LETTRE ENCYCLIQUE
de Sa Sainteté Léon xiii pape, pae la grâce de Dieu.
A nos vénérables frères les Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques de tout l'univers catholique en grâce et en communion avec le Siège Apostolique.
Léon XIII Pape,
Yénérables Frères,
Salut et Bénédiction apostolique.
" Après que par la jalousie du démon, le genre humain " s'est misérablement sér>aré de Dieu auquel il était redeva- " ble de son existence et des dons surnaturels, il s'est par- " tagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent de corn-
'• battre, l'un pour la vérité et la vertu, l'autre pour tout ce " qui est contraire à la vertu et à la vérité. — Le premier est " le royaume de Dieu sur la terre, à savoir la véritable " Eglise de Jésus-Christ, dont les membres, s'ils veulent lui " appartenir du fond du cœur et de manière à opérer leur " salut, doivent nécessairement servir Dieu et son Fils uni- " que de toute leur âme, de toute leur volonté. La second li est le royaume de Satan. Sous son empire et en sa puis- '; sauce se trouvent tous ceux qui, suivant les funeste exem- " pies de leur chef et de nos premiers parents, refusent d'o- " béir à la loi divine et multiplient leurs efforts, ici pour se " passer de Dieu, là pour agir directement contre Dieu. Le Pape s'adresse à tous les Patriarches, Primats, Archevêques et Evoques de l'Eglise Catholique, c'est donc comme chef visible de l'Eglise et comme vicaire de Jésus-Christ qu'il parle. De plus, il parle ainsi ex-catkedrâ sur des matières qui touchent la foi et les mœurs ; donc sa parole est infaillible.
Toutes les règles données dans ce vénérable document auront par conséquent le caractère de l'infaillibilité. Ce qui A'ous y est donné comme étant la doctrine de l'Eglise, vous l'accepterez avec la même confiance que si cela venait de la bouche de Jésus-Christ lui-même. Vous reconnaîtrez comme condamnées du ciel les erreurs qui y sont condamnées, et, comme réprouvée de Dieu la société ténébreuse qui y est dénoncée et vouée à la haine des chétiens.
Au commencement de son admirable Encyclique, notre Saint Père le Pape constate un fait de la plus haute importance, et dont vous pouvez reconnaître la vérité de vos propres yeux, pour ce qui regarde les temps actuels : c'est que dans tous les pays et dans tous les temps, les homiu- sont toujours partagés en deux camps opposés. Non seulement Léon XIII constate ce fait, mais il indique l'origine et les causes de cette division surprenante, et il attaque par la base les principales erreurs des temps modernes. Léon XIII n'a pas été le premier à découvrir que l'humanité se partage ainsi en deux camps: ouvrez les livres de Moïse, et
fous trouverez cette vérité énoncée dès les premières pages. Moïse, en effet, nous apprend que dans le premier âge du monde legenre humain était déjà partagé en deux parties: il y avait d'un côté les descendants de Seth, qui servaient Dieu avec fidélité et étaient appelés les enfants de Dieu ; et de l'autre les descendants de Caïn, qui s'abandonnaient à la dépravation de leur cœur et étaient appelés 1rs enfants des hommes. On voit ces deux camps en face l'un de l'autre avant le déluge
Tant que ces deux camps restèrent séparés, les enfants de Dieu se conservèrent assez fidèlement ; mais l'écrivain sacré constate qu'à la troisième génération, la loi de séparation fut malheureusement violée. Les enfants de Dieu contractèrent des alliances avec les filles des enfants des hommes, et la pureté de la famille se trouvant altérée dans sa source; les mœurs se corrompirent très rapidement.
Dieu parla à son serviteur Enoch et lui dit : va rappeler ces hommes au devoir, dis-leur que s'ils continuent à violer les lois de leur Dieu, ils seront punis d'une manière terrible. Malgré ces avertissements le mal continua, et il arriva un moment où toute l'humanité était corrompue. Dieu dit alors : je vais détruire l'homme, car il a corrompu ses voies : je me repens de l'avoir créé.
Dans sa grande miséricorde, Dieu donne pourtant à sa créature un répit de 120 ans : après ce terme, si les hommes ne sont pas convertis, ils seront frappés.
Ils ne firent pas pénitence, et à la fin Dieu annonça qu'il ne pouvait plus supporter la corruption qui régnait sur la terre : le déluge vint détruire l'humanité coupable.
