‹ Conférences sur les doctrines et les pratiques les plus importantes de l'église catholique (volume 2)Chapitre 3 sur 17 · NEUVIEME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

NEUVIEME CONFÉRENCE

INELVIEME COJNFÉREINCE.

RÉSUMÉ DES CONFÉRENCES SUR l'ÉGLISE.

Avant de passer outre et de traiter un nouveau et important sujet, je crois utile de résumer et de présenter en faisceau les divers arguments que j'ai développés relativement à l'Église. Réunies, les preuves que j'ai données paraîtront plus fortes ; resserrées, elles pénétreront mieux dans les esprits.

Je n'appuierai pas sur la différence grave qui existe entre notre symbole £t les symboles plus IL 5

récents. Un des théologiens les plus émincntsde l'Église protestante, celui peut-être qui a écrit de la manière la plus forte en faveur du fondement de sa foi, fait observer que l'ensemble de la religion moderne diffère essentiellement sur un seul point , qui est la pierre angulaire sur laquelle doit être basée la foi []). Dans mon discours préliminaire, j'ai exposé les opinions respectives des deux Eglises, et j'ai développé d'une manière complète le principe de la règle de foi des catholiques, qui réside dans cette croyance qu'il y a un corps enseignant établi par Dieu, qui a reçu, de Dieu, la promesse que toujours il serait avec lui, et qu'il instruirait les hommes par sa bouche, jusqu'à la fm des temps. La conclusion naturelle de ce principe, c'est que l'IEglise ne saurait jamais tomber dans l'erreur.

Cette doctrine catholique, je l'ai opposée au principe de foi qui constitue chaque individu juge de sa croyance ; qui, mettant le livre sacré inspiré par Dieu dans ses mains, lui dit qu'il est de son devoir d'y découvrir, et lorsqu'il l'y aura découvert, de croire ce qui a été enseigné par le Verbe. J'ai rappelé que la meilleure et la plus sûre démonstration de la vérité d'une hypothèse, c'est la

(1) Leslie.

preuve qu'elle résout toutes les difficultés qu'elle doit expliquer. C'est sur ce principe que les théories philosophiques les plus universellement admises sont fondées; c'est sur un raisonnement de cette nature que repose le système des mondes proposé par Newton.

J'ai donc suivi ce mode d'argumentation. Avant tout , j'ai étudié la forme extérieure et la constitution intérieure de l'Église du Christ, de celle à laquelle il a confié sa religion, dans le passé et dans le présent. Je l'ai étudié dans le passé, parce que la Providence divine a toujours employé un certain ordre de moyens pour conserver la vérité dans le genre humain ; parce que, dans les anciens jours, elle a mis en œuvre certaines mesures de précautions, grâce auxquelles les doctrines et les espérances révélées au monde, mais perdues pour la plus grande partie des hommes, dans les temps de corruption qui suivirent, ont été conservées par la force de la constitution d'un corps établi dans ce dessein. J'ai montré que ce système était le symbole prophétique de celui qui devait venir; que toutes les ligures, toutes les images, tous les raisonnements et les phrases même qu'on pouvait appliquer au premier, convenaient également au second, comme si l'un n'était que le développejiient et le complément de l'autre. En

os

même lenips, riiistoire des faits vous a tléiiiontré qu'il était dans l'ordre naturel des desseins de la Providence de persévérer dans ses voies, et de marcher par l'emploi des mêmes moyens jusqu'au but qu'elle voulait atteindre, sans jamais abandonner la suite de ses plans.

Je vous ai alors fait voir que l'ancienne loi indiquait, d'une manière positive, que l'avenir recevrait des moyens puissants et certains de conserver le dépôt de la vérité; que ces moyens devaient donc être le perfectionnement de ceux accordés dans l'ancienne loi, et que leurs effets devenant plus beaux , en même temps que leur ellicacité plus grande, ils étaient appelés nonseulement à exclure l'erreur, mais à la prévenir. C'est là un des points fondamentaux de notre système. Il s'ensuit que l'Eglise, qui se présente comme l'Église de Dieu, doit pouvoir adapter toute l'ordonnance de son édifice aux bases que présente l'ancienne loi.

Passant ensuite au Nouveau Testament, nous avons étudié tout ce qui pouvait établir qu'il avait été construit sur ces bases sacrées. Nous avons trouvé , à chaque pas , -ries preuves que tout ce qui avait été institué dans la nouvelle loi était la réalisation des figures et l'accomplissenient des promesses de l'aulre. L'harmonie qui

rQ(^ne cniro les deux parties, dans le système catholique, est manifeste, car rinterprétation catholique des passages du Nouveau Testament les fait seule concorder avec ceux qui annonçaient à l'avance les institutions qui devaient alors être fondées, de sorte que le système catholique seul peut rattacher, par une chaîne non interrompue, les faits à leurs causes et les prophéties à leur accomplissement. Cette harmonie établie entre les deux lois nous a fourni un nouvel élément de solution pour le problème posé.

Examinant alors plus en détail la constitution de cette nouvelle religion ou de cette nouvelle Eglise, sans plus nous préoccuper des rapports qu'elle doit avoir avec l'ancienne, nous avons scruté ses profondeurs les plus intimes, étudié son essence, et recherché dans les paroles mêmes du Christ la constitution qu'il lui adonnée. Ceci nous a conduits à citer un grand nombre de textes dont le sens, toutes les fois qiiil pouvait paraître douteux, a été soumis à une analyse approfondie, et déterminé à l'aide d'autres passages, sur le sens desquels il n'existait aucun doute : ce travail nous a amenés à découvrir que le Christ a voulu établir une société bien réglée et bien gouvernée; un corps compacte, homogène, portant en luimême les conditions de son unité, composé de

tous les éléments constitiilifs d'un corps social, possédant rautorité et la puissance, voilà pour les principes , et ayant en lui un ministère désigné pour exercer ces deux grandes prérogatives, voilà pour les personnes. Nous nous sommes, en outre, convaincus que celte Église avait reçu le pouvoir et la mission de rassembler, sous son sceptre, le genre humain tout entier : quelque chose de plus encore, notre divin Sauveur s'est engagé à nous instruire par sa bouche, jusqu'à la fin du temps, et à lui prêter uue assistance si continuelle et si efficace, que toutes les doctrines transmises par lui à ses apôtres et à leurs successeurs demeureront intactes et inébranlables dans le sein de cette Église, jusqu'à la dissolution des choses créées. Ici de nouvelles conditions se sont présentées à notre esprit , qui doivent se trouver dans la constitution du royaume du Christ, ou dans la forme de son Église.

D'abord nous avons vu qu'il existait une promesse, d'après laquelle le pouvoir de répandre et de propager l'Évangile devait être donné ; qu'une mission avait été conférée pour prêcher les vérités du Christ à foutes les nations, à tous les royaumes où son nom n'était pas connu , à tous ceux enfin qui étaient assis dans les ténèbres

et dans les ombres de la mort; par suite, que l'Église avait reçu le pouvoir et la faculté d'exécuter ce commandement divin, c'est-à-dire qu'elle était l'instrument choisi de Dieu pour la propagation de l'Évangile sur toute la face de la terre.

Enfin, en descendant à l'examen de quelques détails de sa constitution, nous avons recherché quels moyens le Christ avait choisis dans la plénitude de sa puissance, pour préserver l'unité de son Église. Nous l'avons vu alors adopter le seul moyen qui puisse assurer la durée d'un corps , quel qu'il soit, c'est-à-dire la création d'un centre , d'^in point unique autour duquel gravite tout le système et qui maintient l'adhérence et assure l'harmonie des parties ; nous l'avons vu donner à son œuvre une base inébranlable en établissant une autorité qui en perpétue l'ensemble en en contrôlant tous les détails.

Telle doit être la constitution de l'Église que nous devons suivre, et l'on ne saurait admettre, comme contenant la véritable religion du Christ, le système qui ne serait pas exactement conforme à l'esquisse qui vient d'être tracée, qui ne remplirait pas toutes les conditions exigées, qui ne présenterait pas une concordance parfaite avec chacun des éléments de cette démonstration. Maintenant je ne puis me résoudre à croire qu'il

soit nécessaire de prouver que chacune des conditions requises dans TÉ^iflise du Christ existe dans la nôtre. Je dis que je ne puis me résoudre à le croire, parce que j'ai commencé par exposer la doctrine catholique, et qu'il suflit de la connaître pour voir combien elle est conforme à tout ce programme et avec quelle exactitude elle remplit toutes les conditions qui viennent d'être exposées. J'ai dit ce que la religion catholique était en pratique , vous venez de voir ce que la religion du Christ doit être en théorie ; il suffit de rapprocher le premier tableau du second, pour se convaincre que l'Église catholique est la véritable Église.

