‹ Conferences sur les litanies de la très-sainte viergeChapitre 92 sur 125 · ORDRE DES SERVITES DE LA SAINTE VIERGE MARIE · texte numérisé non relu

ORDRE DES SERVITES DE LA SAINTE VIERGE MARIE

Son fondateur a été le bienheureux Philippe Beniti, à qui la sainte Vierge apparut, ainsi qu'à ses premiers compagnons, tenant d’une main un costume noir et de l’autre la règle de saint Augustin qui devait être la leur. En les leur donnant, elle leur conféra leur titre var ces paroles : « Je vous ai choisis pour être mes serviteurs. » C’est pourquoi cet Ordre insigne est appelé aujourd’hui l'Ordre des Servites de la sainte Vierge Marie. Ce titre vraiment glorieux est pour eux une distinction remarquable pour cette raison, surtout, qw’ils l’ont reçu de la volonté divine. Les petits enfants, même les enfants à la mamelle, en voyant ces hommes qui donnaient naissance à cet Ordre, les appelaient Serviteurs de Marie. Au nombre de ces enfants à la mumelle, on remarque saint Philippe, de Todi, ville où reposent ses resies, car il était de Florence. À peine âgé d’un an, au moment que les sept premiers fondateurs de l'Ordre des Servites faisaient leur entrée dans Florence et qu’ils faisaient l’admiration du peuple, l'an du Seigneur 1234, ce petit enfant, se dégageant des bras de sa mère, s'écriait avec les autres petits enfants : « Ces hommes sont les Serviieurs de la bienheureuse Vierge Marie.» Dans la suite, ayant embrassé le mème Ordre, il en fut un digne propagateur. Ces hommes de Dieu, par l’ordre de la très-sainte Vierge, leur souveraine, adoptèrent le costume noir en mémoire de la douleur et de la tristesse qu’endura cette divine Mère dans la passion du Christ, son divin Fils.

Il existe une grande aflinité entre cette religion et notre Ordre. En eff, dès son début, ses promotezrs, ses partisans ei ses protecteurs, au nombre desquels on remarque surtout saint Pierre, de Vérone, martyr illustre, appartenaient à notre Ordre. Lorsque c& dernier se

rendit à Florence pour faire une inquisition, par ordre de Innocent IV, de nombreux calomniateurs s’élevèrent contre le nouvel Ordre des Servites, ou Serviteurs de la bienheureuse Marie, et accusèrent ce, fondateur d'invention de nouvelles choses. Saint Pierre vit la sainte Vierge, s’informant de près sur cette affaire. Pendant qu’il réfléchissait sur ce sujet, il s’endort et pendant son sommeil il lui semble se trouver dans une très-agréable prairie dans laquelle la divine Mère savourait son bonheur. Des Anges lui présentaient des couronnes qu’elle distribuait toutes indistinctement aux autres, sans s’en réserver une pour elle. Le Saint admirait cette nouveauté, lorsque tout à coup il voit sept lis que la sainte Vierge accueille de cette montagne sur laquelle les sept fondateurs avaient fait leur nouvelle plantation, et la Mère de Dieu les cache dans les plis de sa robe. D’après cette vision, l’homme de Dieu comprit que ces sept lis représentaient les sept fondateurs qui, par le parfum de leur sainteté et l'innocence de leur vie, étaient agréables à la Mère de Dieu : ce qui le décida à approuver leur institution, à la recommander à l’évêque, à leur prescrire la règle de saint Augustin, et à leur dicter des préceptes pour une vie plus régulière. C'est pourquoi, s’il n’est pas le fondateur de cet Ordre, on doit certainement et avec raison le considérer comme son promoteur, son partisan et son protecteur. (Archange Gaianini.)

Le Pape Alexandre IV confirma cet Ordre; Pie V le réforma l’année de Notre-Seigneur 1573, comme on le voit dans le Recueil des bulles de Laërte. Cet Ordre a fourmi plusieurs bienheureux et bienheureuses d’une haute sainteté, et excellents dévots de la très-sainte Vierge. Je dirai plus opportunément leurs noms lorsque, en traitant les invocations Regina Confessorum et Regina Virginum, je nommerai les Saints de tous les Ordres qui ont brülé d’un amour spécial pour la Mère de Dieu.

Page 1