Tels sont les faits racontés par Moïse : il y avait dès lors deux camps bien tranchés, celui des serviteurs de Dieu et celui des serviteurs de Satan
Six cents ans plus tard, un autre écrivain sacré constate encore le même fait : cet écrivain, c'est le saint roi David, et c'est dans un chant inspiré qu'il nous rappelle cetet
étrange division de l'humanité en deux parties opposées l'une à l'autre.
Il voit, lui aussi, des enfants de Dieu et des enfants des hommes. Les chefs de ces derniers forment des complots : secouons, disent-ils. le joug que portent les enfants de Dieu, rendo'ns-nous libres des lois et des pratiques que le Seigneur leur impose.
David est rempli de l'inspiration prophétique ; pénétrant donc dans un lointain avenir, il voit la suite de cette lutte entre le bien et le mal, il voit le camp de Satan commandé par les grands de la terre, et il proclame la victoire du Christ, roi des enfants de Dieu.
Voici ce Psaume de David: -: Pourquoi les nations ont- " elles frémi, et pourquoi les peuples ont-ils formé de vains " projets? L?s rois de la terre se sont assemblés, et les prin- " ces se sont joints ensemble contre le Seigneur et contre ;' son Christ.
■" Pompons, ont-ils dit, leurs liens, et rejetons loin de " nous leur joug et leur domination.
" Mais celui qui habite dans les cieux se rira d'eus : " le Seigneur se moquera d'eux et de leurs vains projet--.
" Alors il leurs parlera dans sa colère, et il les remplir;! " de trouble dans sa fureur.
" Pour moi, j'ai été établi roi sur Sion, sa sainte mon- ■• tagne, afin que j'annonce ses préceptes.
" Le Seigneur l'a dit : vous êtes mon fils, je vous ai en- " gendre aujourd'hui.
" Demandez-moi, et je vous donnerai les nations pour '• votre héritage, et j'étendrai votre possession jusqu'aux '• extrémités de la terre.
" Vous les gouvernerez avec une verge de 1er: et, s; " elles vous résistent, vous les briserez comme an vase " d'aruïle.
•; Vous donc maintenant, ô rois, ouvrez votre cœur à " l'intelligence ; instruisez-vous, vous qui jugez la terre.
•■ Servez dans la crainte le Seigneur qui m'a choisi " pour régner sur vous, et réjouissez-vous en lui avec un " saint tremblement. Embrassez étroitement la discipline, " de peur qu'enfin le Seigneur ne se mette en colère, et que - vous ne périssiez hors des voies de la justice. Car lorsque " sa colère se sera embrasée, ce qui arrivera dans peu. heu- ' reux ceux qui mettent en lui toute leur confiance ! "
Admirez, mes frères, comment dans ce magnifique psaume David annonçait d'une manière si frappante, et près de trois mille ans d'avance, les maux de la société actuelle que Léon XIII vient de signaler dans son Encyclique. Montrez donc un peu de sagesse, G-rands de la terre, qui vous êtes unis pour faire la guerre à l'Eglise de Dieu ; rendez gloire à Jésus-Christ, car je vois le temps où vous allez être brisés comme des vases d'argile.
Enfin, sous la loi chrétienne, saint Augustin ayant étudié la cause du mal dont la société était tourmentée de son temps, et ayant examiné la situation des hommes avec ce o-énie étonnant dont Dieu l'avait doué, vit aussi l'humanité partagée en deux camps, et il écrivit son livre admirable de la • Cité de Dieu. "
• Il y a décrit avec une grande perspicacité les deux " camps sous la forme des deux cités opposées l'une à l'au- " tre soit par les lois qui les régissent, soit par l'idéal qu'el-
• les poursuivent ; et avec un ingénieux laconisme, il amis ■ ■il relief, dans les paroles suivantes, le principe constitu-
" tif de chacune d'elles : Deux amours ont donné naissance
• à deux cités ; la cité terrestre procède de l'amour de soi " porté jusqu'au mépris de Dieu ; la cité céleste procède de " l'amour de Dieu porté jusqu'au mépris de soi." (Encycl.).
Tels sont les trois hommes qui, avant Léon XIII, ont établi l'importante vérité dont nous parlons : Moïse, législateur des Hébreux, David, qui a fait arriver la nation juive
à l'apogée de sa puissance, saint Augustin, l'un des plus grands génies qui aient honoré l'humanité.