Nous l'avons vu, par l'Ancien Testament , l'Église du Christ avait la forme d'un royaume ou d'un gouvernement; dans le sacerdoce devait résider l'autorité; l'Eglise devait avoir un pouvoir assez salutaire, assez de certitude dans ses décisions, pour que tous ses memi)res pussent se croire instruits et enseignés par Dieu même, et demeurer convaincus qu'être dans le giron de l'Eglise, c'était être sous la protection immédiate de la Providence. Or, sans nul doute, l'Église catholique est la seule qui ait cette forme , la seule qui ait pratiqué ce plan de gouvernement, la seule qui offre ces garanties, comme elle

est la sciile qui soit raccomplissenioril de ees types, la réalité de ces figures. De la même manière, si nous avons vu que nous devions trouver dans le Nouveau Testament l'accomplissement de ces figures, par l'établissement de ce système d'autorité, il est certain qu'aucune Eglise ne prétend à la possession de ces droits, et ne fait profession d'être ainsi constituée, sinon l'Église catholique. Est-il besoin de nouveaux détails pour établir qu'elle possède les moyens de propager le christianisme? Je ne le crois pas, car j'ai démontré que toute tentative faite dans ce but par les autres Églises avait été impuissante; que, malgré les brillantes espérances qu'elles avaient pu concevoir quelquefois, au début de ces tentatives, au bout de quelque temps d'épreuves ces apparences s'étaient évanouies, cet espoir dissipé en fumée j tandis que non-seulement, dans les anciens temps, le catholicisme avait fondé des Églises qui subsistent encore sans avoir besoin d'aucun secours étranger, mais, depuis même la grande séparation du protestantisme, l'Évangile a été prêché dans les contrées de l'Ouest et de l'Est, des communautés religieuses y ont été établies, et ont résisté à l'épreuve d'une longue et furieuse persécution, comme à celle de l'indilTérence, de l'abandon et du manque de secours.

C'est ainsi que j'ai parcoriru, pas à pas, les différentes espèces de preuves, et que j'ai montré, par une induction pleine de simplicité, que la forme de gouvernement adoptée par notre Église, et le principe sur lequel repose la règle de foi, comprennent et combinent ensemble tous ces ordres de preuves, d'une manière complète et admirable. J'ai montré ensuite la correspondance et la liaison intime de toutes les parties, depuis les premiers avertissements jusqu'aux dernières institutions, depuis les prophéties jusqu'à leur suprême accomplissement, comme appuyées sur la parole infaillible de Dieu.

Alors nous avons dû examiner le système opposé, si on peut lui donner le nom de système, qui fait reposer la foi sur un principe essentiellement contraire. Dans la seconde conférence, je me suis étendu sur les difficultés naturelles et intimes qui semblent s'attacher à ce système. Je me suis efforcé de montrer qu'en l'étudiant dans son essence et dans ses rapports avec les lois éternelles de la logique, on découvrait que la preuve qu'on essayait d'en faire ne découlait pas nécessairement d'un principe admis, qu'elle ne s'élevait point de démonstration en démonstration jusqu'au développement complet de ce principe, qui n'était autre que la règle de foi qu'il s'agis-

sait d'établir, mais qu'il y avait des anneaux brisés, dont il ne fallait pas tenir compte, des solutions de continuité qu'il fallait franchir pour arriver à la solution primitivement posée ; qu'on y rencontrait des contradictions innombrables, des difficultés invincibles, et une impossibilité absolue de satisfaire aux conditions exigées, toutes choses qui suffisaient pour prouver que là ne pouvait pas être la règle de foi réellement instituée par le Christ pour conduire le genre humain à la connaissance de ses. vérités. Sans doute, notre enquête sur la règle de foi protestante n'a été ni aussi longue ni aussi minutieuse que celle que nous avons consacrée à la règle de foi catholique. Qu'était-il besoin? J'ai eu occasion de le faire remarquer, nous ne fondons pas la vérité de notre religion sur l'exclusion de nos autres systèmes ; nous en donnons la démonstration positive, el nous ne procédons point par négation. J'ai donc cru que la marche naturelle à suivre était d'établir notre foi sur les bases qui lui sont propres, de démontrer que seule elle a été instituée par le Christ, et de vous laisser ensuite en conclure qu'il est impossible qu'aucun autre symbole existe en opposition avec le nôtre. Mais quelques esprits pourraient ci'oire que j'ai reculé devant l'idée de soumettre le principe de mes adversaires au même

genre d'épreuve auquel j'ai soumis le principe catholique. Je ne veux laisser aucune vraisemblance à une opinion de cette nature; je consacrerai donc cette conférence àpratiquer sur le principe protestant l'étude que j'ai tentée sur le principe opposé.

Je dois d'abord rappeler quelques points déjà touchés.

Je lai fait remarquer, bien que, dans l'ancienne loi, nous voyions qu'un code écrit avait été solennellement promulgué, cependant quelques-unes des doctrines les plus importantes connues par les Juifs, et que Notrc-Seigneur trouva établies parmi eux, ne venaient point du livre sacré, mais avaient été transmises par la tradition orale , de génération en génération. J'ai montré qu'il en était ainsi des doctrines de la Trinité, de l'incarnation du Verbe de Dieu, des souffrances qu'il devait endurer pour la rédemption du genre humain, de la doctrine d'un état futur et de la régénération. Ces observations avaient pour but d'indiquer tout ce qu'il faudrait rassembler de positif en autorité, d'évident en témoignage, afin d'établir qu'un enseignement réside uniquement dans un code écrit, par exclusion de toute tradition perpétuée par la parole.

Mais qu'il me soit permis de demander où l'on trouve ces caractères que j'ai montrés existant

d'une manière si permanente et si précise dans le système catholique? Oi^i est la constitution d'un royaume qui doit se perpétuer dans une société visible? où est la moindre apparence d'une institution analogue au ministère prophétique? où est la trace d'un ministère qui montre le progrès et le complément de cet antique ministère, en prévenant les erreurs que les prophètes ne faisaient que réprimer? où est , avec la règle de foi pjoteslante, la garantie qui assure cette perpétuité si souvent promise au royaume du Christ, dans les chants inspirés des prophètes? où est-elle avec le protestantisme qui admet comme une possibilité, ou plutôt comme un article de foi, que l'édifice tout entier fondé par notre Sauveur peut tomber en ruine? Ainsi , dans l'Église protestante , vous ne sauriez trouver, ni l'accomplissement des prophéties, ni la réalisation des types et des symboles de la première révélation.

Passons à la seconde : examinons les termes dont Notre-Seigneur s'est servi en établissant son Église. Ici nous allons avoir à examiner les passages du Nouveau Testament sur lesquels on s'appuie pour affirmer que l'Écriture est la règle de foi de la loi nouvelle; règle de foi unique, exclusive, qui rend non-seulement inutile, mais faux et menteur tout système qui suppose l'existence

d'une autorité infaillible. Je dois ici le rappeler : le sens que les catholiques donnent aux textes qui instituent l'autorité de l'Eglise et contiennent la promesse d'une assistance éternelle et toujours efficace du Saint-Esprit, enseignant par la bouche d'un corps établi à cet effet, implique pour tous les hommes l'obligation de se soumettre aux décisions de cette Église, qui peut seule les assurer contre l'erreur. Ainsi le sens que les catholiques donnent à ces passages est exclusif de tout autre, il est positif, absolu. D'un autre côté, jamais les catholiques n'ont prétendu que l'Écriture ne fut point une source de vérité; ils n'ont jamais nié l'autorité du texte sacré; toujours ils ont cru que ce qu'il révélait était nécessairement vrai. Il ne s'agit donc pas de prouver que l'Écriture est une règle de foi, vous n'auriez rien prouvé contre les catholiques qui l'admettent comme vous , et qui l'ont prouvé avant vous ; il s'agit de prouver qu'il n'y a pas d'autre autorité que celle de l'Écriture. Il s'agit [de produire contre l'autorité de l'Église des textes aussi formels, aussi énergiques que ceux que nous avons produits en sa faveur.

J'ai parcouru tous les traités que les théologiens protestants ont écrits à ce sujet; voici ce que j'y ai trouvé : L'un d'eux, dans les chapitres qu'il a consacrés à démontrer que l'Écriture est une

règle de foi sufiisantc, commence par établir qu'elle a élé inspirée ; puis il ajoute qu'elle contient toutes les connaissances nécessaires à l'homme, parce qu'elle nous enseigne, d'un côté, l'unité de Dieu dans une trinité divine, la venue du Christ sur la terre, sa mort pour le genre humain, et parce qu'elle nous apprend, en même temps, la manière de faire pénitence, l'existence d'un état futur et la résurrection des morts : il en conclut que l'Écriture sullit pour régler toutes les matières de morale et de foi (1).

Je le demande, y a-t-il dans cette démonstration quelque chose qui puisse satisfaire l'esprit? I/Écriture contient tout ce qu'il est essentiel de savoir, donc l'Écriture suffit. Ce n'est point là une démonstration , c'est une pétition de principe. Vous tranchez la question par la question même; vous ne prouvez pas, vous affirmez. Or n'y a-t-il pas une singulière présomption à prétendre décider quelle est la mesure de la foi que Dieu peut exiger, et de placer cette mesure dans l'Écriture sainte, c'est-à-dire de déclarer qu'il suffit à l'homme de choisir tout ce qu'il trouve clairement expliqué dans le livre sacré ? Dieu est le maître de ses institutions, il est le législateur ;

(ij Horne, luti'oducliun, vol, F', p. 4iiO, &L\ième cdilioa.

à lui de faire les lois, à nous de les subir. Il n'appartient pas à notre raison de décider quelles sont les vérités nécessaires au salut. Nous devons accepter la loi telle qu'il l'a faite et ne pas chercher à l'accommoder à nos idées.

