‹ Conférences sur la Rédemption prêchées à GenèveChapitre 21 sur 24 · C. JSKêUde kl Rédm^tton. -^Christ eoBtinne son osuvre ée · texte numérisé non relu

C. JSKêUde kl Rédm^tton. -^Christ eoBtinne son osuvre ée

* Il ne tet paaleetnlnndre avee va aalre deetosr Sekn Ta^lufr, ^ai aaïuûpdbiié on fyHènetw k BédenpdoB, Mis Inférienr som tous letrapporlii

Sf72 NOTES.

Médiatioa en intercédant pour les pécheurs , et en obtenant le salut pour ceux qui croient en lui , qui se repentent et se sanctifient.

On voit que ce système de Rédemption ne diffère de celui de rÉcriture que dans sa seconde partie (B) , et seulement par un déficit. Il passe , en effet , sous silence , et par Ik même , il exclut comme moyen ou cause seconde du pardon , la peine du péché portée par Jésus-Christ, son sacrifice expiatoire, (Cest toujours la Justice de Dieu disparaissant pour laisser agir seule la Bonté.) — Si rhomme était chargé de faire la doctrine de la Rédemption et de se la révéler k lui-même, le système qu^on vient de lire me paraîtrait aussi bon qu^un autre. Le seul inconvénient que je lui trouve, c'est qu'il n'est pas conforme h la Bible, ou plutôt, qu'il la renverse dans un de ses enseignements les plus essentiels. Cest pour rétablir la conformité avec la Révélation (du moins en apparence), qu'on est conduit à ce système d'interprétation si forcé , si subtil, disons mieux, si étrange, par lequel les passages les plus positifs, les plus simples et les plus clairs, deviennent inévitablement des figures; en sorte que , au lieu d'avoir entre les mains un livre inspiré qui révèle, une loi divine qui commande, on n'a plus qu'une cire moUe qui reçoit toute empreinte et représente ce qu'on veut.

Mais pourquoi se donne-t-on tant de peine, et entre-t-on dans une voie si périlleuse ? Pour échapper aux difficultés que l'Expiation soulève? En vérité , un pareil avantage , si c'en est un , me paraît acheté trop cher, s'il faut que je donne en échange ma confiance en ce qu'enseigne la Révélation , c'est-à-dire la seule base assurée de ma paix pour ce monde et pour l'autre. Mais que sera-ce, si je n*obtiens pas mémo ainsi ce prétendu avantage? si, avec la Rédemption par obéissance^ je me trouve en fiaoe des mômes objections qu'avec la Rédemption par le sacrifice? Or, on va voir que cette prévision n'est pas sans fondement.

Qu'objeciez-Toos, en effet, contre FËxpiation? D'abord , que cette doctrine suppose Dieu implacable , ce que tous ne pouvez admettre. — Ni nous, non plus. Et comment Tadmettrions-nous? Si nous regardions Dieu comme implacable, nous ne prêcherions pas qu'il pardonne aux pécheurs à cause de Jésus-Christ. Nous proclamons, au contraire, avec rÉvangile, que la cause première de la Rédemption, c'est Dieu, c'est sa miséricorde et son amour pour les pécheurs. Dieu a tani aimé le monde quHl a donné ion File au monde ^. Et ce qui relève encore cet amour ^ c'est que ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu les premiers , mais que &est lui qui nous a aimés, et qui a envoyé son Fils pour faire Vexpiation de nos péchés^» C'est aussi là ce que vous dites dans la première partie de votre système, et par conséquent, jusqu'ici, nous sommes parfaitement d'accord.

Hais, nous dites-vous, vous faites la mort du Christ nécessaire pour l'expiation des péchés ; ainsi donc, dans votre système, Dieu est implacable j en ce sens qu'il n'eût pas pardonné sans cette nrart. De plus, il est injuste^ puisque la peine qu'il exigeait pour la Loi violée , il la fait tomber sur l'innocent. — Entèndons-nous bien sur cette nécessité de la mort du Christ. Oui , nous croyons cette mort nécessaire, mais non d'une nécessité absolue et en <ot, car nous n'en savons rien ; et il nous paraîtrait insensé de prononcer sur les exigences des Perfections et de l'Essence infinie de Dieu, dont nous connaissons è peine les bords. Nous croyons que la mort du Christ était d'une nécessité morale ou relative, c'està-dire qu'elle était nécessaire d'après le plan que Dieu a adopté pour le salut des hommes. Nous ne nions point que Dieu eût pu choisir un autre plan , mais nous voyons que la mort du Christ entre nécessairement dans celui qui s'est accorripli. Or, en ceci , nous ne disons pas autre chose que ce que vous dites vous-

« Jean HT, 16.

