‹ Conférences sur l'instruction obligatoire [microforme]Chapitre 14 sur 15 · L'ARCHEVÊQUE DE FRIBOURG · texte numérisé non relu

L'ARCHEVÊQUE DE FRIBOURG

“ Personne ne peut ignorer que la triste ct déplorable condition où la société

aujourd'hui se trouve de plus en plus

réduite, a sa source dans les funestes

manœuvres employées de tous côtés pour

“ éloigner chaque jour davantage des

maisons d'éducation publique et même

du sein des familles la sainte foi, la

religion du Christ, sa doctrine de salut,

ct pour y gêner son action jusqu'à la

rendre impossible. Ces manœuvres perni-

cieuses viennent, par unc conséquence

‘ nécessaire, de toutes ces doctrines détes-

“tables que, dans ces jours malheureux,

ce

nous avons la douleur de voir se répandre

partout de plus en plus et lever plus audacieusement la tête, au grand détriment de la république chrétienne et de la société civile. En effet, lorsqu'on nie avec impudence les vérités révélées de Dieu ou qu'on prétend les soumettre à l'examen de la raison humaine, la subordination des choses naturelles à l'ordre surnaturel disparaît; les hommes sont éloignés de leur fin éternelle, leurs pensées et leurs actions sont ramences aux limites des choses matérielles et fugitives de ce monde. Et parce que l'Église a été établie par son divin Auteur comme la colonne, Ie fondement de la vérité, pour enseigner à tous les hommes ia foi divine, ct garder dans son intégrité le dépôt qui lui en a été confié; pour diriger Ja sociét”: cet les actions des hommes, ct pour les Ctablir dans l'honnèteté des mœurs et la régularité de la vie d’après la règle de la doctrine révélée:

les fauteurs et les propagateurs des mauvaises doctrines font tous leurs efforts

pour dépouiller la puissance ecclésiastique .

“de son autorité vis-ä-vis de la société * humaine. Ils ne négligent rien pour res- ‘ scrrer chaque jour dans de plus étroites * limites, où pour écarter complètement des “institutions sociales, toute puissance ecclé-

‘ siastique ct l'action salutaire, que, en vertu

de son autorité divine, l'Église à toujours exercée ct doit exercer toujours sur ces institutions ; enfin, ils cherchent par tous les moyens à soumettre les sociétés humaines au pouvoir absolu de l'autorité civile et politique, suivant le bon plaisir de ceux qui Commandent, cet les opinions

changeantes du siècle.

“ [n'est pas étonnant que ce funeste travail sc fasse surtout dans l'instruction "ét l'éducation publique de la Jennesse :

Mais qu'on n'en doute pas, les plus Srands malheurs attendent la société où cette Cducation soit publique, soit privée, “ de la jeunesse, qui a tant d'influence sur “La prospérité de la socicté religieuse et ” de la société civile, est soustraite au ” pouvoir modérateur de l'Église et à son

‘action salutaire Par là, en effet, la

société perd peu à peu ce véritable esprit chrétien qui seul peut conserver d'une façon stable les fondements de l'ordre et de la tranquillité publique, procurer ct règler le véritable et utile progrès de la civilisation, et fournir aux hommes des secours dont ils ont besoin pour atteindre leur dernière fin après leur passage dans cette vie mortelle, c’est-à-dire pour obtenir le salut éternel. Un enseignement qui nonsculement ne s'occupe que de la science des choses naturelles et des fins de la société terrestre, mais qui de plus s'éloigne des vérités révélées de Dieu, tombe inévitablement sous le joug de l'esprit d'erreur et de mensonge ; et une éducation qui prétend former, sans le secours de la doctrine et de la loi morale chrétienne, les esprits et les cœurs des jeunes gens d'une nature si tendre ct si susceptible d'être tournée au mal, doit nécessairement engendrer une race livrée sans frein aux mauvaises passions et à l'orgueil de sa raison ; ct des générations ainsi

élevées ne peuvent que préparer aux

ce

familles et à l'Etat les plus grandes calamités.

“Mais si ce détestable mode d'enseignement, séparé de la foi catholique ct de la puissance de l'Eglise, est une source de maux pour les particuliers ct pour la société, lorsqu'il s'agit de l'enseignement des lettres ct des sciences, et de l'éducation que les classes élevées de la société puisent dans les

‘écoles publiques, comment ne pas voir ‘ que la même méthode produira des résul-

tats beaucoup plus funestes, si elle est appliquée aux écoles populaires ? C'est surtout dans ces écoles que les enfants du peuple, de toutes les conditions doivent être, dès leur plus tendre enfance, soigneusement instruits des mystères et des préceptes de notre sainte Religion et formés à l'honnêteté de la vie. Dans ces écoles, la doctrine religieuse doit avoir la première place en tout ce qui touche soit l'éducation, soit l'enseignement, ct dominer de telle sorte que les autres connaissances données à la jeu-

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nesse y soient considérées comme accessoires. [a jeunesse se trouve donc exposéc aux plus grands périls, lorsque dans ces écoles l'éducation n'est pas étroitement liée à la doctrine religieuse.

“ Les écoles populaires sont principalement établies en vue de donner aux peuples un enseignement religieux, de le porter à la piété ct à une discipline üsrale vraiment chrétienne ; c'est pourquoi l'Église a toujours revendiqué le droit de veiller sur ces établissements avec plus de soin encore que sur Îles autres, et de Îles entourer de toute sa sollicitude, Ie dessein de soustraire les Ccoles populaires à la puissance de l'Eglise et Iles tentatives faites pour le réaliser sont donc inspirés par un esprit.

d’hostilité contre elle, et par le désir d’'éteindre chez les peuples la lumière divine de notre très sainte foi.

“ Aussi, l'Eglise, qui a fondé ces écoles avec tant de soin ct les a toujours maintenues avec tant de zèle, les considère

comme la meilleure partie de son auto-

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rité et du pouvoir ecclésiastique, et toute mesure dont le résultat cst d'amener unc séparation entre les écoles et l'Eglise lui cause, ainsi qu'à ces écoles elles-mêmes, le plus grand dommage. Ceux qui prétendent qu'elle doit abdiquer ou suspendre son pouvoir modérateur ct son action salutaire sur les écoles povulaires, lui demandent en réalité de violer les commandements de son divin Auteur et de renoncer à l'accomplissement du devoir qui lui a été imposé d'en haut de veiller au salut de tous les hommes.

Dans tous les lieux, dans tous les pays où J'on formerait, et surto:t où l'on exécuterait ce pernicieux dessein de

scuüstraire les écoles à l'autorité de

l'Église, et où la jeunesse serait, par suite,

misérablement exposée au danger de perdre la foi, ce serait donc certainement pour l'Église “ une obligation rigoureuse” non-seulement de faire tous ses efforts et d'employer tous les moyens pour procurer à cette jeunesse l'instruction et l'éducation chrétienne qui lui sont

nécessaires mais encore d'avertir tous les fidèles et de leur déclarer que l'on ne peut en conscience fréquenter de parciiles écoles, instituées contre l'Église Catholique... ,,,"

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