Ainsi il n'y a pas même lieu à entreprendre de prouver que ce qui est dans l'Écriture suffit au salut; car la question est de savoir ce que Dieu a voulu que nous crussions pour être sauvés, et il n'appartient pas à Thomme de sonder la volonté' et de borner la liberté de Dieu. Et quel protestant sérieux et réfléchi voudrait asseoir sur un raisonnement pareil la règle de foi de son Église? Quel protestant voudrait assurer qu'il n'a pas déraison plus solide, pour croire, d'abord, que Dieu a voulu que l'Écriture, et en particulier le Nouveau Testament, fût écrit, ensuite qu'il fuit lu par tous les hommes , et enfin qu'il s'est engagé à les faire arriver tous, par ce moyen, à la connaissance de la vérité, malgré la faiblesse et les fragilités de l'intelligence humaine? A moins d'être convaincu que toutes les propositions restent démontrées par la pétition de principe que j'ai citée plus haut, assez bien démontrées pour détruire les conséquences si naturellement tirées, par les cîJtholiques , des textes où le Christ établit une Éfxlise en lui donnant la mission d'eu-

SI

scigner jusqu'à la ilu des temps , et , en lui promettant une assistance divine, à moins d'être convaincu de ce fait, il faudra que les hommes dont je parle reconnaissent qu'une pareille manière de raisonner est non-seulement superficielle, mais illusoire.

Mais il y a, dit-on, des textes sacrés qui établissent que le Nouveau Testament est la régie de la foi. Voici un de ces textes, où le Seigneur dit aux Juifs : (c Lisez avec soin les Ecritures, ce » sont elles qui rendent témoignage de moi. »

Ces paroles mêmes, si vous comparez l'usage que le Christ en fait à celui qui en fut fait dans une autre occasion , vont vous faire voir combien cette règle est sujette à l'incertitude et au doute, combien elle manque de sûreté dans l'application ! «Lisez avec soin les Écritures, » s'écrie notre Sauveur en s'adressant aux Juifs : « ce sont » elles qui rendent témoignage de moi ! » Eh bien , nous voyons les prêtres et les pharisiens adresser précisément les mêmes paroles avec un accent de triomphe à Nicodème : « Lisez avec soin les Écri- » tures, et apprenez qu'il ne fut point de pro- » phète de Galilée. ;) Ainsi le Christ allirme que l'on trouvera les titres de sa mission dans les Écritures, et c'est aux Écritures qu'en appellent les pharisiens, pour piouver qu'il n'a pas reçu de II. G '

mission. N'est-ce point là ce qui arrive encore tous les jours ? Les adversaires de la divinité du Christ ne s'appuient-ils point sur les Écritures pour la contester, comme ceux qui croient à sa divinité pour l'admettre ? Et la règle qui varie au gré des esprits qui l'appliquent , et qu'on enseigne pour soutenir deux propositions contraires, est-elle propre à être le seul guide d'une intelligence égarée et d'un entendement obscurci?

Allons plus loin. Je ne puis m'empêcher d'être frappé d'une partie du verset que l'on n'a pas comprise dans la citation. Le Christ dit : « Lisez » avec soin les Écritures, parce que vous croyez )) y trouver la vie éternelle. » Ces mots me semblent loin d'impliquer l'approbation du principe invoqué. J'oserai presque affirmer que, dans les Écritures, le verbe ici employé sert ordinairement à indiquer une croyance qui n'est point motivée, en un mot, qu'il implique un sentiment, une nuance de désapprobation. Prenons un exemple : « N'affectez pas de prier beaucoup dans vos » prières, comme font les païens, qui croient )) que c'est par la multiplicité des paroles qu'ils » seront exaucés (l). n Ou bien, dans cet autre verset : « Pour celui qui n'a rien , on lui ôtera

(Jj Saitil Matthieu, ch. vi, vers. 7.

« même ce qu'il croit avoir (1). » Et cet autre encore : a Mais Jésus entendait parler de sa mort, » et ils crurent qu'il leur parlait du sommeil or- » dinaire (2). » Lorqu'au contraire le Christ et les évangélistes veulent indiquer qu'une opinion est fondée, juste en soi , ils emploient un autre verbe. En saint Matthieu (3) : u Vous savez que » les princes des nations les dominent. » Même évangéliste (4) : a Quand les branches sont ten- » dres et qu'il pousse des feuilles, vous savez » que l'été est proche, n Même évangéliste encore (5) : (( Vous savez que la pâque se fera dans » deux jours. » En saint Luc (6) : a 11 les mena- » çait et leur défendait de dire qu'ils sussent n qu'il était le Christ. » En saint Jean (71 : « Vous savez d'où je suis. » Il me semble évident que l'invariable usage de ces deux termes, dans l'un ou l'autre cas, et la distinction établie entre eux, ne permettent point de douter que le Christ n'approuvait point cette opinion des Juifs

(0 Saiul Luc, oh. viii, vers. 18.

(2) Saiot Jean, ch. xi, vers. i'].

(3) Ch. XX, vers. 25.

(4) Ibid., ch. XXIV, vers. 32.

(6) Ibid., ch. XXVI, vers. 2.

(G) Ch. IV, vers. il.

(7) Ch. Vil , vers. 2S.

qu'il sulïjsait de posséder la parole de Dieu pour être sauvé. « Vous croyez y trouver la vie éter- » nelle. » N'est-ce pas ce qu'on appelle, dans les termes de l'école, un argument ad hominem? Le Christ ne se sert-il pas de la confiance absolue que les Juifs ont dans ce fait, qu'ils possèdent un livre inspiré, pour y prendre le point de départ de sa doctrine et de la démonstration de la réalité de sa mission ?

Puis, après tout, quelles étaient ces écritures que le Christ exhortait les Juifs à lire avec soin ? Était-ce l'Ancien ou le Nouveau Testament? A coup sûr, ce n était point le Nouveau, qui n'était pas encore écrit. Que conclurez-vous donc d'une pareillerecommandation?De ce que les Juifs, qui, je l'ai rappelé au début de ces considérations, avaient reçu dés l'origine un code écrit, code qui était la base même de leur société , qui l'avait précédée et à la rédaction duquel Dieu même avait pourvu, pour en faire le cadre de la nationalité de la nation choisie; de ce que les Juifs étaient invités à en référer à ce code , faut-il en conclure qu'un autre livre, qui n'existait pas encore et que cette parole du Christ ne pouvait pas concerner, fût établi par celte même parole, comme une rè^le infaillible, comme la seule rè(;le de foi? Due telle interprétation des paroles

(lu Clirisl est inadmissible, elle est insensée. Ainsi la recommandation, l'invitation faite par notre Sauveur aux Juifs de lire leurs Écritures, pour y trouver le témoignage qu'elles lui rendaient, est appliquée par ampliation au livre sacré qui devait être écrit plus tard. Ou plutôt, on affirme, sans s'appuyer sur aucune preuve, que ce que le Christ a dit de l'Ancien Testament, nous devons le penser du Nouveau , et que , de même que les Juifs étaient invités à en référer à la Bible, les chrétiens doivent en référer à l'Évangile, sûrs d'y trouver la vérité.

Il faut encore aller plus loin, et détourner encore plus les paroles du Christ de leur sens naturel. De ce que les Juifs ont été invités à chercher, dans les Écritures, la preuve d'un seul fait, de la réalité de la mission du Christ, il faut conclure que les chrétiens doivent chercher et trouveront toutes les vérités dans l'Évangile. Si un législateur disait : « Vous trouverez tel principe » dans la loi primitive de l'État, » en concluriezvous que tous les détails de la législation doivent se trouver à la même source? Non, sans doute. Eh bien , lorsque Jésus-Christ dit aux Juifs que l'Ancien Testament rend témoignage de sa mission, il serait aussi déraisonnable d'en conclure qu'une autre partie de l'Écriture, qui n'existait

pas à l'époque où il parlait, contînt tout le développement de sa loi, dans la plénitude de son ensemble et dans les particularités de ses détails. Prenez-y garde, il ne dit point que les Écritures sont suffisantes pour le salut, qu'elles contiennent toute la vérité, mais seulement qu'elles rendent tértioignage de lui ; et en effet, sur ce point les Écritures parlent d'une manière péremptoire et explicite.

L'autre texte cité offre précisément le même caractère. Dans la seconde épître de Paul à Timotliée, on trouve les paroles suivantes : « Quant » à vous, demeurez ferme dans les choses que vous )) avez apprises et qui vous ont été confiées, sa- » chant de qui vous les avez apprises, et consi- » dérant que vous avez été nourri, dès votre » enfance, dans les lettres saintes, qui peuvent » vous instruire pour le salut par la foi qui est n en Jésus-Christ. TouteÉcriture qui est inspirée » de Dieu est utile pour instruire, pour repren- )) dre, pour corriger et pour conduire à la piété » et à la justice, afin que l'homme de Dieu soit » parfait, étant propre et parfaitement préparé à » tout bien. » De ce texte encore on veut conclure que la parole écrite de Dieu, et consignée dans le Nouveau Testament , contient tout ce qu il est nécessaire de croire pour le salul, et que

les hommes, par conséquent, ne doivent reconnaître aucune autre règle de foi.

Ici, la question que nous avons posée tout à l'heure se présente de nouveau. Quelles sont les Écritures dont parle saint Paul ? Celles que Tiniothée a connues dés son enfance. Ce ne sauraient donc être les livres du Nouveau Testament, car jusque-là il n'est pas question d'un code écrit pour la nouvelle loi.

En second lieu, qu'est-ce donc que cette instruction, tirée de la Bible, et quel en est le but? Le but, c'est celui auquel Jésus-Christ voulait, tout à l'heure, conduire les Juifs. Ces Écritures (( peu- » vent instruire pour le salut, par la foi qui est en » Jésus-Christ. » C'est-à-dire que, par les témoignages qu'elles donnent, Timothée a été enfanté à la foi du Christ. Ainsi la connaissance des Écritures dont il est parlé ici semble uniquement destinée à aplanir les voies vers le christianisme.