«! Jean IV, 10.

ST^ ROTIi.

mêmeg : vous Mtiias^t en eM, que la mort du Chrirt éknà Béoeasaire ; youi démontre? qu^ii faUak quê Jéiui sauffHt $i mkhii^ pour accomplir 1m prophéties i pour être matriifrj e'eit4^4îfe pour attester la y érîAé de aei parolae et de sa miasioa ; pour main* teiûr, aui yow des honuMs , la sainteté et rin?ioU|)iIité de la toiiqfàijS^m cela, eussenl par^i afialMies ou mAme détruites ; çufia , parce ({«e telle était la Tolouté de Dieu , et que Jésus le d^lai:^ luirn^m. Oa vous fera donc les mAmos objectioiiB qa*ii pous, Oi^ vous dira que ¥ous faites Dini implacable , et qa'U dé» coi^e éYJÂQftwmX de YQtre système qu'il n'eût paa pardonné sans les sof^fi&rauce^ et la mort du Christ. Vous établisse^ positivemeut que pieu les a jovf^ifVA (et certes, c'est ce qu'il est impoa* sible de pier), et pous él^blissous la même chose. En quoi donc faisons-nous, plus que vous , Dieu injwkif Dans yotre ^ratésM, pieu fait sQuCCpir çt p^)urir un innocent dans le de^ieia de pardonner aux coupables; dans le outre , Vinnocent porta la peine qui, saus cela , ei^t inéTitaUeme^t frappé les coupables. Oh est la différence? S'il y a injustice , elle est la méuie dans les deui cas. La seule différence qu'on puisse eotreroir, c'est dans tes motifs attribués à la Volonté dime , et cette diQerenoe n'est pas à yotre ayantage ; car yotre motif semble étr^ da eot^^mine^i et le nôtre de néee$$iié,

l^ doctrine de YEœpiaiiot^ repose donc sur le niôme terrain que celle de la Médiation f et les accusations, soit d'implacabilité, soit d'injustice, supposées en Dieu, spnt également applicar blés aux deux doctrines , c'est-à-dire , qu'elles sont également fausses à l'égard de toutes dei}x S Oh serait la bonne foi de les appliquer h une seule ? — Que répondez-yous à toutes les objeetions tirées de la nécessité morale ou relative des souffrances et do la mort du Christ dans le plan diyin? Vous répondez que,

^ Yojez h cinquième Gonfëreoce, p. 140-1 46.

NOTBS. 275

« quoiqae ce soit par les mérites et la Médiation de Jésus-Christ D que nous obtenons le pardon, cependant oe n'est pas là la cause » première, mais le moyen par lequel Dieu, originairement dis- » posé k pardonner, a jugé convenable d'accorder son pardon. » A la place du mot Médiation» mettez le mot ExpunoN , et yotre réponse sera la nôtre.

Enfin, TOUS objectez qu'il est impossible de oonceyoir quel rapport il y a entre la mort du. Christ, considérée comme sacrifice expiatoire, et le pardon des péchés. — J'ai déjà hautement reconnu qu'il m'était également impossible de concevoir ce rapport. Mais, iaites-y attention, la môme difficulté se rencontre dans Totre doctrine du pardon par Médiation. Vous nous demandez quel rapport on peut concevoir entre le sacrifice d*un être et le pardon d'un autre; nous vous demanderons quel rapport on peut concevoir entre l'obéissance d'un être et le pardon d'un autre. Ni le Sacrifice, ni la Médiation (du moins, dans les limites actuelles de nos conceptions), ne nous apparaissent comme ayant une effi" eacilé propre et rationnelle pour le pardon des péchés; et nous ne pouvons y voir que des moyens voulus de Dieu par rapport à Phomme. Objecter à l'un de ces moyens que son mode d'opération nous est inconnu , c'est objecter la môme chose k Tautre.

Maintenant, je le demande encore, quel avantage trouve-t-on à exclure F Expiation de la Rédemption, et, pour y parvenir, à (aire violence au sens clair et naturel des Écritures? — Prenez-y garde, si vous voulez rejeter tout ce que votre raison ne peut saishr et comprendre, vous tomberez infailliblement dans le déisme ; bien plus, vous n'y resterez pas , car ce môme principe vous jettera dans l'athéisme. Et si, descendus jusque-là, vous voulez appliquer encore votre règle, que vous restera-t-il? RIEN.

376 HOTBS.

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