Mais quelle est donc l'origine, quelle est la cause de cette division dans l'espèce humaine ? Le pape nous répond que cette division remonte à l'origine môme de l'humanité, et qu'elle a été causée par le péché du premier homme.
Dieu avait fait la race humaine pure et sainte, mais notre premier père et notre première mère l'ont viciée dans sa source en désobéissant à leur Créateur.
Depuis ce temps il y a deux hommes en nous : la loi de Dieu et la loi des passions sont dans une lutte continuelle, et notre cœur entraîné dans des directions contraires, ressent des déchirements affreux.
Le premier champ de bataille où nous sommes appelés à combattre quand nous entrons dans la vie, c'est notre propre cœur ; et nous n'arriverons à la victoire que par une lutte sérieuse et sans merci.
Nous éprouvons en petit, dans notre cœur, ce qui se1 passe en grand dans la société ; c'est la lutte éternelle entre le bien et le mal.
Les philosophes modernes, mettant de côté les lumières de la Révélation, disent que l'homme nait naturellement bon. Ils nient l'existence du péché d'origine. C'est là une grande erreur, mes frères ; nous pourrions dire que c'est la grande erreur de notre temps.
Par le péché originel on explique facilement cette lutte qui se fait dans l'homme, et qui passe ensuite dans la société ; mais si l'on nie la faute originelle, dans quel abîme de mensonges et d'absurdités ne sera-t-on pas conduit ?
En tète de son Encyclique, Léon XIII condamne cette erreur capitale. L'homme, nous y est-il enseigné, fut d'abord créé dans un état de justice: son corps était entiôrem<'nt soumis à son âme, et son âme était soumise à Dieu ; l'ordre régnait en lui et autour do lui. Dans ce temps heureux,
T)ieu communiquait avec l'homme comme un père avec son enfant.
Le Démon vint alors dans le Paradis Terrestre, pour porter l'homme à la révolte, et notre saint Père constate que l'Esprit de ténèbres réussit dans son entreprise. Dès lors le désordre exista dans le monde, et il y eut ces deux camps dont je vous ai parlé.
Le pape pose comme principe incontestable les rapports de l'homme avec Dieu : les philosophes, eux, nient Tordre surnaturel. Les enseignements du pape élèvent l'homme, et l'honorent singulièrement : ceux des philosophes le ravalent au rang de la brute.
Dieu, vous ai-je dit, communiquait familièrement avec- Adam, comme un père avec son enfant.
Cette condescendance de la part d'un Dieu si grand aurait dû toucher le cœur du premier homme, et la seule reconnaissance, en faisant abstraction des autres motifs, aurait dû suffire pour retenir notre premier père dans les sentiers du devoir. Il restait libre, cependant, et Dieu voulait qu'il usât de sa liberté pour acquérir la récompense éternelle.
Deux maîtres se présentaient au premier homme : Dieu d'un côté, Satan de l'autre ; il fallait choisir, car il était impossible de les servir tous les deux en même temps. Dieu parle au premier homme et lui révèle la vérité : si vous mangez de ce fruit, uous mourrez de mort. Satan lui parle aussi, et cherche à le tromper par le mensonge : si vous en mangez, vous ne mourrez très-certainement pas.
L'homme est créé pour Dieu, mes frères, et il doit être dirigé vers lui par la voix de la conscience ; si cette voix de la conscience ne suffit pas, il y a la Révélation directe : Dieu parle, Dieu se fait entendre, pour vous détourner des voies trompeuses. C'est ce qui eut lieu pour le premier homme.
Mais Satan parle aussi à l'homme, et de là vient une iutte qui ne finira qu'avec le monde.
Satan vint donc parler à la première femme dans le Paradis Terrestre. Il l'attaqua d'abord par la sensualité : Pourquoi ne mangez-vous pas de ce fruit ? et il montrait à Eve le fruit défendu, qui paraissait beau et suave au goût. Cette première atttaque, cependant, n'eut pas un succès complet. Alors il monte à une faculté plus élevée, il s'attaque à l'intelligence. Il fait appel à la plus subtile des passions, à celle qui l'avait perdu lui-même, à l'orgueil : vous ne mourrez pas, dit-il, si vous mangez de ce fruit, mais vous deviendrez semblables à Dieu. La première femme écouta cette parole de mensonge préférablement à la révélation divine : ce fat son malheur et celui de la race humaine tout entière.
