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MANDEMENT XLIX

Les socialistes raisonnent autrement. Les hommes, disent-iis sont égaux entr'eux à tont point de vue, et ils n'ont aucune sanction de leurs actes à attendre au-delà de cette vie; donc, qu'ils se partagent en commun les biens d'ici-bas, qu'ils se les disputent en vertu du droit du plus fort.

Gomme antidote à ces erreurs et comme remède à ces maux. le Souverain-Pontife veut rétablir le rit-lie et le pauvre dans leurs vrais rapports mutuels, ceux que le Créateur leur adonnés; et. en conséquence, il recommande l'établissement de a corporations ouvrières destinées à protéger, sous la tutelle de la religion, les intérêts du travail et les mœurs des travailleurs", corporations, ajoute-t-il, qui doivent être a appropriées aux besoins du temps présent."

Pour bien comprendre, Nos Très-Chers Frères, ce que doivent être et ce que peuvent faire ces corporations, saisissez bien ces notions fondamentales.

On entend par richesses tontes les choses matérielles qui peu. vent satisfaire les besoins de ï homme.

Le travail de l'homme est la principale source de la richesse individuelle et sociale.

Ce travail peut se faire individuellement. L'ouvrier mettant ses seules forces en action, ou eorporativement, des forces multiples étant unies par l'association. Historiquement, le travail a été corporatif avec les siècles chrétiens ; dans les sociétés modernes, il est avant tout libre dans les procédés delà production, et dans le mode et la mesure d'offrir les produits aux consommateurs.

Ces deux systèmes ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. L'association, qui centuple la puissance du travail, peut devenir un instrument de monopole et éteindre les ressources individuelles; la liberté du travail et de la concurrence, qui excite l'énergie et la persévérance des travailleurs et perfectionne les procédés de la production, conduit quelquefois, soit au monopole industriel, en faisant disparaître la petite industrie, soit à des entreprises factices, qui réussissent à supplanter et à anéantir des entreprises honnêtes. Sans le frein moral, le système réglementaire du moyen-âge, et la production des richesses par le régime de 1791, aboutissent tous deux à des désordres qui ont un retentissement dans tout le corps social.

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Ec fait, les corporations ouvrières ont maintenu, pendant sept siècles, l'union et le confraternité entre les travailleurs; " elles ont empêché toute grève, toute émeute, toute collision grave entre les maîtres et les compagnons." On doit aux corporations, dit M. Larousse, cet immense avantage d'avoir su réhabili ter le travail et d'avoir relevé les professions industrielles. Refuge des faibles contre les forts, elles assuraient en outre à toute une classe de citoyens une protection efficace, prenaient soin de leurs veuves, de leurs orphelins, de leurs vieillards, exerçaient une censure morale sur les apprentis, les compagnons et leurs propres membres, et, en général, satisfaisaient à tous les besoins sociaux. ..Ce n'est que plus tard que des dispositions restrictives et rigoureuses aboutirent à des exclusions tyranniqnes. (Hist. des classes ouvrières).

La liberté du travail, d'un autre côté, a donné occasion au prétendu droit du travail, c'est-à-dire à kt la prétention d'exiger de la société qu'elle fournisse du travail et distribue des salaires à tous les hommes valides qui ne peuvent s'en procurer autrement." C'est cette prétention qui ua fait créer les ateliers nationaux : c'est elle qui s'est transformée plus tard en revendication du droit à l'assistance ; c'est elle qui est au fond de tous les systèmes socialistes." C'est de là que viennent, grâce au relâchement des mœurs industrielles, les ligues secrètes d'artisans et d'ouvriers, les grèves communistes si fréquentes de nos jours.

Voici quelle était l'organisation des corporations du moyenâge :

a Ces corporations étaient des associations de tous les artisans d'une même ville exerçant la même profession.

Elles eurent pour but, d'abord, de se défendre parleur union contre les violences des guerriers, puis d'activer, d'assurer et de régulariser la production des richesses.

Il y avait autant d'associations qu? de corps de métiers. Dans chaque ville, on rencontrait la corporation des bouchers, des épiciers, des boulangers, dss merciers, etc., etc. On distinguait parmi elles, surtout à Pans, six grands corps, qui prenaient la tête dans les cérémonies publiques.

