur ce qu'offrent de plus éclatant la connaissance des astres, et l'étude de la botanique, et la pratique du commerce? Tout cela ne serait qu’un horsd'œuvre, et ne saurait convenir ni au lieu dans lequel je parle, temple du Saint des saints, du Dieu éternel et à jamais vivant, ni au caractère avec lequel je me présente ici, ministre du Très-Haut, prédicateur de l'Évangile, interprète des mystères divins.

Tout donc m’invite à me resserrer dans les bornes des questions nécessaires et indispensa-

à parler s, elles ions ; et ne je me doivent

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sciences .

olitique, uples? A > science , Sur cé e des aspratique un horslieu dans ints, du aractère istre du e, inter-

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bles; et ces questions, si on veut y jeter un coup d'œil attentif et pénétrant, se réduisent toutes à cette parole solennelle, à cet abrégé de toute sagesse, de toute science utile : « Con- « nais-toi toi-même. » C'est-à-dire, connais ton origine, connais la destinée, connais la voie que tu dois suivre.

Connais ton origine, et vois, el respecte ta dépendance à l'égard du Dieu créateur.

Connais ta destinée, et puise dans cette connaissance tout à la fois terreur et courage. Terreur, à la pensée de ces peines éternelles et infinies dans lesquelles tu peux te précipiter ; courage, à la vue de ces biens éternels et infinis qui peuvent te rendre heureux.

Connais ta destinée, et respecte et proclame ta dépendance à l’égard de Dieu, le juge et le rémunérateur suprême, de qui seul tu peux et tu dois attendre un éternel malheur, ou un éternel bonheur.

Connais la voie que tu dois suivre, et avoue qu'il est des lois qui l’obligent, des devoirs qui te lient; et que ni les illusions des sens, ni les fantômes de limagination, ni les attraits des

passions ne sont la règle de ta conduite, mais bien les lois immuables et sacrées de l’ordre, de la décence, de la sainteté, de la vertu, de la religion.

Et toutes ces recherches, qui ne sont pas seulement utiles mais rigoureusement nécessaires, nous pouvons les entreprendre pour une triple fin, les diriger vers un triple but. On les peut entreprendre pour apaiser ce désir inné qui nous pousse à la recherche du vrai, et qui s’enflamme d'autant plus dans le cœur de l'homme, que ce cœur est moins dominé par les sens et moins tyrannisé par les passions. On les peut entreprendre pour guérir l'esprit faible et vacillant; car il arrive souvent que des lectures défendues, des amitiés dangereuses, des conversations licencieuses, l'arrogance des pensées, le désordre des affections du cœur, détruisent la santé de l’âme, brisent sa vigueur, faussent son jugement, et ferment ses yeux aux splendeurs de la vérité. Si ce malheur arrive, ilne lui reste d'autre moyen de se guérir et d'échapper au mal qui pèse sur elle que de :ra vailler avec ardeur à ouvrir de nouve:: |:

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yeux, et à rechercher par l'étude cette lumière de la vérité qui s'était presque entièrement évanouie. Enfin, les recherches les plus nécessaires peuvent s'entreprendre pour accomplir ce précepte de saint Pierre, que tout chrétien doit être prêt à se rendre compte à soi-même et aux autres (de celte espérance qui le soutient, l’encourage et gouverne sa vie. Il est donc clair que aous pouvons être poussés à ces recherches, et par la tendance naturelle de notre raison, et par le besoin de réparer des maux déjà faits, et de satisfaire aux devoirs imposés à tous les chrétiens.

Mais, s’il en est ainsi, je ne vois point d’hommes, et, dans la société, je ne connais point de classes qui puissent ou doivent regarder ces questions comme leur étant étrangères. Tous nous sommes hommes, tous nous sommes chrétiens; à tous, la loi de notre nature, les droits de notre religion, nous imposent le devoir de nous croire strictement obligés à nous livrer, dans certaines limites, à ces importantes recherches. A plusieurs d’entre nous peut-être es. 11 arrivé de concevoir des doutes, d’hésiter

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— D — et de quitter le sentier qui conduit à la vérité. Nous devons donc remédier à ce désordre, et nous ne le pouvons que par l'étude et les recherches qui nous instruiront et ouvriront nos yeux à la splendeur du vrai.