Cette faute de notre mère Eve se répète continuellement dans le monde : Dieu a beau parler du haut de la chaire par la bouche de ses ministres, Dieu a beau parler de mille autres manières, on préfère écouter la voix des agents du démon, et marcher vers le malheur éternel.
Dieu parle par la voix des écrivains inspirés ; les enfants de Dieu écoutent et suivent cette voix, mais un grand nombre d'hommes préfèrent suivre les enseignements du monde. Ils mettent leur raison si faible et si bornée au-dessus de la lumière éternelle et de la souveraine sagesse du Très-Haut. Pourquoi nous défendre de manger de ce fruit ? Pourquoi Dieu nous prescrit-il de faire cette chose-ci et non celle-là? Qui êtes-vous, cendre et poussière, pour demander compte à la majesté infinie ? Quand Dieu parle, il est raisonnable que sa créature obéisse.
Dans le 16e siècle, ce rationalisme, en se voilant un peu, réussit à bouleverser l'Eglise et à entraîner une foule d'âmes dans l'abîme. On acceptait la Révélation comme un fait incontestable ; voilà la Bible, disait-on aux Chrétiens, c'est la parole de Dieu, révélée aux hommes ; mais on ajoutait : interprétez-la comme vous l'entendrez.
C'est là, mes frères, le demi-rationalisme, il est plus inconséquent encore que le rationalisme pur.
Ou admet la parole de Dieu, mais pour la soumettre à la raisou humaine.
Admettre la loi de cette manière, n'est-ce pas réellement nier la loi ?
Un code qui doit dire tout ce que les intéressés trouveront bon de lui faire dire, n'est-il pas un code illusoire et complètement inutile ?
Il faut admettre la loi divine, mais il n'est pas moins nécessaire de reconnaître, en même temps, le tribunal qui est chargé d'interpréter cette loi et d'en maintenir le texte sans altération. Ce tribunal, c'est l'église catholique avec son chef qui est le pape.
Après le Protestantisme, le Rationalisme s'est répandu comme un torrent sur le monde: la voie lui avait été préparée. Il s'est montré conséquent avec ses principes: il a rejeté la Révélation, il a rejeté l'ordre surnaturel tout entier.
C'est de son souffle qu'ont surgi ces erreurs si répandues : Séparation de l'Eglise et de l'Etat ; il faut exclure le prêtre comme prêtre de la société civile et politique, son influence est une influence indue. Et il y a des chrétiens pratiquants assez malheureux pour admettre de semblables doctrines, qui sapentpar la base la religion de Jésus-Christ.
L'humanité se divise donc encore aujourd'hui en deux camps : d'un côté les enfants de Dieu qui admettent que l'homme a été crée pour Dieu, qui reconnaissent que ce Dieu a donné une loi aux hommes, et qui se soumettent à cette loi ; qu'il a établi un tribunal infaillible pour interpréter la loi révélée, et qui soumettent leur raison aux décisions de ce tribunal ; ceux-là servent Dieu et son Fils unique detoute leur âme et de toute leur volonté. De l'autre côté se trouvent les enfants du Démon et le nombre en est affreusement grand : ce sont ceux qui refusent d'obéir à la loi divine.
Ici, cependant, le Saint Père, avec une sagesse qui lui vient de Dieu, reconnaît deux catégories. Il y a un groupe qui veut simplement se passer de Dieu : il ne l'attaque pas,
il se contente d'être indifférent. Les hommes qui composent ce groupe se cherchent des amis partout : pour eux l'erreur est sur le même pied que la vérité, et ils parlent volontiers et bien sérieusement des droits de l'erreur.
L'erreur avoir des droits, mes frères ! Satan avoir des droits contre Jésus-Christ ! Comment des hommes raisonnables, comment des hommes élevés dans le sein de l'Eglise en sont-ils venus au point d'admettre une pareille infamie ! Le pape signale cette erreur, et il nous avertit que ceux qui veulent se passer de Dieu sont dans le camp de Satan.
Le second groupe de l'armée de Satan combat directement Dieu, et se déclare son ennemi. Ceux qui forment ce groupe se montrent logiques à leur manière, en ce qu'ils tirent les conséquences des faux principes admis par le premier groupe. Ces hommes nient les rapports de l'homme avec Dieu ; ils n'admettent pas que Dieu a parlé au premier homme et lui a fait des défenses ; ils n'admettent pas le péché originel. Ces erreurs funestes les poussent dans une voie d'iniquité, et les conduisent à un abîme insondable.