Le personnel de ces corporations comprenait à la fois les maîtres, les compagnons ou ouvriers, et les apprentis. C'était, on le voit, l'union de toutes les forces vives de la production. A côté de chacune de ces associations, se trouvait la Confrérie, qui était

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l'union religieuse, de sorte que chaque corporation ouvrière avait sa chapelle et son patron spécial. La corporation unissait ainsi les forces matérielles, et la confrérie les forces morales. Parfois, plusieurs corporations ne formaient qu'une seule confrérie, mais c'était l'exception.

A la tête de tous les corps de métiers se trouvaient des Syndics librement élus chaque année, choisis parmi les plus habiles et les plus honnêtes, et chargés de la discipline intérieur.'. Ils avaient aussi d'autres fonctions plus importantes.

Ces corporations prenaient le titre de maîtrises et jurandes dès qu'elles avaient obtenu du pouvoir royal la sanction de leurs règlements et le droit d'élire leurs Jurés, gardiens des privilèges, règles et usages du métier.

Elles n'avaient aucun droit politique, aucune faveur sociale, aucun droit de représentation dans les Etats généraux ou provinciaux. Elles vivaient dans l'ombre et dans le silence". (Hervé- Bazin).

De telles associations, ainsi placées k- sous la tutelle de la religion", et -L appropriées aux besoins du temps présent", suivant, l'expression du Souverain Pontife, feraient un contre poids eliicace aux associations secrètes de travailleurs, qui sont les annexes de la Franc Maçonnerie.

La société de St-Vincent-de-Paul, nos Très-Chers Frère-, a attiré ici l'attention spéciale du Saint Père, nous lui devons consé. quemment tous nos encouragements. En elfet, parmi cette perpé tuelle et luxuriante floraison d'œuvres de bienfaisance et de charité, qui émaillent le champ de l'Eglise Catholique, il n'en i si peut-être pas qui ait une portée sociale plus grande et plus èU vée. Le but des Conférences est la sanctification de leurs membres parle soin temporel et spirituel des pauvres. Cette œuvre est une des plus belles manifestations de la charité de Jésus- Christ. Regardez, en elfet, le cercle qu'elle embrasse. Ce n'est pas seulement une classe d'indigents, ce sont tous les indigents. Ce n'est pas seulement une situation du pauvre, un côté de sa misère, une période de sa vie ; c'est le pauvre en toutes ses pénibles situations, c'est le malheureux à tous les moments de son i tence, c'est l'ensemble si varié et si étendu des misères humaines. Le Conférencier de St-Vincent-de-Paul prend le pauvre à son berceau, développe ses forces naissantes, soutient ses premiers pas; il lui procure l'éducation et l'instruction, le forme au travail, lui

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prépare une place au banquet de la société; dans les luttes de la vie, il est là pour le soutenir, il le relève de ses chûtes, L'encourage au bien, l'affermit dans le succès, et le rassure dans ses craintes ; et lorsque les jours du pauvre seront sur leur déclin, lorsque ses pas s'achemineront vers la tombe, c'est encore sur le fils de S. Vincent de Paul qu'il s'appuiera, c'est en lui qu'il puisera la force dont il a besoin pour les dernières épreuves et pour les combats des derniers moments. La mort même ne sera pas le terme de ces sollicitudes du disciple d'Ozanam pour le membre souffrant de Jésus-Christ. Il faut encore à ce dernier les prières de l'Eglise, les cérémonies si consolantes du culte sacré, puis le repos dans une terre bénite, à l'ombre de la croix qui a sauvé le monde et qui protège l'empire de la mort : tout cela lui sera donné au nom de Celui qui, possédant toutes les richesses, a voulu naître pauvre et n'avoir pas où reposer sa tète.

C'est ainsi, Nos Très-Chers Frères, que la Société de St-Vincent-de-Paul, par la grande variété de ses œuvres, embrasse toute l'existence du pauvre, et c'est dans l'accomplissement de ces dévouements sublimes que ses membres trouvent leur sanctification et leur mérite si excellent devant Dieu. Nous ne saurions trop vous exhorter, à l'exemple du Souverain-Pontife, à fonder ou à entretenir les Conférences au milieu de vous: tenez à honneur de faire vous-mêmes partie de ces Conférences, au degré de zèle et d'action que comportent les exigences de votre état.

3o les œuvres ayant trait à l'éducation de la jeunesse et à la formation du Clergé.

N. T. C. F., en présence des envahissements aujourd'hui constants du pouvoir civil dans le domaine de l'éducation, à la vue des efforts que l'on fait pour bannirla religion de [L'enseignement, on comorend la sagesse et l'opportunité de ces paroles du Souverain-Pontife : "Nous recommandons avec une nouvelle instance à votre foi et à votre vigilance la jeunesse, qui est l'espoir de la société." Il devient aussi nécessaire de vous rappeler en peu de mots, la doctrine de l'Eglise en cette matière si grave de l'éducation.