C’est pour atteindre ce but que je vous offre mon concours et mon aide. Je poserai les questions avec clarté ; je les développerai avec ordre et méthode, et je les résoudrai, autant qu’il me sera possible, avec une logique vigoureuse et pressante. Mais réussirai-je à vous persuader, ô vous qui me prêtez votre attention? Puis-je me promettre que ma parole passe de votre oreille à votre esprit pour l’éclairer, et, de l’esprit, descende dans les cœurs et dans les volontés pour les échauffer et les enflammer? Q mon Dieu! non-seulement je le sais, mais j’en ai le vif et profond sentiment, ce ne peut être là l’œuvre de ma parole. Vous seul, dont la nature est vérité, vous êtes le maître des esprits! Vous seul, dont l’essence est charité, vous êtes le

feu qui purifie les cœurs ! A vous seul, à Verbe :

éternel, il appartient de parler aux esprits et de les convaincre ! À vous seul, esprit de sainteté,

la vérité. À — 5 — js sordre, et lil appartient de conquérir les cœurs et de les [HP et lesre- "A soumettre. Je le reconnais, jele confesse et je le ja

iront nos 1 proclame à haute voix. Je vous en prie, je vous en L supplie, Ô Dieu trinité ! unissez votre opération vous offre 1 divine à mon faible ministère ; faites croître ce les ques- © que je vais planter et arroser, et ne souffrez pas ai avec or- È que tout se réduise au vain bruit d’un airain s0utant qu’il 1 nore et d’une cymbale retentissante. vigoureuse 4% La première question qui s’offre à nos études persuader, F et réclame une solution est celle-ci : Quel jugen? Puis-je { ment porter de l’âme humaine, de la pensée de > de votre 4 l'homme ? Est-elle affranchie de toute règle, li-

et, del’es- 4% bre de toute loi ? ou plutôt n’a-t-elle pas des rè- | 1s les vo- Î gles qui l’obligent, des lois qui la gouvernent ? 4 ammer ? O 1 En d’autres termes, ce qu’il y a de plus élevé ff mais jen { en nous, celte âme, par laquelle nous tenons à | eut être là 4 Dieu de si près et nous nous séparons si pro- 1 la nature # fondément de la matière et de tous les êtres rits! Vous © sensibles, devons-nous la regarder comme suus êtes le © périeure à toute loi, comme étant à elle-même il, Ô Verbe’ 4 sa seule loi, ou plutôt comme soumise à des sprits et de 4 lois qui en dirigent les actes, en règlent et le sainteté, # en gouvernent toutes les opérations ? C’est une

noble et belle question, une question fondamen-

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— 2% — tale, à laquelle il faut une solution claire, précise, décisive.

Je vous invite en ce moment à jeter avec moi un regard sur tous les êtres au milieu desquels nous vivons ; sur ceux qui s'élèvent au-dessus de nos têtes, sur ceux qui s’enfoncent sous nos pieds et sur ceux qui nous environnent ; sur le ciel, sur la terre, et sur les trois règnes qui se partagent notre planète : le règne minéral, le règne végélal, le règne animal. Que vous en semble? Est-il, dans ce vaste univers, un seul être, qu’il se meuve ou s'arrête, qu’il se compose ou se dissolve, qu’il naisse, qu’il croisse, qu'il meure, qui n’accomplisse tous ces actes comme le veut la règle et comme l’exigent les lois? Non. Des mouvements immenses des corps célestes à ceux des molécules imperceptibles, tout s’accomplit suivant une règle et des lois, et les anomalies elles-mêmes ne font que prouver et confirmer les lois. Des lois président aux compositions et aux décompositions du règne minéral ; des lois gouvernent la germination, la croissance, la floraison, la fructification des plantes, et toutes les familles du règne animal

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— D — obéissent à des lois déterminées. S'il n'en était pas ainsi, on verrait l'ordre s’évanouir ; l'harmonie se changerait en désaccord, et le monde retournerait au chaos. Ainsi donc, ce qui est au-dessus de nous, et ce qui est aur dessous, et ce qui nous entoure, tout se gouverne par une règle et obéit à des lois.

Or,quesommes-nous? Qu'est-ce que l’homme?

qu'est-ce que ce noble composé de chair et d'esprit, mortel et immortel, animal et intelligence ? Il est le complément, la couronne et l'abrégé de la création ; mais il n’en est pas moins une partie de la création. Oui, l’homme lui-même, ce chef-d'œuvre de la sagesse et de l'intelligence divine, concourt et conspire à former ce grand tout de l'univers ; et aussi il n’est point de partie dans l’univers à laquelle il ne soit de bien des manières uni et rattaché. Il est uni à la lumière par la vue, à l’air par l’ouie ; il tient aux végétaux et aux animaux qui lenourrissent ; aux minéraux qui fournissent aux usages infinis de la vie. Mais, si l’homme luimême, quelle que soit sa noblesse, n'est qu'une partie dans l’ensemble de l’univers ; si lui aussi 6)

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re se mêle et se rattache au reste, peut-on, avec quelque vraisemblance, admettre qu’il ne soit pas soumis aux conditions du tout? Non, certes ; et rien ne saurait être plus éloigné, je ne dis pas de la vérité, mais de la simple probabilité. Donc, tout ce qui s’aflirme de l'univers est, par cela même, affirmé de l’homme. Or, une induction universelle prouve, démontre et nous fait toucher au doigt, qu’il n’est rien dans l'univers qui ne soit régi par des lois et gouverné par des règles. Quelle autre conséquence en pourrons-nous tirer, sinon que l’homme luimême, que la raison elle-même, que la pensée elle-même, ont leurs lois qui les gouvernent et leurs règles qui les dirigent”?