En outre, que signifient, après tout, les paroles de l'apôtre sur les Écritures? Dit-il qu'elles suffisent pour rendre la foi parfaite et accomplie ? Nous assure -t-il qu'elles suffisent pour enseigner les ignorants, instruire les habiles, et rectifier les erreurs en ramenant les égarés au bercail? Non, il se borne à dire qu'il est utile de les consulter. Mais c'est précisément ce qu'ensei-

fjnoMt les l'alholiqiK'S. Tons les josirs, nous cn- Si'ignons que les Écj'iMires sont une source inépuisable de bien et qu'on ne saurait choisir une meilleure règle de vie. Mais il y a une différence immense entre proclamer qu'une chose est utile, pour arriver à un but, et admettre qu'elle seule y conduit, qu'elle suffit à l'exclusion de toute autre. Quelque chose de plus : si les Écritures, c'est-à-dire l'Ancien Testament, avaient suffi, la foi du Christ aurait été superflue.

Une autre réflexion encore. Il est évident que saint Paul, en parlant ici des Ecritures, n'entend pas dire qu'elles doivent être lues en particulier par chaque fidèle pris individuellement; il entend, au contraire, indiquer l'usage quedoivent en faire les pasteurs de l'Église. Faites attention, en effet, que, s'il proclame la connaissance des Écritures utiles, c'est pour ceux qui ont à remplir les fonctions du ministère ecclésiastique, pour les pasteurs et non pour les brebis. Il dit : « Cette )) connaissance est utile pour instruire , pour >) reprendre, pour corriger et pour conduire à » la piété et à la juslice. » Timothée est exhorté à conserver le déj)ôl des doctrines que saint Paul lui a confié, d'abord comme sachant de qui il les a apprises, c'est-à-dire de l'autorité des apôtres. Le second point qui lui est suggéré, c'est que

l'Ancien Testament rend tc^moigna.ofe de la foi an Christ. Ensuite on l'invite à se souvenir que ces Écritures sont utiles pour les œuvres du ministère, pour instruire, reprendre et corriger. Tout se rapporte ici évidemment au ministère évangélique, et, si l'on peut tirer de ce passage une conséquence relativement à l'usage qu'on doit faire des Écritures, c'est qu'elles doivent être familières aux pasteurs et qu'il importe que ceux-ci en sachent faire usage pour l'édification de leur troupeau.

Mais dans quel but conseille-t-on l'usage des Écritures ? Est-ce pour que le ministre de Dieu se constitue à lui-même un système complet de croyances ? Non , le profit qui en sortira est plus simple : c'est qu'en enseignant, en corrigeant, en reprenant, « l'homme de Dieu sera parfait et préparé à tout bien. » Or, que ces mots, l'homme de Dieu, indiquent tout chrétien en général, ou, ce qui est plus probable, le ministre de Dieu (1 ),

(1) Ce mot, Vhomme de Dieu, n'est employé que dans un second endroit du Nouveau Testament , et alors il est adressé par saint Paul à Timothée lui-même : « Mais toi ! ô homme de Dieu. » ( Première ép. à ïimothée, ch. vji, verset 2. ) Cela donnerait à croire que, dans le passage en question, cette appellation est môme personnellement applicable à ïimothée, et ne saurait avoir le sens général que lui prêtent les firotestants. On pourrait ajouter que.

ce sont des lumières pour raccomplissemenl des lois morales , et non des matériaux pour la codification systématique d'un symbole de foi , qu'il trouvera dans la Bible.

Certes, en voilà assez pour prouver, d'une manière surabondante, que ce second passage, pas plus que le premier, ne dit que les Écritures offrent une régie de foi suffisante, et que toute autre garantie soit superflue. Cependant, voilà les deux seuls textes de TÉcriture dont on puisse arguer avec quelque vraisemblance en faveur de la règle de foi protestante. Je le demande, à tout esprit impartial, ces deux textes, après l'analyse scrupuleuse à laquelle je viens de les soumettre, peuvent-ils entrer en balance avec le pouvoir sans limite, donné si formellement à l'Église, pour qu'elle enseigne toutes les nations; avec cette promesse d'une assistance infaillible solennellement octroyée? Deux textes, où il est dit : que la lecture des Écritures est utile, peuvent-ils établir qu'elle est exclusivement suffisante, contrairement à tant et de si grands témoignages que j'ai

dans l'ancienne Écriture, ce mot éliomme de Dieu est toujours employé comme impliquant un ministère, une mission. (Voyez Deut,, XXXIII. I ; Jos. XIV, G. I, Livre des rois (Sam.); ix. 1,8, 4, Livre des rois. I. 9-13; IV. 7-27 ; 2 chron. viii, Vr, XI. 2, etc.)

déroulés devant vous, et cpii établissent l'autorité de rÉglise sur des bases que rien ne saurait ébranler ?

Nous sommes arrivés à ce point de la discussion, qu'il n'est plus possible de nier que le Christ ait établi une Église, investie du droit d'enseigner, et mise à l'abri de toute chance d'erreurs dans soti enseignement, par l'assistance assurée de la protection divine. Mais ici une nouvelle question se présente : sur quel fondement l'Église catholique appuie-t-elle sa prétention à être cette Église divinement instituée ? Pourquoi ces prérogatives ne résideraient-elles pas dans l'Église d'Angleterre ? Pourquoi n'appartiendraient-elles pas à l'Église grecque , ou aux autres Églises de l'Orient ? Pourquoi pas à la léunion de toutes les Églises ? C'est là le sujet que je vais traiter, le plus sommairement possible.

Dernièrement, j'ai exposé, d'une manière complète, ce que nous entendions par l'autorité suprême de l'Église de Dieu, et j'ai été nécessairement amené à présenter quelques réflexions sur la succession non interrompue de pasteurs qu'on trouvait dans notre Église. Précédemment encore, j'ai montré, et j'ai cité l'opinion d'un savant théologien protestant à l'appui de cette démonstration, que, jusqu'à une époque qui n'est pas

éloignée de nous, l'Églis(> ralholiqiie étnil ce que nous voyons qu'elle est encore aujourd'hui, l'Eglise vérilable du Christ; qu'il est impossible de fixer l'époque à laquelle elle a perdu ce titre, avant le siècle de la réforme, c'est-à-dire au moment de la convocation du concile de Trente. D'autres, cependant, placent le jour de cette prétendue apostasie dans une époque plus reculée; mais le moment de traiter cette question n'est pas venu. Il sulïlt que tous nos adversaires admettent ce fait important de la priorité de notre existence, et reconnaissent que notre Eglise est la continuation et la suite d'une Église qui prenait avec raison le titre d'Église du Christ, titre qui appartenait à nos prédécesseurs et que nous avons perdu le droit de porter. A quelle époque? c'est là qu'est la question. Ils admettent donc, ce qu'il est impossible de contester, que l'ordre extérieur de la succession des évêques est demeuré non interrompu dans l'Église catholique. Nous pouvons citer, en effet, sans hésitation, l'ordre exact de la succession des papes, et préciser le temps que régna chaque pontife dans l'Église romaine; et dans un grand nombre d'Églises d'Italie, de France, d'Espagne et d'Allemagne, nous pouvons dérouler, anneau par anneau, la chaine des évêques, depuis le premier qui institua le siège.

Maintenant on avouera qu'il faut une argumentation përemptoire pour déposséder qui que ce soit des droits arrivés jusqu'à lui de proche en proche, par une chainedontaucunanneaun'aélébrisé.On avouera encore qu'il faut des preuves décisives, catégoriques, pour établir comment nous avons été déchus du droit que nous avons eu à être considérés comme les possesseurs légitimes, incontestables de ces sièges; ou, en d'autres termes, les représentants de l'Eglise du Christ, car on admet que, lorsque ces sièges furent fondés, ils formaient l'Église du Christ. Leurs évêques ont continué à les occuper jusqu'à nos jours, il faut qu'on nous prouve que leur orthodoxie a fait naufrage, et qu'ils ont perdu leur droit à être considérés comme les héritiers de cette primitive Eglise, que tout le monde reconnaît comme ayant été irréprochable dans ses doctrines.

Si nous cherchons des lumières chez les Grecs et dans leur Église , nous trouvons qu'ils sont, jusqu'à une certaine époque, dans une alliance étroite, dans une communion parfaite avec nous. A l'époque dont il vient d'être parlé, ils se séparèrent de nous par un acte formel, rejetèrent toute allégeance, et proclamèrent l'indépendance de leur Église. Pendant que ce changement se passait, notre Église restait immuable ; ce qu'elle était la

veille du jour où l'Église grecque la quida, elle l'était le lendemain, elle l'est encore aujourd'hui. Cet acte de séparation a-t-il donné des droits à l'Église qui rompait la communion, a-t-il diminué nos droits, a nous qui n'avons pas changé ? En descendant à une époque postérieure, nous voyons l'Église d'Angleterre se séparer de celle de Rome. De nombreuses raisons ont été alléguées pour justifier et motiver cette séparation; mais ces justifications et ces exposés de motifs suffisent pour prouver qu'il y a eu changement dans l'Église d'Angleterre, tandis que nous restions, en vertu même de notre immuabilité , en possession de tous les droits que nous possédions antérieurement. Il importe donc qu'on articule des raisons puissantes, positives, pour démontrer que nous ne sommes plus ce que nous avons été autrefois, de l'aveu même denos adversaires, c'est-à-dire l'Église du Christ. Nous n'avons pas de preuves à faire; nous sommes appuyés sur notre droit , comme l'héritier légitime d'une couronne peut l'être sur le sien. Notre légitimité, c'est notre hérédité.