L'éducation est la formation de l'homme, c'est-à-dire la développement de. ses facultés physiques, morales et intellectuelles.

La loi naturelle fait un devoir aux parents, qui ont donné le jour aux enfants, de leur donner aussi l'éducation. La loi chrétienne donne à L'Eglise la charge de veiller à ce que les parents

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remplissent leur devoir à cet égard. L'Etat a le devoir de protéger l'Eglise et les parents dans l'accomplissement de cette oeuvre.

Les devoirs et les obligations des parents, de l'Eglise et de l'Etat, en matière d'éducation, s'harmonisent donc parfaitement dans un exercice simultané.

En second lieu, la formation de l'homme doit être en rapport avec sa fin.

Or la fin de l'homme, c'est Dieu.

Donc, la religion, qui exprime ce rapport de l'homme avec Dieu, est essentielle à l'éducation : l'éducation s^ns religion n'est pas l'éducation.

Si l'Etat se fait éducateur, il usurpe les fonctions des parents ; s'il s'empare de la direction de l'éducation, il usurpe les fonctions de l'Eglise.

u Si un gouvernement, " dit Son Eminence le Cardinal Mauning, " rejetant toute religion de son action publique et de l'éducation populaire, s'arroge néanmoins le droit de s'ingérer dans ce qui concerne les écoles, leurs maîtres et leurs livres, il y a là une tyrannie et de toutes la moins supportable ; c'est la tyrannie pédagogique. Dans un tel système, l'Etat ne s'est pas seulement soustrait à l'influence sacerdotale, il a usurpé les droits des pa rents; c'est la double usurpation de la mission de l'Eglise et de l'autorité des pères et des mères."

Voilà, Nos Très-Chers Frères, les vrais principes à suivre dans l'éducation de la jeunesse

Parents chrétiens, veillez avec un soin jaloux à ce que vos obligations sous ce rapport soient parfaitement remplies. Formez de bonne heure le coeur.de vos enfantsà la pratique de la vertu, et éclairez leur intelligence par les enseignements de la religion et de la morale chrétienne. Après avoir donné vous-mêmes, avec toute l'attention dont vous êtes capables, l'éducation du foyer domestique, lorsque vous devrez confier à des maîtres ou maîtresses le soin de continuel cette œuvre, ne souffrez de la part de c< s remplaçants de vous-mêmes rien qui soit contraire aux rè d'une éducation viaiment chrétienne. Pour la direction en toute cette œuvre, laissez toute liberté à l'Eglise1 dans la personne de ses pasteurs.

"L'Eglise ne revendique la direction de l'éducation, que parce que celle-ci est dans son essence la formation religieuse des eu-

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fants sous l'influence de la loi et de la morale chrétienne." (Cardinal Manning).

Il est évident que vous ne devez pas reculer devant les sacrifices d'argent nécessaires pour procurer à vos enfants de bonnes écoles, tenues avec ordre et piété, où ils se prépareront à devenir de bons sujets pour la société, et en môme temps des élus pour le ciel, Adolescent, juxtà viam suam: ctiam cum senuerit, non recedet ab eâ, Le jeune homme suit sa voie : lors même qu'il sera vieux, il ne s'en écartera pas. (Prov. 22-6).

Dans le but de mieux remplir le désir du Saint Père, en ce qui concerne cette œuvre de l'éducation, comme aussi son désir relativement à la formation du clergé, Nous appelons toute votre attention sur une association que nous avons à cet effet établie au milieu de vous : l'association de St-François-de-Sales. Cette association u est pour les pays catholiques ce qu'est la Propagation de la Foi pour les pays infidèles, ou, si l'on veut, une sorte de Propagation de la Foi à l'intérieur, suivant un mot de Pie IX, qui l'a particulièrement approuvée et bénie."

uElle poursuit son but, aidée par les prières des associés, et par une légère contribution pécuniaire de leur part, en fondant, soutenant et développant les œuvres qui ont pour objet l'éducation chrétienne de la jeunesse, en combattant la mauvaise presse par la diffusion des bons livres, etc., etc., suivant les besoins des lieux. "

Dans ce diocèse, nous l'avons spécialement établie dans le but de soutenir le Grand Séminaire, et d'aider les ecclésiastiques pauvres à poursuivre leurs études théologiques. Tous les catholiques du diocèse sont donc grandement intéressés à cette œuvre, car il leur importe beaucoup, su itou t dans le temps présenti d'avoir au milieu d'eux des prêtres aussi remarquables par leurs lumières que par leur vertu. La contribution de dix centins par année que nous vous demandons pour cela, vous paraîtra un bien léger saciifice, si vous considérez l'importance du résultat que vous obtenez par ce moyen, et les nombreuses faveurs spirituelles que vous îecueillez en retour de votre générosité.