Ils veulent donc que l'homme naisse naturellement bon. Comment se fait-il alors qu'il soit réellement si mauvais ? C'est que la société, disent-ils, vient le dépraver. Les fameux principes de 89, que certaines bouches canadiennes ont osé prôner quelquefois, ne sont que la conséquence de cette abominable doctrine.
Ces hommes se sont donc déclarés contre la société qui, suivant eux, produit un grand mal dans le monde, puisqu'elle déprave l'homme. L'idéal de l'homme serait donc celui qui ne serait soumis à aucune loi, qui vivrait sans rapports ni avec Dieu, ni avec ses semblables, comme le loup dans les forêts, comme l'ours dans les neiges du Nord, comme le tigre dans les déserts d'Afrique.
Ces impies se sont unis pour arriver à la réalisation de leur idéal, et ils cherchent à détruire l'ordre social.
Nous allons travailler à détruire la société, se sout-ils dit, mais pour ne pas rencontrer trop d'opposition, pour trouver des aides partout, il faut que nous y allions avec prudence. Ils ont donc caché soigneusement leur plan à la masse des hommes, ils se sont couverts du manteau de l'hypocrisie, et ils ont marché à l'accomplissement de leurs .sinistres projets.
En jetant leurs regards sur l'humanité, ils ont trouvé que le plus ferme soutien de la société est la religion, et que parmi les religions leur plus terrible ennemie est la religion du Christ. Il fut donc décidé qu'on attaquerait de toute part, qu'on détruirait, s'il était possible, l'Eglise Catholique fondée par Jésus-Christ.
Voltaire commença donc son œuvre : il traîna dans la 'boue tout ce qu'on avait respecté jusqu'à lui : la religion n'était plus que la superstition, les évêques et les prêtres des tyrans, les religieux des fainéants. Il se mit à rire de tout, pour arriver à tout détruire.
Quand les philosophes crurent avoir suffisamment ébranlé la foi religieuse, ils se mirent à battre la société en brèche. Ils ont formé dans le but de détruire la société, des -associations ténébreuses et redoutables, et ils y ont fait entrer des princes, des rois, des empereurs, les gardiens et les chefs de la société.
C'est véritablement ici l'un des spectacles les plus tristes qu'on ait jamais contemplés : les rois unis aux brigands qui travaillent à les briser, et à détruire tout l'ordre social ! Les papes ont averti les rois, les papes ont dénoncé les sociétés secrètes ; ils ont payé cher cet acte de courage.
On s'est rué sur eux, on les a dépouillés du pouvoir temporel, et Pie IX, entr' autres, a dû manger le pain de l'exil et mourir prisonnier.
Mais le pape ne se taira pas ; il est prisonnier, mais la parole de Dieu n'est pas enchaînée. Il parle, et sa parole est répétée par tous les échos Les ennemis eux-mêmes prêtent
une oreille attentive à cette voix, et ils maudissent le représentant de Jésus-Christ. Les fidèles écoutent cette parole et la gardent dans leur cœur. Ils bénissent Dieu qui continue à leur parler par la voix de son Vicaire, et qui leur indique la véritable route qu'il faut suivre.
Léon XIII, pour que la parole qu'il vient d'annoncer au monde produise tout l'effet désiré, nous recommande deux chose : 1° démasquer l'église ténébreuse de Satan, la Franc-Maçonnerie, afin que les chrétiens connaissant cotte usine de corruption, d'erreur et de mensonge, en conçoivent de l'horreur; 2° faire connaître la religion catholique, afin que les fidèles connaissant bien cette admirable société, l'aiment de plus en plus.
Je vous parlerai d'abord de la sainte Eglise de Jésus- Christ, de sa constitution et de son action dans le monde. Et quand je vous aurai bien fait connaître et admirer l'épouse sans tache de Jésus-Christ, je lèverai le voile qui cache les hideuses Sociétés Secrètes ; vous verrez leurs rites sacrilèges, leur but néfaste, leurs moyens plus néfastes encore : vous verrez l'esclavage des victimes de ces abominables associations.
Avec la sainte grâce de Dieu qui ne peut nous faire défaut, avec les bonnes dispositions que je connais dans vos cœurs, je réussirai à vons attacher de plus en plus fortement à la sainte loi de Dieu. Vous voudrez établir le royaume de Dieu au milieu de vous, et pour cela, selon la parole du Souverain Pontife, servir Dieu et son Fils unique de toute votre âme, de toute volonté.
Ainsi soit-il.