Sans développer cet argument qui nous jetterait dans des considérations secondaires, je prendrai la question dans les termes les plus généraux. Nous nous rencontrons tous , je parle de l'immense majorité des chrétiens qui habitent l'An-

gleterie; nous nous rencontrons dans 1' cceptatlon d'un symbole de foi commune, d'un credo unique, et dans ce credo, nous faisons profession de croire en une seule Église, sainte, catholique et apostolique. C'est à dessein que je prends pour base ce principe universellement admis. Ce serait un travail long et ingrat qued'examiner et de comparer les prétentions respectives des diverses Églises à ces qualifications; mais il est un moyen bien simple de découvrir laquelle de toutes ces Églises peut y avoir des droits ; c'est de rechercher quelle est celle qui, entre toutes les Églises, soit la seule à les réclamer. En effet, si nous trouvons que toutes les Églises font bon marché de leurs droits à ces qualifications , c'est un signe manifeste qu'elles ne sont pas fondées à y prétendre ; si , d'un autre côté, il en est une, une seule qui les réclame comme ses attributs spéciaux, comme les conditions de son être , c'est une preuve suffisante qu'elle est seule à les posséder.

Commençons par le premier de tous les attributs.

Tous disent qu'ils croient à une seule Église , et professent que la véritable Église doit être une. Mais l'Église catholique est la seule à imposer à ses membres l'unité de foi, complète , absolue. Ce n'est point tout, comme je veux résoudre la

question sans sortir de la sphère des principes , l'Église catholique est la seule qui porte un principe de foi qui suppose essentiellement l'unité , et qui en fasse une condition nécessaire de l'existence de l'Église. L'Église catholique professe, comme dogme essentiel, comme base de sa foi , que le genre humain tout entier doit accepter toute croyance enseignée par elle, et par elle sanctionnée avec l'assistance du Saint-Esprit; et, c'est un principe éminemment propre à conduire l'esprit de tous les hommes à l'unité de croyance et de pensées. L'unité est donc son principe, son âme même, son essence et sa personnalité. Le principe des autres Églises est que ciiacun est juge de sa croyance, et doit formuler lui-même son système de foi; de sorte que la division , la discorde, l'éparpillement et la dissemblance sont les caractères naturels des Églises qui admettent ces principes. Cette assertion se trouve démontrée par l'expérience; en effet, le théologien protestant Leslie reconnaît qu'il est dans la nature du jugement individuel d'enfanter une grande variété d'opinions contraires, et que là est le mobile de toutes les guerres et de toutes les discordes. Donc, dans l'Église catholique seulement existe le principe de l'unité !

Que dirai-je du caractère de sainteté ? Com-

pareraî-je les doctrines des deux Églises, pour montrer celle qui est la meilleure voie vers la perfection; ou bien comparerai-je les vies des hommes les plus éminents des deux Églises ? On a souvent eu recours à cette comparaison, et l'on peut y revenir; et je ne crains pas que, si l'on établit un parallèle entre les grandes figures historiques des siècles passés qui ont été l'expression des deux systèmes de foi, ce parallèle puisse nous être contraire; je pense môme qu'il serait complètement à notre avantage. Mais je ne veux pas traiter cette question, qui exigeait trop de développement, et qui a par elle-même quelque chose d'irritant. Encore une fois, je m'en tiens aux principes. Notre principe est donc que l'Église, comme Église, ne peut jamais être plongée dans le vice, dans le péché, où dans l'idôlatrie; qu'elle est toujours telle que saint Paul la représente , quand il l'appelle l'épouse de l'agneau, et la vierge chaste sans taches et sans rides (1). L'Église catholique soutient que, d'après la parole du Christ et les promesses du Saint-Esprit, elle est essentiellement et nécessairement à l'abri de l'erreur, de la corruption et du vice. Nonseulement le principe du protestantisme suppose

(1) 2. Cor. XI. 2. Ei»hes. v. 27.

le conlrairc , mais il ne peut même se justifier autrement; c'est seulement par cette assertion que l'Église n'a pas toujours été sainte, qu'elle a été, et, par conséquent, qu'elle peut être plongée dans la plus honteuse idolâtrie et dans le vice , c'est seulement par une telle assertion que les protestants peuvent justifier leur séparation, et l'établissement d'une religion nouvelle. Le principe catholique garantit donc à l'Église le maintien de son infaillible sainteté, qui est un de ses attributs les plus essentiels ; le principe protestant cherche sa justification dans la destruction de ce caractère.

Le troisième caractère est celui de la catholicité , ou de l'universalité. Ici , le nom même est pour nous. On peut dire qu'un nom, une appellation n'est rien, que nous nous en emparons sans y avoir aucun droit. Cependant , n'est-il pas remarquable que, dans l'ancienne Église, ce titre eût tant de prix et de valeur? Cela allait si loin, que les Pères, lorsqu'ils parlaient des preuves qui étaient favorables à l'Église catholique, rappelaient que les dissidents avaient voulu lui ravir son titre sans pouvoir y réussir : ils lui disputaient son droit à ce nom , et ils étaient cependant forcés de le lui donner ; et quiconque, aujourd'hui, considérera l'état des choses , devra recoimaître

qu'il serait aussi possible de supprimer les formes du langage les plus usuelles et les plus consacrées, que de nous ravir le nom de catholiques. On a ajouté le mot « Romains » à ce nom, mais on n'a pu en séparer le titre de catholiques. De même, on peut observer qu'aucune église n'a réussi à nous le prendre. I)ans plusieurs ouvrages qui ont dernièrement paru , j'ai remarqué la tentative de qualifier l'Église anglicane d'Église catholique; mais une telle phrase ne peut être, pour les lecteurs, qu'une cause d'erreur, ou un objet d'embarras. Pour vous montrer la force de notre position, je citerai quelques extraits des Pères de l'Église, et vous verrez combien ce mot de catholique a de force dans leur bouche.

Dans l€ premier siècle , on dit de saint Polycarpe, « qu'il offrait sans cesse des prières » pour les membres de toute l'Église catholique )) répandus dans le monde entier. » Je ne veux que montrer ici combien ce nom est ancien dans l'Église du Christ, quoiqu'il ne fût pas alors aussi étendu qu'il le devint plus fard. Trois siècles après , saint Cyrille , un des plus savants écrivains de l'Église grecque, et patriarche de Jérusalem, invitant une personne, qui s'était convertie, à persévérer dans la foi et à se t^nir

éloignée des assemblées des autres secles, s'exprime ainsi : « Lorsque vous arriverez dans une )) ville , ne demandez pas seulement la maison )) de Dieu , car les hérétiques appellent ainsi )) leurs lieux de réunion; mais dites, l'Église » catholique y car cVst là le mot propre (I). »

Un des Pères de l'Église latine, saint Pacianus, se sert du même argument : « Au temps des » apôtres, direz-vous, personne ne s'appelait » catholique, nous le voulons bien; mais quand » les hérésies vinrent à paraître et à diviser » notre sainte religion , ne fallut-il pas un nom » au peuple apostolique pour marquer son )) unité , comme un nom dans le corps pour )) distinguer la tête ? Si j'entre dans une cité >i populeuse où se trouvent des Marcionites, des » JVovatiens et d'autres qui s'appellent chrétiens, » comment saurai-je où s'assemblent mes frères » s'ils ne s'appellent catholiques ? Je puis ne pas » savoir l'origine du nom; mais ce qui n'a point » failli pendant un si long cours de temps n'est ;) pas veruî, certainement, d'un individu. Un tel » système n'a rien de commun ni avec Marcion, » ni avec Appelle, ni avec Montan ; il n'a pas » un hérétique pour auteur. L'autorité des

(1) Calech., ww, n. xxvi, p. 729.

» hommes apostoliqiu's , du bienheiueux Cyn prien, de tant de vieux ëvéques, de martyrs » et de confesseurs , n'est-elle d'aucun poids ? >/ N'avaient'ils pas assez d'importance pour éta- » blir une dénomination dont ils se sont tou- » jours servis ? 6^^re//e/z est mon nom, Caiho- » lique est mo?i surnom (l). »

Dans le même siècle, saint Épiphane (2), écrivain de l'Église grecque, nous dit qu'à Alexandrie, les schismatiques , sectateurs de Meletius, appelaient leur Eglise l'Église des martyrs, tandis que les autres chrétiens conservaient le nom d'Église catholique. Mais on trouve, dans saint Augustin (3), un passage encore plus remarquable. <■( C'est notre devoir, dit-il, de rester » fidèles à la religion chrétienne, et à la commu- » nion de cette Église qui est catholique, et qiii )> est ainsi appelée , non par nous seulement , » mais par tous ses adversaires; car, hongre, » mal gré, lorsqu'ils conversent avec d'autres , » il faut qu'ils se servent du mot de catholique , » sous peine de ne pas être compris. » Et encore : « Parmi tous les motifs qui lient à l'Église, est le

(1) Ep. 1, ad Symphronian. Bib. PP. Max., t. iv, p. .306.

(2) Hœres., 1. 1, p. 7in.

