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ET DES MOBILIERS D'ÉCOLE

Par la paresse tomberont les toits ; par la faiblesse des mains ils s'ouvriront à la pluie.

(L'Ecclésiaste, ch. 10, v. 18.)

Quel est le serviteur fidèle?

{Évangile, S. Mathieu, ch. 24, v. 4.5.)

Faute d'un clou, le fer d'un cheval se perd; faute d'un fer, on perd le cheval; et faute d'un cheval, le cavalier lui-même est perdu.

(Franklin, Science du bonhomme Richard.)

Il est peu de communes de nos départements de l'Est, où l'instruction primaire fait tant de progrès, qui ne possède une maison d'école. Les unes ont consacré des sommes considérables à sa construction; les plus économes et les moins riches y ont dépensé au moins quatre mille francs; on risquerait de rester au-dessous de la vérité en évaluant, en moyenne, à huit mille francs le prix de revient de ces sortes d'édifices, et, en multipliant ce chiffre par le nombre des communes pourvues du local que la loi exige, on arrive à reconnaître que c'est par millions qu'il faut compter les capitaux que nos départements ont engagés dans ce service.

Nous sommes tous convaincus que nous leur avons assigné le plus intelligent, le plus productif et le plus noble

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des placements; si nous sommes sages, faisons en sorte que ce soit le plus sûr; pour cela il faut, après avoir construit l'édifice qui Ta reçu, le conserver avec soin, et, quand il pèche, le répareF pour l'empêcher de tomber en ruines.

Une maison solidement bâtie peut durer de longues années, sans que le maçon et le charpentier y pratiquent une réparation sérieuse; il suffit que celui qui l'occupe, que le propriétaire qui la lui loue ou la lui fournit, y ait constamment l'œil, pour prévenir les dégradations, en rétablissant, au jour le jour, celles que les accidents y font du soir au matin : en fermant aujourd'hui la gouttière qu'un coup de venta ouverte, la veille, dans la toiture; en resserrant le gond que la tempête a ébranlé ; en fixant à sa place la planche que la perte d'un clou a détachée de la voisine; en remplaçant par un carreau neuf celui que la chute d'un meuble vient de briser.

Laissez pendre trois mois cette porte au seul gond qui lui reste, remplacez le carreau de verre par la feuille de papier, et le mastic par la pâte ; substituez au crochet ou à le planche de ce volet la cheville et la ficelle qui céderont au moindre effort du vent, vous pouvez compter qu'il faudra, avant deux ans, renouveler vos croisées, leur donner d'autres volets , et rétablir jusqu'aux montants de vos portes.

Après avoir construit les maisons d'école, les maires doivent donc porter leur attention sur leur entretien, et les instituteurs, que les communes ne logent le plus souvent qu'en s'imposant les plus grands sacrifices, doivent se faire un devoir, un point d'honneur, je dirais presque une religion, de tenir en état de parfaite conservation les édifices consacrés à leur usage. Sans doute, ils ne sont pas des locataires ordinaires, et nous ne proposerons pas de prélever sur leurs émoluments les réparations que la loi met à la charge de ceux-ci; mais ils ne sont pas moins que cela, ils sont des pères de famille, ils sont les hommes de la commune, ils sont d'honnêtes gens, enfin; à tous ces

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titres, ils doivent faire tout ce que peuvent l'esprit d'ordre, la propreté, l'exactitude et des soins éclairés pour conserver fidèlement et rendre dans l'état où ils l'ont reçu le dépôt précieux qui leur a été confié II faut que l'autorité le leur recommande, que leur conscience, plus exigeante encore que leurs supérieurs, leur en impose l'obligation, et que leurs surveillants tiennent rigoureusement la main à son exécution. Ce particulier a bâti en même temps que la commune; il ne manque pas un atome aux crépis de son habitation, et cependant les plafonds de la maison d'école se fendent et s'écroulent : l'instituteur aura beau dire, je ne puis mettre sur le compte de la classe, qui ne hante pas le grenier, la chute de ces plâtres qu'a pourris à la fin une gouttière trop longtemps négligée. L'institutrice et vous, vous avez pris le même jour possession des logements que la commune vient de vous construire; si vos croisées tombent de vétusté alors que les siennes restent solides et debout, c'est que vous avez laissé les vôtres nuit et jour exposées à toutes les intempéries des saisons, tandis que ses volets, fermés tous les soirs ou rapprochés pendant la journée, ont préservé ses fenêtres de l'excès de la chaleur comme de l'excès de l'humidité.

En mettant les pieds dans la maison que la commune lui fournit, l'instituteur se promettra donc de s'y conduire en père de famille soigneux et diligent; il s'appliquera à la conserver comme Ja sienne propre, et à veiller à son entretien comme le ferait le gardien qui en aurait reçu de l'autorité la mission spéciale. Les maires changent, ils peuvent négliger leurs devoirs ou ne pas les comprendre; ils ne sauraient d'ailleurs épier les dégradations à mesure qu'elles surviennent pour les réparer; qui veillera sur la maison d'école si ce n'est cet homme intelligent et esclave de ses devoirs, que la loi et la commune y placent pour apprendre aux autres à remplir ceux qui les attendent un jour?

Le premier soin de l'instituteur doit être de n'affecter chaque pièce de son local qu'à l'usage auquel elle est

destinée. Ne placez pas votre bois sur un plafond , s'il n'est pas fait pour en porter le poids! N'emplissez pas une chambre de gerbes, si elle n'est pas disposée pour les loger ; où doit résider le sec ne mettez pas l'humide, et n'approchez pas un fumier du mur qu'il doit pourrir, de la pompe dont il pourra gâter les eaux. L'école est en vacance, ce n'est pas une raison pour y loger vos légumes, et surcharger ses tables de denrées qui les écrasent.