4o La ligue de prières et d'action.

Enfin, Notre Très-Saint Père le Pape,, rappelant que " nos communs labeurs pour arracher du champ du Seigneur les semences pernicieuses, qui y ont été jetées, seraient tout à fait

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impuissants si, du haut du ciel, le Maître de la vigne ne secondait nos efforts," invite tous les gens de bien à s'unir entr'eux, à l'instar des ennemis de l'Eglise, et à former " une immense coalition de prières et d'efforts. "

Cette ligue de 'prières, Nos Très-Chers Frères, est déjà organisée parmi vous; c'est la Ligue du Cœur de Jésus, l'Apostolat de la Prière.

Son but se trouve exprimé dans sa devise : Advenial regnum tuum, Que votre règne arrive; que le règne de Dieu se maintienne et se développe là où il existe déjà ! qu'il repa-aisse là où il a été renversé ! qu'il naisse enîin là où il n'a pas encore versé ses bienfaits !

L'amour du Cœur de Jésus est le principe de la rédemption du monde, Proplcr nimiam charitatem suam, quâ dilexit nos, iEph- 2-4) ; il est aussi le principe de notre sanctification, Scmper vivons ad interpellandum pro nobis ^Hebr. 7-25). Le Cœur de Jésus vit au plus haut des cieux, à la droite du Tout-Puissant; il vit au saint tabernacle, dans le sacrement de son amour; et il intercède constamment, auprès de Dieu le Père, pour le salut du genre humain.

L'Apostolat de la Prière réunit ses associés autour du Cœur de Jésus; et là. unissant leurs vœux à sa prière divine, ces âmes ferventes intercèdent avec lui pour la grande cause du monde. Elles offrent non-seulement leius soupirs ardents, mais encore leurs actions, leurs souffrances de chaque moment, l'ensemble de leurs journées et de leur vie. Ces mérites, quoique faibles en eux mômes, deviennent tout puissants par leur union avec les souffrances et les mérites infinis du Cœur adorable de Jésus, et il en résulte une force d'intercession dont la puissance n'a pas de bornes.

L'Apostolat fait encore de ses associés autant d'amis du Cœur de Jésus, et en vertu de cette amitié, qui identifie leurs intérêts avec ceux du Sauveur, ils deviennent autant d'apôtres pour répandre partout le feu de l'amour divin, Ignem veni mittere in terrain, et quid volo nisi ut accendatur (Luc, 12-49). Ils prennent en main la cause du divin Cœur, la défendent contre leurs propres ennemis intérieurs, et la soutiennent de leur zèle et de leur influence, auprès de leurs familles, de leurs parents, de leurs amis, de tous ceux avec lesquels ils entrent en rapport.

L'Apostolat, au moins dans son premier degré, le seul essentiel, a cela de particulier qu'il n'impose pas à ses membres de

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nouvelles pratiques de piété proprement dites ; mais il s'approprie toutes celles qui existent déjà, et les tourne vers son but, sans rien enlever de leur caractère et de leur but particuliers. C'est un esprit qui anime tout d'une nouvelle vie, celle de l'amour divin ; c'est une intention qui dirige toutes les œuvres du chrétien vers la gloire de Dieu, le triomphe de l'Eglise et le salut du monde ; c'est un motif qui fait de notre vie entière une prière et une prière apostolique. Offrir chaque jour toutes ses actions, ses prières et ses souffrances aux intentions du Cœur de Jésus : voilà la seule pratique essentielle; y joindre une dizaine du chapelet aux mêmes intentions : voilà la condition du second degré ; la Communion réparatrice une l'ois la semaine ou le mois : voilà le troisième degré.

En vertu de l'union de toutes les œuvres qu'il opère dans le Cœur du divin Sauveur, il fait appliquer à la lettre celte parole de l'Apôtre S. Paul, qui est le résumé de la vie chrétienne : Slve ergo manducatis, sivc bîbitis, sivealiud quid facitis, omniain gloriam Dci facile. Soit que vous mangiez, soit que vous buviez., soit que vous fassiez toute autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu, il Cor. 10-31).