(:?) J)6 vcrâ rdighne, <*|). vit, i, j,p, iï}^,

» nom de cnthoUqtie, que cette Église, an milieii » de lant d'hérésies , a seule conserve' non smis w raison; et, bien que tous les hérétiques aient » tenté d'usurpei ce nom, si un étranger leur de- » mandait oii s'assemblent les catholiques , les )) hérétiques eux-mêmes n'oseraient pas indiquer » un de leurs lieux d'assemblée (1). »

Ces exemples suffisent pour montrer la puissance de ce nom; ils prouvent que les anciens chrétiens y attachaient le même prix que nous, comment on s'efforça de le leur arracher, et quelle distance met ce seul nom entre eux et les hérétiques désignés sous tant de noms divers. On voit que les uns s'appelaient Marcionites, d'autres Donatiens ou Nestoriens ; mais qu'aucun n'osa s'appeler catholique; de sorte que, si on s'adressait alors à l'un de ses sectaires pour lui demander où était l'église ou la chapelle catholique, on ne lui aurait désigné que celle des vrais catholiques. Ainsi , comme je l'ai déjà fait observer, la possession du titre semble déjà une grande présomption en notre faveur. Mais nous n'avons pas seulement le titre, nous avons le fait; car notre idée de l'Église est qu'elle est une sociélé ou un gouvernement institué par le Christ ,

[■'■) Contra ep. Fuiidam., o. iv, t. viii, p. 153.

avec pleine puissance snr le monde entier; de sorte que les hommes, quelque pays qu'ils habitent, puissent en faire partie. Or ses efforts pour justifier son nom , sous ce point de vue, ont été couronnés de succès. Toute autre Eglise, au contraire, renfermée dans les limites de son organisation particulière, constituée en vertu d'un symbole spécial résultant de la volonté de ses membres, exclut nécessairement ce caractère de généralité, cette universalité de communion, que suppose ce grand nom de catholique.

Arrivons au dernier caractère ; qu'est-ce qu'une église apostolique et quel est le sens de ce mot ? Cela signitie-t-il que l'on y enseigne les doctrines des apôtres? Sans doute, toute doctrine nous vient des apôtres; du moment qu'elle est vraie, elle est apostolique. Mais il ne s'agit pas ici de la doctrine, il s'agit de l'organe par lequel elle passe, il s'agit de l'Église; il n'est pas question de la vérité de l'enseignement, mais du caractère auquel on reconnaîtra la véracité, la légitimité de l'autorité qui enseigne, et l'on nous dit que cette autorité doit être apostolique. Cela signifie donc évidemment qu'elle a été fondée par les apôtres.

C'est dans la succession apostolique que réside ce principe; on le trouvera en remontant la ligne qui s'étend du pontife qui occupe aujourd'hui

le saint-siége jusqu'à saint Pierre , qui l'occupa ie premier. \oilà ce que l'on entendait autrefois par l'Eglise apostolique; et voilà comme elle a été comprise par les Pères. Dans ma dernière conférence, j'ai exposé comment Eusèbe, Optats Irénée avaient prouvé leur orthodoxie en montrant qu'ils étaient en communion avec l'Église de Rome, et qu'ils pouvaient faire remonter jusqu'aux apôtres l'origine de leur croyance. Ainsi, pour eux , le caractère apostolique était une marque extérieure, attachée à une succession invariable depuis le temps des apôtres.

Or, nous sommes la seule Église qui prétende à cette succession ; les autres n'y prétendent pas, au moins leur seul moyen d'y prétendre serait d'abord de constater l'existence de leur épiscopat depuis nos jours jusqu'à l'époque où ils se sont séparés de nous, et ensuite, de revendiquer, comme la leur , cette succession qui forme la chaine non interrompue de notre hiérarchie.

En vain a-t-on entrepris cette œuvre impraticahle; en vain on a cherché à remplacer le ma- ."nifique développement du catholicisme par une suture qui grelTcrait le protestantisme sur une des branches de l'arbre, sans pouvoir, en aucun cas, le faire sortir de sa racine. Le tronc rejette de lui-même cette greffe parasite, car TÉgHsc ca-*

tliolique regarde comme dissidents ceux qui adoptent ce système : ainsi ils n'ont aucun droit à revendiquer la succession qui lui appartient.

Vous le voyez, en prenant pour guide ce symbole de foi, nous arrivons à cette importante conclusion, qu'en principe l'Église catholique reste seule en possession de tous ces différents caractères, et que la règle de foi des autres Églises, loin de les leur attribuer, les leur interdit. Simplifions la question; je doute fort qu'un prédicateur, im ecclésiastique d'une autre Église que la nôtre, ait jamais pensé à établir la vérité de sa religion sur celte base qu'elle était une catholique et apostolique (\).

(I) Il y a, entre la religion des premiers siècles et les sectes qui se sont montrées dans les temps modernes, un contraste frappant qui se dessine dans les noms mêmes dont elles se sont glorifiées. La première se vantait d'être catholique, les dernières ont choisi un nom qui suppose le caractère opposé; car s'appeler protestant^ n'est-ce point admettre au moins un pouvoir rival, et, je puis dire, un pouvoir supérieur contre lequel on proteste? C'est un nom de séparation, d'antagonisme, de division; il suppose la lutte et la guerre aussi longtemps que le nom dui-era ; c'est un symbole de négation plutôt qu'un système de croyances logiques, positives et bien ordonnées. Les chrétiens primitifs aimaient aussi à s'appeler apostoliques ; les nouveaux préfèrent le nom (Tévangéliques. le premier terme renferme une grande et visible démonstration de la foi; il reporte l'esprit jusqu'aux preuves fondamentales du christianisme } il lui- fsit suivre ^ d'i^nnesu f rt

Un mot dont je viens de me servir me rappelle unç autre question très-importante, qui est liée au sujet que je traite maintenant; je veux parler de cette doctrine connue sous le nom odieux de salut exclusif. C'est, dans la foi catholique, l'article qui parait le plus dur, le plus intolérable, que nous pensions jouir de la divine vérité en possesseurs si exclusifs, que nous regardions les autres comme complètement dans l'erreur, et que nous n'accordions pas qu'on puisse se sauver par leurs croyances.

A cet égard , qu'on me permette de faire observer d'abord qu'il sera difficile d'analyser dans ses conséquences extrêmes le principe d'un code ou règle de foi professé par une Église, sans se trouver amené à soutenir quelque doctrine analogue. Lorsqu'une Église promulgue une confession de foi et ordonne à tous de l'adopter,

anneau, une chaîne non interrompue, jusqu'à la source originaire et incorruptible de la vérité. Le dernier ternie montre que la lettre morte, diversement interprétée et comprise , est le texte du code religieux, c'est-à-dire que les faibles lumières de la capacité individuelle, en se redélant sur les pages du saint livre, sont , pour tant d'âmes si précieuses, les seuls guides dans cette voie de péril et de mystère qui est celle du salut ! Lequel de ces noms paraît le plus s'accorder avec les desseins miséricordieux de la Providence sur l'espèce humaine ? lequel établit sur une plus ferme hase l'ëvidence de la vérité?

lorsqu'elle prononce la menace d'un châtiment ëternel contre tous ceux qui s'y refuseront, assurément c'est qu'elle suppose que l'enseignement de pareilles doctrines est essentiellement nécessaire au salut; s'il n'en était pas ainsi, pourquoi établir la nécessité d'une doctrine en rapport avec la révélation de Dieu? Notre Sauveur descend du ciel dans le but exprés d'enseigner le genre humain : propose-t-il ses doctrines avec ou sans la sanction d'une pénalité? Dit-il, vous pouvez, à votre gré, les recevoir ou les rejeter ? Les repousser, n'est-ce pas provoquer le déplaisir et l'indignation de Dieu ? Conséquemment il faut qu'une pénalité soit attachée au refus de se conformer à ces obligations, que le Christ a regardées comme essentielles à la foi. L'Eglise procède en vertu de ce principe, que ces doctrines sont si essentielles, qu'on ne peut les rejeter sans violer les lois et les préceptes de Dieu; violation qui rend tous ceux qui sciemment^ remarquez le mot, qui sciemment commettent une telle faute, et s'obstinent dans l'incrédulité, coupables de rejeter ce que le Christ est mort pour accomplir et enseigner. Telle est la conséquence nécessaire de toute formule de foi ; à moins qu'à cet égard on n'exprime formellement une opinion contraire.

Que, par exemple, on prenne la profession de foi de l'Église d'Angleterre, renfermée dans le symbole de saint Alhanase, tel qu'on le lit dans les églises; je demanderai s'il est possible qu'un homme, avec une intelligence ordinaire, en lise le commencement et la fin, sans rester persuadé que le sens de ce symbole est que quiconque ne croira pas aux dogmes qui y sont contenus sera hors de la voie du salut. Si cette Église ordonne encore à ses ministres de lire publiquement un tel symbole, ne s'ensuit-il pas la nécessité d'enseigner à leurs troupeaux que le rejet de certaines doctrines exclura les hommes de la vie éternelle; et n'est-ce point là le salut exclusif? Peu importe ici la nature du dogme exigé, qu'il s'agisse de la trinité de Dieu , dans son indivisible unité, ou bien de la justification sous une forme ou sous une autre; le principe est le même ; la bonté de Dieu est restreinte, il y a des limites mises au salut. 11 est donc très-injuste de condamner l'Église catholique pour admettre un point de doctrine enseigné même chez les protestants. Cependant, nous sommes sans cesse en butte aux accusations de cette même Église, qui , dans un de ses trente-neuf articles, proclame la doctrine que : » Ceux-là , aussi , « doivent être maudits, qui osent dire que tout

» homme sera sauve par la loi ou secte qu'il pro- » fesse , pourvu qu'il conforme sa vie à celte )) loi (1 ). >) Moi-même, il n'y a que peu de temps, j'ai eu entre les mains une lettre qui vient d'être publiée; elle est d'un ecclésiastique zélé de l'Église d'Angleterre, qui s'est fait beaucoup remarquer par son opposition aux doctrines de notre religion , et elle est adressée à un prêtre catholique. Il dit qu'il éprouve une inquiétude pour le salut de ce prêtre, parce qu'il croit les doctrines de l'Église catholique funestes à son bonheur éternel. 11 ajoute qu'y persévérer c'est perdre son âme (2). N'est-ce point là la doctrine du salut exclusif?

