HOTES
Mais^ comme les laits qui concernent le sacrifice humain sont assez peu connus pour que même des hommes instruits (du moins sur d'autres points) les aient révoqués en doute, à Foccasion de mes Conférences, il m*a paru qu'il valait la peine d'examiner de près ce sujet, et de justifier par des autorités suffisantes ce que j'ai avancé dans le texte.
Quant aux peuples sortis du nord de FEurope ou de TAsie , il semble peu nécessaire de chercher des témoignages à leur sujet; leurs usages, sous ce rapport, sont notoires. Citons pourtant, pour les ScTTHBs, Hérodote (lib. lY, c. 62), et Keysler, quia fait une élude si consciencieuse des antiquités de cette race et qui représente leurs autels comme continuellement baignés de sang humain (Antiq.Septentr. Hannov. 1720, pages 47, 48, 61, etc.); ponr les Gètbs , Hérodote (l!b. IV, c. 94) ; pour les Goths , Jor* nandès [De reb, Getie. c. HI, p. 232 ; Panckouke, Paris, 1842); pour les HÉRULES, Procope (Bell. Golh, lib. H, c. 15); pour les Bretons, Tacite (Ann. XIV, 30), et PUne (lib. XXX, c. 4); pour les Gerhains, Tacite {De morib. Germ,, cap. XXXIX); pour les Gaulois , Cicéron {pro Fonteio) , Diodore (lib. I), et surtout César {BelL Gall. lib. YI, c. 16), dont nous allons citer les paroles : a Les Gaulois qui sont attaqués de maladies graves , ou x> qui vivent dans les hasards des combats, immolent des vic- » times humaines ou font vœu d'en sacrifier. Les druides sont » les ministres de ces sacrifices. Ils pensent que la vie d'un » homme ne peut être rachetée auprès des dieux immortels que » par la vie d'un autre homme ; ces sortes de sacrifices sont » môme d'institution publique. Quelquefois on remplit d'hommes » vivants des espèces de mannequins tissus en osier et d'une 9 hauteur colossale ; Ton y met le feu, et les victimes périssent » étouffées par la flamme. » (Traduct. de l'édit. Panckouke, Paris, 1832.)
L'usage des sacrifices humains dura fort longtemps dans le
SM KOTBfl.
Nord. Looceniiu rapporte qa^ila étaient béquents chez les Danois et les Suédois ; il dit, en particulier, de ces derniers : « que le » pays étant désolé par une épouvantable famine , les citoyens if> reconnurent un châtiment diyin dans ce fléau , et en consé- » quence, ils immolèrent, la première année, des bœufs, la se- » conde, des hommes, et la troisième, le roi lui*méme , comme » moyen d'apaiser la colère céleste ( veîut irœ cœlesHs piaeu- X) Itm). » A une autre époque, ils sacrifièrent cinq rois dans un môme jour. (HUt. ter, Suéde. Francfort, 1676, in-4*, page 6.)—
En 743, Carloman, fils de Charles Martel , fit une loi pour interdire ces sacrifices. L'historien Mallet, qui fait autorité pour Ie*8 antiquités du Nord , affirme que cette coutume n'y fut pas abolie ayant le neurième siècle , et Fleury en cite encore un exemple , dans nie de Rugia, à la fin du douzième siècle.
A rOrient et au Midi, nous trouyons le sacrifice humain chez les CiiNAifiBifS (la Bible, pamm) ; chez les PHéificiBNS : Sanchoniaton , dté par Philon , rapporte que les princes et les magistrats du pays avaient coutume, dans les temps de calamités, de sacrifier les plus chers de leurs enfants, comme une rançon offerte aux dieux vengeurs (elç Xût|&ov roîç rtiuapoXç Joei^oo'i}; la môme chose est affirmée à leur égard par Porphyre (Euseb. Pr. Ev, lib. IV). Les historiens chinois racontent, avec détail, le sacrifice de leur roi Chingtang, demandé par lesprôtres comme interprètes de la volonté du ciel; le vieux monarque est représenté par eux comme priant h Tautel, pour que sa vie fût acceptée en expiation pour les péchés du peuple (Martinius. HisL Sin. Monach. 1658, lib. III, page 60). — Quand on voit , môme de nos jours , chez les peuples de Tlnde, tant de milliers de victimes humaines se sacrifier volontairement chaque année par un principe religieux ^, il n*est pas à croire que le sacrifice humain , proprement dit, fût inconnu à leurs ancêtres. On le
^ Le gouvernement du Bengale ayant voulu connaître en 1803 le