FÊTE DE SAINTE-MARIE DU MONT-CARMEL
XI. — Les Carmes célèbrent avec pompe cette fête Le 46 juillet, en souvenir de la victoire obtenue sur leurs ennemis, par le secours de la Mère de Dieu. Quelques jaloux enviaient aux Pères du Carmel le titre glorieux qu'ils portaient, disant qu’ils devaient être appelés Frères de Marie, à cause de Marie Égyptienne qui, revenue de sa vie dissolue, fit sur le mont Carmel la pénitence la plus austère, mais non point Frères de Marie, Mère du Christ.
Dès lors ils furent trouver le Souverain-Pontife Honorius IT, le suppliant humblement de réprimer par son autorité la malveillance des envieux, et de confirmer le titre si glorieux dont ils jouissaient déjà.
Le Souverain-Pontife chargea aussitôt quelques prêtres de la curie d'examiner cette affaire. Comme ceux-ci la trainaient en longueur, la Vierge Marie avertit en songe le Souverain-Pontife de terminer au plus tôt l'affaire de cet Ordre : « Et il ne faut point, ajouta-t-elle, résister à ma volonté lorsque je commande, ni trainer en longueur lorsque je pousse à l'achèvement. » Et pour qu'il ajoutât foi aux paroles qu’elle lui adressait, elle lui annonça que deux prêtres de la curie, adversaires de cette société, avaient été, par la punition de Dieu, frappés d’une mort
1 Chronique des Frères mineurs, part. Ire, Liv. IL, chap, rer,
différente, mais frappés dans le même moment. Le Souverain-Pontife, éveillé de sa torpeur, traita lui-même l'affaire avec les cardinaux, approuva la règle de cette société telle qu’elle avait été faite par Albert, patriarche de Jérusalem, et la confirma le 3 des calendes de février 4297. C’est ce que rapporte Thomas Sarrazin, dans le Ménologe des Carmes, dans la vie du bienheureux Simon Stock, n° 8.
Comme cette règle était trop sévère et contenait quelques points douteux, à la demande des Carmes elle fut mitigée et, d’après les ordres du Souverain-Pontife Innocent IV, rédigée d’après les règles de nos constitutions par le vénérable Hugues de Saint-Théodorie et le frère Guillaume, évêque, religieux de notre Ordre, tous deux de l’Ordre des Prêcheurs. C’est cette règle que les Carmes professent et observent aujourd’hui, se réjouissant du titre si glorieux de Frères de la bienheureuse Vierge-Marie du Mont-Carmel. En reconnaissance de cette victoire remportée sur leurs ennemis, on a institué cette fête de la commémoraison de la bienheureuse Vierge-Marie du Mont-Carmel, fixée au 16 juillet. On dit dans la collecte de ce jour : « Dieu, qui avez décoré d’une manière particulière l’humble société que vous vous êtes choisie, du titre glorieux de la très-puissante Vierge Marie, votre Mère, et avez opéré des miracles pour Le défendre. »
Le Souverain-Pontife Urbain VI approuva le même titre. Un grand nombre honorent particulièrement le mercredi de chaque semaine en l'honneur de ce jour, et s’abstiennent librement d’aliments gras.
FÊTE DES DOULEURS DE LA MÈRE DE DIEU, QUE LUI PRÉDIT SIMÉON LORSQU'ELLE PORTA L'ENFANT-JÉSUS AU TEMPLE.
XII. — Les Cisterciens célèbrent cette fête avec une pompe solennelle le 15 avril. Aïlleurs, et surtout dans le diocèse d'Arras, on la célèbre Le vendredi avant le dimanche des Rameaux, sous le titre de Notre-Dame de Pitié. L'office entier de ce jour se trouve dans le bréviaire de notre Ordre, nouvellement imprimé à Paris, par les soins du vénérable Frère Nicolas Radulphe, général de l’Ordre; il est sous le ütre de : Office pour la fête de la Compassion de la bienhewreuse Vierge Marie. Voyez à la fin. Or, nous avons parcouru en détail, dans la Conférence 92°, les douleurs de la Vierge, Mère de Dieu.
En souvenir de ces douleurs, dans le diocèse d’Utrecht, dans le temple de Saint-Gilles, où était un collége de chanoines, s’est fondée une association. IL s’opère en cet endroit de nombreux miracles, ainsi que l’atteste un mémoire édité sur cette société.