En nous unissant à Jésus-Christ par l'intention de l'esprit et par le désir du Cœur, et surtout en nous incorporant à Lui par la sainte communion, il nous rend effectivement ses membres vivants, Membra sumus corporis ejus (Eph. 5-30) ; de même qu'en nous faisant travailler en Jésus-Christ au bonheur de nos semblables, il nous fait réellement membres les uns des autres, Sumus invicem membra. (Eph. 4-25).

Au reste l'Apostolat réunit dans son objet le Cœur Sacré de Jésus, le Cœur Immaculé de Marie, et S. Joseph, ami du Sacré- Cœur, c'est-à-dire la Sainte Famille toute entière, qui, en ces derniers temps, -revient sur notre terre désolée, pour y présenter de nouveau le type de la famille, et reconstituer ainsi la société chrétienne.

Soyez tous, Nos Très-Chers Frères, dans ce corps d'élite de l'armée du Seigneur, dans cette Ligue du Cœur de Jésus, qui compte aujourd'hui plus de treize millions d'associés, répandus partout le monde ; soyez-y au moins dans son degré essentiel, qui ne vous impose en réalité d'autre obligation que vos obligations de chrétiens, auxquelles vous ajoutez par une simple intention un caractère apostolique.

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A celte union de prières dans le Cœur de Jésus, il faut, pour répondre aux vues et au désir du Saint Père, joindre t: une coalition d'efforts." Gomment doic-elle s'opérer?

" L'œuvre est immense, " dit le Pontife Suprême en s'adressant aux Evêquesdu monde entier ; " pour l'accomplir, vous aurez, avant tout l'aide de la collaboration de votre clergé, si vous donnez tous vos soins à .e bien former et à le maintenir dans la perfection de la discipline ecclésiastique et dans la science des saintes lettres."

'' Toutefois," ajoute-t-il, ': une cause si belie et d'une si haute importance appelle à son secours le dévouement intelligent des laïques, qui unissent les bonnes œuvres et l'instruction à l'amour de la religion et de la patrie. Mettez en commun les forces de ces deux ordres, et donnez tous vos soins à ce que les hommes connaissent à fond l'Eglise catholique et l'aiment de tout leur cœur.''

Le programme est bien tracé. Nos Très-Chers Frères, c'est l'union de vos efforts à ceux de votre clergé et de votre évèque. L'Evoque est dans son diocèse le Représentant du Pape; les prêtres sont ses aides. Uu peuple uni à son clergé, rattaché par lui à son Evèque, et par son Evèque au Pape : voilà la condition véritable de toute vraie portion du troupeau de Jésus-Christ. Voilà aussi la condition du succès dans la lutte pour le bien.

Pour vous qui <Hes une portion du peuple Canadien, l'expérience revêt ici une autorité spéciale. Qui a fait surtout !e peuple canadien fort et puissant comme il l'est? Qui l'a pris à son berceau, l'a fait grandir, l'a soutenu à travers les obstacles qu'il a eu à rencontrer et les persécutions qu'il a subies? Qui a sauvé sa nationalité du naufrage, en sauvegardant sa religion, sa langue et ses institutions? L'examen impartial de l'histoire répond : ce sont ses missionnaires, ses évoques et ses prêtres.

Aujourd'hui que notre société, engagée dans la voie des sociétés européennes, est exposée aux mêmes dangers et en face des mêmes périls, il faut chercher le salut où nous l'avons toujours trouvé, dans l'union du peuple avec son clergé.

Restez donc, nos Très-Chers Frères, bien attachés à vos pasteurs; suivez fidèlement leur direction ; secondez les efforts de vos prêtres dans les œuvres qu'ils entreprennent, dans les causes dont ils se font les défenseurs, vous rappelant toujours que le dévouement à vos plus chers intérêts préside à leurs travaux, et

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qu'ils reçoivent eux-mêmes de l'autorité supérieure une direction sûre et efficace.

Outre les œuvres que nous avons déjà mentionnées, et qui vous concernent d'une manière spéciale, nous devons vous en recommander encore une autre, dont l'importance ne saurait vous échapper : nous vonlons parler de la bonne presse.

La presse est dans notre temps une grande puissance, et l'une des forces sociales les plus actives. Mise au service du mal, elle exerce les plus tristes ravages dans la société ; tournée au Lien, elle produit les plus consolants résultats.