Et cette conséquence peut d'autant moins se révoquer en doute, que l'étude même de l’homme la confirme et la fortifie. Je considère d’abord dans l’homme les sens, ministres nécessaires de la vie du corps, aides et secours de la plus haute importance pour la vie de l’esprit. Je considère ensuite les puissances intérieures , celles d’un ordre inférieur et moins noble, l'imagination, la mémoire; et les facul-

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M — tés sublimes d’un ordre plus élevé, la volonté, la liberté, la raison. Et puis, je vous le demanderai : est-il un sens, est-il une puissance, qui soit exempte de loi et affranchie de règle? Vous serez forcé de me répondre que toutes les puissances , que tous les sens ont leurs lois, ont leurs règles, auxquelles ils doivent se conformer. Les yeux ont leurs lois décrites dans l’optique ; les oreilles ont leurs lois que nous révèle l'acoustique ; le goût, le toucher, l’odorat, ont leurs lois qu'explique la physiologie ; la mémoire a ses lois : de là un art de la fortifier et de la développer ; l’imagination a ses lois : de là les règles de l’esthétique ; la volonté a ses lois : de là la science du bonheur; et la liberté elle-même a ses lois : de là la morale et le droit. Donc, dans l’homme lui-même, tout est réglé par des lois : 1l y a des lois pour régler ce qui tombe sous les sens ; il y a des lois pour régler ce qui dépasse leur sphère ; il y a des lois pour régler l’extérieur ; il y a des lois pour régler les facultés internes.

Restent la pensée et l'intelligence : pourronsnous dire que, seule de toutes les facultés hu-

— 28 — À maines, elle serait exempte de lois; que, seule, À | ou, elle serait sans frein et n’obéirait qu’à elle- 4 tellis même? Si j'avais cette audace, ceux mêmes qui qui, parmi vous, sont les moins cultivés, se lè- tion

veraient pour me démentir, Car, quand ils se (M der disputent entre eux, quand ils soutiennent que # étrar Pun a tort et que l’autre a raison, que veulent- # déra ils dire, au fond, sinon que la pensée de l’un s’ac- #4 qui! corde avec les lois du vrai, que celle de l’autre À Ete s’en écarte ? Et vous-mêmes, que faites-vous en 1 aux vous livrant à l’étude dela logique, sinon recon- 1 cette naître cette vérité dont nous avons entrepris la # réali défense, que l'intelligence est soumise à des lois? # man Car enfin, cette science n’a d’autre but que la « supp recherche et l’examen des règles qui nous diri- # genc gent dans l'usage légitime de la pensée. î Al Donc la pensée a des lois et des règles aux- 1 sée quelles la nature la soumet. Et, en effet, qu’est- #4 toute ce donc, après tout, que cette pensée elle- Æ mise même, sinon l'acte par lequel nous contem- 1 prop plons le vrai, et qui, en conséquence, doit sy M axioi conformer pour n'être pas accusé d'erreur ? î peut Notre pensée dépend donc de son objet et en © Supy reçoit sa loi. Ou notre raison dépend du vrai, $ quell

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ou, au contraire, la vérité dépend de notre intelligence; il faut soutenir l’un ou l'autre : et qui ne voit l’absurdité de cette seconde assertion? L’admettre, c’est nous obliger à regarder comme autant de vérités les folies les plus étranges qui pourraient naître dans un cerveau dérangé. Non, il n’y a que l'intelligence divine qui soit la source vive et féconde de la vérité! Et encore nous ne pouvons le dire qu’eu égard aux vérités relatives et secondaires, et non à cette vérité absolue et primordiale, qui est la réalité divine elle-même, laquelle, selon notre manière de concevoir les choses, doit se présupposer même à la connaissance de l’intelligence divine.