Du faîte à la cave, étendez vos soins à toute votre maison : tous les matins , ouvrez les fenêtres de votre classe et celles des pièces que vous occupez habituellement ; aérez souvent les greniers qui renferment votre linge, et ne laissez pas séjourner dans les cabinets, au fond des placards ou sous la rampe de l'escalier, celui qu'y ont jeté, il n'y a pas moins d'une semaine, les personnes de la famille qui l'ont sali.

Que l'ordre le plus rigoureux règne dans l'arrangement du mobilier de l'école , chaque chose n'y quittera sa place que pour passer dans les mains de l'élève ou du maître , et venir ensuite la reprendre après [qu'ils s'en seront servis : si le carton d'un tableau s'entr'ouvre, on le recole; si les planches se disjoignent, on les resserre : on n'entasse pas pêle-mêle les livres sur le pupître du maître; ils sont proprement distribués sur des rayons ; une couverture de papier • conserve la reliure du volume usuel, et la brochure n'étale pas ses feuillets décousus, dont les lambeaux pleins d'oreilles ne tiennent plus l'un à l'autre que par un fil. Vous siérait-il de recommander à ces enfants, qui vous imitent plus encore qu'ils ne vous écoutent, d'avoir un si grand soin de leurs cahiers, alors que les cartes appendues dans votre classe sont couvertes de poussière et de toiles d'araignées?

Le maître qui n'enseigne pas moins par l'exemple que par la parole doit donc prendre à tâche de plier ses élèves à de bonnes habitudes, en ne leur mettant que le tableau de Tordre et de la propreté sous les yeux, et en les faisant vivre dans une atmosphère, où Ton ne souffre rien

de contraire à la règle et où chacun, à commencer par lui-même, est ramené à son observation par une surveillance de tous les instants l .

Ce n'est donc, de la part de l'instituteur, que l'accomplissement des devoirs de la probité la plus vulgaire , comme de ceux que lui imposent la loi, la commune et ses supérieurs, que de conserver, avec le soin attentif d'un bon père de famille, un mobilier d'école et une maison qu'on lui fournit pour qu'il s'en serve et non pour qu'il les use ; qu'on lui prête pour qu'il les rende et non pour qu'ils se dégradent dans ses mains, sans qu'il fasse rien pour en empêcher la destruction.

Il verra toutes les semaines, de ses yeux, il maniera de ses mains toutes les parties de ce mobilier : si un élève y a, par sa faute, causé un dommage qui ne se puisse facilement réparer, s'il a, par exemple, perdu un livre, s'il a, dans un moment de colère, brisé un encrier, un compas, les parents de l'enfant seront invités à payer ou à remplacer l'objet qu'il a détruit ou qu'il ne représente plus ; la couverture d'un livre est-elle seulement décolée, une ardoise détachée de la table à laquelle elle était fixée ? l'élève sera puni s'il a, dans cette circonstance, un manque de soin, une négligence à se reprocher; pour le maître, le jour même il rétablira la couverture du livre et rendra à l'ardoise le clou qu'elle a perdu.

Quant à la maison, le moyen de conservation le plus utile que l'instituteur puisse employer, aûn de la rendre un jour comme il l'a reçue, c'est d'y entretenir sans cesse la propreté : que la salle de classe et les appartements qu'il habite avec sa famille soient balayés tous les jours ainsi que les corridors, le préau, la cour, et les pavés derrière et devant la maison, et qu'à des époques périodiques , une fois par mois par exemple, le plancher ou le pavé et les croisées de ces diverses pièces soient lavés,

1. L'ordre est l'âme de toutes les affaires, et plus encore de l'école. (F.-C. Strasser^ instituteur allemand : Sa vie par Jf. Spindler.)

un jour de congé, pour les purger de la boue qu'y apportent les chaussures des enfants, et qui concourt à la destruction du mobilier, en le couvrant de poussière, ou à celle du plancher en y séjournant et en y appelant l'humidité.

Après la propreté, viennent la vigilance et les visites fréquentes de toutes les parties de la maison; faites-en le tour pendant les orages, qui jettent sur la toiture des torrents de pluie ; faites-le encore la tempête passée ; faites-le surtout à la suite de grandes neiges, quand le dégel qui survient inonde vos greniers de l'eau qui s'épanche des moindres brèches de la toiture. Une gouttière s'y manifeste? Redressez la tuile, rétablissez le coulant dérangé qui l'a produite, et préservez ainsi de la destruction le plafond que les eaux pourriraient.

La traverse d'une porte se détache, il ne faut qu'un clou pour la raffermir? Remettez-le au moment même où vous remarquez qu'il devient nécessaire. Le pied d'un banc s'en est tout à coup séparé? Attendez la lin de la classe, mais, aussitôt que les élèves sont sortis, prenez le marteau et rajustez cet appui à sa place, de crainte qu'en ajournant la réparation, vous n'exposiez le meuble à une entière destruction. Le crépis se détache du montant d une porte, une pierre tombe de la muraille? Hâtez-vous ; quinze jours de retard amèneront une brèche, une lézarde se formera, et le mur sera mis en péril; si vous ne savez manier la truelle, dût-il vous en coûter quelques centimes, appelez le maçon, et moyennant ce sacrifice, épargnez à la commune cent francs dont elle ne cesserait de reprocher la perte à votre négligence.

Enfin l'édifice réclame-t-il, à raison de sa vétusté ou de sa mauvaise construction, des réparations plus considérables? Avertissez-en le maire, et renouvelez l'avis avec mesure, avec ménagement, jusqu'à ce que ces réparations soient exécutées : parlez-en même au délégué du comité supérieur, au comité local 1 à l'inspecteur des écoles, lors-

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