Si vous devez rejeter loin de vous les mauvais journaux, et tous les livres et brochures qui offensent la foi et les mœurs ; si vous devez de môme bannir de votre compagnie et de vos familles, les publications à tendances dangereuses, les feuilles sans couleur religieuse, trop légères et d'une morale relâchée ; par contre, clevez-vous encourager les bons journaux et les saines publications, qui s'appliquent à répandre partout la lumière de la vi aie doctrine, et à faire obstacle aux progrès du mal.

Pie IX a déclaré la presse catholique une '* œuvre pie ", qui demande encouragement et support comme toutes les œuvres de ce genre. Léon XIII, dans une audience, en date du 23 février 1879, a prononcé ces paroles : "; Puisque c'est une coutume universellement répandue, et qu'il y a nécessité, pour ainsi dire, de publier des journaux, les écrivains catholiques doivent travailler surtout à appliquer à la société civile et à la défense de l'Eglise les moyens employés par les ennemis pour la perte de l'une et de l'autre."

C'est assez dire, Nos Très-Chers Frères, que vous ne devez pas fermer les yeux sur une œuvre qui est devenue d'une si grande utilité, et qui souffre en même temps des difficultés si nombreuses. Nous croyons devoir vous répéter ici quelques-unes des paroles que les évoques des Etats-Unis, réunis récemment à New- York, adressaient à leurs ouailles à ce sujet : •' Nous avons plusieurs journaux et revues catholiques ; mais combien le soutien qu'on leur accorde est insignifiant."

" Vous vous plaignez souvent du manque d'intérêt de ces publications ; mais à qui la faute ? Encouragez davantage les éditeurs et les écrivains par votre patronage, et ils seront bien vite en état de vous fournir une lecture plus intéressante"

'"■ Si chaque famille catholique s'abonnait à un ou deux jour-

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«aux catholiques, vos enfants sauraient comment répondre aux objections spécieuses qu'on formule souvent contre leur foi, les difficultés seraient résolues et les doutes écartés. Il n'y a pas de famille assez pauvre pour ne pas pouvoir s'abonner, en faisant un peu d'oconomie au besoin, au moins à un journal catholique."

Enfin, Nos Très-Chers Frères, l'heure actuelle est digne de votre plus sérieuse attention. Le Vicaire de Jésus-Christ, gardien de la vérité et de Tordre dans Je monde, a élevé la voix pour sigaler le danger et imprimer le commandement; soyons dociles à ses volontés.

Il désigne des ennemis, et prescrit de les combattre ; répondons sans hésiter à son appel.

La vie de l'homme sur la terre est un combat continuel, Mililia est vita homin/'s super tcrram |Job 7-1) ; aujourd'hui plus que jamais tout chrétien doit être soldat et lutter vaillamment pour les droits de l'Eglise et de Dieu. Les armes avec lesquelles on est toujours victorieux, sont la prière dans la confiance en Dieu, la parole dans la vérité, et l'action dans la justice ; le bouclier qui préserve de tous les coups, c'est la patience. Combattons ainsi jusqu'au jour où il plaira au Souverain Maître de la vie de nous rappeler à Lui. et de nous mettre en possession de la récompense promise à ceux qui auront été fidèles jusqu'à la fin. Puissionsnous alors répète'- en toute justice avec l'Apôtre S. Paul : Bonurn eertamen certain, J'ai combattu le bon combat, cursum consummavi, j'ai terminé ma course, fukm servavi, j'ai conserve la foi (2 Tim. 4-7) ; il ne me reste plus qu'à recevoir la couronne de justice, que le Seigneur m'a promise pour le jour de son jugement. In reliquo reposita est mihi corona justitiae. qunm rcdi/et tnihi Dominus in Ma die jus/us index. (2 Tim. 4 (S).

Sera le présent mandement lu et publié en deux ou trois parties au prône de toutes les églises et chapelles où se fait l'office public, et en chapitre dans les communautés religieuses, les premiers dimanches après sa réception.

Donné aux TYois-Rivières, en notre Palais Episcopal, sous notre seing, le «ceau du Diocèse et le contre seing de notre Vice Chancelier, le vingl-neuvième jour du mois de mai mil huit cent quatre-vingt-quatre, en l'octave de l'Ascension de Notre-Seigneur.

Y L. F. Ev. des Trois-Rivières.

• L •;• S Par ordre,

J. F. Béland, Ptre,

Vice-Chancelier.

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