Ne pensez pas que nous osions condamner aucun individu, ou sonder les secrets du cœur. Dieu sait qu'au lieu d'éprouver d'horribles joies devant les profonds et terribles arrêts de sa justice , nous nous humilions avec tristesse devant le nuage qui enveloppe son mystérieux tribunal. Dieu sait que nous ne cherchons pas à restreindre les ressources de sa miséricorde , que nous ne prétendons pas juger les serviteurs du maître,

(1) Art. XVIII.

(2) Lettre du révérend M. Dalton à l'honorable et révérend M. George Spencer. Les exemples ne me manqueraient pas de la part d'autres protestants.

mais qu'au contraire nous nous réjouissons à la pensée de cette ingénieuse et féconde bonté qui nous fait espérer que, pendant que nous prions avec Elie pour l'extension de son héritage, il peut nous blâmer, comme il blâme le prophète, en nous assurant que, même dans les tribus séparées, il s'est réservé une cohorte fidèle, qui n'a point sciemment fléchi le genou devant l'erreur. Dieu sait, enfin, que si, â cet égard, nous avons un reproche à nous faire, c'est d'avoir adouci la sévérité de ses paroles, et caché trop souvent sous les voiles de phrases atténuantes, et d'espérances trompeuses, les annonces de châtiment, claires et positives, qu'il emploie à l'égard de ceux qui ne professent pas ses doctrines. Certes, on ne nous accusera point de manquer de charité, si la conduite du doux et miséricordieux Jésus doit servir d'exemple à l'amour fraternel des chrétiens et de modèle â ses ministres; car l'Évangile de ce jour nous en donne une importante leçon. Jamais hommes n'ont été séparés de la vérité par une plus faible barrière que ne l'étaient les Samaritains de son temps. Après les Juifs, c'était peut-être la seule nation sur la terre qui crût en un seul Dieu, et l'adorât comme un être spirituel et parfait; et^ ainsi qu'on le voit dans saint Je^n, seuls, de métïîe que les Juifs, ils attendaient uii

Sauveur et un Messie. On ne peut alléguer contre eux aucune erreur grossière dans la foi ou dans la morale; leur unique erreur, peut-être, était de ne pas admettre comme canoniques tous les livres sacrés des Juifs; différence que l'esprit indulgent de ce siècle n'oserait condamner comme blessant la partie essentielle de la foi. En fait, leur seul crime était un schisme sous la forme la moins tranchée; ils avaient un temple rival de celui de Jérusalem , et cependant leur sacerdoce descendait d'Aaron par une succession non interrompue, et leur culte était en stricte conformité avec les institutions de Moïse. Outre ces circonstances atténuantes, le caractère national des Samaritains était digne d'estime. Leur hospitalité était si remarquable, qu'un empereur romain éleva une statue, dans leur ville, à Jupiter hospitalier, comme emblème du génie de cette nationé Leur charité était si grande, que le Sauveur la propose comme modèle dans une de ses plus belles paraboles. Il y avait, chez eux, tant de docilité, que, malgré l'esprit de rivalité et de jalousie qui existait entre eux et les Juifs, il attira à lui, en deux jours, un grand nombre de disciples parmi les vSamarilains. En tm mot, ils étaient si préparés aux sublimes vérités de l'Évangile, qu'avec une docilité que ne montrèrent pas leurs voisins ils

s'y rendirent à VinstanC, sur la prédication de Philippe, « et avec une telle unanimité , que l'on put » dire qu'il y avait beaucoup de joie dans leur » ville (1 ). »

C'est avec une femme de cette nation que Jésus eut une conversation pleine d'intérêt, prés du puits de Jacob; et, quoique la vie de cette femme fût loin d'avoir été régulière , il l'aborda avec cette séduisante bonté qui lui était habituelle. Il cacha son caractère véritable, mais elle eut bientôt découvert qu'il était un prophète, et elle s'adressa à lui, d'après les paroles de mon texte, pour l'interroger sur la grande question de la scission religieusequi existait entre lesdeux nations. Quelle fut la réponse? L'appel qu'elle faisait à un prophétejuif montraitsa sincérité, et sa confiance dans sonÉgliseparticulière : Jésus craignit-il d'ébranler cette foi? Elle l'excuse, cette erreur, de la manière la plus naturelle et la plus spécieuse. Nos pères, dit-elle, ont adoré sur cette montagne (2). Craint-il de blesser ses sentiments, ou de heurter les préjugés de son éducation? non , mes frères. Quelque légère que fût la nuance entre la secte samaritaine et l'orthodoxie, malgré tout ce qu'il

(1) Actes, 8-9.

(t) Jean, iv, 20.

y avait de bienveillant et de charitable dans le caractère de ce joeiiple, quelque mûr qu'il fût pour le christianisme, ninlgië la douceur et l'esprit de conciliation qui avaient présidé à cette entrevue, dés que celte importante question est mise en avant, il ne fait aucune concession, il n'admet aucun compromis; mais il répond, delà manière la plus claire et la plus solennelle ; « Le salut » est avec les Juifs ('i). n La femme a recours au subterfuge ordinaire, elle demande du (empsj elle se rejette sur la diniculté d'une décision immédiate, et elle remet l'examen de la question à une occasion plus favorable, lorsqu'elle pourra connaître la pensée du Messie. Mais, pour qu'il ne lui reste plus aucun prétexte d'erreur, et, pardessus tout, pour que le principe qu'il vient de formuler ait toute sa sanction, il parle sans déguisement, et se révèle lui-même par ces mois : « C'est moi qui suis le Messie, moi qui vous ;) parle (2). » Ainsi ce doux et charitable Sauveur, qui venait retrouver et sauver ce qui était perdu , et qui avait pour premier principe : c( J'aurai miséricorde, et ne sacrifierai pas, « n'hésitait pas un instant à déclarer, dans les

(1) Ibid., i-z.

(2) Ibid,, 2G.

termes les plus eiairs, qu'à ses yeux toute déviation de la vraie religion, même la plus légère, n'était pas justifiable.

Je pense en avoir dit assez : il ne me reste qu'à tirer quelques conclusions de cette conférence. Je vous les adresserai sous la forme d'une simple exhortation et d'un conseil. D'abord, je prierai ceux qui ont à cœur les véritables intérêts de la religion de se mettre en garde contre les différents moyens dont on s'est toujours servi pour prévenir leurs esprits contre nos doctrines. Pendant un OTand nombre d'années, la reliojion catholique a été, dans ce pays, l'objet d'une persécution légale, lente mais eflicace, tendant à paralyser son énergie, plutôt qu'à la détruire complètement. Ce temps est aujourd'hui passé; et j'espère que le souvenir de ce temps, qu'il ne faut se rappeler que pour remercier Dieu d'y avoir mis un terme, a disparu du cœur des catholiques , comme les statuts dirigés contre leur foi ont disparu de la législation de la Grande- Bretagne. Mais, depuis, on a malheureusement employé un système d'attaque encore plus fait pour blesser nos sentiments et pour anéantir toute croyance religieuse. Je veux parler de ce système de déclamation violente et d'invective auquel se livrent, dans ce pays, tant d'hommes

qui s'appellent (les ministres de paix. C'a toujours été une ancienne coutume d'envoyer des missionnaires de ville en ville; et, s'ils n'y allaient que pour prêcher leurs proj)res doctrines dans les églises de leur culte, nous ne pourrions nous plaindre, quand bien même ils préviendraient leur auditoire contre les doctrines qu'ils regardent comme erronées. Mais faire de la religion un sujet de déclamation publique, assembler des foules innombrables dans des lieux ordinairement consacrés à des usages profanes, et regarder comme un devoir important de briser, s'il est possible, des liens sociaux, des liens d'affection et de bienveillance, qui existent entre les membres des différentes religions , c'est frapper de mort les vertus les plus saintes , et par conséquent les intérêts de tout le christianisme. Il faut que le sentiment général de la société se déclare contre un tel système, pour le rendre impossible. Quiconque s'intéresse à la prospérité de la religion et la considère comme une chose sacrée, céleste et divine, dont on ne peut approcher avec un esprit de parti et de violence; quiconque pense qu'il y faut réfléchir dans le silence et la solitude, et que lorsqu'on discute sur la religion, on doit le faire avec plus du modération encore et de solennité tpie n'en mettait Platon à démontrer les doctrines de sa

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pliilosopliie morale; quiconque pense ainsi conviendra, j'en suis sûr, que cet appel tmnultuaire, inconvenant, anticlirélien, aux plus grossières passions, les doctrines de la religion soumises à l'approbation ou à l'improbation exprimée par des acclamations et des cris populaires, est un mode de controverse inexcusable et scandaleux, et qu'il tend à confondic la religion dans l'esprit des bommes, avec les passions les plus mauvaises, plutôt qu'à l'associer à ces sentiments de respect, de vénération profonde et d'affection pure qu'elle devrait inspirer à l'bumanité.