Absurdité d’autant plus évidente, que, la pensée étant délivrée de tout frein, affranchie de toute loi, la volonté ne peut plus demeurer souinise à aucune obligation. Chacun le sait par sa propre expérience, et cette vérité est devenue un axiome : la volonté ne peut se mouvoir, ne peut agir, que prévenue et dirigée par la raison. Supposez donc l'intelligence libre de tout frein, quelle sera la condition de la volonté? Elle aussi

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ne reconnaitra plus de lois, les devoirs disparaitront, les droits seront foulés aux pieds, et toute la vie humaine ne sera qu’un désordre et un chaos.

sit voilà où aboutit, en dernière analyse, cette proclamation de l'indépendance de la raison affranchie de toute règle, et de la pensée libre de toute loi. L'homme lui-même est un système dont le suprême moteur ne doit point se chercher en dehors de l'intelligence et de la pensée. De l'intelligence et de la pensée dépend la volonté; de la volonté dépendent les affections ; des affections dépend l'usage des sens, et de l'usage des sens toute la vie extérieure. La vie donc interne et externe tire son origine de l’intelligence et de la pensée ; elle y a ses racines, et la vie ne peut être dirigée par des règles et gouvernée par des lois, si des règles et des lois ne gouvernent et ne dirigent l'intelligence et la pensée.

Et d’ailleurs, qu’est donc cette intelligence humaine et cette pensée de l’homme, pour qu’elle ait le droit de se croire supérieure à toute loi? Peut-être la plénitude même de l’in-

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telligence, le maximum, le nec plus ultra de l'esprit? Non, non. Elle n’est qu’un obseur reflet de l'intelligence suprême, une pâle image de la raison infinie, un faible ruisseau qui tire son origine de Celui qui s’appelle le Père des esprits. (Hébr., x, 9.)

Il nous faut donc appliquer aussi à l'intelligence ce que nous disions de l'essence même et de l'existence de l’homme. L’homme a l'être, il n’est pas l’être; il existe, mais telle est son existence, qu’il dépend à chaque instant de cette cause qui l’a créé, qui le conserve, qui concourt à ses actes et les opère avec lui; de cette cause qui ne cesse de le porter et de le soutenir. Enlevez-lui cet appui, et il retombe dans le néant, d’où seule a pu le faire sortir cette voix aux ordres de laquelle obéissent et ce qui est déjà, et ce qui n’est point encore.

Ilest donc exposé à se tromper. Il peut tomber dans l’erreur ; il peut se détacher du vrai; il peut s’éprendre d'amour pour le faux; il peut en faire son idole; il peut se consacrer à son service. Et croirons-nous encore qu'il n'ait pas besoin de frein qui le retienne, de règle qui

ss le dirige, de lois qui le gouvernent? Le penser, ce serait contredire la nature des choses, qui nous dicte ellemême et nous impose cette sentence : Est soumis à des lois tout ce qui, par sa nature finie, est sujet à l'erreur; l’infini seul est autonome; seule la vérité et la justice essentielle est à elle-même sa propre loi. Il est facile, maintenant, de formuler le jugement que nous devons porter de cette parole si préconisée de nos jours : la liberté de penser. Je suis ennemi des contestations, très-éloigné de tout esprit de parti, sincèrement dévoué et consacré à la seule vérité. Au nom donc de la vérité, je répondrai que cette parole ou est vide de sens, ou renferme cette erreur même qe je viens de combattre et de réfuter. Et, de fait, que peut-il signifier, ce mot que l'on nous répète, que l’on nous inculque sans cesse : la liberté de penser? Certainement rien autre chose, sinon, ou que la pensée ne peut être extérieurement déterminée ou circonscrite ; ou que la pensée n'a point de lois auxquelles elle doive respect et obéissance. Si on choisit la première de ces significations, si proclamer la

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loigné oué et > de la st vide que je le fait, us rése : la autre ut être te; ou les elle isit la mer la

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liberté de penser doit uniquement s'entendre dans ce sens qu’il n’y a point de force extérieure qui puisse me contraindre à penser d'une manière plutôt que d'une autre, c'est dire une chose qui, certes, pouvait bien se taire sans dommage pour l'humanité, pour la civilisation, pour le christianisme : et qui donc, assuré:

ment, l’a jamais ignoré, qui n’en a la conscience intime, qui ne l'a éprouvé en soimême? Mais je suis par trop simple et trop naïf de ne pas m’en apercevoir : tout autre est le but, toute autre est la fin de la liberté de penser. On voudrait nous insinuer et nous persuader qu'alors seulement nous prouverons que nous avons la conscience de notre personnalité humaine et de l'indépendance qui en est le caractère, quand nous tiendrons pour incontestable que, dans l’exercice de la pensée, nous sommes les maîtres et les souverains absolus de nous-mêmes.

Triste souveraineté! Royauté malheureuse et véritable esclavage ! car elle est fille de l'erreur et mère de l'arrogance. Voulons-nous sincèrement être libres? Eh bien! soyons libres de

sonia Te me

8 = l'erreur, du mensonge et des illusions! Soyons

consacrés et dévoués à la droiture, à la justice, à la vérité!

RE Te Re SU

CONFÉRENCE Il'.

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