LE PANTHÉISME MORTEL AU PRIKCIPE 1»B CHARITÉ
s'inspirer des motifs supérieurs de la conscience. Ces motifs supérieurs , voua savez ce que le socialisme panthéiste en fait : il n'y a plus de bien, il n'y a plus de mal, il n'y a plus d'éternité, il n'y a plus qu'un étroit espace à se partager et à embellir. Le devoir est une invention des hommes. A la bonne heure; s'il en est ainsi, nous ne penserons qu'au jour présent, qu'à la joie du moment, qu'à la satisfaction actuelle^ et nous nous garderons bien, si nous avons des droits, d'en rien concéder. Nous nous fortifierons derrière eux, pour jouir à notre aise. Vraiment le sacrifice, s'il n'y a pas de devoir, serait une démence I Mais, dira-t-on, il en est d'autres qui veulent jouir et qui sont impatients de prendre part aux biens de cette vie. Que nous importe! Mal* thus a raison, le couvert n'est pas mis pour eux, et s'ils veulent nous chasser, que la force décide! — Voilà le raisonnement qui s'impose, si le devoir n'est rien, et s'il n'a pas une sanction dans un monde invisible. H n'y a plus que l'intérêt farouche debout. Je sais bien qu'on objecte que, si les intérêts savaient s entendre et se balancer, il y aurait une conciliation possible. Mais ils ne parviendront à s'entendre que quand chacun ne criera plus à tue-tête, quand on saura considérer l'intérêt des autres, c'est-à-dire quand il y aura eu au moins pendant un moment un esprit d'abnégation. Et ce jour d'abnégation, on l'éloigné toujours d'avantage par ces déplorables doctrines.
Lfi Panthéisme mortel au PKiNCiPE de charité. 65
Messieurs, je suis persuadé que beaucoup d'entre vous, en se rattachant à telle ou telle école socialiste, ont fait un triage, à leur insu peut-être. Vous avez pris d'elle l'idée économique, l'intention généreuse. Mais n'est-il pas vrai que vous tenez beaucoup moins au reste? Vous n'y pensez pas. Le reste, si vous y pensiez, vous répugnerait peut-être, car c'est ce panthéisme que nous vous avons dénoncé. C'est là ce qui stérilise tout ce que les vues sur l'association, sur le crédit, émises par le socialisme peuvent avoir de vrai. Voilà ce qu'il faut rejeter aujourd'hui absolument. Sans cela, la grande réforme morale qui doit précéder toutes les autres sera encore retardée; cette fièvre d'égoïsme que vous savez ' si bien signaler sera activée par vous, un fatalisme impie se propagera; le principe d'amour chassé de la conscience ne pourra pas exercer son action régénératrice. La religion ne recevant pas d'impulsion nouvelle, se détériorera également. Il est grand temps de nous arrêter, de sortir de ce cercle vicieux. Si le socialisme ne rejette absolument ce levain de panthéisme toujours prêt à fermenter, il ne fera que se jperdre, et nous perdre avec lui.