Il n'y a que l'autorité de tels sentiments qui puisseprévenirun système odieux, injusteetcruel. Mais ce n'est là qu'une considération secondaire; ce qui me parait ici le point le plus important, c'est que vous insistiez toujours sur les preuves, en laissant de coté les pbrases. Ne vous contentez pas de la parole de ceux qui prétendent exposer nos doctrines, et qui, à l'appui de celte prétention, n'allèguent que leurs assertions personnelles. Demandez-leur où ces articles dont ils parlent sont consignés, où ce dogme est émis, dans quels livres ou sur quelle autorité il est prouvé que ce symbole, cette profession de foi, ou cette doctrine est enseignée par l'Église catholique. Insistez

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sur !a démonstration de Ions les points que Ton met en avant contre nous; et je ne doute pas du succès de cette méthode pour ramener les dissidents à l'Église. Cet espoir peut paraître un rêve , ou, au moins, Taccomplissement en semble bien lointain; mais nous avons été trop longtemps divisés, trop longtemps séparés; et il est impossible de ne pas supposer que la divine providence a marqué une voie dans laquelle se rencontreront tous les hommes droits et bien intentionnés.

Je veux donner un avis encore plus important, qui est surtout destiné à ceux qui ne sont pas déjà , membres de l'Église et de la religion dont j'ai essayé de soutenir la cause. Qu'ils n'imaginent pas qu'il y ait un seul point sur lequel nous reculions à ridée de l'examen individuel le plus sévère; qu'ils ne pensent plus, s'ils ont pensé ainsi jusqu'à présent, que nous exigions une soumission si aveugle à l'autorité de l'Église, que nous refusions de satisfaire sur tous les points à une enquête sincère des bases de notre foi ; que nous disions même aux fidèles de se taire et de croire, de soumettre leur intelligence et leur raison à notre enseignement, de s'abstenir de toute investigation. Au contraire, il n'est pas un point sur lequel nous ne provoquions les recherches. Pvien ne pourrait

IIS nous èfrc plus (ip;ivable que d'apprendro que nos paroles eussent réveillé, dans l'esprit de quelqu'un de nos auditeurs, le goût des études religieuses, et la pensée de réelamer le secours dont nous pouvons les aider pour découvrir toute la vérité du Christ.

Voici encore un avis très-grave : si l'examen leur paraît satisfaisant, s'il a pour résultat la conviction que le système que l'on a jusqu'à présent suivi est mal fondé, et que la vérité du Christ est avec nous; qu'on n'hésite pas, après cette découverte, à cause de la démarche qui reste à faire. Il est heureux que dans ce pays !e retour à notre religion n'ait plus rien d'odieux et de compromettant pour personne. On n'abandonne pas la religion de son pays, on revient seulement à celle de ses ancêtres, à cette religion de laquelle nous tenons tout ce qu'il y a de magnifique dans nos monuments, de glorieux dans notre histoire , de beau r t de sacré dans nos institutions. Quand cet homme savant, cet esprit élevé, le comte de Stolbeig, après de mûres réflexions, et après avoirremplitoiUe l'Allemagnedu bruitde ses écrits , devint membre de la religion catholique, comme il vivait dans une époque où de tels changements étaient plus rares parmi les hommes de science qu'ils ne le sont aujourd'hui, l'événe-

ment fit beaucoup de sensation. La première fois qu'il parut à la cour, son souverain lui adressa ces paroles : « Stolberg, je ne puis considérer l'homme )) qui a abandonné la religion de ses pères, n cr Ni » moi, non plus, sire, » répondit-il, «car, si mes » ancêtres n'avaient pas abandonné la religion de » leurs pères, ils ne m'auraient pas donné la » peine d'y retourner. » Tel était le sentiment qui l'animait, et qui lui faisait braver la censure du prince. Quelles que soient les difficultés qui puissent accompagner un tel changement, quand bien même la (erre se soulèverait pour s'y opposer, quoique vos parents et vos amis puissent vous dire que vous exposez tout le bonheur de votre vie à un naufrage, soyez sûrs que toutes ces difiicultés disparaîtront bientôt, et, avec elles, ces soucis , ces tortures , que le doute entretient toujours dans l'esprit de l'homme. Dès que la résolution sera prise, la Providence étendra sa main pour vous rendre aisé ce qui, auparavant, était difiicile, et la mettant dans la vôtre, vous fera franchir tous les obstacles de la route, et toucher avec sécurité l'heureux but de vos efforts.

Tout le système de mes conférences a été, jusqu'à présent, renfermé dans cette indication du chemin le plus court et le meilleur à suivre pour

faiie ce pèlerijiage vers le temple de Dieu. Je me siifô efforcé de développer devant vous les régies de la foi du Christ, d'après des principes larges et bien déftnis, et j'ai essayé de soumettre à votre attention, non pas les questions paitielles et de détail, mais les grandes bases de la foi. En voici la raison : Si Dieu exige sur tous les points l'orthodoxie de croyance, il doit avoir donne tous les moyens d'y airivcr; et l'usage que les hommes auront fait de ces moyens sera, sans doute, d'une grande importance dans le jugement qu'il prononcera sur eux. Sa religion doit offrir une route certaine et praticable , pour le pauvre comme poiu' le riche , pour le faible comme pour le fort : ce doit être un système qui, en satisfaisant, par la rigueur de ses démonstrations , aux scrupules du savoir, s'explique de lui-même, par la simplicité de ses preuves, aux doutes do l'ignorance. La découverte d'un tel système ne peut occuper toute une vie de recherches, et plonger notre esprit dans d'éternelles difilcuités. Ce doit être un système de croyance, non de doute, un état de paix, non de malaise. Il ne peut donc consister dans la discussion de chaque point particulier, ce qui exige du temps, du travail et du talent, et ce qui. amène la perplexité et le trouble de l'esprit ; ce doit être un tout visible et intelii-

gible,qiii réunisse et combine, dans sa généralité, toute la révélation et toute la loi de Dieu. En d'autres termes, un tel système ne peut consister à glaner des articles de foi détachés dans les sectes les plus opposées, mais il doit appartenir à 1 une des nombreuses sociétés chrétiennes , à celle (pii a conservé toutes les archives de la doctrine de Jésus-Christ.

Si on avait dit à cet étranger qui voulait adorer le vrai Dieu à Jérusalem, que , malgré le nombre des synagogues et des lieux consacrés à la prière, il n'y avait qu'un temple où les sacrifices fussent agréables à Dieu, comment cet étranger aurait-il cherché la maison de Jehovali ? Attiré par l'aspect d un édifice magnifique, en aurait-il vérifié l'identité par une étude minutieuse ? Aurait-il supputé le nombre exact des salles , et discuté ies ornements d'architecture ? S'il avait découvert quelques différences dans tout cet ensemble, en aurait-il détourné ses regards, comme s'il s'était trompé dans sa recherche , et qu'il lui fallût découvrir, dans les quartiers obscurs do la ville , un type plus fidèle ? Au contraire, dès qu'il aurait aperçu le superbe édifice, donjinant les mesquines constructions du voisinage, exact dans ses proportions, plein d'unité dans son dessin, inébranlable sur la base que lui

donna son fondateur inspiré]; surtout quand Tétranger, entrant dans la vaste cour, eut contemplé le grand prêtre, la tète toujours surmontée de l'ornement d'or qui était le signe de sa consécration au Seigneur, depuis le premier pontife de cette religion ; lorsqu'il eut aperçu les lévites sacrifiant sur le même autel, et observant la même liturgie qu'à l'époque du premier établissement du culte de Dieu; assurément, il eût cédé alors à la conviction puissante que portaient avec elles ces impressions, il eût renoncé à rechercher une démonstration géométrique , il eût déclaré avoir trouvé la véritable maison de Dieu, bien sûr que l'examen des détails ne pourrait donner un démenti au grand témoignage de 1 ensemble. Suivez donc le même raisonnement ; n'espérez pas que la découverte de la véritable église du Christ résultera pour vous de la pénible tâche d'un minutieux examen; cherchez plutôt les grandes lignes d'un système qui soit l'application des prophéties, et qui porte la marque de son fondateur. Que ce soit comme la montagne, s'élevant au-dessus des collines, un but offert à la contemplation des hommes, et un point de ralliement pour les nations du monde. Que ce soit un royaume digne du fils de David , qui n'accepte d'autre nom que celui qui indique sa do-

mination universelle, parce qu'il s'étend, en effet, par l'imité de son gouvernement, de mer en mer, et qu'il place sous son empire les dernières limites du monde. Que ce soit le séjour de l'unité, de l'harmonie et de la paix, où tous croient et agissent d'après la même règle ; car notre Dieu n'est pas un Dieu de discorde, mais un Dieu de paix. Que son royaume soit donc perpétuel dans l'histoire, immuable dans ses principes; car, de même que la vérité ne change pas, de même le dépositaire de la vérité ne doit pas changer. Que ce royaume soit tel, que tous ceux qui l'attaquent se soient séparés de lui; mais que personne n'ait le droit de lui dire : « C'est vous qui m'avez quitté ; » qu'on se vante d'en avoir reçu le sacerdoce , l'autorité et la parole de Dieu, mais qu'il ne les doive lui qu'à l'éternel fondateur du christianisme. Si vous ne trouvez qu'un système qui possède de tels titres, ou même qui prétende les posséder , oh ! par quel principe de raison , par quel motif d'amour-propre justifierez-vous votre refus de Tembrasser ? Comment excuserezvous devant Dieu le retard que vous mettrez à l'étudier et à l'examiner?

Telle a été jusqu'à présent notre marche; nous avons contemplé l'édifice ; il ne nous reste plus qu'à entreprendre hardiment une dernière tâche,

celle d'explorer les différenles parues du système qui, dans son ensemble, s'harmonise si merveilleusement avec tout ce qui est révélé, avec tout ce qui est digne de Dieu. Dans la conférence qui va suivre, je parlerai des dogmes particuliers.

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