‹ Conférences sur la Rédemption prêchées à GenèveChapitre 1 sur 24 · Conférences sur la Rédemption prêchées à Genève · texte numérisé non relu

Conférences sur la Rédemption prêchées à Genève

Le but de ces Services que notre Église fonda, il y a peu d'années, sous le nom de Conférences (et dont nous commençons ensemble aujourd'hui une nouvelle série), le but, dis-je, de celte institution fut de permettre de traiter dans nos temples des sujets religieux, d'une manière plus complète et plus approfondie que cela n'est possible dans les sermons ordinaires. C'est donc surtout de 1 instruction, je le reconnais, que l'on a droit de s'attendre à rencontrer ici.

Mais quelle espèce d'instruction? ai-je dû me demander en abordant la tâche qui m'est confiée. Certes, me suis-je dit, ce n'est pas une instruction

3 PREMIÈRE CONPéRBlfCB.

sèche et abstraite. Ce n'est pas même cette instruction qu'on pourrait appeler scientifique, et qui, n'ayant qu'un rapport éloigné avec la vie chrétienne, sert bien moins à sanctiûer les âmes qu a satisfaire une curiosité plus ou moins louable de Tesprit. Pour de telled vues et de tels besoins, quelque légitimes qu'ils puissent être d'ailleurs, ce n'est pas sans doute à cette chaire qu'on voudrait s'adresser, mais à des livres ou aux écoles instituées dans ce but.

Cette observation me parut devoir me guider, non-seulement pour le choix des sujets de Conférences, mais pour la manière même de les traiter et de les développer. Je reconnus^ en effet, que si les développements de ce genre de discours peuvent sortir parfois, peut-être, do domaine habituel de la prédication , ils ne doivent pas cesser pour cela d'être mis, autant que pos^ sible, à la portée du plus grand nombre. Dès que la maison de Dieu s'ouvre aux fidèles, le jour du Seigneur, pour y célébrer un culte, ne doit-on pas avoir devant les yeux cet ordre de saint Paul: < Lorsque vous vous assemblez , qudqu'un a^t-il un il discours ou une insttueiion ou une interprélûtiùn à » prononcer? que toutsefoise fOur l* édification, foi- » VMrau mieux, ajoute-t-il, ne dire ibnn VÈ^ite que

U FÉCHÉ. 3

1» dnq parolci en me faisant entendre pour instruire » les autres . que d'en dire dix mille dans une langue » fuî ne serait peint comprise^ » Mes irères, me conformer à cette règle de l' Apôtre, c'est mon devoir, mais c'est aussi mon vœu , mon désir le plus sincère. J'apporterai donc toute mon atten* tion, tous mes soins à ce que, même les moins instruits d'entre mes frères, puissent trouver toujours dans ces services spéciaux quelque ali-* ment pour Tédification de leur âme ; et lorsqu'il m'arrivera de ne pas réussir, souvenez- vous-en, ce n'est ni ma volonté ni mes efibrts, mais mon impuissance seule que vous devrez en accuser.

Je me suis demandé ensuite quel sujet j'offirirais cette année à vos méditations. Plusieurs se présentaient, soit dans l'histoire du Christianisme, soit dans ses preuves, soit dans ses prin«* cipes ou sa morale, soit dans ses rapports généraux avec les sociétés humaines ; et cependant, malgré Tintérèt, l'importance même, des divers points de vue qui se succédaient devant moi, une pensée involontaire m'arrêtait toujours et me les faisait ajourner. Appelé à monter six fois dans cette chaire (si Dieu m'accorde d'aller jusqu'au bout), à (M*ècher ainsi, durant tout un hiver, à la

M Cor. mr, If, M.

& PREMIÈRE GOITFiRENCB.

même réunion d'êtres immortels, une voix secrète semblait me crier à chaque choix que j'allais faire : « Ministre de Jésus--Chri$t, n'as- tu pourtant rien )) de plus pressant à leur dire? Sais-tu combien de tes frères, dans cetie assemblée que le Sei- » gneur place momentanément devant toi, ne )) connaissent point encore tout le conseil de Dieu I) à leur égard? Et sais-tu combien d'entre eux )) vont être appelés, ou par Tépreuve ou par la n maladie ou par la mort , avant qu'une autre )) occasion te soit donnée de leur parler, peut- » être même pendant le cours de celle-ci? L'a- » venir n'est pas à toi, le présent t'appartient à » peine ; hàte-toi donc vers l'essentiel , tandis que » tu le peux.» Et je me sentais entraîné pas à pas vers celte question, la question des questions: Que fautAl faire pour être sauvé ? Voilà , mes frères, comment j'ai été conduit à venir vous prêcher la Rédemption, c'est-à-dire, à vous montrer le seul chemin que l'Évangile de Dieu vous ouvre vers le Ciel.

Chrétiens, qui comptez suivre ces exercices religieux, ce n'est donc pasl'imporlance du sujet qui nous fera défaut. Dieu veuille que ce ne soient pas non plus votre attention sérieuse , votre sincérité, votre foi. — Et quant au serviteur chargé

LB PBCHÉ. 5

de porter la parole, il n'a pas attendu à ce moment pour s'effrayer de la grandeur de sa tâche, et pour élever en haut une prière pleine de supplications et de crainte. Une seule chose le rassure : c'est que Dieu ne fait pas dépendre le salut des âmes de la faiblesse du vermisseau qui parle dans son tennple, mais des dispositions de ceux qui écoutent; et avant tout, de sa grâce, toujours prête à descendre sur celui qui Fimplore. — Puisse-t-elle donc descendre sur nous, cette grâce divine , et nous accompagner dans Tétude chrétienne que nous allons faire. Puisse-t-elle nous conduire tous ainsi à Celui qui seul est le Chemin, la Vérité et la Vie\ Amen.

Page 1